Le ranch de l'espoir
Prologue
Ce chapitre est long, il est donc découpé en 4 parties.
Je quitte le lit avant de laisser couler quelques larmes qu’il ne mériterait pas. Son odeur imprégnée dans l’oreiller me confirme que je n’ai pas rêvé. Cette douce parenthèse était belle et bien réelle.
Je file dans la salle de bain où tout est désespérément vide, à part les serviettes de l’hôtel, et le savon. Je fais une toilette rapide, enfile mes vêtements de la veille et tente de discipliner ma crinière.
Je vais devoir affronter le regard des gens qui ont assisté à la scène d’hier soir, ou plutôt le grand spectacle que Josh avait préparé. Je ne suis pas d’humeur à les revoir. Madame Bonvarlet va y mettre son grain de sel, Jonathan va me regarder de travers et… Florian n’est plus là pour me réprimander. Julia n’a même pas pu profiter de son tour à cheval comme son père lui avait promis. Finalement je ne suis pas la seule victime dans cette histoire, la pauvre Julia doit en vouloir à son père et elle a totalement raison.
Je sors de la chambre, l’esprit totalement ailleurs. Je lance un dernier regard vers le lit, l’unique témoin de notre amour éphémère. Je reviendrai ce soir ou demain si j’ai le cœur d’y remettre les pieds.
Je pénètre dans la chambre de Julia, au cas où ce serait une erreur et qu’il se serait juste éclipsé pour une heure ou deux. Elle a également disparu. Mon cœur se serre, il m’a abandonné comme un voleur, il faut que je me fasse une raison.
Je descends et me dépêche de rejoindre ma chambre pour me changer. J’aimerais me mettre en pyjama et rester au lit toute la journée, mais je ne peux pas me le permettre, alors je fais un petit effort.
J’enfile un legging noir, une chemise à carreau par-dessus et je brosse ma tignasse avant de les attacher. J’enfile de simples ballerines à mes pieds. La princesse d’hier a disparu, son prince charmant est parti sur son cheval blanc. Je ne devrais pas réagir comme cela, mais mon cœur cogne contre ma poitrine et il me fait mal. La douleur s’estompera avec le temps, c’est toujours ce qu’on dit, non ? Sauf que cette fois, c’est diffèrent, je suis réellement tombée amoureuse et personne ne reprendra cette place qui lui était destinée. Pourquoi est-ce qu’il a fallu que je m’attache à lui ? Mon bel arrogant au cœur d’or.
Rien de tel que d’aller faire une promenade à cheval pour me détendre et oublier cette aventure.
Je me rends au ranch sans avoir déjeuné avant, de toute façon je n’ai pas faim Mon estomac est bien trop noué. Je nettoie le box de Volcanic quand ma mère fait son apparition.
— Je savais que je te trouverais là. Je les ai vus partir ce matin, il était à peine huit heures.
Je ne réponds pas, à la place, je m’attèle à la tâche. Nettoyer les box, préparer Volcanic pour une balade et donner à manger à mes bêtes.
— Gabi, tu veux m’en parler ? insiste-t-elle.
Je secoue la tête vivement. Non hors de question d’en faire une affaire d’état. Pourtant, je ne pourrai pas garder mes sentiments pour moi bien longtemps, je ne cache rien à ma mère. Mais à quoi bon ? Cette fois elle ne pourra pas me venir en aide.
— D’accord je retourne à la réception, si tu as besoin de moi, tu sais où me trouver.
Elle tourne les talons et le silence règne autour de moi. Seuls les hennissements des chevaux résonnent dans le hangar.
La balade fut pour moi un réel moment de détente. Je me sens déjà un peu plus sereine malgré ma colère toujours présente. Je rentre Volcanic dans son box avant de rejoindre ma mère et les autres pour déjeuner.
Le vent fouette mon visage alors que je m’engouffre dans l’hôtel. Je tombe nez à nez avec Jonathan qui me dévisage d’un air triste. Il a dû avoir beaucoup de peine hier en entendant cette fameuse demande en mariage. J’étais tellement égoïste que je n’ai même pas pensé à lui et à la souffrance qu’il a dû ressentir.
— Salut, me lance-t-il.
— Salut.
Nous sommes gênés comme nous ne l’avons jamais été alors qu’on se connaît depuis l’enfance.
— Je…, nous lançons en harmonie.
— Toi, d’abord, me dit John.
— Excuse-moi, pour hier, je n’avais pas prévu ce qui allait se passer. C’était très gênant, Josh a compris que rien ne serait possible entre nous et il est parti.
— Tu n’as pas à t’excuser Gabi, j’ai très bien vu que ce type n’était rien pour toi. C’est lui qui s’est ridiculisé et pas toi. Ne t’en fais pas, Marie nous a expliqué la situation. C’est Madame Bonvarlet qui était déçue, dit-il en se dandinant d’un pied à l’autre.
— Jon, je commence.
— Ne t’inquiète pas, j’ai compris également, je veux dire pour nous deux, dit-il un peu gêné.
Je ne veux pas lui faire de mal, mais autant qu’il se fasse une raison. Lui et moi ce ne sera jamais possible, il est comme mon petit frère. Alors je hoche simplement la tête. Il me tend le bras et m’emmène dans la salle à manger. Tout va bien, nous sommes redevenus les Gabi et Jon d’autrefois.
J’embrasse Madame Bonvarlet qui, pour une fois ne pipe mot. Quand je regarde ma mère me faire un clin d’œil, je comprends qu’elle a dû la mettre en garde de me foutre la paix.
Le repas se déroule mieux qu’hier, et Jon raccompagne Madame Bonvarlet chez elle. Je me retrouve de nouveau seule et dès demain, les affaires reprendront comme avant. Ma vie sera désormais rythmée par mon travail.
Il est plus de dix-sept heures quand j’ai enfin le courage de me rendre dans l’ancienne chambre de Florian. Tout me revient en pleine figure. Ses lèvres sur les miennes, ses mains sur mon corps brulant de désir pour lui et cette nuit entière passée dans ses bras. Comme je regrette de m’être endormie et qu’il soit parti sans moi au petit matin. Est-ce qu’il serait resté là si je ne m’étais pas assoupie? Non, tout se serait passé exactement de la même façon et son départ en aurait été que plus difficile.
C’est le cœur au bord des lèvres que je nettoie chaque recoin de la pièce avec minutie. Je commence par la salle de bain, puis je reviens dans la chambre. J’ôte les draps machinalement, et c’est en m’agenouillant au bord du lit que je découvre une feuille pliée en quatre. Ma poitrine se soulève, de plus en plus en colère qu’il soit parti.
Je m’assoie par terre et la tête me tourne lorsque je déplie le morceau de papier.
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Chapitre 17
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Florian
veuille ou non. Jamais je ne pourrai passer à autre chose, elle a changé ma Une nuit n’a pas suffi pour que j’oublie Gabrielle. Elle fait partie de moi maintenant que je le vie sans même le savoir. L’ancien Florian est mort, en réalité il ne fait plus partie de ce monde depuis bien longtemps. Il s’est envolé en même temps que Laura. Il fallait juste que quelqu’un me montre le bon chemin. C’est ce que Gabi a fait pour moi.
Elle est celle qu’il me fallait, celle qui fait battre de nouveau mon cœur. C’est avec une douleur immense que je dois la laisser ce matin. Ses longs cheveux entourent son visage encore endormi lorsque mes yeux se posent sur elle. Sa respiration est longue et régulière. Elle a l’air si paisible, j’ai beaucoup de mal à la laisser, mais il le faut. J’ai promis à mes parents de passer le reste des vacances avec eux et surtout je dois encore régler une tonne de paperasse si je veux emménager ici dans quelques mois.
J’aurais pu la réveiller, mais la séparation aurait été trop dure pour nous deux. J’ai toujours détesté les aux revoir. À la place, je lui laisse un mot. Je sors un stylo et un morceau de papier de ma valise, les mots glissent spontanément sur la feuille.
Gabi
Pardonne-moi pour cet au revoir qui n’est pas digne de la merveilleuse nuit que nous avons passée ensemble. Tu comptes beaucoup pour moi, à tel point que j’ai du mal à quitter le lit ce matin. Tu es le second souffle qu’il manquait dans ma vie, tu es le soleil qui avait quitté mon ciel depuis tant d’années. C’est pour cette raison que je préfère te dire au revoir sur ce morceau de papier plutôt que de verser une larme qui ne nous apportera que de la tristesse. Je ne sais pas ce qu’il adviendra de nous deux, ni même si nous avons un avenir ensemble, mais ce que je sais, c’est que tu as fait de moi un homme plus fort. Rien que pour cette raison, je ne parviendrai jamais à t’oublier. Si nous sommes vraiment faits l’un pour l’autre, nous nous retrouverons, Gabi. Je t’en fais la promesse. Ce n’est pas un adieu, je te dis juste à plus tard.
Florian.
Je pose le mot sur sa table de chevet et je quitte la chambre avec regret. Si je reste une minute de plus, je risquerai de faire demi-tour, et ça ne serait pas une bonne chose. Il faut que nous retrouvions notre quotidien, pour savoir ce que nous éprouvons réellement l’un pour l’autre. Après tout, c’est peut-être la magie de Noël qui nous a permis de vivre cet instant magique.
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Chapitre 18
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Gabrielle
sous le lit. Je n’ose pas l’ouvrir de peur qu’il gâche les derniers bons Mes mains tremblent lorsque je découvre ce mot qui est malencontreusement tombé souvenirs que j’avais avec Florian.
Je le déplie en prenant une longue inspiration. Une larme, unique et sincère, glisse le long de ma joue en découvrant qu’il ne m’a pas vraiment abandonnée. Il ne me dit pas adieu, mais juste au revoir. Il n’a pas pris peur, il veut juste prendre son temps et régler ses propres problèmes.
Je pose la lettre sur mon cœur, avant de quitter la pièce pour de bon. Cette chambre sera désormais celle qui a partagé notre bonheur. Je me fais la promesse de ne plus jamais laisser entrer un client ici. Elle restera close jusqu’au jour où Florian réapparaitra pour de bon.
Je ferme les volets et glisse la clef dans la serrure avant de tourner les talons.
Mes pas me portent directement vers le ranch. Mon cœur se serre quand je pense à Julia qui n’a pas pu faire la balade que son père lui avait promise. J’espère que l’occasion se représentera.
Je prépare Diego pour une dernière randonnée avant d’aller me coucher après cette journée épuisante. J’emmène mon cheval dans la forêt et très vite il se met à galoper.
Le vent fouette mon visage et je pars dans un sanglot interminable pour évacuer la peine que j’ai ressentie à la pensée de ne plus jamais le revoir.
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Chapitre 19
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Florian
Nous ne devions rester qu’une semaine, mais à cause de cette foutue Deux semaines et demie se sont écoulées depuis que nous avons quitté notre région parisienne. tempête, les vacances se sont prolongées.
Julia est si triste de quitter ses grands-parents, mais je lui répète sans cesse que nous serons vite de retour. J’ai l’impression d’avoir quitté la maison depuis une éternité. Tant de choses se sont passées depuis, j’ai la sensation d’être un autre homme. En réalité ce n’est pas que ça, j’ai vraiment évolué. J’aime la personne que je suis devenue, j’ose enfin me regarder dans une glace sans penser au mal que j’ai fait autour de moi, sans culpabiliser. Tout ça, c’est grâce à elle. Gabi. J’espère qu’elle a compris ma décision et qu’elle ne m’en veut pas trop. J’irai la retrouver dès mon retour.
J’ai passé une merveilleuse semaine, mais il y avait toujours ce vide en moi, qu’elle a créé, que j’ai engendré en la repoussant. Je me fais mal en instaurant cette distance entre nous, mais il fallait que je reprenne le souffle qu’il me manquait, mon destin en main pour pouvoir avancer et construire un avenir plus serein. Gabi m’a insufflé son oxygène, mais je dois apprendre à respirer par moi-même.
Je suis un peu comme un nouveau-né qui inspire pour la première fois. L’air pénètre dans mes poumons, j’ai envie de crier tellement ça fait mal. Je réapprends doucement à vivre, je réapprends doucement ce qu’est l’amour.
Je suis tombé fou amoureux d’elle. J’ai trébuché dans son piège, dès la première fois où mes yeux se sont posés sur elle. Son insouciance, sa naïveté, son tempérament de feu ont eu raison de moi. Elle est à l’image de la tempête qui est passée sur la ville. Elle est imprévisible, on essaie de s’en protéger pour éviter un maximum les dégâts, mais une fois qu’elle est partie, on reconstruit et on oublie. C’est ce que je ressens pour Gabi. J’ai tenté de me protéger parce que je pensais que jamais je ne pourrais retomber amoureux. La seule différence c’est que je ne veux pas l’oublier et que c’est elle qui m’a reconstruit.
La savoir tout près d’ici sans que je ne puisse la toucher me rend fou, mais je dois tenir le coup car je lui ai fait la promesse de revenir plus sûr de moi.
La dernière journée de nos vacances se termine, j’emmène nos bagages dans le coffre de la voiture et Julia verse une dernière larme avant de dire au revoir à ses grands-parents. Le mélange d’émotions que je ressens à ce moment-là est indescriptible. Je suis à la fois triste et heureux de partir. Triste parce que je quitte mes parents et que je ne reverrais plus la fille qui m’a rendu la vie. Heureux parce que justement, elle a changé ma vie. C’est déboussolant. Mais tellement revigorant de ressentir toutes ces choses alors que je les pensais enfouies au plus profond de mon âme.
Un dernier signe de la main et nous voilà sur la route du retour. Un silence empli l’habitacle comme lors de notre départ.
Lorsque ma voiture passe devant le ranch, j’évite de diriger mon regard vers le parking, de peur d’y apercevoir Gabi. Si je la regarde une dernière fois, je sais que je ne pourrais plus repartir. Elle est comme un aimant, elle m’attire sans que je ne puisse y résister.
J’appuie sur l’accélérateur et je reprends mon souffle une fois que le ranch n’est plus dans mon angle de vue.
— Tu ne l’oublieras pas, papa, peu importe les centaines de kilomètres qui te détache d’elle.
Mes mains se serrent sur le volant et mes jointures se mettent à blanchir parce que je sais qu’elle a raison. Jamais je ne pourrai la tenir à distance, elle tient mon cœur en otage et il impossible de me la sortir de là.
— J’aimerais qu’elle ressente ce vide en elle, comme je le ressens à chaque seconde qui m’éloigne d’elle. Je suis parti sans avoir la certitude que mes sentiments sont partagés… Je suis un lâche, je lui dis tout en fixant la route et en avalant les kilomètres qui me détachent de celle que j’aime.
— Moi je le sais. Vous êtes pareils tous les deux. Vous dissimulez vos sentiments parce que vous avez peur. Mais vos yeux parlent pour vous. Elle t’aime beaucoup, je ne sais pas si c’est de l’amour, parce qu’après tout je n’ai que treize ans, je n’y connais pas grand-chose… tout ce que je sais, c’est qu’elle a cette étincelle qu’avait maman lorsqu’elle te regardait. Je n’avais que cinq ans, mais c’est une chose que je n’ai jamais pu oublier, l’amour que vous aviez l’un pour l’autre…
— Tu pourrais devenir écrivain, dis-je en riant, me souvenant des doutes qu’elle avait quant à son avenir. Tu sais retranscrire les émotions comme si tu les ressentais toi-même, expliqué-je plus sérieusement.
Elle me fait un clin d’œil.
Je n’oublierai jamais les mots que Julia a prononcés ce jour-là, parce que je sais au fond de moi que les yeux que je pose sur Gabi sont ceux de l’amour. Un amour véritable et qui ne cessera jamais, comme celui que je vouais à Laura. Fulgurant et indestructible.
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Chapitre 20
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Gabrielle
semaine que je dépose dans « notre » chambre. Il y en a déjà un bon paquet, Plus de six mois ont passé et je n’ai toujours pas de nouvelles de Florian. Je lui écris une lettre par mais de toute façon à quoi bon ? Il ne reviendra pas. Au début, c’était des lettres d’amour que je lui adressais, aujourd’hui, je lui crache toute la rancœur qu’il m’inspire.
Je l’aime c’est indéniable, mais je le déteste pour m’avoir menti et fait espérer. Je veux qu’il sorte de ma tête une bonne fois pour toutes.
Il y a deux mois, j’ai fêté mon anniversaire. Jonathan a tenu absolument à ce que je sorte. Il m’a traînée dans un bar en centre-ville. Bien que j’ai tout juste vingt-trois ans, je ne sors quasiment jamais. Il faut dire qu’avec les beaux jours qui pointent le bout de leur nez et les vacances estivales, j’ai beaucoup de travail en ce moment. Je ne vais pas me plaindre que les affaires marchent bien, en réalité c’est une excuse que je me donne. Je ne voulais pas sortir de peur de rencontrer un homme, je me refuse à tirer un trait sur Florian. C’est pourtant exactement ce qui s’est passé ce soir-là.
J’avais trop bu et je me suis laisser séduire. Nous avons flirté gentiment. Il s’appelle Romain, il a vingt-cinq ans et il est à croquer. Je ne sais même pas ce qui lui a plu chez moi puisqu’il m’a vu dans un état pitoyable. Jonathan a dû me ramener à l’hôtel et m’aider à enfiler mon pyjama. Le lendemain matin j’avais un mot posé sur ma table de chevet, accompagné d’une aspirine pour calmer mes maux de tête.
Gabi,
Le gars avec qui tu as failli t’envoyer en l’air hier soir m’a donné son numéro pour que tu le rappelles. Je te le laisse tu en fais ce que bon te semble. Fais tout de même attention à toi, grande sœur.
À bientôt. Jon.
Voilà maintenant un mois que nous sortons officiellement ensemble. Romain travaille à quelques pas du ranch. Il est brigadier dans la police. Il vient quelques fois me rendre visite sans que je m’y attende, juste pour me faire la surprise. Il est tendre, affectueux et surprenant. Je l’aime beaucoup et on s’entend très bien.
Le week-end dernier, il m’a emmenée faire de l’accrobranche dans la ville d’à côté. On s’est éclaté comme des gamins avant de finir la soirée au restaurant et ensuite dans une auberge. En plus de posséder toutes ces qualités, il est vraiment très séduisant. Je commence vraiment à m’attacher à lui.
Je lui envoie un texto pour lui demander de venir dîner avec moi ce soir. Sa réponse ne se fait pas attendre.
« Il me tarde de te voir, mon ange. Soit prête pour 18h30, je viens te chercher en sortant du travail. »
Je lui réponds à mon tour que j’ai hâte de le voir.
Une voix me tire de mes pensées et me fait sursauter tandis que j’ai toujours le téléphone en main. Cette voix je la connais, je pourrais l’identifier parmi des millions d’autres… Mais je dois rêver, ce n’est pas possible.
— Qu’est-ce qui fait sourire la plus jolie femme de la terre ?
Je relève doucement la tête et je pense devenir folle lorsque je découvre l’homme qui m’a tant manqué depuis tous ces longs mois. Il est toujours aussi beau, bien qu’il ait un peu changé. Ses cheveux sont coupés courts, et une barbe de plusieurs jours orne sa mâchoire. Il me dévore littéralement des yeux et me dévoile ses jolies dents blanches lorsqu’il m’offre un sourire charmeur. Il est encore plus canon que dans mes souvenirs.
— Bonjour, Gabi, me lance-t-il.
Je reste clouée sur place, je n’arrive pas à croire qu’il soit revenu pile au moment où je commençais à envisager de refaire ma vie.
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Chapitre 21
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Florian
vendre notre maison de Paris, ça a mis un peu de temps, c’est à cause de ça Je suis tellement heureux, j’ai enfin pu déléguer mon entreprise à Jérôme, mon ami et collègue. J’ai réussi à que notre déménagement a pris du retard.
Voilà plus de six mois que j’ai quitté Châtel et il me tarde d’y retourner. Tout est réglé, mes parents ont trouvé une charmante maison adaptée au handicap de Julia. Elle est équipée de trois grandes chambres, d’une cuisine équipée, d’un salon et d’une salle à manger, ainsi qu’un grand jardin et d’une terrasse. Ils m’ont envoyé des dizaines d’annonces, mais j’ai eu le coup de foudre pour celle-ci Elle se situe à tout juste dix minutes de mon nouveau local. Ils ont également inscrit Julia dans un nouveau collège. J’ai opté pour un établissement privé car l’école publique du centre-ville ne possédait pas de rampe d’accès.
Je boucle les dernières valises et les porte jusqu’à la voiture. Je serre la main du nouveau propriétaire et lui souhaite un bon emménagement.
Je jette un dernier regard à cette demeure où nous avons connu des jours heureux lorsque Laura était encore en vie. Mais beaucoup trop de larmes ont été versées ici, alors c’est sans trop de regrets que je quitte cet endroit.
Plus que neuf heures de route me séparent de la femme que j’aime. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas trop d’avoir été si silencieux tout ce temps mais il fallait que je mette un terme à mon ancienne vie et que je débute la nouvelle sur de bonnes bases.
Lorsque j’arrive à Châtel, il est plus de vingt-deux heures et Julia et moi sommes épuisés. Je décide de me rendre chez mes parents pour ce soir, et ainsi faire la surprise à Gabi demain. Je laisse le soin à Julia d’appeler mes parents pour les prévenir que nous arrivons bientôt, il est hors de question de passer un coup de fil alors que je conduis. Je ne prendrais pas ce risque.
Le lendemain matin, je me lève tout excité. Il n’est que sept heures du matin et je n’ai quasiment pas dormi de la nuit. J’ai hâte de revoir Gabi, c’est fou ce qu’elle m’a manqué. Sept mois, c’était horriblement long. Je veux la prendre dans mes bras, je veux l’embrasser aussi longtemps qu’elle a hanté mon esprit. Je veux lui faire visiter la maison et j’aimerais aussi qu’elle emménage avec moi.
Je prends une douche rapide avant de reprendre la voiture pour me diriger vers le ranch. Même cet endroit m’a manqué.
Je me gare sur le parking de l’hôtel et un sentiment de nostalgie m’envahit. Rien n’a changé mis à part que le soleil brille en ce début juillet. J’ai l’impression de ne pas y avoir mis les pieds depuis une éternité.
Je sors de la voiture et m’empresse de rejoindre Gabrielle. À cette heure-ci, elle doit se trouver soit en cuisine soit à l’accueil. Peu importe, je la chercherai au bout du monde s’il le fallait.
Lorsque je pénètre dans l’établissement, mon cœur se met à battre bien trop fort et quand je la vois debout devant moi, mon cœur fini par exploser. La voir si songeuse me rappelle notre rencontre. Tout comme en décembre, elle ne me remarque pas et je me rappelle que quelques minutes plus tard, elle avait dit de moi que j’étais une « plaie ». J’espère que cette fois, elle appréciera ma venue.
Elle tape frénétiquement sur son téléphone et je la vois sourire. Je me penche pour voir ce qui la rend si joyeuse et découvre un texto d’un certain Romain. Je lis le message à l’envers et je lis:
« Il me tarde de te voir mon ange. Soit prête pour 18h30, je viens te chercher en sortant du travail. »
Ma mâchoire se crispe instantanément et j’ai soudain peur d’être rejeté. Je décide de la jouer fine, après tout, elle avait le droit de refaire sa vie pendant mon absence, nous ne nous sommes rien promis. Je n’ai pas à être jaloux. Je fais abstraction de ce que j’ai vu et lui lance :
— Qu’est-ce qui fait sourire la plus jolie femme de la terre ?
Elle relève lentement la tête, je la sens se crisper à son tour.
— Bonjour, Gabi.
Elle ne dit toujours rien, mais je sens son regard sur moi. J’ai pensé qu’un léger changement physique pourrait marquer la fin de mon ancienne vie. Fini la coiffure stricte et le rasage de près. J’ai laissé pousser ma barbe et coupé mes cheveux pour me rendre un peu plus cool. Je voulais la surprendre aussi et je crois que c’est chose faite.
Je la détaille attentivement, elle est encore plus resplendissante qu’auparavant. Elle est vêtue d’une jolie robe de saison. Il me semble qu’elle a raccourci ses cheveux, mais très légèrement et ils paraissent désormais plus clairs, les faisant tirer un peu plus sur le blond. Ses yeux verts scintillent lorsqu’elle me regarde enfin dans les yeux.
— Florian, qu’est-ce que… ?
— Qu’est-ce que je fais là ?
Je finis sa phrase car les mots ont du mal à passer la barrière de ses lèvres.
— Je t’avais dit que je reviendrai.
Je ne souris plus car mon cœur est blessé. Je le lui ai ouvert et voilà qu’elle l’a balayé d’un revers de la main. Je m’étais promis il y a quelques secondes, de ne pas lui en vouloir, mais je ne peux m’empêcher de souffrir de la voir si détachée. Je pensais qu’elle m’aurait attendu, je me suis trompé…
— Je ne pensais plus te revoir, dit-elle d’un air désolé.
Je me retiens difficilement de lui dire que ce n’est pas étonnant vu qu’elle a rencontré quelqu’un d’autre mais à la place je décide de lui dire ce qui me pèse. Peu importe ce qu’elle me répondra, je ne peux plus passer à côté de mes sentiments, il faut qu’elle sache.
— Gabi, tu m’as tellement manqué, je ne pouvais plus attendre.
Je marque une pause puis poursuis, la gorge serrée.
— Tu m’en veux certainement d’être parti sans te dire au revoir, mais j’avais besoin de prendre mes distances. Pas à cause de toi, j’espère que tu l’as compris, mais je l’ai fait pour moi-même. Pour me retrouver.
Elle ouvre la bouche plusieurs fois, mais aucun son ne sort.
Nous restons là, quelques secondes, peut-être même plusieurs minutes à tenter de renouer le dialogue. Mais le temps nous a séparés apparemment. Alors je décide de la laisser, seule, et tourne les talons, je crois qu’il n’a plus rien à ajouter.
— Florian, attend…
Je me retourne et l’observe.
— Je suis désolée, me dit-elle.
— Oui,…moi aussi.
Je rejoins ma voiture espérant qu’elle me dise que moi aussi je lui ai manqué, mais elle n’en fait rien. À la place, je la vois continuer à m’observer à travers la vitre.
Je suis encore en train de ruminer ce qu’il s’est passé tandis que je franchis le seuil de la porte de chez mes parents. Je me demande si j’ai bien fait de partir, j’aurais peut-être dû insister et lui dire que je l’aime, que je suis revenu rien que pour la retrouver. Je ne sais pas si ça aurait changé quoi que ce soit, mais au moins, je serais parti sans regret.
Julia fonce vers la porte mais voyant ma mine déconfite, elle hésite à me demander comment ça s’est terminé. Je suppose qu’elle doit se douter que ça n’était pas comme je l’avais imaginé.
Je lui offre un sourire forcé avant de quitter la maison et de rouler vers mon nouvel entrepôt. Au moins je n’ai pas tout perdu.
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Chapitre 22
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Gabrielle
soirée de ce soir. J’aime beaucoup Romain, mais le retour de Florian remet Après avoir passé la journée auprès de mes animaux, je tente tant bien que mal de me préparer pour la tout en cause. Je ne sais plus quoi faire, je suis totalement perdue. Peut-être que je l’ai jugé un peu trop rapidement finalement. Je me suis emballée en pensant qu’il jouait avec moi. J’aurais dû lui faire confiance et attendre qu’il revienne vers moi. Mais non ! La patience n’est pas une de mes qualités et j’en ai fait les frais aujourd’hui.
Lorsqu’il est parti, je voulais lui dire que moi aussi il m’avait manqué et que je l’aime, mais comment lui dire tout ça alors que j’ai maintenant quelqu’un d’autre dans ma vie. Certes, ce n’est pas une relation qui dure depuis longtemps, mais je déteste jouer avec les sentiments des gens. Le pire c’est que je ne veux jouer ni avec Romain ni avec Florian.
Je tourne en rond depuis que je suis rentrée alors que l’heure de mon rendez-vous approche. Si seulement Florian était arrivé avant que j’envoie ce foutu message, peut-être que les choses ne se seraient pas passées comme cela. Pourtant, j’adore passer du temps avec Romain, d’ailleurs, j’ai partagé plus de moments avec lui que j’en ai eu avec Florian. Ces deux relations, n’ont rien à voir, il va falloir que je fasse un choix et je crois que la soirée avec mon petit copain me permettra d’y voir plus clair. Il est dix-huit heures quinze lorsque je décide de me préparer enfin.
J’enfile la robe que je portais ce matin, je chausse des escarpins et je noue mes cheveux. Je n’ai pas le temps de prendre une douche, tant pis si j’ai l’odeur du ranch sur moi. Ce n’est pas très glamour pour un rendez-vous galant. Peut-être que j’essaye de tout gâcher inconsciemment et qu’à force de courir après deux étalons je vais finir par les faire fuir tous les deux ! Finalement, j’applique une petite touche de parfum dans le cou, je ne voudrais pas dégoûter Romain avant qu’il m’emmène dîner.
Un coup à la porte de ma chambre me fait sursauter. J’ouvre et je vois mon petit-ami appuyé sur le chambranle. Comment faire un choix quand on a deux hommes magnifiques qui nous font la cour ?
— Salut, ma belle, tu es prête ?
Il s’avance vers moi et dépose ses lèvres sur les miennes. J’aurais pu fondre devant sa tendresse si l’image de Florian ne s’était pas imposée à moi. Il faut au moins que je l’oublie pour ce soir, histoire d’avoir les idées claires.
J’attrape ma veste et le suis jusqu’à sa voiture. Une Séat Leon option sport, elle est tout simplement superbe. Je grimpe sur le siège passager, je me sens un peu mieux que tout à l’heure.
— Alors où m’emmènes-tu ? je lui demande.
— Dans un restaurant chinois, me répond-il tout en gardant les yeux sur la route.
Je me retiens de grimacer, je déteste la nourriture chinoise. Mais il fait l’effort de m’inviter alors je ne dis rien car finalement on ne se connaît pas beaucoup, il ne pouvait donc pas savoir.
Quelques minutes plus tard alors qu’un silence étouffant règne dans l’habitacle, Romain se gare devant le restaurant. La devanture est vraiment très belle, on dirait un vrai palais chinois. Deux grandes statues de dragon trônent de chaque côté de la porte.
Quand nous pénétrons à l’intérieur, la décoration est tout aussi majestueuse. Certaines tables sont posées à même le sol pour y dîner selon la tradition. D’autres toutes aussi jolies, sont de style européen. Je suppose que c’est au client de choisir s’il veut jouer le jeu jusqu’au bout. Au centre se trouve un magnifique jardin chinois, entouré d’un grand bassin. L’ambiance y est chaleureuse et relaxante.
Comme je le pensais, le serveur qui est sans doute originaire du même pays que le restaurant, nous propose la table traditionnelle, j’accepte, autant profiter de cet environnement atypique.
On s’installe donc sur des coussins tissés d’or et je profite du moment présent. Romain me sourit, et me tient la main, la caressant de son pouce.
— Comment s’est passée ta journée ? je finis par lui demander.
— Pas mal dans l’ensemble, il n’y a pas eu trop d’incidents. Et toi ?
Hormis une visite que je n’attendais plus, très bien…
— Pareil, rien de spécial. Tu sais tenir un hôtel n’est pas aussi palpitant qu’on peut le penser.
Je me penche sur la table en attrapant le menu, mes yeux s’ouvrent en grand lorsque je lis tous ces mets que je n’ai pas envie de manger. J’essaye de trouver un plat assez simple, qui pourrait me plaire. Mon choix se porte donc sur des nouilles sautées aux légumes et poulet, tandis que Romain se laisse tenter par une soupe chinoise.
Le serveur rejoint les cuisines et Romain me demande si tout va bien ? J’essaye pourtant de faire bonne figure depuis la visite de Florian tout à l’heure, mais j’ai la tête ailleurs et je peine à rester concentrée. Pour éviter les ennuis, je décide de lui avouer que la nourriture asiatique n’est pas ma tasse de thé.
— Tu veux qu’on aille dîner ailleurs ?
— Non, on a commandé de toute façon, on ne va pas partir comme des voleurs, ça ne se fait pas.
— Tu aurais dû m’en parler avant.
— Je… ce n’est pas grave.
À ce moment-là, j’aurais dû lui dire, c’est vrai, j’aurais dû tout lui raconter pour Florian. Mais je me suis tue.
Je tente d’avaler mon plat que je trouve finalement infect en faisant tourner mes baguettes dans l’assiette sans vraiment y toucher. Romain m’observe peiné, pensant que je suis dans cet état à cause du repas. Il ne peut pas se douter une seconde que je songe à un autre que lui.
Je n’arrête pas de penser qu’il se trouve seulement à quelques kilomètres de moi. Si j’écoutais mon cœur, je partirais d’ici en courant pour rejoindre l’homme que j’aime. J’apprécie Romain, mais je n’en suis pas amoureuse, et je ne le serai jamais car mon cœur appartient à Florian. Que puis-je faire de plus que de pleurer sur mon mauvais choix de l’avoir laisser partir ?
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Chapitre 23
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Gabrielle
Quelques semaines après notre sortie au restaurant, j’ai rompu avec Romain. Pas à cause de Florian, je me suis juste rendue compte que je m’emprisonnais trop souvent dans des relations qui n’étaient pas faites pour moi.
À partir d’aujourd’hui, j’ai décidé de me reprendre en main et cela a commencé ce matin lorsque j’ai parlé à ma mère de ma détermination à quitter l’hôtel. Ça lui a fait un choc, elle ne se doutait absolument pas de ce que j’avais en tête. Il va falloir qu’elle trouve une solution pour redresser les comptes car elle va devoir embaucher une personne pour l’aider. Je suis navrée de la laisser dans cette situation, mais je dois aussi penser à mon avenir, aller de l’avant et ce métier n’est pas fait pour moi.
Quand je lui ai appris que je souhaitais reprendre mes études pour travailler dans le commerce, elle a parfaitement compris mes choix et elle m’encourage à poursuivre mon rêve. Je vais lui donner un coup de main jusqu’en septembre et ensuite je retournerai sur les bancs de la fac.
Ma seconde décision, je l’ai prise il y a quelques jours. J’ai reçu la visite de Julia et de sa grand-mère. Elles m’ont toutes les deux assuré que Florian n’était pas au courant. C’est Julia qui souhaitait me parler. Je l’ai donc emmenée au ranch pour que nous puissions discuter tranquillement toutes les deux. Je me souviens de notre conversation comme si c’était hier. Elle m’a confirmé que Florian était amoureux de moi et que depuis qu’il était revenu de la fameuse journée où je l’ai envoyé balader, il ne souriait plus. Elle n’a jamais su exactement ce qu’il s’était passé, mais elle m’a soutenu que son père n’est plus le même…
J’ai fini par me confier à elle, comme si c’était une amie de longue date. Je lui ai donné les lettres que je lui avais écrites tous les jours ainsi que celles que j’ai continué à rédiger même après son retour. Je lui ai demandé de les lui remettre pour qu’il comprenne enfin ce que j’ai ressenti en son absence. J’y ai ajouté cette dernière.
Florian,
Cette lettre sera la dernière que je t’écrirai. Tu as déjà beaucoup de choses à apprendre sur mes sentiments envers toi. Tu découvriras tout ça à travers ces lettres que je t’ai écrites. Je te demande à ton tour d’être patient. Cette missive n’est pas un adieu, mais un au revoir.
À bientôt, Gabi.
J’ai demandé à Julia leur nouvelle adresse, ainsi que de garder secret notre conversation. J’ai pris également le numéro de téléphone des parents de Florian, car l’inconvénient quand on rend une visite surprise à quelqu’un c’est de ne pas être sûre que la personne en question soit là. Alors le jour J, j’enverrai un sms à Chrystelle, histoire de ne pas me retrouver à la porte.
En partant je lui ai dit à bientôt, elle m’a fait un clin d’œil. J’espère que ma surprise lui plaira et qu’enfin nous seront sur la même longueur d’ondes.
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Chapitre 24
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Gabrielle
orientée vers une licence en marketing. Ce n’est pas toujours facile car j’ai Voilà maintenant trois mois que j’ai repris le chemin de l’université « Mont-blanc ». Je me suis quitté l’école il y a plus de quatre ans maintenant, mais je m’en sors plutôt bien car j’ai enfin trouvé ma voie.
Ma mère a dû embaucher un nouvel employé, il s’agit de Dorian, il est polyvalent et très compétent. Il l’aide à accueillir les clients, il fait le ménage dans les chambres et il me remplace au ranch quand je ne suis pas disponible. À vrai dire, les chevaux sont la seule chose qui me manque là-bas. Mais je leur ai prévu une nouvelle vie à eux aussi dès que j’aurais obtenu mon diplôme.
Je vais créer une association pour les personnes en situation de handicap, que ce soit physique ou moteur. J’y enseignerai l’équithérapie, elle peut être appliquée aux adultes comme aux enfants. Les bienfaits de cette méthode sont tout d’abord physiques : on retrouve le développement de la tonicité musculaire, une augmentation de la force, de la résistance, de l’équilibre et de la coordination. Quant aux bienfaits psychologiques, elle permet aux personnes qui la pratiquent d’associer les sensations physiques à de nouvelles réactions psychologiques en lien avec eux même et leurs environnements. L’équithérapie améliore l’estime de soi, développe l’autonomie, la concentration et l’attention, et fait grandir le respect pour les animaux. C’est grâce à ma rencontre avec Julia, que m’est venue cette idée, c’était une évidence. Et je vais faire de Julia la marraine de l’association, si elle est d’accord bien évidemment.
Je ferme mon livre de révision, je passe mes premiers partiels après les vacances de Noël. Mais pour l’heure, il est temps de préparer ma surprise pour Florian. Cela fait cinq mois que je ne l’ai pas revu et il me tarde qu’il me prenne enfin dans ses bras.
Je revêts une jolie robe de satin, couleur rouge. Elle met mon corps parfaitement en valeur et je suis fière de l’image que le miroir me renvoie. J’enfile ensuite mes escarpins, ajoute un soupçon de parfum et quelques bijoux pour attirer l’œil de mon prince charmant. Je sors ensuite ma trousse de maquillage et applique un peu de fond de teint, un trait de crayon au-dessus des paupières et une touche de gloss.
Me voilà enfin prête pour aller rejoindre l’homme que j’aime. J’ai attendu cinq longs mois pour pouvoir le retrouver. Un petit clin d’œil pour lui rappeler la période de notre rencontre.
J’envoie ensuite un texto à Chrystelle, ma future belle-maman, je l’espère. Elle me confirme que Florian est bien chez lui, seul. Je ne sais pas quelle excuse elle a pu trouver pour embarquer Julia avec elle, mais ce qui est sûr, c’est que ça a fonctionné. J’aurais mon homme rien que pour moi.
Après quelques minutes de route, me voilà devant sa charmante maison. Elle est parfaite, c’est exactement comme ça que je l’imaginais. Elle est moderne et en même temps elle se fond parfaitement dans le paysage qui l’entoure. Je sonne à la porte, le cœur battant la chamade.
Florian ouvre à peine quelques secondes plus tard. Je manque d’éclater de rire quand je le vois vêtu d’un simple pantalon de pyjama. Je me retiens de lui sauter au cou lorsque mes yeux s’attardent sur son torse nu. Il est parfait, et mon Dieu que je l’aime. Ses yeux s’agrandissent de surprise avant qu’il ne se décide à me laisser entrer.
— Mais, qu’est-ce que tu fais là ?
— Ça ne te fait pas plaisir ? je lui demande commençant à douter.
— Evidemment que si, mais je suis juste surpris. Je n’avais pas de tes nouvelles et puis il me semblait que tu avais rencontré quelqu’un, finit-il par annoncer tristement.
Je m’approche de lui et lui répond :
— Tu as raison, j’ai rencontré un homme formidable. Ça fait un an aujourd’hui que je suis tombée folle amoureuse de lui.
Je m’avance encore plus près de lui, ma bouche frôlant ses lèvres et lui murmure :
— J’ai attendu patiemment ce jour pour te prouver à quel point je t’aime, Florian.
Puis j’ajoute :
— Embrasse-moi vite, avant que je ne le fasse.
Il emprisonne mes mains derrière mon dos avant de s’emparer de ma bouche. Je sens son souffle chaud pénétrer la barrière de mes lèvres. Les sensations sont décuplées maintenant que je suis sous son emprise. Il maintient toujours mes mains tandis qu’il s’attaque à mon cou que je lui tends un peu plus.
Il finit par me prendre la main, et nous montons à l’étage pour profiter de cet instant magique. Je sens son sexe tendu de désir, alors qu’il se positionne devant moi pour me retirer ma longue robe. Ses doigts agiles commencent à descendre la fermeture tandis que j’empoigne ses fesses musclées.
Dehors, il a beau faire un froid glacial, ici dans cette pièce nous avons l’impression d’être en ébullition. Il laisse glisser ma robe le long de mon corps et des frissons me parcourent alors qu’il caresse chaque centimètre de ma peau.
— Tu m’as manqué, me susurre-t-il.
— Toi, encore plus.
Il m’allonge sur le lit embrassant chacun de mes seins puis il retire le sous-vêtement en dentelle que j’ai acheté uniquement dans le but de lui faire plaisir. Il soulève mes fesses afin de retirer ma petite culotte. Me voilà nue devant mon bel étalon et à voir ses yeux qui pétillent, je crois que la vue lui plaît. Je me sens belle sous son regard.
En cet instant, j’oublie tout. J’oublie que j’ai failli le perdre, j’oublie notre différence d’âge, j’oublie qu’il y a une autre femme dans son cœur. Il n’y a plus que lui et moi. Je l’attire à moi et en profite pour retirer son pantalon. Je suis aux anges lorsque j’aperçois qu’il ne porte rien en dessous.
— Ça te plaît ? me demande-t-il avec son air malicieux.
— Hummmm, c’est bien plus que ça…
Il se positionne sur moi, son sexe en main, avant de me pénétrer. Je le sens grossir encore plus alors qu’il entame une danse endiablée. Il me possède corps et âme et nos yeux se cherchent, nous sommes fous l’un de l’autre.
Bientôt je sens son membre palpiter, nos visages se contractent tandis que l’orgasme pointe le bout de son nez. Nos corps se détendent peu à peu et Florian se laisse aller dans mes bras. Il se retire et va chercher de quoi me nettoyer de sa semence. Ensuite il s’allonge à mes côtés, me prenant dans ses bras. Je profite de la chaleur de son corps et nous restons dans cette position un long moment. Seul le vent qui souffle par la fenêtre se fait entendre.
Florian m’embrasse sur le haut du crâne à plusieurs reprises. Nous éclatons de rire après avoir entendu mon ventre crier famine.
Nous descendons à la cuisine et Florian nous prépare un petit en-cas rapide. Des roulés aux jambons, de la macédoine, des toasts… Il s’excuse de n’avoir rien préparé, que s’il avait su que je venais, il aurait cuisiné quelque chose de plus festif. Je lui réponds que je me fiche de ce qu’il y a dans mon assiette du moment que je suis avec lui. Nous passons le reste de la soirée à discuter de ce qui s’est passé dans nos vies respectives. L’entreprise de Florian rencontre un réel succès et il ajoute que Julia et lui adorent vivre ici. Ça les change de leur maison aux abords de Paris. Je lui raconte que j’ai repris mes études et nous discutons de la future association que je souhaite créer. Il m’avoue être fier de moi, que j’ai du courage de changer de cursus après tout ce temps.
Puis il me parle des lettres que je lui ai écrites. Certaines l’ont ému aux larmes, d’autres l’ont fait rire. Il a compris ma colère envers lui, et si c’était à refaire, il aurait certainement changé des choses. Il regrette de ne pas m’avoir laissé son numéro de téléphone pour que l’on puisse garder contact, le temps de boucler ses affaires à Paris.
Nous finissons ce repas improvisé, et je vais chercher le présent que je lui ai préparé dans mon sac à main. Je le vois rougir, car il est mal à l’aise de n’avoir rien pour moi. Mais mon cadeau c’est de l’avoir à mes côtés pour le reste de mes jours.
Je lui tends la petite boite et je vois ses mains trembler. Ses yeux deviennent malicieux lorsqu’il découvre un écrin.
— C’est une bague de femme, rit-il.
— Florian, je t’aime. Ce cadeau est aussi le mien. Je veux que tu me demandes en mariage. Je n’en peux plus d’attendre, alors j’ai pris les devants.
Il rit devant cette requête très étrange et ce cadeau qui l’est encore plus. L’attente est interminable et il accepte volontiers mais toutefois il me précise que si je n’avais pas eu cette idée farfelue, c’est lui qui aurait fait la démarche.
Il se met à genoux, et bien que ce soit moi qui ai provoqué cette situation, je suis très émue devant cette demande hors du commun.
Nous venons de faire l’amour tendrement sur le canapé du salon, dehors la neige tombe à gros flocons. Cela nous rappelle l’année passée lorsque nous nous sommes retrouvés dehors sous la tempête. Ce sont de bons souvenirs qui resteront gravés en nous pour la fin de nos jours.
— Je crois que je ne peux pas rentrer chez moi ce soir, tu as vu cette tempête ? dis-je en riant de bon cœur.
— Qui t’a dit, que je te laisserais repartir ?
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