Les Syrtes (1883-1884)

Jean Moréas · Chapitre 12 sur 23

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Les Syrtes (1883-1884)

Parmi les marronniers

Parmi les marronniers, parmi les

Lilas blancs, les lilas violets,

La villa, de houblon s’enguirlande,

De houblon et de lierre rampant.

La glycine, des vases bleus pend ;

Des glaïeuls, des tilleuls de Hollande.

Chère main aux longs doigts délicats,

Nous versant l’or du sang des muscats,

Dans la bonne fraîcheur des tonnelles,

Dans la bonne senteur des moissons,

Dans le soir, où languissent les sons

Des violons et des ritournelles.

Aux plaintifs tintements des bassins,

Sur les nattes et sur les coussins :

Les paresses en les flots des tresses.

Dans la bonne senteur des lilas

Les soucis adoucis, les cœurs las

Dans la lente langueur des caresses.