Les Syrtes (1883-1884)

Jean Moréas · Chapitre 22 sur 23

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Les Syrtes (1883-1884)

Être serein ainsi qu’un roc

C’est par l’effet trompeur de Maya que le

principe intelligent paraît revêtu de tant de

formes ; mais la contemplation est comme un

glaive avec lequel les hommes sages tranchent

le lien de l’action qui enchaîne la conscience.

B -P .

Être serein ainsi qu’un roc inaccessible,

Sans souci de chercher l’oubli de ses pensées ;

L’âme close aux sanglots des Lyres cadencées,

Aux rêves hasardeux ne pas servir de cible.

Aux ors incandescents des trésors des Palmyres,

Aux perles des Ophirs — aveugles ses prunelles ;

La vertèbre rétive aux visions charnelles

Éparses dans l’odeur énervante des myrrhes.

Le Temps pétrifié sur les feuillets du Livre.

Le Ciel du Cœur uni comme un métal ; sans rides,

O Sensibilité, tes surfaces virides ;

L’Aube pareille au Crépuscule : O ne pas vivre !