Ma vie à t'attendre

Julien Aime · Chapitre 44 sur 52

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Ma vie à t'attendre

Chapitre 42

 

Antoine est allongé sur le lit, un coussin sous la tête. Il ne trouve pas le sommeil. Il repense à Éléonore, à sa peine infinie. Il est resté un long moment avec elle pour l’écouter, la prendre dans ses bras, pour être simplement là. C’est tellement dur pour elle. Il a hésité à la laisser seule quand elle lui a dit qu’elle allait dormir, mais elle a insisté. Il a tellement peur que cette vérité terrible ne la pousse à faire une folie.

Antoine est en train de chercher des informations sur Arthur et la cellule Champlain quand son portable se met à vibrer. C’est un message Whatsapp.

— Toi non plus, tu dors pas ?

C’est Leïla. Il regarde l’heure, il est 02:03. Depuis combien de temps n’a-t-il pas réussi à faire une nuit complète ?

— Non ☹

— Tu fais quoi ?

— Je continue mes recherches sur Arthur.

— J’ai regardé la vidéo. Un terroriste ! C’est ouf ! — Oui.

Leïla est en train d’écrire. Puis elle efface. Elle réécrit, puis se ravise encore.

— Je peux te tel ?

Antoine se redresse sur l’oreiller.

— Oui, vas-y.

Un instant plus tard, le visage de Leïla apparaît dans son téléphone. C’est une photo qu’il a prise lors de son anniversaire. Elle fait la grimace, elle tire la langue, un chapeau pointu sur la tête. Il sourit en se remémorant cette soirée. Quand il l’avait embrassée pour lui souhaiter bon anniversaire, leurs lèvres s’étaient effleurées. Il n’y avait pas prêté attention sur le moment, ils faisaient la fête, ils avaient bu beaucoup de champagne, mais maintenant qu’elle lui avait avoué son amour, son regard troublé prenait tout son sens.

— Ça va ?

— Oui, et toi ?

— Comment va Léo ?

— Elle n’a pas arrêté de pleurer.

— J’imagine. Elle doit être dévastée.

— Oui. Elle a attendu un mort toute sa vie… — C’est terrible…

— Oui… Un mort qui lui a menti.

Ils restent silencieux.

— J’espère qu’elle va tenir le coup. Qu’elle va pas se laisser mourir maintenant qu’elle n’a plus aucun espoir auquel se raccrocher. Antoine hoche la tête. Combien de femmes et d’hommes a-t-il vu dépérir à la mort de l’être aimé ?

Son portable vibre encore. C’est un e-mail.

— Attends une seconde.

Il clique dessus, c’est François Leclerc.

Bonjour à vous,

Par acquis de conscience, et parce que votre histoire m’intriguait, j’ai continué à faire des recherches sur Arthur Dulac. Et j’ai découvert quelque chose qui pourrait vous intéresser. Appelez-moi quand vous le pouvez, je reste au bureau encore une petite heure.

François Leclerc

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Antoine regarde l’heure, il est 02:07. Soit 20:07 à Québec. — Lala ?

— Oui ?

— Je dois te laisser. Je viens de recevoir un e-mail du Québec. Nous ne connaissons pas encore toute la vérité sur Arthur Dulac.

 

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