Monster

Cynthia Havendean · Chapitre 25 sur 51

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Monster

Chapitre 25

J’ai enfilé tous mes vêtements tachés de sang et un garde m’a ouvert la porte lorsque j’ai cogné, une fois prêt à sortir. J’ai envoyé des hommes nettoyer le foutoir dans la cellule, puis je suis monté dans l’ascenseur.

Maintenant que je suis sorti de ma transe, de ma perversité et de cette démence qui m’habite quand je suis excité, je retrouve ma personnalité plus calme, moins détraquée. J’examine mon reflet dans la porte-miroir à l’intérieur de l’ascenseur. Je passe une main dans ma tignasse blonde tachée de sang, ajuste mon veston pour qu’il cache les gouttes des éclaboussures qui ont souillé ma chemise désormais froissée. J’ai fourré l’arme dégoulinante de sang de chatte autour de ma ceinture. J’ai grave besoin d’une douche et de changer de fringues !

Je passe la porte une fois arrivé au dernier étage. Deux gardes m’ouvrent ensuite celles du hall pour que j’entre dans mon penthouse. Je me rends compte que ma botte couine contre le marbre ciré. En jetant un coup d’œil, j’observe les empreintes rouges qui me suivent à la trace.

Ce n’est pas la première fois que les gardes me voient revenir ainsi : le regard sombre et euphorique, l’âme comblée, les vêtements qui empestent la mort, les cheveux de travers et sales. Même si publiquement on me voit toujours avec une allure soignée et impeccable, je ne surprends jamais mes gardes quand je reviens dans cet état répulsif à l’odeur putride. Ils savent très bien que je vais régulièrement assouvir mes besoins au sous-sol.

J’entre dans le penthouse, où tout est plongé dans le noir. Même les écrans au mur sont tous éteints…

Où est-ce qu’elle est ?

Je fais quelques pas dans la pénombre de la nuit vers la cuisine.

Bizarre.

Elle mijote quelque chose. Ou alors, je l’ai littéralement perturbée. M’entendre parler de nécrophilie et le voir sont forcément deux choses différentes. Elle me déteste pour ce que j’ai fait ? Elle est sûrement partie s’enfermer dans la chambre et ne veut plus me voir. Je comprendrais. Même si rien ne choque cette fille, je serais surpris qu’elle me fasse la gueule ou que je lui aie vraiment fait peur cette fois.

Je fonce sous la douche.

 

Je me sens comme un homme neuf en sortant de cette douche brûlante. J’enroule une serviette autour de ma taille et vais dans ma chambre en ouvrant la porte discrètement. Seyvanna s’est endormie. Elle s’est enroulée dans mes draps et ne bouge plus. À moins qu’elle fasse semblant et veuille à tout prix éviter mon regard ou même de me parler après ce qu’elle a vu. Je me dirige vers ma penderie et attrape une chemise noire et un pantalon que j’enfile sur place.

Une fois vêtu, je vais dans mon bureau et verrouille la porte derrière moi. Je me verse un verre de Jack Daniel’s au petit bar près de la fenêtre et prends place derrière mon ordinateur. Une fois celui-ci en marche, j’ouvre le programme de caméra de surveillance et décide de regarder la réaction de Seyvanna qui a maté en direct mon petit moment privé du sous-sol.

Dans mon salon, il y a deux longs canapés face à face, et selon celui sur lequel on s’assoie, on voit soit le pan de mur rempli d’écrans de caméras de surveillance, soit celui où est fixée la télévision normale. Je fais défiler les minutes de l’enregistrement jusqu’au moment où elle m’espionne après avoir trouvé le code des caméras et leur fonctionnement. Avant d’aller s’installer sur le canapé, elle va à la cuisine se verser un grand verre de vin.

J’écarquille les yeux, le cœur qui bat à cent milles à l’heure. Je suis excité et impatient de voir sa réaction… Au début, elle sirote son vin devant les images qui défilent.

En regardant Seyvanna sur la vidéo, je me ronge les ongles. Appréhendant qu’elle n’aime pas ce qu’elle voit. C’est ridicule, je devrais me foutre de ce qu’elle pense ou que ça la choque.

Attends… quoi ?!

J’attrape l’écran de mon PC et me rapproche pour mieux voir !

Seyvanna a posé son verre sur ta table basse devant elle, a appuyé doucement sa tête sur le dossier du canapé, replié les genoux, posant les pieds sur le rebord de la table basse devant elle et…

— Oh, ce n’est pas vrai… dis-je en caressant l’écran avec mon index et en ressentant une explosion de frissons sur le corps jusqu’à en avoir un pincement dans le cœur.

Seyvanna se fait plaisir. Ça semble irréel, mais ça se produit… J’en ai le souffle coupé. La chair de poule qui enveloppe mon corps ne me quitte pas.

— Mais qui es-tu… Seyvanna Pavlenskaïa… ?

Elle me fascine de jour en jour. Devant les images qui passent, elle se caresse. Une de ses mains s’est glissée sous mon sweat qu’elle porte pour se caresser les seins, et de l’autre, elle se doigte.

Je recule brusquement mon siège, m’éloignant du PC, sentant que l’excitation m’envahit aussi violemment que l’éruption d’un volcan !

Il y a forcément quelque chose qui cloche. Et si elle savait que j’allais visionner les caméras du penthouse ? Et si elle me manipulait pour me rendre fou d’elle ? Ce n’est pas possible qu’elle me complète à ce point. Ce n’est pas possible qu’une nana dans ce monde se masturbe en regardant mes déviances… Ce n’est juste pas possible. Elle joue avec moi… Habituellement, je décèle les manipulateurs. Là, je ne sais pas… Je ne sais pas quoi en penser… Ça l’air si réel. Elle est vraiment très excitée… Soit elle est bonne comédienne et arrive à me mettre de la poudre aux yeux, soit cette femme est l’incarnation parfaite d’une sociopathe et elle ne le sait même pas. Si tel est le cas, je pourrais craquer littéralement pour elle…

J’ai besoin de prendre l’air. Je ne me sens pas très bien. J’ai un vertige qui me monte à la tête.

Dans l’entrée, j’attrape mon manteau caban. Je mets ensuite mes gants de cuir noir et descends jusqu’au garage via l’ascenseur. Une fois entouré de mes voitures de luxe, la seule chose qui m’intéresse est l’air glacial et l’adrénaline que me procure ma Ducati. Alors je l’enfourche, après quoi, je mets mes écouteurs et, sur mon téléphone, sélectionne l’album Illusion de Momox. Je fourre ensuite le casque sur ma tête, ferme la visière teintée, et attends que la porte de garage s’ouvre juste assez pour que je décolle en trombe.

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