Petite légende dorée de la Haute-Bretagne
Chapitre XVI
(G S -F . Géographie de la Loire-Inférieure, 1829.—O .
Dictionnaire de Bretagne).
En la paroisse de Bains (Ille-et-Vilaine), sur le sommet de la colline de Guerchomin, appelée peut-être jadis: Guerc'h er men, la pierre de la Vierge, se voient quatre gros blocs de quartz, dont l'un mesure plus de deux mètres de haut et qui proviennent d'un cromlech ruiné.
Chaque année, pendant la nuit de Noël, quatre évêques venus des quatre points de l'horizon, s'y réunissent au coup de minuit et officient sur cette pierre toujours respectée. Puis, aussitôt leur office terminé, ils s'en vont ensemble vers l'occident, après avoir fait par trois fois le tour d'une autre
grosse pierre celtique située non loin de là et nommée la Roche-Aboyante[2]. Ils sont désignés parfois sous le nom de: «Saints des quatre saisons» auxquelles chacun doit présider pour sa part au cours de l'année nouvelle.
(D , Redon et ses environs, 1860, et traditions locales communiquées par le marquis
de l'Estourbeillon).
XVI
Saint Guillaume
À Louvigné-du-Désert sont des pierres à bassins dites Roches Saint-Guillaume; les bassins et les entailles ont, d'après la légende, été à l'usage de saint Guillaume qui fit pendant quelque temps son séjour en ce lieu. L'un était son douet (lavoir), l'autre sa fontaine, une autre plus petite son écuelle; deux autres qui se touchent sont l'empreinte de ses genoux; une entaille à quatre branches est celle où il déposait sa croix. Les intervalles qui séparent ces blocs portent le nom de rues du Paradis, du Purgatoire et de l'Enfer. Le lit du saint qu'on montre est une sorte de grotte formée par l'éboulement d'un bloc qui, dans sa chute, a été retenu en avant, à une petite distance du sol, par d'autres blocs.