Sais-tu? / Recueil de poésies destinées à servir d'exercices / élémentaires de mémoire

Les Trois Jours de Christophe Colomb

Ciel, pavillon de l'homme, admirable nature,

Salut pour la dernière fois!

Ah! puissent voir longtemps votre beauté sacrée

Tant d'amis sourds à mes adieux!

Qu'ils meurent pleins de jours, que leur mort soit pleurée!

Qu'un ami leur ferme les yeux!

GILBERT.

 

LES TROIS JOURS DE CHRISTOPHE COLOMB

 

En Europe! en Europe!—Espérez! Plus d'espoir! «Trois jours, leur dit Colomb, et je vous donne un monde.»

Et son doigt le montrait, et son œil, pour le voir, Perçait de l'horizon l'immensité profonde.

Il marche, et des trois jours le premier jour a lui; Il marche, et l'horizon recule devant lui;

Il marche, et le jour baisse. Avec l'azur de l'onde L'azur d'un ciel sans borne à ses yeux se confond. Il marche, il marche encore, et toujours; et la sonde Plonge et replonge en vain dans une mer sans fond.

Le pilote, en silence, appuyé tristement

Sur la barre qui crie au milieu des ténèbres,

Écoute du roulis le sourd mugissement,

Et des mâts fatigués les craquements funèbres. Les astres de l'Europe ont disparu des cieux;

L'ardente croix du sud épouvante ses yeux.

Enfin l'aube attendue, et trop lente à paraître,

Blanchit le pavillon de sa douce clarté: