Sous les tilleuls

Alphonse Karr · Chapitre 104 sur 145

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Sous les tilleuls

Chapitre CIV

 

 

Un matin que Stephen s’était battu et avait reçu un coup d’épée parce qu’un homme avait regardé Clara, quelques-uns de ses compagnons parlaient devant son lit de cette fille et de l’amour de Stephen pour elle.

— Il faut qu’il l’aime, dit Schmidt, voilà deux fois qu’il risque sa vie pour elle.

— Elle est belle ! dit un autre, et j’en suis quasiment amoureux ; mais je ne veux pas l’acheter au même prix.

— Je te la donne, dit Stephen, que l’on croyait endormi.

— Vrai ?

— Vrai !

— Tu ne l’aimes donc pas ?

— Non. Je te donnerai une lettre dans laquelle je lui an-noncerai que je l’ai donnée à toi, et, par dépit et dans l’espoir de me chagriner, elle me prendra au mot.

— Je comprends, dit Schmidt, c’est que tu préférés Fan-ny, que tu as depuis deux jours seulement.

— Non, car je te joue Fanny à pair ou impair ou aux dés.

 

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