Sous les tilleuls

Alphonse Karr · Chapitre 97 sur 145

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Sous les tilleuls

XCVII Suzanne à Magdeleine

XCVII

 

 

SUZANNE À MAGDELEINE

 

Comment ! ma pauvre amie, ton père est si mal ? Je ne te laisserai pas seule dans une aussi cruelle situation.

Après tout, Magdeleine, il faut non pas seulement du courage, mais aussi de la raison : ton père est vieux, et pour lui ne vaut-il pas mieux qu’il meure sans souffrances, sans avoir ressenti aucune des infirmités qui peut-être allaient ve-nir l’assiéger ?

Je partirai demain matin pour t’aller rejoindre.

M. Stephen remplit la ville de ses folies ; il s’est battu ce matin.

Au théâtre, hier au soir, il aborda un spectateur fort tranquille.

— Monsieur, je vous demande mille pardons de vous dé-ranger. L’étranger s’inclina. – J’ai, reprit l’autre, un petit ser-vice à vous demander. – Parlez. – Il n’y a pas de crime à avoir un grand nez ; le plus honnête homme du monde peut avoir un grand nez. – Où voulez-vous en venir ? – Il n’y a pas de crime à avoir un grand nez ; mais cependant un grand nez, et surtout un nez aussi grand que le vôtre, peut être gê-nant. – Eh bien ? – Eh bien, je viens vous prier de déranger un peu le vôtre, qui me cache mademoiselle Clara tout en-tière.

 

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De cette plaisanterie d’assez mauvais goût est advenue une querelle, et, ce matin, deux coups de pistolet ont été échangés, fort heureusement sans résultat.

 

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