Appelez-moi César
Citation
Aut Caesar, aut nihil
« César ou rien »
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Rien qu’un épilogue
J’imagine que l’alerte fut donnée aux alentours de 8 heures. Les trois moniteurs prévinrent finalement les gendarmes.
Ils avaient sans doute pensé pouvoir régler ça eux-mêmes, ils avaient attendu une bonne partie de la nuit, avec les jumeaux, les deux seuls qui n’avaient pas participé à la mutinerie, attendu au pied de la montagne, plus agacés qu’autre chose par nos comportements de p’tits cons, déterminés à nous laisser nous démerder et à prendre les mesures qui s’imposeraient pour régler cette affaire.
Aux premières lueurs du jour, l’inquiétude avait déjà dû bien ronger les nerfs et la raison. Frère Jean-Marc était désormais convaincu que quelque chose d’anormal se passait. Il était soutenu par Mireille, l’infirmière, qui s’imaginait le pire. Dès le début, elle avait pensé que ce n’était pas une bonne idée de continuer à avancer en nous laissant derrière. Il aurait fallu aller nous chercher un par un en nous tirant par l’oreille, on méritait une bonne engueulade, évidemment !, mais pas d’être abandonnés en pleine montagne surtout avec la nuit qui tombait. Quant à frère Michel, je le vois bien fumant sa pipe, restant inflexible et flegmatique, comme toujours. Ce qui se passait ne l’inquiétait pas plus que ça. On se démerderait. Connaissant le bonhomme, il était d’avis d’aller rejoindre au point de campement Albert, le cuistot, qui devait commencer à se faire du souci. On reviendrait ensuite repêcher tout le monde avec le camion au moment où nos têtes de morveux seraient bien refroidies et nos corps éreintés par une nuit dans la montagne.
Frère Jean-Marc et Mireille avaient dû refuser de partir, voulant reprendre le chemin en sens inverse, pour aller voir, malgré la fatigue, pour faire quelque chose. Rien n’était pire que cette attente coupable.
Ils avaient grimpé une petite heure à peine, n’avaient retrouvé personne. La peur de Mireille, j’imagine, s’était alors emparée des derniers remparts de frère Jean-Marc. Ses nerfs avaient lâché. Il voulait appeler les secours ! Notre groupe pouvait être n’importe où, sur les sommets ou dans la forêt, au fond des ravins ! Frère Michel avait esquissé un sourire sardonique. Appeler les secours, pour ça ! On se foutait bien de leur gueule. Il était certain qu’on était là, cachés quelque part, à les regarder paniquer. Bref, une mauvaise blague. Frère Jean-Marc s’était mis à lui hurler dessus. Cette situation était un cauchemar ! Les jumeaux avaient dû regarder la scène sans broncher, ils attendaient la suite, obéissants comme toujours.
À la première habitation, ils avaient demandé à utiliser le téléphone pour appeler les secours. Évidemment, les gendarmes prirent l’affaire très au sérieux : un groupe d’adolescents perdus en plein massif de la Morieuse, sans adulte, pendant la nuit, avec les dangers que représente le relief escarpé, c’était totalement irresponsable ! Je suppose que les moniteurs furent pressés de s’expliquer. Mireille écrasait le poing contre sa bouche, le regard empli de panique. Frère Jean-Marc avait la gorge nouée, il n’osait dire quoi que ce soit, la moindre parole les accusait. Irresponsables ! Seul frère Michel s’adressait aux gendarmes, il devait avoir perdu un peu de sa superbe, sentait bien désormais que cette petite affaire prenait une tournure qui risquait de lui être fort préjudiciable, mais il gardait son calme, il savait que nous allions bien. Il parlait posément, d’une voix affable, expliquait les circonstances de l’événement.
C’était aux environs de 17 heures hier. Ils pensaient pouvoir descendre vers Louvet par le sentier qu’on empruntait, mais celui-ci avait soudainement disparu sous le tapis de la forêt et ne menait plus nulle part. Ils avaient donc décidé de rebrousser chemin avec le groupe, comprenant qu’ils avaient fait erreur au col de la Lanterne. Celui-ci était à une heure, deux heures de marche environ en remontant, et qui sait combien de temps il faudrait pour rejoindre ensuite Louvet. Il était hors de question de traîner. Notre groupe n’avait cessé de faire exprès de prendre du retard ce jour-là, une progression en accordéon. Un sale état d’esprit ! Quand ils avaient annoncé qu’il fallait faire demi-tour, cela avait soulevé un tollé. C’était leur problème s’ils nous avaient paumés, nous, on voulait d’abord faire une grosse pause. Grève ! Mutinerie ! Révolte ! Ils n’avaient jamais vu ça. Des gamins sacrément difficiles cette année ! Une mentalité de p’tits caïds !
Alors ils avaient choisi de se remettre en marche. Sans le groupe. Tant pis, on finirait bien par les rejoindre bon gré mal gré. Au col de la Lanterne, ils avaient sans doute attendu un certain temps, avec agacement, avec colère, persuadés que nous étions embusqués sournoisement dans la forêt en contrebas à les regarder s’énerver, c’était bien notre genre. Comme la nuit n’allait pas tarder à tomber, ils avaient laissé un mot avec des indications et une grosse flèche en direction du bon chemin, au cas où, convaincus qu’on suivait, qu’on finirait bien par se lasser de notre jeu. Eux avaient atteint la vallée tard dans la soirée. Il devait bien être minuit passé. L’obscurité et la fatigue de cette journée interminable les avaient fortement ralentis. Ils avaient marché plus lentement, attendu, crié dans l’épaisseur de la nuit noire pour rappeler les jeunes à la raison, pour ne pas perdre le groupe.
« Ne pas perdre le groupe ? », avaient dû répéter les gendarmes avec un ahurissement à peine dissimulé. Ces quelques mots dans la bouche du vieux bonhomme n’avaient aucun sens. Une précaution absurde. Ne pas perdre le groupe. Mais le groupe était perdu, et sans doute perdu depuis longtemps, depuis le début, en pleine montagne, perdu dans la nuit ! Il n’était plus question d’un jeu. Quelle inconscience !
Notre groupe fut repéré en milieu de matinée par l’hélicoptère de la gendarmerie. Nous descendions le sentier en direction de Louvet. Le peloton qui accomplissait l’ascension dans ce secteur ne tarda pas à nous rejoindre.
Nous fûmes immédiatement pris en charge. Les gendarmes découvrirent une bande d’adolescents éprouvés, le corps éreinté, les traits tirés, le regard vide. Silhouettes décomposées.
On se jeta sur l’eau qu’on nous donnait, on l’avala goulûment, il n’y avait pas une seule goutte dans cette foutue montagne ! On nous enveloppa de couvertures isothermes. La fin de la nuit avait été froide là-haut. La matinée était maussade, le ciel chargé de nuages gris qui empêchaient le soleil de percer. Nous parvenions difficilement à nous réchauffer, nos membres tremblaient, nos dents claquaient nerveusement. Nous portions encore en nous le froid mortel qui s’était emparé de nos corps et qui ne les lâchait plus.
Les secouristes tentèrent de nous réconforter pour mieux nous faire parler. Mais nous étions encore incapables de dire un mot. Nous dévorions nos barres de céréales, en silence, comme des fantômes meurtris, incapables d’exprimer ce que nous avions vécu. L’atmosphère était étrange. Le choc profond. La vie ne reprenait pas, nos visages étaient fermés, méfiants, presque hostiles. Le groupe ne faisait qu’un, emmuré dans le silence et la douleur, forteresse contre les autres.
Les gendarmes n’avaient pas encore pris le temps de nous compter. Assez vite, l’adjudant s’aperçut qu’il en manquait un. Nous devions être onze, c’est ce que les moniteurs avaient dit. Onze garçons. Il n’y en avait que dix. Le ton changea, le type se jeta à l’assaut de la forteresse. Où était le onzième ? Que s’était-il passé ? Nous ne répondîmes pas, chacun baissait le regard, fuyait la question. Alors le gars s’emporta, se mit à nous hurler dessus, on ne jouait plus !
Pimousse craqua le premier et se mit à chialer. Le gendarme s’approcha de lui, il n’allait plus le lâcher. À ce moment-là, l’un de nous lança à un autre un regard furtif, un signal que les adultes ne virent pas. Les deux se forcèrent à pleurer eux aussi, suivis du reste des gars. Peu à peu ce flot d’émotions feintes envahit tout le groupe, la forteresse se rebâtit, solide, imprenable. Sanglots sonores, agitation des corps, reniflements nerveux, expirations saccadées. À quoi jouait-on ? Et pourtant, chose étrange, nous paraissions de plus en plus sincères, certains finirent même par pleurer pour de vrai.
Le gendarme revint à la charge sur Pimousse pour lui tirer les vers du nez. Effrayé par la silhouette de l’homme qui se dressait devant lui, le gamin céda rapidement. On ne l’empêcha pas de parler. On le fixait, en silence, accrochés au moindre mot qu’il prononçait.
« On… on l’a perdu. Il… il a disparu !
— Comment ça disparu ? »
Les mots de Pimousse s’étranglaient dans ses sanglots. Il ne savait pas, il faisait nuit. Il l’avait entendu crier.
« Ce n’était pas de not’ faute, c’était un accident. Un accident. Il a disparu comme ça. Il y a eu ce cri. Aaaahhh ! Il a crié comme ça, je vous jure. C’était horrible !
— Comment ça, il a crié ? s’agaça le gendarme. Quel accident ? Qu’est-ce que tu racontes ? »
Pimousse était tétanisé. Pourquoi c’était lui qui devait parler ! C’était pas juste. Il tremblait, gémissait et bredouillait : « Je ne sais pas, il faisait nuit. C’est pas ma faute, je vous jure, C’est pas ma faute !
— Il est tombé, finis-je par dire d’une voix qui se voulait posée.
— Tombé ? Comment ?
— Je ne sais pas. Il faisait nuit. Il a disparu. On l’a entendu crier. Après, il ne répondait plus. Il a dû tomber dans le vide.
— Comment en es-tu sûr ? Vous avez été voir ?
— Non.
— Pourquoi ?
— C’était trop risqué. On avait peur. Le terrain était super en pente. Je ne sais pas, vu son cri, il a dû tomber de haut. Je ne sais pas s’il est mort. Sans doute. »
Ce fut la stupeur chez les gendarmes.
L’adjudant déploya devant moi une carte du massif, pointa du doigt le col de la Lanterne, traça nerveusement le chemin possible jusqu’au point où nous nous étions égarés. Où était-il tombé ? À quoi ressemblait l’endroit ? À quel moment ? Combien de temps après avoir lâché nos moniteurs ? J’hésitai, grosso modo par là, je ne savais plus vraiment. Je ne comprenais rien à cette carte. J’avais tant à cacher.
La zone que je déterminai correspondait à peu près au versant ouest du Grand Néron, c’est là que les gendarmes allaient concentrer toutes leurs recherches. La situation était très préoccupante. Plusieurs petites barres rocheuses courent à couteaux tirés à travers la forêt, pas toujours visibles, surtout dans la nuit. La pente est même importante à certains endroits, il est facile de dégringoler et de se faire happer par l’un de ces pièges mortels. Et si notre groupe était descendu assez bas, il avait pu atteindre l’une des deux redoutables falaises des « Deux Cerfs », comme on les appelle, et qui plongent dans les gorges de Sardin.
« Qu’est-ce que vous foutiez par là ? demanda encore l’adjudant qui voulait comprendre.
— C’était un accident ! C’est d’la faute à personne ! Il est tombé tout seul !
— Personne te parle de faute ! Dis-moi ce qu’il s’est passé ? Pourquoi ton copain est descendu plus bas ?
— On a tenté de dévaler la pente tout droit à travers la forêt, on se disait qu’on pouvait atteindre directement la vallée comme ça, sans suivre aucun sentier. Mais on s’est retrouvés en haut de cette barre rocheuse, il n’y avait pas grand-chose, peut-être trois mètres en dessous. On a hésité à descendre, mais lui était carrément chaud pour le faire, il n’avait pas peur. Alors, il a balancé le sac à Pimousse pour se marrer, parce que Pimousse, il avait la trouille…
— Qui ?
— Pimousse, celui à qui vous avez parlé en premier. Le sac a roulé entre les arbres, puis il a disparu. On ne le voyait plus, il faisait trop noir. Personne n’a voulu y aller pour le récupérer, sauf lui. Il voulait aller voir, il était sûr du chemin. Il a descendu la barre rocheuse sans trop de problème. Mais il nous a dit qu’en bas le sol était vachement pentu, il devait se tenir aux arbres. On lui a dit de pas déconner, de remonter, tant pis pour le sac, mais lui a voulu voir ce qu’il y avait plus loin. On a fini par plus le voir dans l’obscurité, mais on l’entendait. Il nous a crié : “Putain, les gars, y a une falaise !” Ça nous a foutu la trouille à tous, on lui disait : “Fais pas le con ! Reviens !”, mais lui voulait jeter une pierre pour voir la profondeur. Tout à coup, on l’a entendu hurler “Putain de merde !” avec un bruit comme s’il se cassait la gueule ou glissait, c’est allé très vite, et puis ce cri qu’il a poussé, le cri du mec qui tombe. C’était horrible. On l’a appelé. Il n’a plus répondu. On n’a pas osé aller voir. »
Il y avait de l’émotion dans ma voix, de la fragilité. Et pourtant, si le gendarme avait pu s’imaginer l’ampleur de la situation, s’il avait pu comprendre, il aurait vu dans mon regard cet air désespéré de défi que je me lançais à moi-même, il fallait tenir, gagner du temps, ne rien lâcher, c’était atroce, mais je n’avais pas le choix. Les autres non plus. Je ne devais pas trahir. Je ne devais pas être faible.
« C’est quoi, cette blessure que t’as au bras ?
— C’est rien, M’sieur, je m’suis cassé la gueule dans la pente, j’suis tombé sur une pierre. Ça saigne plus.
— Fais voir ! C’est pas joli du tout. Comment tu t’appelles ?
— César ! » murmurai-je, après une brève hésitation, presque pour moi, effrayé de ma provocation.
Le gendarme n’entendit rien, il me fit répéter.
« Étienne, je m’appelle Étienne ! » m’empressai-je de répondre.
Comme les autres, je me suis effacé.
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De jeunes innocents. Un accident regrettable. Un traumatisme puissant. Des adultes irresponsables. Voilà ce que les gens ont retenu, voilà ce qu’ils ont gobé. Rien qu’un épilogue fâcheux, venu clore l’histoire d’un groupe d’adolescents partis marcher en montagne au cours de l’été 1994. Le reste, tout le monde s’en foutait. Nous avons raconté ce qu’ils voulaient entendre, sans mentir. À quelques détails près. Une version officielle derrière laquelle nous nous sommes planqués durant toutes ces années, les gars de la Miséricorde et moi. Il fallait en rester là et tenter de sauver ce qu’il y avait à sauver de nos vies. Le reste de l’histoire était à oublier. C’est ce que je me suis imposé, sans relâche. Des années de silence et de renoncement à lutter contre moi-même pour tenter de vivre comme tout le monde, dans le mensonge, mais vivre quand même, devenir quelqu’un. Exister.
Le mensonge n’a servi à rien. Je n’ai rien sauvé, rien construit. Je l’ai toujours su, je l’ai compris un peu mieux encore en perdant ma mère. Elle est décédée sans traîner il y a un mois. Tout le monde l’a pleurée, aimée, honorée, chacun a pu exister, sauf moi. Visage impassible, cœur desséché. Taciturne et discret. Juste l’ombre d’un fils. Personne pour me le reprocher, ce n’est que moi, le type froid et impressionnant qu’on ne saisit pas bien, celui dont on n’attend plus rien, à cause d’un lointain accident ou quelque chose comme ça. Ma mère a eu ces mots surprenants peu de temps avant de mourir, alors que je me trouvais seul avec elle dans sa chambre d’hôpital. Elle m’a dit : « Qui es-tu devenu, Étienne ? » Avant d’ajouter : « Tu ne me diras donc jamais la vérité ! Je ne suis pas dupe ! » Elle s’est tue, elle avait ce sourire fatigué. Je n’ai rien dit. Je me suis levé et suis sorti de la chambre.
Ma mère a perdu son fils, son enfant, il y a vingt-cinq ans ; je lui suis revenu mais je n’ai plus été le même. Elle n’a jamais osé m’affronter sur le sujet, elle s’est résignée. Et voilà qu’elle trouve enfin la force de le faire au moment de mourir.
Qui es-tu devenu, Étienne ? Cette question ne me lâche plus, elle me dévore. Personne, maman. J’ai tout perdu, ma vie, ma tendresse, mes rêves. Et pourquoi ? Pour quelque chose que je n’ose pas même dire ni revendiquer, et qui m’aurait permis au moins d’exister.
J’ai quarante ans et je ne suis qu’un lâche prudent. Je ne suis rien.
Si j’avais pu crier au gendarme que César, c’était moi, je serai devenu quelqu’un. Au lieu de cela, je me suis effacé comme les autres. La vérité est tellement incomplète. L’épilogue est faux.
J’ai décidé de briser le carcan. Je veux parler, je ne sais pas encore si je dirai tout, mais je veux raconter au moins l’histoire dont tout le monde se fout. Cette histoire si lointaine, je n’ai réussi ni à l’étouffer ni à m’en débarrasser. Il est temps que je la relate. Je veux l’écrire, la mettre en mots pour moi, pour exister de nouveau, et pour tous ceux qui voudront bien l’entendre, tous ces inconnus que je devrai bientôt affronter, parce que je sais qu’au moment où ils liront ces premières lignes je deviendrai leur ennemi, l’ennemi de ceux qui n’étaient pas là et qui ne comprendront pas, qui jugeront.
Cette aventure, je l’ai vécue, quand j’avais quinze ans. Elle est magnifique et terrible à la fois. Je veux tout reconstruire, depuis le début, dire qui j’étais et ce que je suis devenu et que je n’ai pas assumé, je veux retrouver mes paroles, mon corps, mes regards d’adolescent, me souvenir du temps innocent, sans conséquence, de ce temps d’avant, avant de gâcher ce qui nous possédait, notre jeunesse, notre liberté, notre puissance, cela était si beau, si bon.
Pardonnez-moi, les gars. Pardon aux hommes que vous êtes devenus. Vous me détesterez sans doute, vous qui avez tenu et fermé vos gueules. Vous me verrez comme un traître, comme un faible. Vous vous trompez. Écrire cette histoire, ce n’est pas trahir, c’est au-delà de ça, c’est relever l’ultime défi. Je veux reprendre la place qui me revient, elle n’est pas enviable mais elle est la mienne ; elle dira au moins qui je suis.
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