Bal Masqué

Chelsea Harrison · Chapitre 3 sur 4 · partie 2/3

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Bal Masqué

BONUS 2 - Dernier Recours

Ce chapitre est long, il est donc découpé en 3 parties.

Au bout d'un long moment, elle commença à chercher la présence d'une sonnette. Elle la trouva sur le côté et s'apprêtait à appuyer dessus, jonglant avec ses sacs pour y parvenir, lorsque la porte s'ouvrit.

"Lizzie, eh bien, pourquoi ne m'as-tu pas dit que tu étais ici ?"

Elizabeth fronça les sourcils.

Cole se tenait dans l'entrée, sans chemise, portant seulement un pantalon en cuir bas qui collait, mais à peine, à la moitié inférieure de son corps. Ses cheveux étaient ébouriffés de cette façon qui était supposée être naturelle, mais qui était tellement sexy que cela devait être soigneusement travaillé. Et sa bouche…

Seigneur, arrête de regarder sa bouche !

"Euh, je… je viens d'arriver" parvint-elle à expliquer.

Son sourire s'élargit. "Bien. Viens, je vais t'aider."

Il s'avança pour prendre ses sacs mais, instinctivement, elle recula. "Non, tu n'es pas obligé."

En riant, il s'avança plus près et attrapa l'une des lanières de son sac à dos. "Bien sûr que si. Tu es supposée être ma fiancée. J'aurais l'air d'un mufle si je ne t'aide pas, et il y a sûrement des reporters cachés dans le coin pour prendre des photos."

Elle pâlit tandis que ses yeux s'écarquillaient, l'idée d'être prise en photo en ce moment même la pétrifiait. "Oh mon Dieu, sérieusement ?"

Fronçant les sourcils en sa direction, clairement amusé devant son embarras, il hocha la tête. "Oui. Bienvenue dans la vie d'une rock star, bébé."

"Ne m'appelle pas bébé."

L'ignorant, il prit un autre sac puis se retourna pour rentrer à l'intérieur. Elle le suivit, se sentant déjà à l'écart alors même que le premier jour ne faisait que commencer.

"Mon studio est au fond, dans l'entrée" dit Cole en faisant un geste vers le hall carrelé qui tournait vers la droite et au mur duquel était placardé plusieurs photos, en majorité de lui avec Britney. "Ne vas pas par-là. Mais tout le reste de la maison est à ta disposition."

Elizabeth leva un sourcil en face de lui. "Comment ça ? On est dans "La Belle et la Bête" ou quoi ? Est-ce que je dois faire attention de ne pas toucher la fleur légendaire ?"

La regardant, il cligna de l'œil. "Bébé, la seule fleur légendaire ici, c'est toi."

En entendant cela, elle roula des yeux, mais rougit quand même. "Ne m'appelle pas bébé" marmonna-t-elle.

Il l'ignora à nouveau. "L'escalier conduit aux chambres. Celle avec les dinosaures roses et la montagne de peluches est à Becky. On ne peut pas la manquer. Les autres sont vides, excepté la mienne bien entendu."

Elizabeth se demanda brièvement si Britney avait toujours une chambre dans la maison, mais elle ne désirait pas vraiment poser la question. Sûrement, même le célèbre Cole Black n'était pas assez stupide pour héberger la femme qui tentait de lui prendre sa fille unique.

"Fais comme chez toi n'importe où dans la maison. La cuisine est ici, il y a beaucoup de provisions la plupart du temps, mais ne touche pas aux boissons au kéfir. Elles sont pour Becky. Elle a des douleurs d'estomac et ça la soulage."

Souriant devant cette remarque, elle acquiesça. "Très bien. Est-ce qu'il y a d'autres règles que je devrais savoir ?"

"Becky va se coucher à vingt-et-une heures quand elle est ici. Ne la laisse pas te raconter autre chose. Et non, elle n'a pas le droit de manger des Oréos au petit-déjeuner, pas même si elle les émiette pour les mettre dans du lait."

Elizabeth rit légèrement en entendant cela. "Elle est futée."

Il haussa les épaules. "Tu crois que je ne le sais pas ? Les filles finiront par causer ma mort un de ces jours."

Après lui avoir fait faire brièvement le tour, il s'excusa car il devait aller chercher Becky. "Elle est chez Britney, et cela me prend habituellement près d'une heure, au moins, pour que je parvienne à la ramener, alors ne t'inquiète pas si je ne suis pas de retour avant un moment. Quelle emmerdeuse." Il continua à grommeler diverses choses pour lui-même tandis qu'il sortait, mais Elizabeth devinait qu'il s'agissait encore d'autres jurons.

* * *

Deux heures et demie plus tard, Elizabeth avait enfin fini de s'installer dans l'une des chambres du fond au premier étage. Elle contenait un bureau et deux des murs étaient couverts de livres. C'était calme, plus petit que certaines des autres chambres plus vastes à l'avant, et il n'y avait pas de télé ou n'importe quelle autre source de distraction. En plus, on s'y trouvait à l'arrière de la maison, ce qui signifiait qu'elle ne serait probablement dérangée par personne d'autre dans la maison.

Par les techniciens ou les fans qu'il doit sûrement ramener chez lui, pensa-t-elle peu charitablement.

Même si elle lui avait fait promettre de ne plus coucher à droite à gauche, elle n'était pas sûre de pouvoir lui faire confiance. Après tout, il était ce qu'il était, et espérer que quelqu'un allait changer de comportement en une soirée était un peu naïf. Surtout si l'on considérait qu'ils n'étaient pas réellement fiancés. Le problème n'était pas tellement la fidélité. En fait, elle ne se souciait pas de cela. C'est au sujet de sa réputation qu'elle s'inquiétait.

Elle avait étalé les devoirs qu'elle devait corriger sur le bureau devant elle. Même si elle enseignait surtout à l'école primaire – aux élèves de deuxième année en particulier – il lui arrivait parfois de remplacer un professeur du lycée. Juste une fois par semaine, le vendredi, puisque son école faisait la semaine de quatre jours. Cela paraissait idiot de faire ça vu de l'extérieur, mais elle avait besoin de ce revenu supplémentaire. Même si l'enseignement devait lui permettre de rembourser son prêt étudiant, ce n'était pas garanti, sans compter qu'il lui restait toujours les factures du quotidien à payer.

Les papiers en face d'elle se trouvaient donc être des devoirs d'élèves du lycée. Chaque copie contenait entre cinq et huit pages, elles semblaient horriblement mal écrites à divers degré, avec cependant quelques pépites cachées à l'intérieur. Cela irritait toujours Elizabeth de constater à quel point les élèves ne semblaient pas motivés. Parce qu'elle savait que beaucoup d'entre eux seraient pourtant capables d'écrire convenablement. C'est juste qu'ils n'essayaient même pas.

En soupirant, elle repoussa un autre devoir médiocre. "Si je lis encore une autre chose au sujet de Une Rose pour Emily, je vais finir par devenir chèvre" se murmura-t-elle à voix haute.

Tous sans exception avait écrit quelque chose sur cette histoire, et elle se disait qu'elle ne serait plus jamais capable d'apprécier ce récit à nouveau.

Prenant un autre devoir, elle grogna lorsqu'elle vit que cela allait encore être sur le même sujet.

"Dure journée ?"

Elizabeth laissa échapper un cri de surprise et se cogna le genou tandis qu'elle se levait précipitamment de sa chaise. En grimaçant, elle s'apprêtait à râler contre Cole de l'interrompre dans son travail lorsqu'une petite boule aux cheveux noirs surgit dans la pièce. Elizabeth n'eut qu'une demi-seconde pour comprendre qu'il s'agissait de Becky tandis que la petite fille de sept ans se jetait dans les bras d'Elizabeth. "Mademoiselle Lizzie !"

"Becky, tu vas bien ?"

Elizabeth étreignit la petite fille tandis que Cole s'attardait sur le pas de la porte, les regardant toutes deux et souriant.

"Ca va ! Je vais rester avec papa tout le week-end et la semaine après !"

Elle semblait tellement ravie qu'elle débordait d'énergie et rayonnait complètement. Elle se montrait radieuse, vraiment heureuse. Cela fit s'interroger Elizabeth, se demandant à quel point la vie était difficile avec la mère de la pauvre enfant.

"C'est génial !"

"Et papa dit que tu vas être avec nous aussi !"

Elizabeth jeta un coup d'œil vers Cole. Il était appuyé contre le montant de la porte, les bras croisés sur son large torse musclé. Il avait mis une chemise, ce qui était une bonne chose…pour beaucoup. C'était moins perturbant en tout cas. Brièvement, Elizabeth se demanda ce qu'il avait raconté à sa fille. Sûrement pas la vérité, pensa-t-elle. Expliquer à une petite fille de sept ans la différence entre une vraie et une fausse fiancée ne devait pas être une tâche facile. Seigneur, même des adultes ne comprendraient pas bien, se dit-elle.

"Euh, oui, pour une certaine période" dit Elizabeth, hésitante. "Est-ce que tu es d'accord ?"

"Oui ! C'est comme une grande soirée pyjama avec des adultes. Papa en fait tout le temps."

Elizabeth leva à nouveau les yeux sur Cole, juste à temps pour le voir grimacer à moitié. Évidemment, Becky n'était pas aveugle devant les flirts de son père, même si elle ne devait probablement pas en comprendre la nature exacte. Pas encore. Cela ennuyait Elizabeth. Peu importe comment se comportaient leurs parents, les enfants n'auraient pas dû avoir à en supporter les conséquences.

"Eh bien, je veux que ma présence ici ne te dérange pas" expliqua Elizabeth à Becky. "Si tu te sens mal à ce sujet, à n'importe quel moment, viens m'en parler et je disparaîtrai tout de suite, d'accord ?"

"J'adore que tu sois ici. Tu es ma maîtresse préférée" dit Becky en serrant à nouveau Elizabeth contre elle. Puis elle s'écarta et dit : "Tu veux voir ma chambre ? Elle est super !"

* * *

Cette première journée se déroula bien. Elizabeth passa presque tout son temps à corriger ses copies tandis que Becky et Cole s'amusaient dehors près de la piscine. Ils dînèrent ensemble, répondant surtout aux sujets de conversation de Becky : "Les dinosaures roses sont les meilleurs parce qu'on dirait des poneys mais avec des queues de lézards" ou "Les clowns ça fait peur. Personne n'aime les clowns." Puis ils rangèrent pour qu'elle se prépare à aller se coucher.

"Je ne suis pas fatiguée" couina Becky à son père, selon ce qui semblait être une habitude.

Il soupira d'un air exagéré. "Eh bien, moi je suis fatigué, mais je ne vais jamais me coucher si tu n'y vas pas, alors fais-le pour moi."

Becky fit la moue, ses petits bras croisés par-dessus sa chemise de nuit imprimée avec un ours. Elle n'aimait pas cette idée du tout. Elizabeth avait choisi de ne pas s'en mêler et était en train de se brosser les dents dans la salle de bain au bout du couloir. Cependant, pour retourner dans la chambre où elle avait décidé de s'installer, elle devait passer devant la porte ouverte de celle de Becky. En la voyant, Becky dressa l'oreille.

"Mademoiselle Lizzie ! Il faut que je te dise bonne nuit."

Cole fit la grimace à sa fille, mais n'émit pas d'objection à ce qu'Elizabeth vienne. Quand celle-ci hésita à la porte, il lui fit même signe d'entrer.

"Viens. Si tu ne lui dis pas bonne nuit, elle ne voudra jamais aller pioncer."

Elizabeth fléchit et entra dans la chambre, se penchant au-dessus du lit. "Bonne nuit."

Becky secoua la tête. "Non. Papa doit me donner un verre d'eau et tu dois me faire un bisou ou je ne pourrai jamais aller pioncer !"

Elizabeth sourit légèrement en voyant la façon dont Becky imitait son père. "Aller pioncer" n'était pas vraiment une expression qu'utilisaient les petits de sept ans, d'après l'expérience d'Elizabeth.

Cole fit la grimace devant sa fille. "D'accord. Je t'apporte un verre d'eau. Mais ensuite c'est l'heure de dormir. C'est comme ça. Pas de discussion."

Becky hocha la tête avec enthousiasme et Cole disparut par la porte. Elizabeth le regarda s'en aller un instant avant d'aller s'asseoir au bord du lit de Becky. Elle ouvrit ses bras. "Un bisou ?" dit-elle en se penchant en avant. Elles s'étreignirent, Becky la serrant aussi fort que ses petits bras le lui permettaient.

Quand elles se séparèrent, Becky demanda : "Est-ce que tu vas être ma nouvelle maman ?"

Elizabeth écarquilla les yeux. C'était vraiment une question délicate. "Hum" murmura-t-elle avant d'avaler sa salive. "Euh, non, bien sûr que non. Tu as déjà une maman, grosse bêta."

Le sourire radieux de Becky s'effaça et ses épaules s'affaissèrent. "Maman ne m'aime pas, alors j'ai pensé que tu pourrais être ma maman parce que tu m'aimes bien."

Le cœur d'Elizabeth se brisa. Comme fracturé.

"Je suis sûre que ta maman t'aime" murmura-t-elle à la pauvre petite fille, mais elle n'y croyait pas vraiment. Les enfants étaient lucides, ils sentaient les choses même s'ils ne les comprenaient pas complètement tout de suite. Becky aurait pu penser que sa mère était fâchée contre elle alors que Britney était en fait en colère contre Cole, mais Elizabeth ne pensait pas que ce soit le cas. Elle soupçonnait fortement que Britney était trop occupée à apprécier le mode de vie des gens riches et célèbres pour aimer s'occuper d'une petite fille de sept ans.

En souriant, Elizabeth embrassa Becky sur le front puis sortit. Cole revint à ce moment-là et déposa un verre d'eau sur la table de nuit.

"Maintenant on dort. Plus d'autres excuses" dit-il fermement.

Becky sourit et hocha la tête. Puis elle s'emmitoufla sous les couvertures comme un Eskimo et ferma les yeux. Cole l'embrassa sur la joue et ramena doucement les couvertures autour d'elle. Puis il sortit, éteignant toutes les lumières sauf la veilleuse.

Il ferma presque complètement la porte mais la laissa suffisamment entrouverte pour que passe un filet de lumière. Puis il fit signe à Elizabeth de le suivre.

"On ne va pas s'envoyer en l'air ensemble " dit Elizabeth brusquement. Elle parlait à voix basse, faisant attention à cause de Becky.

Cole leva un sourcil en sa direction. "Eh bien, Lizzie, quel vocabulaire."

Elle roula des yeux. "Je suis sérieuse. Il faut qu'on soit convaincants. On ne peut pas laisser Britney Masters obtenir la garde de cette pauvre petite."

Un léger sourire se forma sur les lèvres de Cole. "Je suis content que tu adhères à mon plan. Tu es prête à aller te coucher ?"

Elle rougit mais acquiesça. "Oui bien sûr. J'ai choisi la chambre à côté de la tienne. Pour des raisons de commodité."

"Commodité ?" la taquina-t-il avec une étincelle dans ses yeux bleus.

Elle croisa les bras sur sa poitrine. "Ne sois pas grossier."

Il rit. "Comment ? Tu as dit qu'on n'allait pas s'envoyer en l'air. Un couple normal dormirait dans la même chambre."

Plissant les yeux devant lui, elle dit platement : "On attendra jusqu'au mariage." Puis elle passa devant lui pour aller jusqu'à sa chambre, juste à une porte après la sienne. Elle ne lui jeta pas un autre regard mais elle l'entendit rire doucement, et cela éveilla quelque chose qui était profondément enfouie en elle. Elle tenta d'ignorer ce sentiment.

* * *

Deux semaines après leur arrangement, Elizabeth finit par s'habituer à être appelée "Lizzie" et à utiliser le bureau au fond du couloir pour corriger ses copies. Même si, au cours de la première semaine, Becky avait servi de tampon entre elle et Cole, la petite fille était retournée chez sa mère au début de la deuxième semaine. Cela avait laissé à Elizabeth comme un goût amer dans la bouche – ainsi qu'une sorte de sentiment liquide et chaud dans son estomac à propos duquel elle n'était pas sûre de savoir comment réagir.

Cet après-midi là, une fois qu'elle fut rentrée de l'école, Elizabeth s'installa dans le bureau pour parcourir les devoirs de ses élèves. C'était plus facile puisqu'il s'agissait de copies d'élèves de primaire et elle en attendait beaucoup puisqu'elle trouvait que le monde des enfants était plus créatif. Ils disaient les choses différemment et l'on trouvait souvent dans leurs copies des vérités simples sur le monde.

Elizabeth était en train de lire le devoir d'un petit garçon lorsqu'il y eut un coup à la porte juste avant qu'elle ne s'ouvre. Elle leva les yeux pour voir Cole, sans chemise comme à son habitude, se tenir là. Il s'appuyait contre le montant de la porte et la regardait avec un demi-sourire, qu'elle détestait et adorait en même temps.

S'éclaircissant la gorge, elle demanda : "Tu as besoin de quelque chose ?"

"Oui, de toi."

Ses yeux s'écarquillèrent tandis que son cœur battait plus fortement dans sa poitrine. Elle sentit sa peau devenir plus chaude, ce qu'elle aurait souhaité pouvoir empêcher. "Par… pardon ?" balbutia-t-elle.

Il lui fit un grand sourire. S'écartant de la porte, il s'avança vers elle et s'assit sur un coin de son bureau, ignorant les copies qu'elle y avait étalées et sans faire attention à combien il se tenait tout proche d'elle. "J'ai dit que j'avais besoin de toi… que tu arrêtes d'être aussi studieuse tout le temps. Tu travailles sans cesse et tu ne t'amuses jamais, tout ça."

Elle pinça les lèvres puis se redressa et dit : "Je fais mon travail. Tout ce qu'exige l'enseignement" dit-elle en faisant un geste en direction des copies sur lesquelles il était assis. "Et également mes devoirs en tant que fiancée. Les paparazzis n'ont pas cessé de nous tourner autour à chaque fois que nous sommes sortis. Je les ai vus à l'extérieur de l'école en train de prendre des photos. Ils étaient là lorsque nous sommes allés à cette première et quand nous sortons de tous ces restaurants chics où l'on mange dans ces horribles assiettes minuscules. Ils étaient là lorsque tu m'as traînée jusqu'au studio d'enregistrement. Ils ont pris tellement de photos de nous, je crois que nous avons été sur toutes les couvertures de magazines pendant ces deux dernières semaines. Qu'est-ce que tu veux de plus ?"

Pendant une seconde, Cole ne dit rien. Elle espérait qu'il se rendrait compte qu'ils étaient la cible de l'attention du public et qu'il la laisserait tranquille, mais au bout d'un moment il dit : "Je veux que tu t'amuses pendant que tu es ici."

Elle fronça les sourcils. "Comment ? Je croyais que le point essentiel, c'était que je suis ennuyeuse, tu te souviens ?"

Il grimaça puis lui sourit d'un air d'excuse. "Je suis désolé à propos de ça. Je reconnais que ce n'était pas la meilleure façon d'exprimer les choses."

Elle croisa les bras sur sa poitrine et attendit sans rien dire.

Il soupira. "Je ne te dis pas te de laisser aller et de faire n'importe quoi. Mais tu restes enfermée ici tous les après-midi depuis que tu es arrivée, et ce n'est pas sain. Je ne veux pas que tu te sentes comme Belle, enfermée dans la tour de la Bête."

Elle s'adoucit un peu en entendant cette référence à La Belle et la Bête. Elle s'était servie de cette histoire le jour de son arrivée et elle ressentait un petit picotement de plaisir de voir qu'il s'en souvenait.

"D'accord. Alors qu'est-ce que tu suggères exactement ?" demanda-t-elle prudemment.

Il sourit. "Je suggère qu'on passe la soirée en ville, rien que nous deux."

"Je ne sais pas…"

"S'il te plaît, Lizzie" dit-il d'une voix douce et tendre qui la fit fondre. "Je veux que tu t'amuses un peu."

Elle avait le sentiment que c'était surtout que lui voulait s'amuser, mais elle ne dit rien. Surtout parce qu'elle comprenait qu'elle aussi avait envie de s'amuser.

"D'accord. Ce soir alors."

Son sourire s'élargit mais avant qu'il ne s'empresse pour qu'ils y aillent tout de suite, elle dit : "Mais seulement si tu me laisses finir de corriger ces copies."

Il se leva immédiatement, les mains levées. "Tu as ma parole. Et habille-toi bien." Puis il se retourna et pendant qu'il partait, elle put voir ses fesses moulées dans son pantalon en cuir, qu'il portait bas sur ses hanches. Elle se rassit en soupirant. Tout ça était complètement fou.

* * *

Chapitre Quatre

Cole n'avait pas l'habitude de passer autant de soirées chez lui. Pendant deux semaines, il s'était comporté en suivant les indications de son avocat et la demande de Lizzie qu'il arrête de coucher avec d'autres femmes pendant qu'ils faisaient semblant d'être ensemble. Le problème était qu'il ne pouvait pas coucher avec Lizzie non plus. Il ne lui en voulait pas nécessairement : leur arrangement n'avait rien de sexuel de prévu et, en fait, il aurait été un peu déçu si elle s'était contentée d'écarter les jambes à son intention comme si cela faisait partie de leur contrat. Mais cela ne changeait rien au fait que Cole avait des besoins.

Certains d'entre eux étaient sexuels. Mais pour d'autres, il s'agissait plus simplement d'évacuer son trop-plein d'énergie. Il voulait sortir dehors. Il voulait faire des choses. Il était enfermé là, chez lui, dans l'incapacité de sortir sans Lizzie de peur que quelqu'un ne comprenne leur imposture. Ou pire, qu'on se dise qu'il la trompait.

Bien sûr, ils étaient sortis quelques soirs afin d'être vus. Des événements sur tapis rouge. Elle l'avait accompagné au studio une fois ou deux. Et il l'avait emmenée dans ces restaurants chics qu'elle avait complètement détestés.

Rien de tout cela n'était suffisant pour calmer l'impatience qu'il ressentait. Et enfin, il comprit pourquoi : ils ne s'amusaient pas. Et s'ils ne s'amusaient pas, à quoi bon tout cela ? C'est exactement ce qu'il dit à Lizzie. A son grand étonnement et plaisir, elle accepta qu'il l'emmène dehors. Elle devait probablement penser qu'ils iraient dans un autre de ces restaurants coûteux, mais pas cette fois. Il avait quelque chose de spécial en tête.

Comme un petit garçon, il attendit impatiemment qu'elle ait fini son travail.

Il était assis dans le salon, installé sur le canapé. Une chemise avait fait son apparition, mais elle était noire à fines rayures avec des boutons jusqu'en bas, et il l'avait laissée ouverte. Même si Lizzie ne voulait pas coucher avec lui, il pouvait voir qu'elle était attirée par lui. Il avait vu la façon dont ses yeux s'attardaient sur son corps, et il appréciait d'attirer son attention ainsi. Il était une rock star après tout. Attirer l'attention était ce qui lui permettait de gagner sa vie.

Sa guitare reposait en travers de son corps tandis qu'il grattait les cordes paresseusement, fredonnant une nouvelle chanson sur laquelle il était en train de travailler. C'était une "jolie chanson" comme Becky aimait à l'appeler, mais si elle avait su d'où lui était venu l'inspiration, elle aurait pu ne plus la considérer de la même façon.

Cela parlait de toutes les fois où les gens s'étaient servi de lui, lui avaient dit qu'ils l'adoraient afin de mieux lui tourner le dos et lui faire les pires choses possibles. Qu'il veuille l'admettre ou non, ce genre d'attitude émanait en particulier de Britney.

"Cette salope a toujours une influence sur ma vie" se murmura-t-il, mécontent.

Grattant les cordes et continuant de fredonner légèrement, il n'entendit pas Lizzie entrer dans la pièce. "C'est joli" commenta-t-elle et il sursauta un peu. "C'est nouveau ?"

Il se sentit presque embarrassé d'avoir été surpris ainsi. Normalement, il n'aimait pas que quiconque entende sa musique avant qu'elle ne soit finie, mais il fit comme si ce n'était rien. "Oui. Je suis toujours en train de bosser dessus."

Elle hocha la tête. "C'est plutôt triste, non ?"

Il leva les sourcils vers elle. "C'est ce que tu penses ?"

Elle haussa les épaules. "Je ne suis pas une spécialiste, mais j'ai l'impression qu'il y a comme un sens caché dedans."

Il était sincèrement impressionné. La plupart des fans de Cole Black – son nom de scène – appréciaient ses chansons les plus orageuses parce qu'on aurait dit qu'elles vibraient d'une certaine colère, et beaucoup également aimaient la puissance émotionnelle de ses ballades, en particulier les ménagères à la recherche d'une excitation qui leur manquait dans leur vie autrement terne. Mais peu saisissait la subtilité qui se dissimulait derrière la première impression évidente. Presque chacune des chansons qu'il avait écrite contenait une nuance de tristesse et de douleur, mais pour s'en apercevoir, cela nécessitait de la rechercher attentivement.

C'était une surprise agréable de trouver quelqu'un qui s'en soit aperçu spontanément comme ça.

"Peut-être" fut tout ce qu'il dit. "Tu es prête à y aller ?"

Elle hocha la tête et il vit ses yeux descendre pour observer son torse à nouveau dénudé. Il sourit et elle rougit instantanément. Après une seconde, elle ajouta : "En fait, j'ai besoin de me changer avant. Est-ce que… est-ce que tu sors comme ça ?"

Il était évident qu'elle essayait de ne pas baisser à nouveau les yeux sur lui. Toujours en souriant, se réjouissant devant son problème, il acquiesça. "Oui."

"Et qu'est-ce que je dois porter ?"

Il haussa les épaules. "Ce que tu veux. Quelque chose de joli."

Elle murmura quelque chose à propos de "notions divergentes" puis elle tourna les talons et monta les escaliers, ne demandant pas d'autres détails. Il la regarda gravir les marches, se disant qu'il était amusant de la taquiner. Mais en fait, Lizzie avait toujours été ainsi.

Ils avaient grandi ensemble quand ils étaient enfants car elle était d'abord devenue l'amie de sa sœur. Mais alors que le frère et la sœur Everett étaient extravertis et sûrs d'eux, Lizzie était timide, réservée et pensive. Elle avait toujours eu un coté intello, et ce d'autant plus avec ses vêtements démodés et ses cheveux frisés. Mais c'était une chouette personne. Cela était toujours resté vrai.

Il se rappelait encore de la nuit où il s'était introduit dans sa chambre afin que les policiers ne l'attrapent pas après le couvre-feu. Il l'avait suppliée de le laisser entrer et c'est ce qu'elle avait fait, simplement parce qu'il le lui avait demandé.

Et à présent, elle faisait la même chose. Elle lui sauvait la peau, pas parce qu'elle en retirait quelque bénéfice, mais parce qu'elle était une personne généreuse.

"Elle est toujours la meilleure fille que je connaisse" se murmura-t-il dans la pièce vide.

En se levant, il marcha avec sa guitare le long du couloir pour la ranger. Puis il boutonna sa chemise, la laissant seulement légèrement ouverte en haut. Il la laissait sortie hors de son pantalon, les manches retournées, selon un style décontracté que les filles paraissaient toujours apprécier.

Quand Cole revint, Lizzie descendait déjà l'escalier et il se sentit obligé de s'arrêter pour la contempler.

Lizzie n'était pas le genre de fille sexy qu'il séduisait dans les bars. Elle n'était pas le genre de femme à gros seins qui se jetait à ses pieds, avide de célébrité, d'argent et de sexe. Ses yeux n'étaient pas trop maquillés et ses vêtements n'étaient pas moulants au point qu'on puisse voir toutes les lignes et les courbes en-dessous. Et ses cheveux étaient toujours un peu frisés, même si on voyait bien qu'elle les avait brossés et y avait appliqué un peu de laque.

Et cependant, tandis qu'elle se tenait là, portant un jean noir étroit et un chemisier ample boutonné jusqu'en bas, il la trouvait belle. Ce n'était pas le style dont il avait l'habitude, mais une partie de lui se mit soudain à la désirer. Il en fut tellement étonné qu'il ne sut plus quoi dire.

"Quoi ?" demanda-t-elle tandis qu'elle atteignait le premier palier. Elle arrangea ses cheveux, les balançant d'un côté pour tenter de les garder en place. "Ce n'est pas un look assez pointu pour une rock star ?"

Elle désigna son chemisier qui était gris, bien qu'il y ait également dessus de minuscules fleurs et arabesques qui étaient d'une teinte qu'on aurait pu qualifier de légèrement violette. Le vêtement était toutefois sans manche et exposait la pâleur et la douceur de ses bras. Cole remarqua la masse de sombres tâches de rousseur qui parsemait ses épaules, donnant à sa peau de porcelaine une singularité tout à fait particulière.

"Si, ça va" lui dit-il, se rendant compte qu'il était toujours en train de la regarder. Il s'éclaircit la gorge. "Ce sera parfait pour ce soir."

Elle lui sourit agréablement puis demanda : "Où va-t-on d'ailleurs ?"

"Je ne te le dis pas, c'est une surprise. Tu vas devoir patienter."

Ils prirent sa voiture qui était belle et élancée, une petite chose coûteuse et rapide. L'excitation bourdonnant dans ses veines, Cole espérait que Lizzie allait apprécier cette soirée autant qu'il était sûr de le faire. Cela faisait longtemps qu'il n'était pas allé au Marteau, mais il ne l'avait jamais oublié. Un petit coin perdu, seuls les habitants du quartier en connaissait l'existence et ceux qui tombaient dessus par hasard n'y restaient souvent pas longtemps.

Il n'y avait pas de parking, aussi trouva-t-il une place sur le côté du bâtiment, entre une moto et un camion. Quand il éteignit le moteur, Lizzie demanda : "Vraiment ? Ici ?"

Il lui sourit. "Viens, tu vas adorer."

Il sortit rapidement de la voiture et glissa par-dessus le capot afin d'aller plus vite de l'autre côté, ne se souciant pas de se comporter comme un adolescent tout excité. Il se trouva près d'elle avant qu'elle n'ait ouvert sa portière et le fit à sa place. Elle leva les sourcils vers lui.

"Quoi ? Je suis un gentleman."

Elle rit, un son qu'il s'était mis à apprécier. "Et moi qui croyait que tu étais un rustre."

Il haussa les épaules. "Je le suis un peu aussi."

Toujours en souriant, elle sortit de la voiture et après qu'il eut refermé la portière, elle le laissa la conduire jusqu'au Marteau. Il paya le prix d'entrée, qui était ridiculement bas pour lui maintenant qu'il était devenu célèbre, mais qui autrefois était d'un montant beaucoup plus élevé qu'il avait du mal à payer.

A l'intérieur, l'ensemble était plutôt banal. Faiblement éclairé, avec une scène au loin à gauche et un bar sur la droite. Il y avait une piste au milieu pour danser, mais la plupart des gens étaient soit assis au bar, soit à l'une des tables qui avait été installées un peu partout au hasard. Même si tout était propre, il était évident que l'endroit était ancien. Il existait depuis un long moment, ainsi qu'en témoignaient les comptoirs usés et les murs de briques nus.

"Qu'est-ce qu'on fait ici ?" demanda Lizzie, un peu étonnée.

Cole passa un bras autour de sa taille pour la rapprocher de lui, plus par habitude que pour un autre motif. Il lui dit à l'oreille : "C'est le premier endroit où j'ai joué."

Elle le regarda les yeux grands ouverts, surprise par cette révélation : "C'est vrai ?"

Il hocha la tête. "J'aurais pu entrer là gratuitement si j'avais voulu" dit-il en faisant un geste vers la porte et le videur à qui il avait payé de l'autre côté. "Mais j'aime bien montrer ma reconnaissance, tu comprends ? Ils ont été les premiers à me laisser ma chance."

Elle le regarda, sincèrement impressionnée et commença à regarder l'endroit d'un œil neuf. "C'est plutôt petit" fit-elle remarquer.

Cole rit. "Oui, eh bien, je n'ai pas toujours été célèbre."

"Je sais" dit-elle doucement. "Je m'en souviens."

Il la regarda alors, longuement. Les douces vagues de ses cheveux, qui frisaient sur les côtés, paraissaient plus rousses que brunes sous l'éclairage. Ses yeux verts étaient tout juste un peu trop grands pour son visage, la faisant toujours ressembler à cette jeune fille de quatorze ans qui l'avait laissé entrer dans sa chambre à deux heures du matin. Et ses lèvres… Sa lèvre inférieure était plus fine que celle du dessus, la faisant paraître gonflée comme si on venait juste de l'embrasser.

Il avala sa salive avec difficulté, ne sachant pas trop d'où lui venait cette brusque poussée de chaleur qu'il ressentait à travers lui. "Tu veux boire quelque chose ?"

Elle hocha la tête. "Mais juste un soda par contre."

"Tu ne veux pas un apéritif ?"

Elle fit la grimace. "Non. L'alcool sert juste à faire faire aux gens des choses stupides."

"Peut-être" reconnut-il. "Mais parfois, ces choses stupides que les gens font, c'est ce qu'ils désirent vraiment faire et qu'ils ont trop peur d'admettre autrement."

"Ou bien c'est qu'ils oublient pourquoi ils ne les font lorsqu'ils sont sobres."

Il haussa les épaules. "Je vais te chercher un soda."

Il se dirigea vers le bar pour aller chercher des boissons, même s'il garda un œil sur Lizzie. Elle n'était pas le genre de fille sexy dont il avait l'habitude, mais à présent qu'il l'avait remarqué, il se rendait compte qu'elle était vraiment belle. A sa façon discrète. Et il ne voulait pas que des types louches se mettent des idées en tête à ce sujet.

"Cole Black ! C'est pas vrai !" dit le barman, un homme âgé qui avait toujours eu les cheveux gris et des rides au coin des yeux à force de trop rire. "Comment diable vas-tu ?"

Cole sourit. "Damon ! C'est toi qui tient le bar ce soir ?"

"On dirait bien. Mais qu'est-ce que tu deviens ?"

Haussant légèrement les épaules, Cole dit. "Je reviens dans mon ancien repaire. Je retourne à mes racines."

"Sans blague. Eh bien, c'est un plaisir de te revoir ici, fiston."

Cole jeta brièvement un œil à la recherche de Lizzie. Elle était en train de regarder quelques unes des vieilles affiches et photographies qui étaient accrochées près de la scène. Il savait qu'il y en avait une de lui quand il avait tout juste dix-sept ans, pas même assez vieux pour avoir le droit d'entrer dans ce satané endroit. Quand Cole se retourna, Damon souriait d'un air narquois avec un regard complice sur son visage.

"Quoi ?" demanda Cole.

"Rien" dit Damon innocemment. "Mais je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer comment tu zieutait ce jolie petit morceau qui se trouve là-bas."

Cole s'éclaircit la gorge. "Oui, elle s'appelle Lizzie. C'est… c'est ma fiancée." Cela lui faisait toujours bizarre de dire ça à voix haute, mais plus il passait de temps avec elle, plus cela devenait facile.

Les sourcils de Damon se levèrent si hauts qu'on aurait dit que ses yeux essayaient de sortir de leurs orbites. "Fiancée ? Toi ?"

Cole acquiesça. "Oui. On est amis depuis longtemps. On s'est toujours connus."

L'attitude de Damon sembla s'adoucir tandis que sa bouche formait un léger sourire. "Diable, on devrait tous avoir autant de veine. Les amis font les meilleurs amoureux, tu le savais ? Surtout pour quelqu'un comme toi."

"Tu veux dire quoi ?"

"Ah, eh bien, je n'ai pas besoin de te le dire" dit Damon, agitant la main d'un air dégagé. "Tu sais bien. Tomber amoureux de quelqu'un qui t'a connu avant ? Ca veut dire qu'ils tenaient à toi avant que tu ne deviennes célèbre. Ils t'ont toujours apprécié. Autrement comment savoir s'ils s'intéressent à toi ou à ton argent ?"

Il ne payait rien à Lizzie pour être avec lui. Il ne lui payait pas son prêt étudiant, ou le remboursement de sa maison ni de sa voiture. Il ne lui achetait même pas de vêtements ou de bijoux coûteux. Parce qu'elle ne voulait rien de tout cela venant de lui. Elle le faisait juste pour qu'il puisse garder Becky dans sa vie.

Damon lui servit ses boissons et il le remercia puis retourna vers Lizzie. Il lui tendit son verre.

"Merci. Cet endroit est plutôt cool" dit-elle après avoir pris une gorgée. "Je crois que j'ai vu une photo de toi."

Il grimaça. "Seigneur. Est-ce que j'ai vraiment envie de savoir ça ?"

Elle rit, émettant un son doux et léger. "Elle n'est pas si mal. Tu as toujours été séduisant." Elle se figea après avoir dit ça, rougissant violemment. "Elle est juste là" dit-elle en marchant et en montrant la photo sur le mur.

Cole sourit en la suivant. "Séduisant, hein ?"

Elle avala sa salive puis répondit : "Comme si tu ne le savais pas ? Autant de millions de femmes ne pourraient pas se tromper, n'est-ce pas ?"

Il haussa les épaules. "Je ne sors pas avec des millions de femmes. Mais avec toi."

"Ce soir" lui précisa-t-elle.

Son sourire s'effaça. "Ce soir" reconnut-il. Pour une raison quelconque, cela ne lui convenait plus, même si c'est ainsi qu'ils s'étaient arrangés et qu'ils ne faisaient tout cela que pour se montrer aux autres.

Elle lui montra la photo. C'était bien lui, à dix-sept ans, avec de longs cheveux dans tous les sens et une veste en cuir noire. Son jean était déchiré et son visage si juvénile qu'il ne paraissait pas beaucoup plus âgé qu'un gamin. Il grattait les cordes d'une vieille guitare qu'il avait eue dans un vide-grenier pour dix dollars. Il l'avait toujours, elle était dans son studio privé et de temps en temps, il la prenait pour jouer dessus.

"Au moins, je n'avais pas une coupe mulet" finit-il par dire.

Elle rit. "Tout juste."

"Peu importe. J'étais quand même sexy."

"Tu portais une veste en cuir. Forcément que tu étais sexy" le taquina-t-elle. "Je parie que c'était encore l'été et que tu étouffais là-dessous, mais que tu étais bien trop cool pour l'enlever."

"Tais-toi" lui dit-il gentiment.

Elle rit. "Est-ce que tu vas faire l'honneur de chanter à tous ces gens ?" demanda-t-elle en faisant un geste vers la scène.

"Ce n'est pas ce que j'ai prévu."

"Oh, allez. Ce sera comme à ton premier concert" insista-t-elle.

Il roula des yeux mais continua de sourire. "Rien ne ressemble à cette première fois" lui dit-il, mais alors il prit un air espiègle tandis qu'une idée lui traversait l'esprit. "Mais d'accord. Entendu. Je vais monter sur la scène."

Elle lui sourit d'un air triomphant pendant qu'il se dirigeait vers un homme qui se tenait dans un coin de la salle. Ils parlèrent brièvement tandis que Cole expliquait ce qu'il voulait. Le type l'avait de toute évidence reconnu, puisqu'il hocha la tête avec empressement avant de lui tendre une guitare. Cole regarda Lizzie en lui faisant un clin d'œil. Elle rougit. Il monta sur la scène et prit ses marques, plaçant la guitare en travers de son torse et testant le micro.

Continuer : partie 3 sur 3