Diptyque de Flandre, triptyque de France le peintre aux billets, le pasteur de cygnes, le broyeur de fleurs, l'inextricable graveur, la porte ouverte au jardin fermé du roi

Sonnet A Elle

«O si chère de loin et proche et blanche, si

Délicieusement toi, Chéry, que je songe

A quelque baume rare, émané par mensonge

Sur aucun bouquetier de cristal obscurci.

 

Le sais-tu, oui! pour moi voici des ans, voici

Toujours que ton sourire éblouissant prolonge

La même rose avec son bel été qui plonge

Dans autrefois, et puis dans le futur aussi.

 

Mon cœur qui, dans les nuits, parfois cherche à s’entendre

Ou de quel dernier mot t’appeler le plus tendre

S’exalte en celui rien que chuchoté de sœur.

 

N’était, très grand trésor et tête si petite,

Que tu m’enseignes bien toute une autre douceur

Tout bas par le baiser seul dans les cheveux dite.»

 

SONNET DU 1er JANVIER 1888

 

«Chéry, sans trop d’aurore à la fois enflammant

La rose qui, cruelle ou déchirée et lasse

Même du blanc habit de pourpre, le délace

Pour ouïr sous sa chair pleurer le diamant.

 

Oui, sans ces crises de rosée! et gentiment

Ni brise si le ciel avec, orageux, passe,

Jalouse d’apporter on ne sait quel espace

Au simple au jour le jour très vrai du sentiment.

 

Ne te semble-t-il pas, Chéry, que chaque année

D’où sur ton front renaît la grâce spontanée

Suffise selon quelque apparence, et pour moi,

 

Comme un éventail frais dont la chambre s’étonne

A raviver du peu qu’il faut ici d’émoi,

Toute notre native amitié monotone.»

Le 1er janvier 1889 est fêté par cette