Eux

Kay Dick · Chapitre 3 sur 9

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Eux

Poche de calme

 

« Je suis venue de très loin pour te voir, ai-je informé Hurst. Je suis passée à Cumberland, mais tu étais parti.

— Je me suis dit qu’il fallait rentrer à la maison », a-t-il répondu en me conduisant vers le moulin.

Je me suis arrêtée sur le pont, et j’ai regardé l’eau entraîner la roue du moulin.

« Je suis très fatiguée, ai-je dit.

— Le bruit de l’eau t’aidera à dormir, cette nuit. »

Hurst a laissé la porte ouverte derrière nous. Au sol, les dalles rouges étaient fraîches sous les pieds. J’ai touché l’une des épaisses poutres en chêne. Toutes les fenêtres étaient ouvertes. Le soleil atteignait chaque recoin. Le thé était servi : des œufs à la coque, un rayon de miel.

« Elle est partout, n’est-ce pas ? »

La musique de Die Schöne Müllerin m’est venue à l’esprit.

Hurst a compris.

« Trois canaux s’entrecroisent. Le barrage borde un côté du jardin. Cette maison est presque une île.

— Espace et lumière, tu les laisses filtrer dans chaque pièce. » J’ai fait le tour du moulin aménagé de Hurst. Chaque pièce donnait sur une autre. « Et les échos, ai-je ajouté en entendant l’eau, dehors.

— Écoute, voilà le martin-pêcheur. »

Hurst a levé le menton vers la fenêtre.

J’ai aperçu le bref éclair d’une aile bleu-vert, une poitrine couleur de rouille.

Dans la galerie, les huit fenêtres laissaient voir les branches supérieures des arbres voisins. L’un des mandalas de Hurst pendait d’une poutre en bois, un mobile s’agitait dans la brise qui provenait de l’extérieur. J’ai gravi l’échelle.

« Il y a une autre façon de descendre, a annoncé Hurst. Toutes mes entrées sont des sorties. Une forme d’achèvement. »

J’appréciais ses dispositions.

« Et on voit chaque recoin du paysage. »

Hurst s’est esclaffé.

« Très utile, comme mirador. »

Au loin, j’ai aperçu de la fumée.

« Ils brûlent à nouveau, ai-je dit.

— Voilà pourquoi mon eau est utile. J’ai désormais un système anti-incendie efficace. Il s’active dès que j’effleure la touche de contrôle. Je ferais mieux de te montrer, par précaution.

— Ce sont les peintures de Julian, là ? »

J’ai désigné les murs.

« La plupart, oui. »

Le moulin appartenait à Hurst. Julian y avait vécu avec sa femme et les jumeaux pendant cinq ans. Après l’incendie, la femme de Julian avait emmené les enfants en Suisse. Hurst avait passé une année à voyager dans le pays, visitant ce qu’il appelait des poches de calme, des retraites pour ceux qui n’étaient pas consentants. Comme ce moulin.

« J’ai sauvé le bâtiment, mais je n’ai rien pu faire pour aider Julian. » Julian était le fils unique de Hurst. « J’ai installé mon atelier sur place. »

Nous sommes allés au jardin, sur le pont du premier canal. Un bloc de bois noirci traînait devant l’atelier. On y avait gravé le nom de Julian et son métier. Peintre. Il n’y avait ni date de naissance ni date de décès. Un bateau était amarré à l’une des rives du canal.

« Je m’occuperai de tes roses », ai-je dit. Il fallait planifier l’avenir. Tout renoncement jouait en leur faveur. L’inaction leur convenait. J’ai arpenté le jardin et je me suis hissée dans la cabane que Julian avait construite dans un arbre pour les jumeaux. À l’intérieur du moulin, Hurst a allumé la lumière. Du jardin, cerné par les eaux, en aurait dit un navire au port. J’ai senti qu’on m’observait de l’autre côté du barrage. J’ai agité la main vers le visage qui m’espionnait, appuyée sur l’une des fenêtres de la galerie désormais fermées. Puis j’ai repéré Hurst sur le pont.

« Qui d’autre est arrivé ? »

J’ai eu froid, d’un coup.

« Pour le moment, personne, a répondu Hurst, alors que nous rentrions.

— J’ai dû imaginer ce visage, lui ai-je expliqué.

— Le reflet d’une chouette, sans doute. »

Hurst paraissait calme.

« Hurst, ai-je lancé, déterminée à admettre ce que j’éprouvais. J’ai peur.

— Bien sûr, a-t-il répondu. Nous avons tous peur. Il faut vivre avec. Russell et Jane arrivent demain. Ils sont passés par Londres. Je dormirai dans la chambre en face de la tienne, cette nuit. Tu es épuisée. C’est la fatigue. »

Je suis allée dans le bureau où j’ai emprunté un Conrad pour la soirée. Tous les livres que j’avais possédés s’y trouvaient, et quelques milliers de plus. Une photographie de Julian trônait sur le bureau. Son visage juvénile et barbu souriait. J’ai plus somnolé que dormi, cette nuit-là. J’avais ouvert les rideaux, mais les ténèbres menaçaient, dehors. Une sourde appréhension emplissait la pièce. J’entendais Hurst s’agiter. Un rayon de lumière est passé par la porte communicante. À l’aube, je me suis dit que ma tension intérieure, qui se relâchait enfin, était responsable de ces pénibles terreurs nocturnes. Des vestiges de l’enfance.

Russell est entré avec mon petit déjeuner.

« Jane dort. Nous sommes arrivés à cinq heures du matin. »

Il semblait plus jeune que dans mon souvenir.

« Mon cher, cher Russell, ai-je dit. Je suis si heureuse que tu aies réussi à venir.

— Je suis un type rusé, a-t-il souri. Je marche sur les braises, tu ne savais pas ?

— Non, s’il te plaît. »

J’ai fermé les yeux en me rappelant l’incendie. Je les avais regardés alors qu’ils s’occupaient méthodiquement de ma maison.

« Il ne faut jamais oublier, a poursuivi Russell. Ça trotte dans ma tête tout le temps. Comme ça, je suis perpétuellement sur mes gardes. Ça m’aide à réagir plus vite, si le danger est permanent. C’est quand on essaie d’oublier que les ennuis commencent. Ils viennent toujours à ce moment-là, quand on n’est pas vigilant.

— Tu veux dire que je dois me souvenir ?

— Dans les moindres détails. Ce que tu sais te protège. »

Alors que je redescendais en passant par la galerie, j’ai entendu Russell jouer du Bach sur le Blüthner droit de Hurst. Ce dernier est sorti de son atelier.

« Tu veux m’accompagner au village ? Je fais le tour des magasins. N’essaie pas de travailler pour l’instant. Laisse passer la fatigue. »

Posé sur une colline, le village offrait une vue sur toute la région boisée. Ce jour de septembre était merveilleusement chaud. Les gens ont salué Hurst tout le long de la rue principale.

« Pourquoi es-tu si connu ? ai-je demandé.

— Je suis le meunier, tu l’as oublié ? » Il m’a souri. « Symboliquement, bien sûr. Je détiens la force de vie, le grain. »

Une femme d’âge moyen marchait dans l’étang, dérangeant les canards. Elle s’est secouée comme un chien en émergeant de l’eau, avant de s’arrêter devant nous et de cracher sur Hurst. Il lui a donné un peu d’argent. Trois garçons l’ont suivie quelque temps pour se moquer d’elle, alors qu’elle zigzaguait vers l’église.

« Hurst, ce n’était pas… »

Je pouvais à peine parler.

« Si, c’était, a-t-il répondu. Les livres de ses enfants renfermaient trop de merveilles pour qu’ils la laissent tranquille.

— Nous aurions dû… »

Je savais à peine ce que nous aurions dû faire.

« Rien, a conclu Hurst. Elle loge à l’église avec quelques autres. Elle se rappelle très peu de choses, à part le feu, ce qui explique pourquoi elle marche dans l’étang chaque matin, pour éteindre ce qui lui reste de souvenirs. Elle n’a plus rien d’une menace pour eux, désormais. »

À notre retour, la scène qui nous attendait dans le jardin de Hurst nous était curieusement étrangère : un déjeuner préparé sur une table rectangulaire en bois. Une vue festive, comme un souvenir d’enfance.

« Oh, Jane ! l’ai-je accueillie, veillant à ne pas regarder son bras droit.

— Je réécris de la poésie. »

Sa voix était joyeuse.

« Elle se débrouille bien du bras gauche, maintenant. » Russell l’a embrassée. « J’ai vraiment une femme d’une incroyable intelligence.

— En fait, j’ai même l’impression que ma main gauche est un peu plus créative. »

C’était pure fanfaronnade.

Quand ils avaient jeté les poèmes de Jane dans le feu, elle avait instinctivement bondi en avant : ils lui avaient maintenu le bras droit au-dessus des flammes pendant huit minutes. Russell avait agi différemment. « Vous oubliez ceci », avait-il dit en jetant sa fugue tout juste terminée dans le brasier.

Après le déjeuner, Hurst a proposé une promenade. J’étais d’humeur paresseuse, bien décidée à traînasser.

« Je m’occuperai du thé à votre retour », ai-je dit.

J’ai débarrassé la table, emportant le tout au moulin. J’ai fait la vaisselle, puis préparé le thé. Je suis allée me laver à l’étage. Ensuite, comme dans un rêve, j’ai erré dans les pièces du haut. Le moulin était doté d’une présence vivante. Tout était si beau. Chaque objet relié au suivant. J’étais curieusement consciente des livres, des peintures, de la musique, des frondaisons vues à travers chaque fenêtre. Elles étaient toutes ouvertes, le bruit liquide de l’eau envahissait mes tympans. Soudain, ça s’est abattu sur moi, une sueur froide et humide, d’abord aux épaules, puis le long de ma colonne vertébrale. Une menace invisible m’immobilisait. Mon dos a heurté l’une des fenêtres ouvertes. J’ai levé les yeux vers la galerie. Il n’y avait rien, là-haut. Puis j’ai entendu un craquement, au-dessus de ma tête. J’ai grimpé l’échelle. Une paralysie irréelle m’a fait hésiter avant d’entrer dans la chambre voisine. L’une des peintures était tombée. Je l’ai ramassée, puis je l’ai posée contre le mur. J’ai lentement vérifié toutes les autres pièces, avant de rejoindre la galerie par l’escalier. J’ai lutté pour ne pas me dépêcher. Je suis redescendue dans le jardin. Sur le pont, j’ai su qu’on m’avait suivie. J’ai observé chaque fenêtre. L’une d’elles était fermée. Je me suis assise sur un transat devant le moulin pendant une trentaine de minutes. Puis j’ai recouvré mon calme, je me suis rendue dans l’appentis, où j’ai trouvé les sécateurs, avant d’entamer la taille des rosiers.

Après dîner, nous avons emporté le café et le vin dans la galerie. Hurst a refermé toutes les fenêtres. Nous avons évoqué le bon vieux temps et nos amis en commun. Le bruit était si faible qu’au début j’ai cru l’avoir imaginé. Russell s’est levé, l’oreille tendue.

« Ils emportent le bateau, a-t-il expliqué. Ils font ça très souvent. Ensuite, ils le rapportent. Chaque fois, je fais en sorte de ne pas m’en rendre compte.

— Pourquoi ? ai-je demandé.

— Un rappel insignifiant de leur présence constante. » Hurst a jeté un coup d’œil dehors. « Oui, il n’est plus là. » Il s’est à moitié esclaffé. « Voilà qui nous garantit une nuit paisible.

— Mais c’est une maison très vaste, il y a beaucoup de pièces dans ce moulin. » Ma voix était faible.

« Toutes les trois heures, je vérifie chaque pièce, a dit Hurst.

— Ils le savent, non ? s’est enquise Jane.

— Ils s’attendent quand même à un minimum de vigilance, a répondu Hurst.

— Où est Russell ? »

Jane était inquiète.

Nous avons commencé à nous agiter. Hurst nous a arrêtées.

« Il faut le chercher ensemble. » Aucun d’entre nous n’a eu l’idée de crier son nom. En bas, nous avons trouvé la porte d’entrée ouverte. Russell se tenait sur le pont. Jane l’a rejoint en courant. Il l’a fermement serrée dans ses bras. « Tout va bien, a-t-il dit, juste une ombre projetée par le figuier.

— Hurst. » J’ai empoigné son bras. « Ne vaudrait-il pas mieux les affronter ?

— Il s’agit de survivre, pas de se suicider. » Il a souri. « Les poches de calme se multiplient. C’est la preuve d’une forme de résistance passive. Les effets s’accumulent.

— Aurons-nous la patience de tenir ? Sans parler de nos nerfs. »

J’étais proche de l’hystérie.

« On risque de ne pas tenir, en effet. Autant le faire avec créativité. Et il nous reste du temps.

— Nous maintenons des tombes en vie.

— Oui, des tombes pleines de trésors, comme ce moulin. » Son ton était presque suffisant. « Nous sommes des gardiens, si tu préfères. » Il a allumé sa pipe. « Je suis le meunier, n’oublie pas. Nous pouvons tous enrichir ce trésor, quel que soit le temps qui nous reste. Il est impossible de tout détruire. Il en restera un peu pour ceux qui viendront après nous.

— Je ne me sens pas courageuse à ce point, Hurst. Je préférerais résister, les affronter.

— Une perte d’énergie créative, a-t-il répliqué. Rappelle-toi ce qui s’est passé quand tu as résisté.

— Mais je ne les ai pas combattus. Je suis restée là, je les ai regardés tout détruire.

— Ils t’ont laissée partir. Tu as eu de la chance, Jane et Russell aussi. »

Je lui ai rappelé qu’ils n’avaient pas laissé Julian partir.

« Apprends à dominer la peur, a dit Hurst.

— Mais elle est partout. » J’étais tendue à craquer. « Dans ce moulin. Je sais qu’elle est là.

— Oui, elle est là. On peut vivre avec, cependant. Il le faut. Moi, j’y compte bien. Bon, allons refaire du café. »

Nous sommes rentrés pour nous installer dans la galerie.

« Demain, on se mettra tous au travail, a dit Jane. Tu te sentiras plus forte, tu verras.

— Je ne crois pas pouvoir retravailler », ai-je soupiré.

Puis je l’ai vu, il nous regardait depuis la galerie.

« Bonsoir, Hurst, a-t-il lancé en descendant l’échelle. Je vois que vous avez à nouveau des invités.

— Du café ? »

Hurst était un peu plus loin.

« Non, merci, je m’en vais. » Il a dévisagé chacun d’entre nous. « Je ne vais pas vous déranger. Simple inspection de routine. » Ses yeux se sont attardés sur le bras droit de Jane. « Vous êtes passée par Londres, à ce qu’on m’a dit.

— C’était sur notre route, oui. »

Russell parlait d’un ton égal.

« Une destruction malheureuse, bien sûr, mais nécessaire. Il faut rebâtir. Un style plus ouvert, cette fois. De meilleures infrastructures communautaires. Aucune unité autonome.

— En effet, nous rebâtirons, l’a défié Russell.

— Dommage pour votre musique, a-t-il dit. J’aimais bien. Mais je ne veux pas abuser de votre temps. Pas la peine de me raccompagner, Hurst, je connais la sortie. »

Nous avons entendu la porte claquer derrière lui.

« Était-ce un avertissement ? a demandé Jane.

— Je pense, oui », a répondu Hurst.

Une voiture a démarré, puis s’est éloignée. Nous sommes restés silencieux jusqu’à ce que le bruit du moteur disparaisse au loin.

« Peut-on continuer ainsi ? ai-je demandé.

— Oh ! oui, a dit Jane, on peut continuer ainsi, et bien plus encore. Nous n’avons pas le choix.

— Et si on tentait quelque chose de joyeux ? » Russell s’est installé au piano et s’est lancé dans une série de vieilles mélodies sentimentales. Hurst a resservi du vin. Jane et moi avons chanté les paroles. Quand nous sommes allés nous coucher, la tension nous avait quittés.

Neuf jours durant, nous avons travaillé chacun de notre côté, nous motivant les uns les autres avec une énergie renouvelée. La pression apportait puissance et rapidité à notre production. Le bateau était de retour sur la berge, bien amarré. Entre les sessions de travail, on jouait aux échecs, on s’occupait du jardin, on écoutait de la musique, on nageait dans les canaux. Nous nous sommes mis d’accord pour ne pas nous aventurer au-delà des terres de Hurst. Le temps a changé. La pluie nous a retenus à l’intérieur. Nous avons joué au tennis de table dans l’ancienne chambre des jumeaux.

« Peut-on continuer à créer pour nous-mêmes, sans aucun contact avec le monde extérieur ? ai-je demandé à Jane alors qu’elle me regardait faire une réussite particulièrement compliquée.

— C’est la grande question. » Puis, doucement, elle a ajouté : « Je crois qu’ils sont là. »

Hurst et Russell jouaient aux échecs.

« Comment le sais-tu ? »

J’ai rangé le jeu de cartes.

Elle s’est postée à la fenêtre.

« Ils sont trois, a-t-elle confirmé. Un pour chacun d’entre nous.

— Mais nous sommes quatre, avec Hurst, ai-je répliqué.

— Sans lui, trois », a dit Jane.

Je n’éprouvais aucune crainte.

« On tente de partir ou on reste ? ai-je demandé.

— On reste. »

Jane semblait décidée.

Je l’ai rejointe à la fenêtre.

« Ils ont l’air assez petits, vus d’ici. Hurst est au courant ? »

Jane m’a regardée.

« C’est lui qui les envoie. Tu n’as pas deviné son rôle ? Le meunier ? »

Une lueur de compréhension m’a saisie.

« Bien sûr ! ai-je soufflé. Et nous avons visité la tour d’ivoire. Nous sommes ses otages, à sa merci. » J’avais presque envie de rire. « Les otages des morts, de Julian. » Une autre idée m’a traversé l’esprit. « Vous le saviez avant de venir ?

— Moi, je le savais, a répondu Jane. J’en ai parlé à Russell. Pour lui, ça n’avait pas d’importance.

— C’est irrationnel, ai-je protesté.

— Pas du tout. C’est très rationnel. Hurst conserve notre travail. Ils nous tiennent. Ainsi, ses trésors sont à l’abri.

— Et nous y contribuons ?

— On pourrait dire que Hurst nous offre la possibilité d’y contribuer.

— Il y aura d’autres invités, après nous ?

— Naturellement, il faut toujours enrichir le tombeau.

— Gardien du grain. » Je me souvenais de l’image de Hurst. « Mais il nous apprécie beaucoup, pourtant.

— Oh, il nous aime, oui. Nous incarnons l’extension du combat de Julian. »

L’idée m’a fait frissonner.

« Tu veux dire qu’il…

— Il a sauvé le moulin, pas Julian.

— Échec. » La voix de Hurst était rauque. Il s’est levé. « Je suis heureux que vous ayez trouvé tout seuls. Ce sera moins long à expliquer. J’étais quasi certain que vous en tireriez les conclusions vous-mêmes.

— Et quand viendront-ils pour toi, Hurst ? s’est enquis Russell.

— Après ma mort, ils me remplaceront. »

Il s’est éloigné de nous, vers les escaliers. Nous l’avons entendu pousser la porte d’entrée.

Russell a ouvert les fenêtres. Il avait cessé de pleuvoir.

« Bonjour, mon amour. »

Jane a tendu la main gauche vers Russell.

Nous les avons entendus monter les marches.

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