Heureuses nouvelles sur avions en papier

Juan Marsé · Chapitre 5 sur 8

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Heureuses nouvelles sur avions en papier

Chapitre 3

3

 

Bruno n’avait que peu d’amis de son âge et il ne les fréquentait pas beaucoup. Le matin du premier jour des vacances, comme il sortait de chez lui, un reflet de soleil qui rebondissait d’une fenêtre l’aveugla durant un instant et ses pieds butèrent contre les jambes d’un garçon assis sur le trottoir, le dos contre le mur. Il ne le connaissait pas, et ne l’avait jamais vu dans le quartier. Il avait à côté de lui un sac à dos crasseux et quelques pages étalées de La Vanguardia, sur lesquelles il exposait sa marchandise d’occasion : une lampe électrique, des lunettes de soleil, un tire-bouchon en métal, un harmonica, une loupe et un briquet en plastique orné de la figure de Betty Boop. Quinze ans environ, maigrichon, crâne tondu, gros nez et oreilles décollées, il avait l’air d’une chauve-souris et semblait n’être pas en très bonne santé. Au milieu de la rue, un autre gosse d’une dizaine d’années, en culotte courte et avec des bretelles sur son torse nu, vacillait sur des patins à roulettes en essayant de garder l’équilibre. Il manquait une roue à l’un des patins. Il avait lui aussi le crâne tondu et couvert de croûtes vertes, comme atteint d’une infection.

— Gaffe, Oskar ! dit le garçon chauve-souris d’une voix aiguë – et à Bruno : C’est mon frère. Bon, tu m’achètes quelque chose ?

Bruno ne jugea pas nécessaire ni prudent de s’excuser de lui avoir trébuché dessus et concentra son attention sur les maigres marchandises.

— Tu es d’ici ? s’enquit-il. Je ne t’avais jamais vu.

— J’habite tout près. Allez, choisis, j’ai de tout.

— À quelle école tu vas ?

— École ? Moi, je récupère de la ferraille, gamin. Bon, tu m’achètes quelque chose, ou quoi ?

— Je ne sais pas. Tout ça ne vaut pas un clou. Laisse-moi voir.

Accroupi, il examina la lampe puis l’harmonica. Ni l’un ni l’autre ne fonctionnait. La loupe n’avait pas l’air mal. Le crâne rasé du vendeur avait la forme d’un zeppelin et sentait le désinfectant. Bruno resta pensif.

— Ton journal m’intéresse, dit-il soudain.

— Mon journal ? Merde, qu’est-ce que tu veux en faire ? Bon, je t’en fais cadeau, mais achète-moi quelque chose.

— Tu le sors d’où ? Tu en as d’autres ?

Il lui fit une proposition. Il lui achèterait la loupe, mais à payer plus tard et à condition qu’il lui fournisse des journaux. Il s’assit amicalement à côté de lui et lui dit qu’il en cherchait pour une vieille Polonaise un peu siphonnée, une amie de sa mère qui passait sa journée à parler avec un perroquet bleu et à lancer de son balcon des avions en papier journal. Et qu’elle lui donnait quelque chose, pas beaucoup, une misère, pour chaque avion qu’il ramassait.

— Je suis en vacances et je pourrai en trouver plus, si tu m’apportes des journaux, dit-il.

— Mais qu’est-ce que tu racontes. Moi je travaille avec des choses de valeur, mon pote.

Bruno lui demanda son prénom, et si c’était la première fois qu’il installait sa marchandise à cet endroit.

— Vous, les types de cette rue, vous êtes dans la lune, marmonna le précoce margoulin. Vraiment, tu ne sais pas qui je suis, gamin ? Tu n’as jamais entendu parler des frères Rabinad ? Ou de Crâne d’œuf, à savoir bibi ? Eh bien tu nous as là, présents et en personne.

Il vendait ses biens les plus précieux parce qu’il avait besoin d’argent pour s’acheter un casque de moto, expliqua-t-il, et il dit qu’il se prénommait Jan, mais que tout le monde l’appelait Crâne d’œuf. Il ajouta que d’ici peu il travaillerait dans un atelier de mécanique et que quand il serait grand il serait pilote de moto de course. Son père tenait un magasin de ferraille rue Tres Señoras et son frère le patineur avait de très méchantes cicatrices sur le crâne, le docteur lui avait prescrit des bains de soleil, et c’est pour ça qu’ils venaient dans cette rue, parce que c’était une rue calme où ne passaient pas de voitures, et où Oskar pouvait patiner sans danger.

Tu parles d’un baratin, pensa Bruno, ils sont là parce qu’ils ont vu tomber des noix et des petits-beurre du balcon. Il observait leurs têtes mal rasées, couleur cendre et parsemées de croûtes, infectées d’une étrange misère, comme du temps jadis et sans possible guérison, mais qu’ils assumaient sereinement, quand soudain un avion en papier tomba près d’eux.

— Qu’est-ce que je te disais ? Bruno le ramassa. Regarde comment il est fait, avec une page de journal. Mme Pauli fait des milliers d’avions, c’est sa manie, et elle écrit toujours des mots dessus au crayon. Regarde, lis ce qu’il y a ici, sur les ailes.

Crâne d’œuf lui prit l’avion des mains et lut : « “La Cité des garçons” arrive ». Puis un autre avion tomba, avec une autre petite note sur le flanc : « Les joueurs du Barça offrent des jouets aux enfants malades ».

— Tu vois ? dit Bruno.

— Quoi ?

— Eh bien ça, que la vieille est cinglée. Quelquefois elle les lance le soir, mais le lendemain le balayeur n’en laisse pas un seul, il les balaye sans me donner le temps de les ramasser. Si tu viens de bonne heure, tu en verras beaucoup tomber dans cette rue… Tiens, je viens d’avoir une idée. Tu veux gagner quelques pièces ?

— Sûr.

— Je te donne cinq centimes par avion que tu récupéreras.

Les yeux rapaces de Crâne d’œuf, cerclés de taches d’ombre et affectés de chassies, étaient comme des stylets.

— Et pourquoi tu les veux, toi, ces bouts de papier, mon pote ?

— C’est pour la vieille. Ceux qui ne se sont pas abîmés en tombant, elle les relance.

Crâne d’œuf cligna des yeux, méfiant.

— Et tu ne me donnes que cinq centimes par avion, mon cochon ? Combien elle te les paye, la folle ?

Bruno observa le mauvais état de ses dents.

— Allez, dix.

— Vingt.

— Cinquante les trois.

— Ça marche.

Il ne savait où ni comment trouver des journaux. Le lendemain matin, il alla au marché de la Travessera acheter des fruits et une laitue, à la demande de Ruth. Dans la rue, il ne vit aucun avion, pas plus que les Rabinad. Il traîna beaucoup, tant à l’aller qu’au retour, en examinant toutes les poubelles devant lesquelles il passait, et quand il revint, il était déjà midi passé et les deux frères l’attendaient sur le trottoir ensoleillé avec leur récolte d’avions. C’était Crâne d’œuf qui les avait dans son sac à dos. Bruno en rejeta quatre parce qu’ils étaient cassés. On voyait sur leurs ailes de gros titres soulignés au crayon rouge et les nouvelles étaient toujours bonnes. Jan Crâne d’œuf les compta et les remit dans son sac.

— Vingt-sept.

— Je te dois quatre pesetas.

— Quatre cinquante, gamin. Rien du tout, de la ferraille. Mais au comptant s’il te plaît.

Il avait tiré un petit miroir de sa poche et jouait avec le reflet dans les yeux de Bruno, qui se cacha le visage pour mentir :

— Évidemment, quand Mme Pauli me paiera. J’irai la voir tout à l’heure. Pour le moment je dois rentrer pour peler les patates… Oui, ne ris pas, et mettre le couvert avant que ma mère rentre, ouf, avec cette chaleur… ! On se voit demain, d’accord ?

Crâne d’œuf rangea son miroir et le regarda, plein de méfiance.

— Pas question, mon joli. On se voit cet après-midi – il lui tendit son sac. Tiens, apporte ses avions à la vieille. Tu me rendras mon sac avec ma paye, d’accord ?

Bruno prit le sac et se réfugia chez lui, en ruminant la nécessité d’une stratégie dilatoire plus efficace à l’heure de solder les comptes avec Crâne d’œuf. Mais il avait pour le moment d’autres obligations à remplir. La veille, sa mère avait fait des croquettes et elle en avait gardé une douzaine dans une assiette, en le chargeant de les apporter à Mme Pauli avant l’heure du déjeuner. Il était une heure et demie quand les frères Rabinad abandonnèrent leur poste sur le trottoir et disparurent. Ruth n’allait pas tarder à rentrer de son travail et Bruno avait mis la table, alors il prit l’assiette de croquettes et le sac et monta au quatrième droite.

— Magnifique ! s’exclama Mme Pauli en voyant le cadeau. Ruth est la reine des croquettes ! Tu la remercieras de ma part.

— J’ai trois avions, madame Pauli.

Il la suivit dans le couloir, son sac en bandoulière. Dans la salle à manger, la vieille femme fit le tour de la table en accélérant le pas, l’assiette dans une main et sa canne dans l’autre. De sa cage, le perroquet Jacinto réclama son attention, mais elle ne le regarda même pas : elle se dirigeait d’un pas vif et décidé vers le balcon inondé de soleil, tête bien droite et regard fixe et un peu halluciné, quoi que ce fût qui la poussait. Elle déposa sa canne parmi les fleurs et tâta le vide au-delà de la rambarde en fer qui brûlait au toucher, regarda en bas avec une inquiétude soudaine et, durant un bref instant, Bruno eut l’impression que sa main en l’air se détachait du réel et s’introduisait dans le monde de la vision. Indifférente à l’implacable fléau du soleil, elle tenait l’assiette au-dessus du vide, comme si elle faisait une offrande. Elle mangea une croquette et aussitôt en prit une autre qu’elle jeta dans la rue, dos tourné et par-dessus l’épaule, sans regarder en bas. Bruno n’eut pas l’air étonné. Il la vit prendre une autre croquette et la jeter de la même façon, en le regardant avec un demi-sourire complice.

— Vous ne les aimez pas, Madame Pauli ?

— Bien au contraire, mon chou – elle tendit le bras avec l’assiette en main et avec une médisance coquine elle ajouta : Cache-les, s’il te plaît, ma nièce vient aujourd’hui. C’est une goinfre !

Elle s’assit dans le fauteuil en osier et récupéra un verre de thé froid qu’elle avait laissé sur un pot de fleurs. Bruno posa l’assiette de croquettes sur le buffet et revint près d’elle. Il s’apprêtait à sortir les avions de son sac quand ils entendirent Érika ouvrir la porte de l’appartement avec sa clé. Avant de faire allègrement irruption sur le balcon, elle fit entendre sa voix :

— Comment nous sommes-nous comportée aujourd’hui, ma tante ?

Brune, le nez un peu grand, les cheveux coupés à la garçonne, jean très moulant et T-shirt à l’imprimé de la tête d’Albert Einstein, moqueur, tirant la langue, il émanait d’Érika Korpinski une odeur de lavande fraîche et un air en permanence festif et estival. Elle embrassa sa tante et s’écria Dieu du ciel, quelle chaleur ! comme si elle s’en réjouissait. Elle apportait dans un grand sac des yaourts, des graines de jasmin, des cigarettes, du thé vert et des madeleines. Sa tante lui dit qu’à la place des madeleines elle aurait préféré un bon saucisson, parce que le saucisson supportait mieux les chocs.

— Mais quels chocs, qu’est-ce que tu racontes ! Encore cette histoire, ma tante ?

— Les pommes de terre sont hors de prix, Érika.

— Eh bien elles baisseront. Évidemment, tu passes tes journées dans ce foutu fauteuil, et avec ce soleil d’enfer… Ça ne te fait pas de bien, tu sais ? – elle adressa à Bruno un sourire complice : Pas vrai que ça ne lui fait pas de bien, Bruno ?

— Elle aime bien regarder la rue, dit-il, un peu déconcerté.

Mme Pauli reprocha à sa nièce d’avoir une fois de plus oublié de lui rendre les photos qu’elle lui avait prêtées. Elle dit que c’était le seul souvenir qui lui restait de sa maison de la rue Nowolipie, à Varsovie, et lui ordonna de les lui rapporter sans faute la prochaine fois, parce qu’elle voulait les faire encadrer.

— Encore des photos ? répliqua Érika. Tu crois qu’il reste de la place sur ce mur ?

— Je les mettrai sur la table de nuit. Surtout la photo des six.

Sa nièce fit un clin d’œil à Bruno en disant :

— Tu veux parler du fameux chandelier à six branches, ma tante ?

— Sept, ignorante ! dit la vieille femme. Si ta pauvre mère t’entendait… Tu ne respectes plus rien. Je te parle des trois photos que tu as emportées sans me demander la permission, celle de tes grands-parents devant notre maison et celle de ta mère et moi à l’école de danse, quand nous étions petites. Et la photo des six garçons dans la rue. Surtout, celle-là, parce que je veux la faire encadrer.

— Ah, je voulais te parler de cette photo, justement – elle appuya le dos contre la rambarde, en s’éventant avec la main. Il n’y a personne de notre famille dessus. Tu la sors d’où ?

— Ça ne te regarde pas.

— Bien sûr que ça me regarde. Si tu ne me le dis pas, je ne te la rends pas.

— Je l’ai découpée dans un livre, ou dans une revue, je ne me rappelle plus… En tout cas, elle est à moi. Je vais la faire encadrer et je la mettrai sur ma table de nuit, alors fais-moi le plaisir de me la rendre et qu’on n’en parle plus.

Érika soupira, s’avouant vaincue.

— C’est bien, mais tu devrais te distraire autrement. Tu pourrais collectionner des photos de joueurs de foot, par exemple, ajouta-t-elle avec une ironie mal dissimulée. À ton époque, quand tu étais la danseuse la plus populaire du Paralelo, tu en as fréquenté quelques-uns de très près, pas vrai, ma tante ?

— Oui, ma chère. De beaucoup plus près que tu ne le crois.

— Je vais t’offrir une télé, comme ça, tu resteras moins sur le balcon. Et tu devrais sortir marcher un peu de temps en temps. Bruno pourrait t’accompagner… Pas vrai, mon garçon ?

— Bien sûr.

— Tu vois, ma tante ? Nous te gâtons trop.

Elle insista surtout pour lui dire de ne pas oublier de prendre ses médicaments, puis elle se rendit à la cuisine et vérifia le contenu du réfrigérateur, ouvrit une cannette de Coca-Cola, jeta un coup d’œil dans la chambre et dans la salle de bains, et inspecta même la cage du perroquet. Elle vit les croquettes dans le buffet et en mangea une en souriant sous les reproches de sa tante, qui lui dit que son insatiable gloutonnerie lui rappelait un prétendant qu’elle avait eu à vingt-quatre ans, quand elle jouait dans la revue « Vienne est comme ça », un important imprésario de théâtre qui ne mangeait que des croquettes de poulet et à qui il était poussé une crête rouge je ne te dirai pas à quel endroit…

— Ma tante, ne te vante pas d’avoir eu des hommes merveilleux dans ta vie, parce que c’étaient tous des connards et des salauds de la pire espèce, tu le sais parfaitement.

Puis elle fit ce que Bruno attendait qu’elle fasse depuis qu’elle avait fait irruption sur le balcon. Elle le prit amicalement par les épaules et l’emmena dans la salle à manger pour lui parler un moment en tête-à-tête. Comme d’autres fois, elle lui donna deux pesetas et lui demanda comment se comportait sa tante, si un voisin s’était plaint de quelque chose, si elle mettait la musique trop fort, si elle parlait toute seule, si elle s’endormait au soleil dans son fauteuil. Elle voulait aussi savoir si lui ou Ruth l’avaient vue jeter des choses de son balcon.

— De la nourriture ? demanda Bruno.

— Quoi que ce soit.

— Eh bien… quelques petits-beurre. La semaine dernière, elle a jeté un yaourt. Elle a dit qu’il était périmé.

— Elle a dit ça ?

Elle eut l’air un peu morose. Elle allait ajouter quelque chose, mais elle ne le fit pas. Pour sa part, Bruno décida de ne pas mentionner les avions en papier ni les croquettes jetées dans la rue. Il baissa les yeux et se mit en garde : il ne voulait établir aucun lien avec le monde fantasque des adultes, il ne voulait plus entendre de laïus sur ce qui aurait pu être si bien et ne l’avait pas été, ni de lamentations qui puissent lui rappeler le style embobineur de M. Raciocinio. Et il ne mentionna pas non plus, pour ne pas donner motif à d’autres questions, que le yaourt avait été à deux doigts de s’écraser sur la tête de M. Amadeo alors qu’il sortait de chez lui, ni que le chauffeur de taxi, en voyant le pot éventré à ses pieds, avait levé les yeux vers le balcon et crié : Eh lààà, madame, les yaourts périmés, c’est à la poubelle qu’on les jette !

Quand Érika fut partie, Bruno vida son sac à dos et Mme Pauli compta et examina les avions, redressant et lissant ceux qui étaient abîmés et écrivant quelques nouveaux gros titres au crayon rouge. Puis elle lui donna la somme prévue et lui demanda d’autres journaux.

Après chacune de ses visites, Érika passait un moment chez Ruth pour la remercier des attentions qu’elle avait pour sa tante. Quand Bruno redescendit, une dizaine de minutes plus tard, elles bavardaient toutes les deux dans la cuisine, Érika une bière à la main et se désolant, contrariée, que sa tante jette des yaourts par le balcon, périmés ou non. Ruth lui raconta ce que Bruno ne lui avait pas dit de l’incident avec le chauffeur de taxi.

— Mais rien de grave, ajouta-t-elle pour la rassurer. Votre tante aime beaucoup plaisanter et M. Amadeo aussi, et ils se font souvent des blagues. Mme Pauli est appréciée dans le voisinage, vous pouvez me croire.

— Quoi qu’il en soit, dit Érika, si elle refait ce genre de choses, je vous prie de me le dire. Je m’inquiète pour elle. Je sais que ma tante a vécu des sales trucs dans sa jeunesse, ma mère m’en a parlé il y a longtemps, et j’ai peur que depuis quelque temps elle ne ressasse tout ça. D’ailleurs sa tête ne tourne plus très rond, elle s’embrouille pas mal, et elle aura bientôt besoin d’une assistance à plein temps. Un jour ou l’autre il va falloir que je me décide à la prendre à la maison, qu’elle le veuille ou non. Enfin… Tenez, Ruth, j’ai fait un double de la clé de son appartement et j’aimerais que vous la gardiez, à toutes fins utiles. Ça vous ennuierait ?

— Bien sûr que non.

— Et si elle fait une bêtise, prévenez-moi, s’il vous plaît.

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