L'Histoire de France racontée par les Contemporains (Tome 3/4)) Extraits des Chroniques, des Mémoires et des Documents originaux, avec des sommaires et des résumés chronologiques

1306. Révolte des Parisiens occasionnée par l’altération

continuelle des monnaies et par les exactions de tous

genres.

 

1307. Arrestation des Templiers. Ils sont jugés par l’inquisition;

54 sont brûlés.

 

1311. L’ordre est détruit par le concile de Vienne.

 

1314. Le grand maître et les dignitaires de l’ordre sont brûlés à

Paris.—Soulèvement général contre Philippe le Bel,

occasionné par ses violences de toutes espèces.

 

LOUIS X, 1314-1316.

 

1315. Le supplice d’Enguerrand de Marigny, premier ministre de

Philippe le Bel, et les concessions faites à la noblesse

apaisent le soulèvement occasionné par la tyrannie de

Philippe le Bel.

 

1316. Affranchissement des serfs du domaine royal.

 

PHILIPPE V, 1316-1322.

 

1316. Les états généraux proclament Philippe V, frère de Louis X,

et excluent du trône la fille de Louis X, parce que «les

lys ne filent pas».—Première application de la loi

salique.

 

CHARLES IV, 1322-1328.

PHILIPPE VI, 1328-1350.

 

1328. Les états généraux donnent la couronne à Philippe VI, fils

de Charles de Valois, second fils de Philippe III, à

l’exclusion de Charles le Mauvais, roi de Navarre, et

d’Édouard III, roi d’Angleterre, qui descendent de Philippe

le Bel, mais par les femmes.—Seconde application de la loi

salique.

 

1328. Les Flamands, révoltés contre leur comte Louis de Nevers,

sont vaincus à Cassel par Philippe VI, qui rétablit le comte

Louis.

 

1329. Édouard III, roi d’Angleterre, fait hommage à Philippe VI, à

Amiens, pour ses fiefs du Ponthieu et de la Guyenne; il

reconnaît ainsi la loi salique.

 

1330-1332. Procès de Robert d’Artois.—Robert II, comte d’Artois,

tué à la bataille de Courtray, avait eu pour successeur sa

fille cadette Mahaud, à qui le parlement, en 1297, avait

adjugé l’Artois. Robert II avait eu aussi d’un premier

mariage un fils appelé Philippe, duquel était né Robert

d’Artois (petit-fils de Robert II), qui disputa en 1330 le

comté d’Artois à sa tante Mahaud, et le revendiqua devant le

parlement. Robert produisit de faux actes et fit empoisonner

la comtesse Mahaud. Assigné par le parlement, Robert se

sauva en Angleterre, fut condamné à mort, et excita dès lors

Édouard III à faire la guerre contre la France.

 

Sixième guerre avec l’Angleterre, appelée _la guerre de cent ans,

1337-1453_.

 

Première partie de la guerre de cent ans, 1337-1360.

 

1337. Édouard III déclare la guerre à Philippe VI et s’allie avec

les Flamands.

 

1339. Édouard III, sur le conseil de J. Artevelt, prend le titre

et les armes de roi de France.—Les rois d’Angleterre

renonceront au titre de roi de France en 1802, à la paix

d’Amiens; mais ils conserveront encore les armes de la

maison royale de France dans leur écusson.

 

1340. Bataille de l’Écluse. La flotte de Philippe VI est

détruite.—La mer est aux Anglais, et le passage

d’Angleterre en France leur est assuré.

 

Guerre de Bretagne, 1341-1365.

 

1341. Mort de Jean III, duc de Bretagne. Sa succession est

disputée entre Jean comte de Montfort, son frère

consanguin, et Charles de Blois, mari de Jeanne sa

nièce.—Édouard III soutient le comte de Montfort; Philippe

VI soutient Charles de Blois.

 

1342. Siége d’Hennebon, défendu par Jeanne de Montfort.

 

1345. Le dauphin de Vienne, Humbert V, cède le Dauphiné à la

France.—Les Gantois massacrent Artevelt.—La Flandre est

perdue pour les Anglais, qui font les plus grands efforts

pour s’assurer de la Bretagne et avoir ainsi en France même

une base d’opérations.

 

1346. Bataille de Crécy.—Édouard III débarque en Normandie;

poursuivi par Philippe VI, il bat en retraite, passe la

Somme et se retranche à Crécy après une marche de

quarante-cinq jours. Les fautes de Philippe VI lui font

perdre la bataille.—Les Anglais ont quelques canons à

Crécy; c’est le premier emploi de l’artillerie dans une

grande bataille.—On constate l’existence de canons dès 1326

à Florence, et en 1338 en France. En 1346, l’artillerie de

Philippe VI était employée au siége d’Aiguillon.

 

1347. Prise de Calais par Édouard III.

 

JEAN LE BON, 1350-1364.

 

1350. Combat des Trente. Victoire de Beaumanoir.

 

1354. Le connétable de la Cerda, favori du roi, est assassiné par

Charles le Mauvais.

 

1355. Ravages des Anglais dans le Languedoc.—La noblesse exige

une solde pour faire la guerre.—Dès lors nécessité de

nouveaux impôts et de convoquer les états généraux pour

consentir ces impôts.

 

Convocation des états généraux. Ils réforment et s’attribuent

l’administration des finances, en proie aux désordres et aux

dilapidations de toutes sortes. Sous l’influence d’Étienne

Marcel, prévôt des marchands de Paris, les états généraux

décident que les impôts seront levés sur toutes les classes

de la société; qu’eux seuls ont le droit de voter les

impôts; que le roi ne peut faire la guerre ni la paix, ni

publier aucune loi sans leur consentement.—Le gouvernement

représentatif était fondé en France, par cette déclaration,

de même qu’en Angleterre, où il s’établissait à cette

époque. Mais ces premiers essais de gouvernement

représentatif ne durent que jusqu’en 1358.

 

1356. Le roi Jean arrête et emprisonne Charles le Mauvais.

 

Bataille de Poitiers. Le roi est prisonnier.—La France est

épuisée par les rançons qu’elle paye pour la délivrance des

chevaliers pris à Poitiers.—Le mécontentement est général

contre la noblesse, qui s’est fait battre par une poignée

d’archers anglais et gascons, et qui en dix ans a perdu deux

batailles désastreuses.

 

Convocation des états généraux.—Luttes entre le Dauphin et

Étienne Marcel.

 

1357. Le Dauphin prend le titre de régent.—Étienne-Marcel et

Charles le Mauvais, délivré de prison, enlèvent tout pouvoir

au régent.

 

1358. Toute-puissance d’Étienne Marcel; il se propose de donner la

couronne à Charles le Mauvais.

 

Pendant ce temps, les paysans, écrasés par la guerre, dépouillés

et foulés par leurs seigneurs, qui ont besoin d’argent pour

les rançons de Poitiers, se soulèvent en masse et se livrent

à d’atroces représailles. Cette révolte ou jacquerie est

terminée par le massacre en masse des paysans révoltés.

 

Étienne-Marcel est tué à Paris.—Le Dauphin redevient le maître.

 

1359. Paix de Pontoise entre le Dauphin et Charles le Mauvais.

Traité de Londres signé entre Jean et Édouard III; il est

rejeté par le Dauphin et par les états généraux.

 

1360. Invasion d’Édouard III; il arrive devant Paris; le Dauphin

refuse de lui livrer bataille. La paix est signée à

Bretigny. Le roi d’Angleterre possédera en toute

souveraineté et sans aucune condition d’hommage: Calais, le

Ponthieu et l’Aquitaine, comprenant le Poitou, l’Aunis, la

Saintonge, l’Angoumois, le Périgord, le Limousin, le Quercy,

le Rouergue, la Guyenne ou Bordelais, et la suzeraineté de

toute la noblesse d’Aquitaine et de Gascogne.—Le roi payera

une rançon d’au moins 250 millions de francs.