Histoire de la civilisation égyptienne des origines à la conquête d'Alexandre
C. Civilisation
Fauteuil en bois doré
Fig. 246. Fauteuil en bois doré
(d’après Q . Tomb of Yuaa, pl. XXXII).
Les meubles sont généralement simples de lignes et de formes,
sobres d’ornementation, exactement appropriés à leur destination. Il en est cependant de plus soignés de travail, qui ont appartenu à des rois ou à des princes, et qui peuvent être considérés comme de véritables œuvres d’art; ce sont des fauteuils, des lits, des coffrets, même des chariots dans lesquels n’entre pas seulement le travail de l’ébéniste, mais aussi celui du stuqueur, qui les couvre de délicats bas-reliefs en gesso, et celui de l’ouvrier en cuir qui les orne de panneaux en cuir repoussé ou incrusté de diverses couleurs.
Enfin les plus charmants peut-être des objets d’art sont de simples
ustensiles de toilette en bois sculpté ou ajouré, parfois en ivoire, cuillères à parfums, pots à fard, œuvres d’une fantaisie toute personnelle, donnant la mesure de ce à quoi pouvaient arriver les ouvriers d’art égyptiens.
C. CIVILISATION
Royauté Qu’il soit tout-puissant et maître d’un
immense empire, ou réduit à une seule petite
province, le roi est toujours pour ses sujets un être d’extraction divine dont l’autorité n’est pas contestable. Cette autorité repose sur la pureté du sang royal, et nous voyons la plupart des rois du Nouvel Empire attacher plus de prix encore que leurs prédécesseurs à cette question, et épouser de préférence une demi-sœur, née d’une mère plus noble que la leur, pour diminuer la quantité de sang vulgaire qui s’était introduit dans leur race; parfois même un dieu se chargeait d’infuser lui-même à l’enfant royal un sang divin plus pur encore, comme cela eut lieu pour Aménophis III. Quand un usurpateur montait sur le trône, il se hâtait d’épouser une princesse de lignée royale et légitimait ainsi en quelque sorte son accession à la couronne. Lors du morcellement de l’Empire, les roitelets qui se partagèrent le pouvoir se rattachaient tous plus ou moins à la vieille race pharaonique et avaient des droits sensiblement égaux, mais il était curieux de constater que le sang royal le plus pur se conservait non plus chez des Egyptiens, mais chez des nègres, comme Piânkhi l’Ethiopien et sa famille.
Cuillère à parfums
Fig. 247. Cuillère à parfums.
Louvre (croquis de M. Th. Delachaux).
La reine, ou plutôt la favorite, puisque souvent les rois eurent
plusieurs femmes, avait à côté de son époux une place très importante et souvent une grosse influence; il arriva même à certaines d’entre elles de monter sur le trône en qualité de roi d’Egypte.
Gouvernement me Au moment où les rois de la XVIII
dynastie réunissent de nouveau toutes les parties du pays sous leur sceptre, la féodalité a entièrement disparu et l’administration est centralisée entre les mains d’un grand vizir et d’un nombre considérable de fonctionnaires subalternes; le roi garde du reste la haute main dans le gouvernement et tout se fait en son nom, qu’il s’agisse de travaux publics, de finances, d’affaires étrangères ou de commerce. La justice, comme autrefois, est entre les mains d’une magistrature spéciale, et les provinces asiatiques sont gouvernées par des indigènes sous la surveillance d’officiers égyptiens, tandis que la Nubie est administrée par un vice-roi nommé par le pharaon et qui est souvent un de ses fils.
Nous avons vu l’influence grandissante du clergé d’Amon, arrêtée
un moment par la réforme de Khounaten, reprendre de plus belle, et les grands prêtres se saisir successivement du pouvoir effectif, puis d’une partie du pouvoir nominal. A partir de ce moment le pontificat cesse d’être entre les mains d’une seule famille et chaque fois qu’une des dynasties rivales prend la prédominance sur les autres, elle installe sur le trône d’Amon un prince de sa race qui est plutôt un gouverneur de la Haute Egypte qu’un grand prêtre. Enfin les rois éthiopiens suppriment cette dignité et installent à Thèbes une grande prêtresse d’Amon, princesse de la famille royale; les rois saïtes ne font que confirmer cette charge en la confisquant au profit de leurs filles, afin que cet état dans l’Etat demeure une force pour la couronne et non pas une menace.
Relations extérieures L’extension des frontières de l’Egypte vers
Commerce le nord et le sud devait nécessairement
favoriser le commerce qui prend un développement considérable dès le début du Nouvel Empire. Les produits étrangers affluent dans la vallée du Nil, tant sous la forme de tributs livrés au roi lui-même, que sous celle de marchandises d’échange, et là encore il semble que tout se fasse par l’entremise du gouvernement. Ce ne sont pas seulement les pays soumis à la suzeraineté de l’Egypte, comme la Syrie, la Phénicie, la Palestine, la Nubie, qui y envoient leurs produits, mais des contrées absolument indépendantes, comme Chypre, la Crète, les îles grecques, le Soudan, le pays de Pount, grâce à des expéditions maritimes qui avaient toujours un caractère officiel, l’Etat disposant seul de moyens suffisants pour faire marcher le trafic extérieur; ainsi l’on peut dire, presque avec certitude, que le gouvernement s’était réservé le commerce international, ne laissant aux particuliers que le commerce intérieur. A cet effet, des lois protégeaient les industries locales et il était interdit aux ouvriers spécialistes de passer à l’étranger. L’évaluation des marchandises se faisait en or ou en argent, au poids, et on se servait pour les échanges d’anneaux de métal qui, n’étant pas poinçonnés par l’Etat, devaient être pesés à nouveau chaque fois; le plus souvent, du reste, on procédait simplement par échange de denrées, après entente.
Syriens apportant des vases, XVIIIe dyn.
Fig. 248. e Syriens apportant des vases, XVIII dyn.
(photographie de l’auteur).
Quant à la nature des marchandises importées, c’étaient surtout,
comme autrefois, des matières premières, métaux, bois précieux, ivoire, peaux et plumes, encens, et aussi des matières ouvrées, entre autres ces merveilleux vases d’orfèvrerie dont nous avons déjà parlé. En échange, on donnait de la verrerie, des émaux, sans doute des bijoux, en un mot tous les produits de l’industrie égyptienne, mais surtout des grains.
Il n’y a pas de transformation notable à enregistrer dans les
Vie civile conditions de la vie ordinaire, qu’il s’agisse
Vêtement des grands personnages ou des gens du
commun; de même les habitations n’ont
guère varié. Par contre le costume subit un changement important: les gens du peuple ont bien toujours le pagne simple enroulé autour des hanches, mais tout individu appartenant à une classe un peu plus élevée porte par-dessus ce pagne une ample robe en toile fine, parfois presque transparente, dont la forme et la coupe sont variables. De même les femmes ne portent plus volontiers la robe courte et étroite des anciens temps, mais un vêtement analogue à celui des hommes, un peu plus collant néanmoins sur le buste, élargi du bas et tombant jusqu’à terre; les manches sont parfois très courtes, parfois longues et larges. L’un et l’autre sexe porte la perruque, des bijoux aux couleurs vives, colliers, bracelets et périscélides, et aux pieds de longues sandales en papyrus ou en cuir. Le costume royal est sensiblement le même, bien qu’un peu plus riche, que celui des sujets.
Armée Les rois hyksos avaient amené de Syrie
en Egypte le cheval, et cet animal qui s’était
rapidement acclimaté dans le pays, offrait aux Egyptiens du Nouvel Empire un mode de locomotion nouveau; jamais ils ne songèrent à le monter, semble-t-il, mais ils l’attelaient à de légers chariots à deux roues avec lesquels les grands personnages faisaient leurs tournées dans le pays. C’est cependant surtout au point de vue militaire que l’introduction du cheval eut pour les Egyptiens une grande importance, puisque désormais la charrerie joua dans leurs armées le principal rôle et qu’elle fut pour beaucoup dans la conquête de la Syrie. La méthode de combat subit donc une transformation: avant le choc qui devait amener la fin d’une bataille, la charge des escadrons de chars, les soldats qui montaient ces chars combattaient de loin avec leurs grands arcs; c’est même la raison pour laquelle l’arc était devenu l’arme favorite des rois.
Soldats égyptiens
Fig. 249. e Soldats égyptiens (Tombeau d’Amemheb. Thèbes. XVIII
dynastie).
L’infanterie est toujours composée en partie d’Egyptiens, en partie
de mercenaires étrangers qui sont sa véritable force, que ce soient, comme sous les Thébains, des Soudanais, des Shardanes ou des Libyens, ou, comme plus tard sous les Saïtes, des Grecs. Cette armée royale, déjà instituée sous le Moyen Empire, a été complètement réorganisée en corps d’armées bien distincts sous un commandement commun, mieux équipée et mieux armée et surtout bien exercée. Après une campagne officiers et soldats recevaient leur part du butin, souvent en captifs qui étaient employés à la culture de terres mises par le gouvernement à la disposition des soldats, et ces captifs, qui n’étaient pas de véritables esclaves, se mêlaient rapidement à la population indigène. Le roi décernait aussi, pour récompenser les hauts faits de guerre, de véritables décorations et autres distinctions honorifiques.
Marine Les rois d’Egypte avaient sous le Nouvel
Empire une vraie marine de guerre que nous
voyons parfois jouer le rôle décisif dans une bataille, mais c’était surtout la marine marchande qui, avec l’extension du commerce, tendait à prendre toujours plus de développement. Les navires destinés à la mer étaient semblables de forme et de gréement à ceux employés sur le Nil, mais plus grands et plus solidement construits; ils remontaient du reste le fleuve, même jusqu’à Thèbes, et ainsi nous voyons sous Hatshepsou les mêmes bateaux charger des marchandises dans le pays de Pount, au sud de la mer Rouge, et les débarquer dans le port de la capitale: un canal souvent ensablé et aujourd’hui disparu, faisait alors communiquer un des bras du Nil, dans le Delta, avec le fond du golfe de Suez. Enfin les marins égyptiens donnent la mesure de leur audace et de leurs capacités quand, sous Néchao, ils s’embarquent pour leur grand voyage de découverte autour de l’Afrique, la première en date de toutes les grandes expéditions maritimes.
Vaisseaux de l’expédition de Hatshepsou au pays de Pount
Fig. 250. Vaisseaux de l’expédition de Hatshepsou au pays de Pount
(d’après D . Die Flotte einer äg. Königin, pl. III).
Agriculture. Le travail de la terre continue à faire de
Elevage grands progrès; l’outillage se perfectionne,
on emploie maintenant des faucilles en métal et des charrues plus puissantes; partout autour des villas on voit de beaux jardins, pleins d’arbres fruitiers, de vignes et d’arbres d’agrément. Partout on défriche pour les livrer à la culture les terrains qui n’étaient autrefois que des pâturages, et cela naturellement aux dépens de l’élevage, qui diminue dans de fortes proportions. On ne voit plus que rarement de ces scènes si fréquentes sous l’Ancien Empire, qui représentent des troupeaux d’animaux à demi sauvages sous la garde de quelques pâtres, et les grandes inspections du bétail sont à peine mentionnées; on n’emploie plus pour piétiner le terrain nouvellement ensemencé des troupeaux entiers de chèvres ou de moutons, mais seulement quelques porcs qu’on devait élever dans les fermes et non plus en pleine campagne; l’âne n’est plus que rarement employé aux travaux des champs, et ce sont généralement les hommes eux-mêmes qui transportent les récoltes; le dépiquage du grain pour lequel les quelques bœufs, qui à d’autres époques de l’année tirent la charrue, suffisent parfaitement, se fait d’une façon un peu différente. L’Egypte, consciente de son rôle commercial dans le monde oriental, qui est de l’approvisionner de grains, consacre toutes ses forces à développer la culture au moyen de la main d’œuvre humaine, quitte à réduire au strict nécessaire tout ce qui a rapport à l’élevage. Seule la race chevaline, nouvellement introduite dans le pays, est l’objet de soins tout spéciaux, sous le contrôle royal, et prospère si bien qu’on finit même, à certains moments, par venir de Syrie chercher des chevaux en Egypte. Quant à la question du chameau, elle n’est pas encore définitivement tranchée; il semble néanmoins que si les Egyptiens l’ont connu, ils ne l’ont jamais utilisé eux-mêmes, et que son acclimatation définitive dans le pays, où il rend maintenant comme bête de somme des services inappréciables, ne date que de la conquête musulmane.
Scènes de labour et de semailles
Fig. 251. Scènes de labour et de semailles (Tombeau de Nakht.
Thèbes. XVIII e dynastie).
Pêche et chasse Le défrichement progressif de la vallée du
Nil avait fait disparaître non seulement les
pâturages, mais aussi les fourrés et les marécages qui étaient pour les premiers Egyptiens de si beaux terrains de chasse et de pêche. Avec les mêmes engins qu’autrefois, on ne pouvait plus guère prendre du poisson que dans le fleuve et les canaux, et il ne se trouvait plus que peu de ces étangs où les oiseaux migrateurs venaient se prendre dans les grands filets; même les parcs de chasse des grands seigneurs avaient presque tous disparu. Quand les rois chercheurs d’aventures voulaient s’offrir les émotions d’une chasse mouvementée, ils profitaient de leurs campagnes pour aller au loin, jusque sur les bords de l’Euphrate, où ils trouvaient encore quelques éléphants, des lions qu’ils abattaient par centaines et du gros gibier de toute sorte.
Industrie A côté de l’agriculture, l’industrie continue
à se perfectionner et nous avons de
nombreux tableaux qui nous montrent les ouvriers occupés à leurs travaux ordinaires, que ce soient des ouvriers d’art ou des gens de métier, tels que briquetiers, maçons, sculpteurs, peintres, bijoutiers, joailliers, menuisiers, ébénistes, corroyeurs, cordonniers, cordiers, chaudronniers, armuriers, forgerons, et d’autres encore. Leur outillage est toujours aussi simple qu’aux périodes précédentes, presque rudimentaire, sauf que les couteaux, ciseaux et poinçons de pierre ont définitivement disparu pour faire place à des instruments de métal, généralement en bronze, parfois en fer.
Atelier de chaudronnerie
Fig. 252. Atelier de chaudronnerie
(d’ap. N . Life of Rekhmara, pl. XVII et XVIII).
Langue et Littérature La conquête de la Syrie et les relations
constantes qui s’étaient établies de ce fait
avec l’Asie antérieure, avaient exercé sur l’Egypte même une influence considérable qui se remarque tout particulièrement dans la langue. Un grand nombre de vocables nouveaux, empruntés aux idiomes sémitiques, sont introduits dans le langage courant, soit pour exprimer des idées nouvelles ou nommer des objets inconnus auparavant, soit pour remplacer, sans raison apparente, de vieux mots égyptiens. Il est de bon ton, pour un scribe, d’émailler ses lettres ou ses compositions littéraires du plus grand nombre possible de mots d’origine étrangère. C’est de ces langues sémitiques, plus répandues que l’égyptien, qu’on se servait pour les relations extérieures, et toute la correspondance du roi d’Egypte avec ses vassaux syriens se faisait dans l’idiome même de ces peuplades, que sans doute beaucoup de gens à la cour comprenaient parfaitement.
Atelier de Cordonniers
Fig. 253. Atelier de Cordonniers
(d’après N . Life of Rekhmara, pl. XVIII).
Les textes du Nouvel Empire qui nous sont parvenus sont donc
composés dans une langue moins pure que ceux de l’époque précédente, mais ils sont aussi, sinon plus variés, et beaucoup plus abondants. Ce sont d’abord les écrits historiques ou officiels, les récits biographiques, les comptes rendus d’une campagne ou d’une conquête, les décrets et les actes royaux, les odes dithyrambiques à la louange d’un souverain, puis les ouvrages plus spécialement littéraires, contes, poésies, recueils de modèles de lettres dans lesquels les jeunes scribes apprenaient leur métier, livres de morale, hymnes en l’honneur du roi ou des dieux, dont plusieurs ont trouvé place dans la grande compilation à laquelle nous avons donné le nom de Livre des Morts et qui contient du reste surtout des morceaux plus anciens. Après cela vient encore la littérature épistolaire proprement dite, les procès-verbaux judiciaires, les écrits scientifiques et médicaux et les innombrables compositions magiques, religieuses ou mythologiques.
Ostracon hiératique
Fig. 254. Ostracon hiératique
(d’après D . Ostraca, pl. XLVI).
Certains de ces textes sont gravés ou peints sur les murailles des
temples, sur les stèles, sur les parois des tombeaux; d’autres, les plus nombreux, sont écrits en hiératique, c’est-à-dire en cursive, sur des rouleaux ou des feuilles de papyrus ou même parfois sur des tessons de vases ou des morceaux de pierre, auxquels nous donnons le nom d’ostraca. Les ouvrages religieux étaient déposés dans le tombeau, à côté du mort, pour lui servir de viatique dans l’autre monde, et parfois l’on y joignait aussi des textes littéraires pouvant lui offrir un délassement dans sa vie d’outre-tombe, mais la plupart des papyrus ont été retrouvés roulés et cachés dans des vases, au milieu des ruines de maisons anciennes; c’était la manière de conserver les livres qui étaient toujours en petit nombre chez les particuliers. Nous ne savons s’il existait dans le palais du roi ou ailleurs, de vraies bibliothèques où l’on conservait les ouvrages de prix, avant l’époque où les Ptolémées réunirent dans celle d’Alexandrie tout ce qu’ils purent récolter de manuscrits anciens, les égyptiens sans doute aussi bien que les grecs. Le geste fanatique du calife Omar nous a privés d’une source inestimable de documents.
Fragment d’un contrat démotique
Fig. 255. Fragment d’un contrat démotique
(d’après S . Die demotischen Papyrus, pl. LVI).
Jusqu’au Nouvel Empire, les seuls modes d’écriture étaient les
hiéroglyphes, et l’hiératique qui devient de plus en plus cursif; à partir de l’époque saïte, les scribes, à force de chercher à simplifier leur calligraphie, en arrivent à tracer des signes qui ne rappellent plus que vaguement les hiéroglyphes d’où ils sont dérivés, ni même l’élégant hiératique de la bonne époque. Il s’agit d’un nouveau genre d’écriture, auquel on a donné le nom de démotique et qui finit par être le seul employé à partir des rois perses, pour les lettres, les contrats, les manuscrits de toute sorte, bref pour tout ce qui n’est pas destiné à revêtir un caractère monumental. Ce passage de l’hiératique au démotique correspond exactement à la fin de l’autonomie de l’Egypte.
C’est ce moment-là, quand des rois étrangers viennent
définitivement remplacer sur le trône des Pharaons les dynasties indigènes, que nous pouvons considérer comme la fin de la civilisation égyptienne; celle-ci végétera bien encore pendant quelques siècles, elle donnera même dans certains domaines comme l’architecture par exemple, des manifestations originales et vraiment égyptiennes, mais elle ne prospérera plus et dégénérera rapidement. Cette vieille civilisation qui pendant tant de siècles a rayonné sur le monde ancien, lui donnant généreusement tout ce qu’il y avait de bon en elle, est submergée à son tour par les civilisations nouvelles; l’infusion d’un sang jeune se fit sans doute à trop haute dose et, loin de la renouveler, ne put qu’accélérer sa ruine. Désormais l’Egypte ne sera plus qu’une province du monde hellénique, puis du monde romain, au point de vue de la civilisation aussi bien que de la politique.
Aménophis, fils de Paapis
Fig. 256. Aménophis, fils de Paapis
(d’après L . Statues et statuettes, I, pl. LXXVI).
Vous avez terminé Histoire de la civilisation égyptienne des origines à la conquête d'Alexandre
Gustave Jéquier
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