La conscience quantique et l'au-delà

Emmanuel Ransford · Chapitre 2 sur 13

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La conscience quantique et l'au-delà

Avant-propos

 

Ce livre est un essai. Il s’adresse à ceux qui s’émerveillent, s’interrogent et

voudraient comprendre.

Il s’adresse à tous ceux qui cherchent le sens – celui de la vie, celui de nos

destinées – et que les réponses toutes faites ne satisfont pas.

La vérité a un prix. Elle est souvent inconfortable ; et les vérités reçues ne

sont pas toujours des vérités tout court, car la vérité est vivante et

mouvante. Elle défie tous les obstacles et ne se laisse pas enfermer dans les

dogmes.

Il se dit par ailleurs que les gens qui savent et sont absolument sûrs de ce

qu’ils savent ne sont que des ignorants de leur propre ignorance. N’est-ce

pas ce que l’on observe çà et là ?

Les pages qui suivent proposent un parcours inhabituel, qui prend le contre-

pied de maintes certitudes de notre époque, qui ne sont en fait que des

suppositions, croyances ou conjectures solidifiées à force d’être répétées.

L’une d’elles est le matérialisme.

Ce parcours partira des entrailles microscopiques et obscures de la matière

pour rejoindre les immensités lumineuses du ciel. Notre aventure débutera

en terre quantique, ce monde à la fois abscons, complexe et abracadabrant

de l’infiniment petit. Il est la contrée où vivent et s’agitent l’électron et

toutes les particules quantiques.

Ces particules sont si minuscules que l’imagination s’y perd. Nous ne

pourrons jamais voir un électron pour savoir à quoi il ressemble. Nous ne

pourrons jamais le saisir au vol pour l’examiner dans ses menus détails. Nos

yeux sont trop grossiers pour lui, et il en profite pour nous empêcher d’y

voir clair à son sujet. En toute impunité.

Est-il une onde, est-il une particule ? Est-il autre chose ? Telle est l’une des

questions bizarres qu’il nous oblige à nous poser.

Si le renard avait demandé au petit prince de Saint-Exupéry de lui dessiner

un électron, je doute fort qu’il ait su faire. Surtout s’il avait au préalable

consulté des physiciens pour bien faire les choses ! Ce monde, qui prend un

malin plaisir à nous surprendre et à malmener notre intuition ordinaire, demande de notre part un petit effort intellectuel pour que nous puissions

nous familiariser avec lui.

Il est difficile d’en faire l’économie ; mais le jeu, je crois, en vaut largement

la chandelle.

La réalité quantique (au chapitre 1) sera notre première étape. Elle nous

permettra de comprendre pourquoi on ne peut pas comprendre. Elle nous

permettra, je l’espère en tout cas, de saisir le sens exact de l’adjectif

« quantique » ; qui n’est pas toujours très limpide.

Une idée émergera. Cette idée est qu’il nous manque peut-être une pièce du

puzzle de la matière. Cette pièce, par son absence même, nous empêcherait

de comprendre.

La matière s’enrichira, chemin faisant, de cette pièce manquante : je

l’introduirai (au chapitre 2) pour combler certaines lacunes de notre savoir.

La matière ordinaire changera alors de peau et deviendra l’holomatière.

Avec l’holomatière, je crois que nous aurons les moyens de vraiment

comprendre l’électron.

C’est en tout cas ce que je m’efforcerai de montrer.

Des quanta, nous passerons ensuite à l’invisible ; car la pièce manquante du

puzzle est invisible. C’est même pour cela que nous l’aurions si facilement

oubliée ! L’invisible de la pièce oubliée du puzzle serait en outre celui du

psychisme et de l’esprit. Grâce à cet invisible, nous en viendrons ensuite à

la question du cerveau conscient (au chapitre 3). Nous l’approcherons sous

l’angle inédit de l’holomatière.

Ah, voilà une hypothèse bien audacieuse ! Vraie ou fausse, elle montrera en

tout cas qu’il y a place pour d’autres alternatives – scientifiquement

acceptables – que les hypothèses habituelles, qui offrent deux possibilités

seulement : soit la conscience cérébrale est un phénomène matériel, soit elle

est un phénomène surnaturel.

Et si ce n’était pas l’un, ni l’autre ? Et si la conscience cérébrale était à la

fois immatérielle et immanente ? Telle est en tout cas l’alternative que

l’holomatière nous invitera à considérer.

En outre, comme le dit Oliver Wendell Holmes, « un esprit élargi par une

idée nouvelle ne retournera jamais à sa taille initiale ». Même si elle

s’avère inexacte, une idée nouvelle est en soi un enrichissement durable !

Notre parcours aboutira enfin à notre dernière étape. Cette ultime

destination nous portera à nous interroger sur ce qu’il advient de l’esprit,

après que notre enveloppe charnelle soit allée à trépas (chapitre 4).

Que restera-t-il de nous et des êtres qui nous sont chers, après la mort

physique ?

Pour éclaircir cette question, essentielle s’il en est, et pouvoir l’envisager

différemment, nous prendrons place sur le tapis volant de l’invisible.

Ce tapis magique nous fera voyager jusqu’aux confins du firmament. Il

nous transportera vers des mondes inconnus, il nous conviera à les entrevoir

et à les explorer jusqu’à frôler les mystères de l’au-delà ; un au-delà qui,

peut-être, se décline au pluriel.

Plus concrètement par ailleurs, j’ai rajouté quelques annexes et multiplié les

notes de bas de page afin d’alléger le texte principal. Ces notes et ces

annexes sont destinées au lecteur qui souhaite approfondir un peu plus les

thèmes et les sujets abordés.

Il est important de savoir que la grande majorité de ces notes – qui

n’intéresseront pas tous les lecteurs – peut être ignorée, sans nuire à la

compréhension générale du texte.

Je tiens aussi à souligner que l’holomatière, avec cet invisible qu’elle loge

dans toute particule de la nature, est a priori trop révolutionnaire pour avoir

des chances d’être acceptée de bon gré.

On peut s’attendre à ce qu’elle suscite des réactions hostiles de la part de

tous ces intellectuels, nombreux aujourd’hui en science et en philosophie

par exemple, qui sont d’obédience ou de « religion » matérialiste.

Parce qu’elles bousculent les routines mentales et les croyances, parce

qu’elles dérangent l’ordre établi, les idées trop nouvelles sont initialement

rejetées, combattues et ridiculisées. C’est une règle générale, et il n’y a

aucune raison que l’holomatière fasse exception !

Il en est ainsi, et tout novateur doit le savoir et l’accepter.

Je rappelle, à ce propos, le cas de William Harvey, ce talentueux médecin

britannique du XVIIe siècle qui fut le grand découvreur de la circulation

sanguine. Il comprit que le sang circule dans l’organisme en partant du

cœur pour y revenir.

Quand son idée fut connue, que croyez-vous qu’il advint ? En fut-il félicité

avec enthousiasme ? L’a-t-on accueilli chaleureusement, comme un grand

découvreur des lois du corps humain ? Pensez donc, que nenni ! Pour cette

idée aujourd’hui si « évidente » et banale, le pauvre Harvey fut vilipendé,

ridiculisé, attaqué férocement et, sans doute, traité de tous les noms

d’oiseaux – et pire encore ! Un article de presse rappelait qu’un certain Gui

Patin, doyen respectable et respecté de la faculté de médecine de Paris de l’époque, affirmait ce qui suit, du haut de sa prestigieuse autorité : « La

circulation est paradoxale, inutile à la médecine, fausse, impossible,

inintelligible, absurde, nuisible à la vie de l’homme. […] La Bible ne

mentionnant pas la circulation du sang, il est difficile de l’admettre. » Je

n’espère pas un meilleur accueil pour l’idée d’holomatière ; même si elle

rend, je crois, le monde quantique intelligible (ainsi peut-être que le cerveau

conscient). En définitive cependant, la seule chose qui comptera est le

verdict des faits – eux seuls auront légitimité à valider ou à invalider cette

hypothèse. Et pas les opinions des uns et des autres !

Après ces quelques réflexions préliminaires, il me reste à souhaiter bon

voyage au lecteur. En lisant ce livre, il découvrira que l’invisible ne nous est

pas totalement inconnu, ni totalement inaccessible. Au contraire, la science

peut d’ores et déjà nous en apprendre beaucoup sur lui.

Le lecteur découvrira que l’invisible est un trait d’union entre le réel et ses

possibles. Il est indispensable à la bonne marche du monde : il donne

cohérence et harmonie à tout ce qui est. Sans lui, le monde marcherait sur la

tête ! Il ne pourrait tout simplement pas exister.

L’invisible porte et révèle le sens. Il est un ami qui peut éclairer notre

chemin de vie.

 

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