La Séduction du gentleman (French Edition)
Chapitre 5
5
M artin était confortablement installé dans son fauteuil, sirotant le thé que l’employée lui avait apporté. Il s’était assis à cet endroit plus d’une fois, regardant ses maîtresses essayer des robes, affichant des sourires coquins ou battant des cils, espérant obtenir des bottes ou des gants supplémentaires. Il avait souri en retour et avait cédé, achetant à la dame tout ce qu’elle désirait.
Mrs Benson avait raison. Cette fois, c’était différent.
Livvy était innocente et douce, mais ce n’était pas une femme facile. Il appréciait cela chez elle. Il n’avait jamais été attiré par les femmes qui s’inclinaient et se prosternaient devant les hommes.
Son regard se tourna vers le paravent lorsqu’un mouvement attira son attention. Mrs Benson apparut, avec un large sourire, et fit un signe de la main à Livvy pour l’encourager. Alors qu’elle sortait de derrière le paravent et s’avançait sur l’estrade devant les miroirs, il eut le souffle coupé. Son pouls s’accéléra alors qu’il contemplait la magnifique robe qui épousait la douce courbe de ses hanches et de ses seins. Elle baissa timidement la tête devant la persistance de son regard, mais il n’en avait que faire. Il voulait en profiter, se rassasier de cette vue.
— La robe est d’une longueur parfaite pour elle et ne nécessite aucun ajustement, déclara Mrs Benson en désignant les différents éléments de la robe.
Le ruban orange autour de sa taille accentuait la robe bleu clair et mettait ses seins en valeur. Le tissu était de la soie moirée, et il accentuait les formes de Livvy, la mettant particulièrement à son avantage.
— Qu’en pensez-vous, Livvy ? Cela vous plaît-il ? demanda Martin.
Elle cligna des yeux, comme si elle était surprise qu’il lui pose la question.
— Eh bien… oui. J’aime vraiment les couleurs, admit-elle en rougissant.
Sa peau d’albâtre se réchauffa jusqu’à prendre le rose le plus délicieux, et il se demanda si le reste de son corps rougirait aussi joliment lorsqu’elle serait allongée sous lui, se tordant de plaisir.
— Mrs Benson, nous allons la prendre. Qu’avez-vous d’autre ? Elle aura besoin de plusieurs robes pour commencer et d’une cape, de bottes, de gants, de ballerines, de chemises supplémentaires et de bas, j’imagine. Ainsi que les vêtements de nuit habituels.
Mrs Benson hocha la tête.
— Nous avons plusieurs chemises de nuit qui seront idéales.
Elle se dirigea vers un comptoir et retira une boîte, soulevant le couvercle et dépliant le papier de soie pour soulever une chemise de nuit diaphane. Le tissu était si transparent que Livvy eut un petit hoquet de stupeur. Martin gloussa. Le regard d’effroi scandalisé qu’elle eut était comique. Elle savait qu’il verrait tout d’elle sous le tissu fin, mais elle finirait par apprécier. Une fois qu’il lui aurait montré les joies qu’il avait à offrir, elle serait ravie de porter ce vêtement.
— Et ceci ?
Mrs Benson mit la chemise de nuit de côté et récupéra une cape brodée bleu foncé et or, avec une capuche en hermine. Elle l’enroula autour de Livvy et testa la capuche.
Martin acquiesça.
— Oui, c’est parfait.
Il s’approcha pour caresser la fourrure de la capuche, et Livvy essaya de se détourner, ses joues ayant pris un rouge sombre.
— Vous êtes exquise, dit-il. Vous ne devriez pas vous cacher, pas de moi.
Le feu qui s’alluma soudain dans ses yeux le surprit.
— Vous n’avez pas besoin de me rappeler que je vous appartiens.
Il fronça les sourcils.
— Je voulais seulement dire que vous devriez apprécier ces vêtements. N’ayez pas peur d’eux, juste parce que je vous regarde.
Malgré leur situation inhabituelle, il voulait qu’elle embrasse ses propres passions et qu’elle soit fière de sa beauté, car elle était belle.
— Que vous faut-il d’autre ? Quelques robes de bal, une tenue d’équitation ? demanda-t-il.
— Mr Banks, j’ai des planches de mode du Lady’s Magazine si vous souhaitez les voir, proposa Mrs Benson.
— Avec plaisir.
Il aida Livvy à descendre de l’estrade et ils rejoignirent la couturière au comptoir pour consulter les planches. Au début, Livvy se tut, mais Martin continua à lui poser des questions, et rapidement, elle se mit à discuter avec enthousiasme des coupes de tissu, des ourlets et d’une variété de robes : robes du matin, de promenade, d’opéra, de soirée. Il avait oublié de combien de robes une femme avait besoin. La dépense n’avait pas d’importance ; il trouvait simplement que la quantité d’efforts à fournir était stupéfiante.
— Mr Banks, qu’en pensez-vous ?
Livvy pointa du doigt l’image d’une robe de soirée. Elle était colorée, sans aucun doute une stratégie de Mrs Benson pour attirer l’œil.
— Elle dit qu’il est possible de la fabriquer en n’importe quelle couleur. Bleu ou marron ?
— Marron, répondit-il.
La couleur brune avait une teinte rouge qui mettrait en valeur ses cheveux foncés et ses yeux noisette chaleureux. Il ne pouvait s’empêcher de penser à la dernière fois qu’il était venu avec Stella, la cantatrice. Elle lui chuchotait à l’oreille des remarques suggestives sur le fait que ce serait charmant pour lui de la débarrasser de sa nouvelle robe.
Il chassa ce souvenir et se concentra sur Livvy et la façon douce et pleine d’espoir dont elle regardait les robes. Il n’y avait là aucune tentative de flirt, aucune manœuvre de séduction. Elle montrait ses émotions, même les plus négatives. Elle fixait la robe marron avec une telle envie qu’il aurait aimé lui offrir le monde sur un plateau d’argent.
— Excellent choix, Mr Banks, vraiment, dit la modiste. Et voilà. Vous êtes équipée à présent.
Martin était déçu qu’ils aient déjà fini. Il aurait préféré rester là et regarder Livvy essayer une douzaine d’autres robes, peut-être même lui montrer des bas de soie et… Il arrêta le cours de ses pensées avant que son excitation ne devienne incontrôlable.
Je ne suis pas un monstre. Je suis un gentleman, et elle est ma compagne. Je ne la toucherai pas, sauf si elle me le demande.
Livvy remercia la femme et se dirigea vers un présentoir de réticules. Martin la regarda avec amusement en ouvrir plusieurs, les étudier de près, puis se tourner vers lui, l’un d’eux serré contre sa poitrine, mais elle rougit lorsqu’elle sembla réaliser qu’elle était sur le point de lui demander de l’acheter.
— Prenez-le.
Il sourit, et son cœur décrivit une étrange petite embardée lorsqu’elle le rejoignit et ajouta le réticule vert foncé à la pile.
— Merci, dit-elle timidement.
— De rien, répondit-il.
Il méprisait son père, mais tant que Livvy restait avec lui, son bonheur comptait. Une femme heureuse hors du lit signifiait généralement une amante enjouée et affectueuse au lit.
— Je ferai livrer les robes restantes à la fin de la semaine prochaine.
Mrs Benson et son employée emballèrent les robes et autres articles dans de belles boîtes colorées. Martin fit appeler sa voiture pour qu’on charge les paquets à l’intérieur. Il insista pour que la cape reste déballée, et il la mit sur les épaules de Livvy. Puis il remercia Mrs Benson et sortit dans la rue.
— Où allons-nous à présent ? demanda Livvy.
— Je pense que je connais l’endroit idéal.
Il l’aida à monter en voiture, mais ne lui communiqua pas leur destination.
— Piccadilly, s’il vous plaît, dit-il au cocher avant de la rejoindre dans la voiture.
La voiture les déposa au numéro 187 de Piccadilly, devant un magasin nommé Hatchard’s. Livvy leva les yeux vers les vitrines du magasin et réalisa où il l’avait emmenée. Ses beaux yeux se remplirent de larmes.
— Des livres ? souffla-t-elle, un délicat sourire flottant sur ses lèvres.
— Ma bibliothèque, bien que très fournie, manque de livres plaisants. J’ai pensé que vous pourriez m’aider à compléter ma collection. Êtes-vous prête à relever le défi ?
Après la nuit précédente, il avait le sentiment que les livres lui remonteraient le moral.
Elle hocha la tête avec enthousiasme et se mit pratiquement à courir vers la porte. Encore une fois, son cœur décrivit un bond étrange en voyant la joie sur son visage. Il la suivit à l’intérieur et s’arrêta pour apprécier l’ambiance de la boutique rappelant celle d’un club. Sur une cheminée étaient disposés les journaux du jour. Des bancs étaient alignés le long des murs. Les domestiques pouvaient ainsi y attendre leurs maîtres et maîtresses. La boutique était chaleureuse et accueillante, et un certain nombre de personnes étaient entrées pour échapper à l’hiver glacial de Londres. Livvy était déjà en train d’arracher des titres des étagères, et elle revint vers lui avec une pile qui lui arrivait presque au menton.
— Posez-les. Jetons-y un coup d’œil.
Il fit un geste vers les deux fauteuils près du feu, et il écarta les journaux. Livvy posa les livres et prit le premier roman, qu’elle lui tendit.
— Le fils banni de Roche ?
— C’est un conte d’horreur ; j’ai pensé que vous préféreriez cela aux romans gothiques.
Il gloussa.
— Et pas Les Mystères d’Udolphe ?
Il avait entendu parler des romans gothiques de Mrs Radcliffe, mais il ne les avait jamais lus.
Elle se mordit la lèvre.
— Non, sauf si vous le voulez.
— Et ensuite ?
Il choisit un autre livre.
— L’attachement mutuel ?
— Oh, c’est…
Elle essaya de le lui prendre, mais il le garda hors de sa portée.
— De la romance ? demanda-t-il en feuilletant les pages.
— Oui. Je pensais que cela pourrait me plaire.
— Alors nous devons l’acheter.
Il prit le livre suivant. Il réalisa qu’il s’agissait en fait d’un trio de volumes minces reliés en cuir et garnis de dorures.
— Glenarvon.
Elle murmura le titre, clairement scandalisée à en juger par le rouge de ses joues.
Il gloussa à nouveau, caressant le dos du premier volume.
— Le récit sans concession à peine déguisé de Lady Caroline Lamb. Inspiré de Lord Byron, à ce que j’ai entendu dire. Elle pensait que cela ressusciterait sa vie sociale, mais cela a eu l’effet inverse.
— C’est tout à fait vrai. Mais j’ai toujours eu envie de le lire.
Elle ramassa le reste des livres, et il les lui prit des mains.
— Permettez. S’il vous plaît, regardez à nouveau et assurez-vous qu’il n’y en a pas d’autres qui vous intéressent.
— Cela fait déjà beaucoup.
Il haussa un sourcil.
— Vraiment ? Je peux facilement me permettre d’en acheter plus.
Elle se mordit la lèvre d’une manière qui lui donna envie de la prendre dans ses bras, mais il résista.
— Allez-y, l’encouragea-t-il en la poussant vers les étagères.
Elle y retourna, la tête inclinée pour mieux lire les tranches. Martin apporta sa sélection de livres à un employé de la librairie, qui commença à les emballer et à calculer les prix. Lorsque Livvy revint avec une deuxième pile de livres, les yeux de l’employé s’arrondirent de surprise. Martin appela sa voiture et fit charger soigneusement les livres dans une malle à l’arrière.
— Où allons-nous ensuite ? demanda Livvy d’un ton plus enjoué.
— Nous devons encore rendre visite à un cordonnier et à un chapelier. Ensuite, je devrai faire une course pendant que vous resterez à la maison.
Son sourire se fana, mais elle ne discuta pas. Il ne pouvait pas lui parler de sa course secrète. S’il avait pu l’emmener, il l’aurait fait, mais les dames ne se rendaient pas aux ventes aux enchères de chevaux de Tattersall.
Je lui achèterai la plus belle jument de Londres, et elle chevauchera à mes côtés avec fierté dans Hyde Park.
Deux heures plus tard, il déposa Livvy chez lui. Il fallut trois valets de pied pour transporter les énormes boîtes remplies de chapeaux, vêtements, chaussures et livres. Une fois la voiture vidée, il indiqua à son cocher la prochaine destination.
L’espace dédié aux enchères de Tattersall se composait de nombreuses écuries, de boxes et d’un enclos pour observer l’allure des pur-sang mis en vente. Martin passa devant l’enclos, remarquant un buste du roi George IV dans la coupole au centre. Malgré le froid, de nombreux hommes observaient les chevaux dans l’enclos d’entraînement.
— Banks ! cria quelqu’un.
Martin se retourna et vit un visage familier.
— Lord Sheridan !
Il serra la main de Cedric Sheridan. Le vicomte sourit et désigna l’enclos.
— Vous êtes intéressé par un cheval ? J’en ai un à vendre.
— Je suis intéressé, en effet.
Martin suivit la main tendue de Cedric. Une jument gris pommelé avec une crinière noire et le bas des jambes de la même couleur se pavanait fièrement.
— Elle est éblouissante, déclara Banks.
Cedric et lui se penchèrent par-dessus l’enclos pour mieux voir les juments.
— Combien en demandez-vous ?
Cedric siffla, et le palefrenier rapprocha la jument. Martin s’approcha et passa une main sur les naseaux de l’animal. La jument cligna des yeux, ses yeux bruns foncés l’évaluant, mais sans montrer la moindre agressivité.
— Je pensais à mille guinées.
— Quel est son historique de reproduction ?
Cedric sourit et lui tapota l’encolure.
— Elle a été engendrée par un pur-sang et est née d’une de mes juments arabes. Je peux fournir un pedigree.
— Quel âge a-t-elle ?
— Trois ans, répondit Cedric.
Martin étudia ses dents et ses jambes, regardant le palefrenier soulever ses sabots. C’était une bête patiente qui engloutissait avidement les morceaux de sucre que lui tendait Cedric. Il y avait en elle une délicieuse qualité féminine qui lui rappelait Livvy.
— Mille guinées ?
— Oui. Vous pensez l’offrir à quelqu’un ? sourit Cedric. Je croyais que votre maîtresse et vous étiez séparés. Elle est partie en France, à ce que j’ai entendu dire ?
— En effet. J’ai une nouvelle compagne. Cette jument serait parfaite pour elle. Mille guinées, c’est un peu cher, mais elle a l’air d’en valoir la peine.
Il lui tendit la main et ils scellèrent le marché. Ils prirent leurs dispositions pour que la jument soit amenée chez lui le lendemain matin.
Livvy allait adorer ce cheval. Et peut-être qu’alors elle l’adorerait, lui.
Cette pensée sortait de nulle part, et il l’écarta rapidement. Il ne voulait pas de son amour. Il s’en sortait très bien sans. De plus, il ne pourrait jamais aimer la fille de l’homme qui avait détruit sa vie toutes ces années auparavant. Il ne pouvait pas nier qu’il ressentait un certain plaisir à savoir qu’il se comportait en gentleman avec elle alors que son père et sa mère étaient probablement en train de paniquer.
Il était encore perdu dans ses pensées lorsqu’il quitta la cour de vente aux enchères et retourna à sa voiture.
— Chez vous, monsieur ? demanda le cocher.
— Oui – non, attendez, pas encore. Emmenez-moi d’abord à Oxford Street. Je dois passer chez un bijoutier.
— Bien, monsieur.
Martin monta en voiture et regarda par la fenêtre lorsque le véhicule se mit en branle.
L’hiver londonien était magnifique lorsque la neige recouvrait le sommet des maisons et qu’une lumière joyeuse illuminait les fenêtres des quartiers chics de la ville. Il savait aussi à quel point cela pouvait être dur. Après que Hartwell avait expulsé sa famille, ils avaient été contraints de louer un minuscule appartement deux-pièces. Ils avaient vécu dans la misère pendant des mois. Ils avaient enterré sa mère, et pendant une année entière, son père, Helen et lui avaient été en deuil.
Martin ferma les yeux, sentant encore le froid mordant de l’air alors qu’il se revoyait devant la tombe de sa mère, regardant la terre fraîchement creusée recouverte de neige. La douleur dans sa poitrine avait failli l’étouffer. Le désespoir s’était emparé des ruines de son âme. Il avait eu l’impression que le soleil ne brillerait plus jamais, et pourtant…
Quelque chose avait changé. Dès que Livvy avait fait irruption dans le salon, il l’avait ressenti. Les doux remous de la lumière du soleil sur son âme meurtrie. Il ne voulait pas admettre qu’elle avait éveillé de tels sentiments en lui, mais c’était le cas.
Ce serait injuste d’ignorer ce qu’elle me fait ressentir.
Il ne voulait pas penser à ce qui se passerait quand elle partirait.
Lorsque la voiture s’arrêta devant sa bijouterie préférée, il entra et examina les vitrines contenant divers colliers, broches et boucles d’oreilles.
Un homme âgé avec un sourire aimable le salua.
— Mr Banks.
— Comment allez-vous, Harold ?
Il serra la main de l’homme. Il connaissait Harold Garland depuis des années.
— Je vais bien, grâce à vous. Les obligations que vous m’avez recommandées ont bien fonctionné.
— Heureux de l’apprendre.
Martin aimait entendre que les conseils prodigués à ses amis avaient porté leurs fruits.
— Qu’est-ce qui vous ferait plaisir aujourd’hui ?
Martin étudia les bijoux disposés devant lui, les sourcils froncés par la concentration.
— Des perles, je crois.
Il imaginait bien des perles autour du cou de Livvy et la façon dont elles mettraient en valeur sa magnifique peau.
— Des perles, laissez-moi voir…
Harold se pencha, récupéra un écrin et le posa sur le comptoir.
— Que diriez-vous de boucles d’oreilles en coque de perle ?
Il retira une paire de boucles d’oreilles et les posa sur un tissu en velours sur le comptoir. Les boucles étaient grandes, avec des perles ovales formant une sorte de grappe délicate qui pendait des tiges.
— Coque de perle ?
Martin n’avait jamais entendu cette expression auparavant.
— C’est un terme français. Elles sont taillées dans des coquilles de nautiles provenant de l’Inde orientale. C’est en fait un coquillage plutôt qu’une perle ordinaire. Mais on dirait des perles. Elles sont plus rares et très populaires en France en ce moment.
Martin souleva les boucles d’oreilles, s’émerveillant de la beauté du fermoir en or et de leur légèreté relative. Elles seraient superbes, mais pas trop extravagantes, et ne seraient pas non plus trop lourdes pour les oreilles de Livvy.
— Et ceci pour compléter ?
Harold lui montra un collier de perles brillantes retenues par un fermoir en or.
— Élégant, raffiné, d’un goût exquis.
Martin souleva le collier, passant son pouce sur les perles arrondies, appréciant leur texture soyeuse.
— Oui, je vais le prendre.
— Excellent. Je vais tout emballer et les mettre sur votre note.
Harold prit rapidement les bijoux et les pochettes de velours et les plaça dans des boîtes noires élégantes.
— La dame a beaucoup de chance, dit-il en les lui remettant.
— En effet.
Martin gloussa, mais il se sentait lui aussi chanceux d’avoir une femme aussi douce qui n’appartenait qu’à lui. Il quitta la bijouterie le pas léger. Ce soir-là, ils dîneraient tranquillement ensemble, puis il commencerait ses manœuvres de séduction. Cela prendrait aussi longtemps qu’il le faudrait jusqu’à ce qu’elle le supplie de se glisser dans son lit. Pour la première fois depuis des mois, il ne pouvait s’arrêter de sourire.
OceanofPDF.com