La Veille de la Sainte-Agnès

I

La veille de la Sainte-Agnès, ah ! comme le froid était âpre !

Le hibou, malgré toutes ses plumes, était perclus.

Le lièvre boitait, tout tremblant, par l’herbe glacée

Et silencieux était le troupeau dans son bercail laineux.

Gourds étaient les doigts du diseur de chapelets

Tandis qu’il égrenait son rosaire et que son souffle glacé

Comme pieux encens montant d’un encensoir antique

Semblait, avant la mort, s’envoler vers le ciel,

Et passait devant l’image de la douce Vierge cependant qu’il

disait sa prière.

 

– 4 –