L’abominable homme du Nord
Chapitre 1
Direction : Grand Nord
– Drôle d’odeur, hein, tu ne trouves pas, Corinne ?
Roger Jasmin se lève du siège de sa Jeep et, tout en conservant fermement dans ses mains le volant de cette vieille bagnole achetée des surplus de l’armée, observe avec insistance l’horizon Nord. Il fronce les sourcils.
Pas d’erreur, il y a un incendie.
Corinne, sa femme, attire instinctivement contre elle son petit garçon, Maurice, qui somnole à ses côtés. Une impression d’angoisse altère sa physionomie aux traits réguliers que protège contre la fraîcheur nordique un anorak bleu.
– C’est imprudent de nous être aventurés ainsi
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tout seuls et de n’avoir pas suivi la caravane de la compagnie, murmure-t-elle.
Roger se rassit sur son siège en grognant de dépit :
– Quand même tu le redirais pour la centième fois, ça ne changerait absolument rien à la situation. Ce n’est pas de notre faute. Des circonstances absolument indépendantes de notre volonté ont fait que nous sommes arrivés une journée trop tard. La caravane était déjà partie.
– Il aurait peut-être mieux valu attendre à Port-aux-Moines ?
– Attendre ! Attendre ! Attendre quoi ? C’est bien beau. Et pendant ce temps-là, les autres travailleurs se seraient adjugés les meilleurs emplacements. J’ai pensé qu’avec quelque chance et en accélérant un peu, nous parviendrions à rejoindre la caravane de ce Guillaume Longpré. Je crois que nous allons la rejoindre bientôt. Demain peut-être. Un peu de patience, je t’en prie.
– En admettant qu’il n’arrive rien d’ici là.
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– Voyons donc, maman, répond Julie, leur fille de quinze ans, à quoi bon se faire du mauvais sang ?
– Elle a raison. Laisse donc dormir le petit. Il n’a pas peur lui.
Maurice dort profondément. Son visage pâlot, tacheté de rousseur, disparaît sous sa chevelure blonde. Épuisé par les fatigues de cette interminable randonnée, il roupille, insouciant des inquiétudes qui accaparent ses parents.
Le voyage continue, monotone, à travers la vallée qu’encadrent des collines recouvertes d’arbustes rabougris. Çà et là des pins plaquent des taches sombres sur la verdure. Dans le ciel de juillet, pas un nuage. Un léger souffle emporte vers la Jeep cette persistante odeur de brûlé.
Durant un certain temps, les deux époux ne se disent plus rien. Mais le masque de monsieur demeure soucieux, ses yeux continuant de scruter l’horizon. Il se remémore en effet les avertissements que certains lui ont donnés juste avant de partir de la ville de Port-aux-Moines. La situation n’est pas de tout repos pour les
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nouveaux arrivants en territoires autochtones du Grand Nord. Akipatok, le présumé chefs des Assiniboyés, a déterré la hache de guerre. Et déjà, bien des malheureux ont été impitoyablement massacrés. Vérité ou simples racontars ?
Les autochtones du Grand Nord québécois, qu’ils soient Assiniboyés, Cris, Abénakis ou Esquimaux, forts de l’appui des autres Indiens du Canada, livrent aux Blancs une guerre sournoise et acharnée, à la suite du rejet d’une injonction pour faire cesser les travaux du Lac Carré. L’intrusion des Blancs sur leurs habituels territoires de chasse, sans permission aucune, l’intransigeance de certains agents du gouvernement, la maladresse et la malveillance de certains individus sans conscience accourus de tous les coins de l’Amérique pour massacrer et dévaliser, les paroles trompeuses des hommes dits civilisés venus profiter de la manne providentielle, tout cela a exaspéré leurs caractères fiers et orgueilleux.
Affectant la soumission dès que les forces de la S.Q. ou de la R.C.M.P. entrent en jeu, ils ne se
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privent pas pour déterrer la hache ou le harpon de guerre chaque fois que les circonstances le permettent. Combien de malheureux, croyant trouver dans le Nord l’aisance et le bonheur, ont rencontré la mort sous leurs coups ou aux mains d’autres forbans de tout acabit. Leurs os blanchis et nettoyés par les loups gisent au hasard dans les montagnes.
Jouant le tout pour le tout, Roger est parti quand même. Ruiné à la suite de trop hasardeuses spéculations, il a quitté Val-Brillant, son village natal, et a décidé d’aller chercher fortune dans ces lointaines régions nordiques où le gouvernement entreprenait la construction d’une centrale nucléaire. Il a résolu d’aller grossir les rangs des grands constructeurs du monde.
De haute stature, le visage osseux, il n’a que quarante ans et, pourtant, des soucis de toutes sortes ont ravagé ses traits. Des fils d’argent se détachent dans sa chevelure bien fournie.
– Tu ne vois rien, Roger ? Pas de fumée ?
Craignant de réveiller Maurice, elle a parlé à mi-voix. Petite et frêle, un peu plus jeune, elle
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forme un contraste frappant avec lui, véritable colosse qui fait naître au premier abord une impression de force, de puissance et d’entière confiance en soi.
– Toujours pas de fumée en vue mais cette maudite odeur persiste.
Il aspire à plusieurs reprises la brise très douce qui vient lui caresser le visage. Il a beau regarder, pas la moindre colonne de fumée à l’horizon. Les deux époux ne sont d’ailleurs pas les seuls à manifester de l’inquiétude. Depuis un moment déjà, le chien, Cartouche, dresse les oreilles et regarde avec insistance en direction Nord.
– On dirait qu’il redoute un danger venant de ce côté-là, fait remarquer Julie.
Devant la Jeep, la route de terre battue se prolonge, sillonnée de profondes ornières creusées par les véhicules de la caravane. Les traces de pneus sont même fraîches et laissent espérer qu’ils ne tarderont pas à rejoindre ceux qu’ils ont si malencontreusement manqués au départ.
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– Peut-être les Indiens... hasarde madame Jasmin inquiète.
– Les Indiens ? Je ne pense pas. Ils ne se seraient pas attaqués à un groupe aussi important, répond Roger en haussant ironiquement les épaules. Sois-en bien persuadée. Ils auraient plutôt érigé des barricades pour bloquer les routes et négocier. C’est ça qu’ils auraient fait. La caravane est composée de solides gaillards bien intentionnés et est dirigée par des guides qui connaissent parfaitement la région. Donc aucun problème de ce côté.
Corinne, rassurée, n’insiste plus. Elle serait cependant plus inquiète si elle pouvait deviner les sombres pensées qui accaparent depuis un moment l’esprit de son mari. Tout en affectant la plus entière sérénité, Roger ne peut s’empêcher de songer aux sanglants massacres qui se sont déroulés au cours des dernières semaines sur ces territoires. Les médias en ont fait mention à quelques reprises. Un malaise s’empare de lui à la pensée que pareil destin pourrait être dévolu à sa famille. Un frémissement secoue tout son être
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quand il se représente sa femme et ses enfants assaillis par les Indiens, ou les Esquimaux, ou les Blancs, toujours avides et envieux. Cependant il croit en la Providence et espère arriver à bon port avec les trois seuls êtres aimés qu’il a sur terre.
– Allô papa !... Arriverons-nous bientôt ?
Maurice s’arrache de l’engourdissement qui l’immobilisait depuis un bon moment. Le garçon, extirpé de ses rêves par un cahot plus violent que les autres, écarquille les yeux et interroge le conducteur.
– Oui, oui, rassure-toi. Nous arriverons... Quand le soleil aura disparu à l’horizon, nous nous arrêterons pour camper. Il y a par là une petite rivière qui serpente et qui nous permettra de nous désaltérer un peu.
– Dis, papa, qu’est-ce qui sent si mauvais ?
L’enfant se lève du fond de la Jeep, se dresse derrière son père, se pince le nez en faisant la grimace.
– On dirait qu’il y a un feu, insiste-t-il.
– Rassure-toi, ce n’est rien. Sans doute un feu
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que la caravane de Guillaume Longpré a allumé et qui achève de se consumer.
La caravane ! Les prunelles du garçon s’allument quand il entend prononcer ce mot magique.
– Nous allons la retrouver ce soir, la caravane de monsieur Longpré ?
– Pas ce soir, mais demain sûrement.
Maurice fait la moue. Comme il lui tarde de se sentir mêler à la petite colonie qui les précède ! Là, au moins, il trouvera quelques camarades pour jouer. La randonnée devient monotone à mesure que les jours passent. Papa et maman ne disent rien la plupart du temps et souvent ils regardent avec insistance vers l’horizon, comme s’ils redoutaient un danger. Parfois la main du père se porte vers la carabine qu’il conserve auprès de lui, à la portée, sur son siège. Maurice l’a vu faire au moins deux fois depuis hier.
– Demain, maugrée madame Jasmin... Pourvu que les Indiens ne nous attaquent pas avant.
– Voyons donc !... S’ils avaient voulu nous
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attaquer, ils l’auraient déjà fait.
Roger s’efforce de rassurer sa compagne et ses enfants. C’est que, pour Corinne, les Indiens, c’est pire que Barbe-bleue et les Esquimaux, pire que Croquemitaine. Combien de fois ses cauchemars ont été hantés par l’évocation de ces démons qui massacrent les gens paisibles en poussant des cris épouvantables, comme dans les films américains. Elle s’imagine encore les scènes horribles du massacre de Lachine, qu’on lui a racontées à l’école du village, dans le temps...
Préjugés solidement ancrés et qu’on ne réussit pas à chasser du jour au lendemain. Surtout en ce moment.
– Priez le Bon Dieu, mes enfants, fait-elle, très douce, et les Indiens ne viendront pas.
Elle joint les mains aussitôt et ses lèvres remuent. Suivant le conseil de leur mère, les deux enfants prient le Souverain Maître. Mais Julie, l’aînée, oublie vite les Peaux-Rouges et demande :
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– Dis, papa... Que ferons-nous quand nous aurons rejoint la caravane ?
– Eh bien !... Nous les suivrons jusqu’au Lac Carré et redus là...
– Que ferons-nous alors ?
– Nous chercherons un terrain et...
– Nous construirons une maison ?
– Peut-être... Sinon, nous en louerons une. Tout un village existe déjà là-bas et un bon choix de maisons nous attend. Je travaillerai à la centrale nucléaire, ou dans une mine, ou dans un bureau du gouvernement.
– Oh ! Ce sera amusant, dit Maurice.
– Et je pourrai t’aider ? demande Julie.
– Quelle question !... D’ailleurs le travail ne fera jamais défaut et tu auras toutes les occasions de nous aider, à ta mère et à moi.
– Et moi aussi ? ajoute Maurice.
– Bien sûr ! Bien sûr !
Le garçon, ravi par cette perspective, sourit. Tout à coup, sa physionomie se fige. À peu de
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distance, un hurlement vient de se faire entendre. Il dit :
– Grand Dieu !... Les Indiens !
– Mais non, ce ne sont pas les Indiens, précise Julie en lui mettant une main protectrice sur l’épaule. C’est un loup qui vient de hurler non loin. Décidément, tu es bien peureux pour un garçon de ton âge.
Le père, lui, ne dit rien. Son regard fouille de nouveau les alentours avec inquiétude. Une fois encore, dans la même direction, le hurlement se reproduit. Serait-ce un signal ? Il n’ignore pas que les Indiens savent imiter à la perfection les cris d’animaux les plus divers. Et cette odeur de brûlé qui se fait de plus en plus forte à mesure qu’ils avancent vers le Nord.
Pour ne pas effrayer le plus jeune, la mère ne dit pas un mot. Toutefois, elle se sent, elle aussi, obsédée par un sinistre pressentiment. La certitude qu’un danger plane tout près de là se fait chez elle de plus en plus impérieuse. Maurice s’aperçoit de son attitude craintive :
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– Qu’as-tu, maman ? Tu as peur ?
– Mais non, voyons, ce n’est rien.
Un grognement qui provient du fond même de la Jeep fait tressaillir les voyageurs. Émergeant de dessous des couvertures, Cartouche vient d’apparaître, les oreilles dressées. Il gronde, les yeux fixés dans la direction des hurlements.
– Cartouche n’aime pas les loups, maman !
Corinne étend la main en direction du chien, son vieil ami. Sa main fine caresse son poil hérissé. Mais l’animal, qui d’ordinaire est sensible aux caresses de sa maîtresse, se remet à grogner de plus belle.
– Allons ! Plus vite ! suggère-t-elle.
Roger appuie un peu plus sur l’accélérateur. S’arrêtant de gronder, le chien hurle maintenant.
– Veux-tu te taire imbécile !
Exaspéré il ordonne silence à l’animal. Durant quelques instants, le chien se tait puis il reprend son lugubre concert. Les menaces de son maître demeurent impuissantes à le faire taire.
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Le soleil tombe de plus en plus ; le ciel rougeoyant se mire dans la rivière que longe maintenant la piste. La Jeep continue d’avancer à bonne allure. Ses quatre occupants ne disent plus rien. Mais un malaise les obsède tous.
Le ciel s’empourpre des derniers rayons du soleil couchant quand, soudain, Roger laisse échapper une sourde exclamation. À moins d’un kilomètre au devant d’eux, il aperçoit quelques vagues colonnes de fumée.
– Ça alors !... Rejoindrions-nous déjà la caravane ?
Guillaume Longpré et ses gens ont dû avoir établi leur camp à cet endroit. Et de nouveau il surprend encore des hurlements de loups. Cette fois, Cartouche ne peut plus contenir son impatience. Bondissant hors de la Jeep, il saute à terre et, flairant le sol, disparaît derrière un repli du terrain, suivant les pistes laissées par le passage récent de la caravane.
– Cartouche ! Cartouche ! Veux-tu revenir ! crie Maurice.
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Inutile. Le chien ne reparaît pas et les appels répétés du maître demeurent aussi infructueux que ceux de Maurice. Le cœur serré, Roger ne cesse plus d’observer devant lui. Loin d’arrêter son véhicule, il continue de pousser en avant, impatient de se sentir enfin fixé et de connaître la vérité.
Une ligne de jeunes saules se dresse maintenant entre la piste et la rivière. Les branches minces et les feuilles en forme de pointes de lances se découpent sur le ciel pourpre avec netteté. Les hurlements des loups ont cessé subitement. Tout autour, c’est maintenant le silence, un silence lourd de menace. Rien n’apparaît dans le décor immobile. Le vent léger qui soufflait tout à l’heure vient de tomber, mais l’odeur de brûlé persiste plus que jamais.
Et bientôt, après avoir longé une butte, la Jeep parvient dans un espace assez vaste compris dans une sinuosité de la rivière. Un spectacle horrible s’offre alors aux regards des quatre voyageurs.
Des chariots, des remorques, des 4x4, des Jeep, des camions, sont éparpillés ici et là et
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achèvent de se consumer, les roues en l’air. De certains il ne reste qu’une simple carcasse noircie d’où s’échappe une fumée acre qui prend à la gorge. Avec de grands battements d’ailes, de gros oiseaux noirs s’envolent de toutes parts, effarouchés par l’apparition des arrivants.
– Les charognards ! vocifèrent Roger
Le voyageur devine maintenant l’horrible tragédie qui s’est jouée là. Ces chariots, ces véhicules et ces camions appartiennent à la caravane de Guillaume Longpré. Les corps nombreux qu’ils aperçoivent, éparpillés sur le terrain, ne sont nuls autres que les sanglantes dépouilles de tous ces gens qui avaient quitté, pleins d’espoir, Port-aux-Moines, quelques jours auparavant. Ils gisent là, dans les poses où la mort les a surpris. La plupart sont dévêtus. Aussi Roger n’a pas de peine à comprendre le mobile de cet abominable carnage.
– Les Assiniboyés ? fait Corinne en se tournant vers son mari.
– Sais pas... Mais pourquoi toujours accuser les Indiens ? Nous ne sommes plus au temps de la
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colonisation du Far-West, ma femme, et tu regardes trop de fils de cow-boys à la télévision. Les « maudits sauvages » qui ont fait ça sont peut-être aussi blancs que toi et moi.
Immobile et muette d’effroi, elle se tait. Les deux enfants sont pétrifiés. Tout près de là, Cartouche, qui s’est arrêté auprès des premiers véhicules détruits, hurle à la mort.
Monsieur Jasmin a arrêté son véhicule. S’emparant de sa carabine, il saute lestement en bas de son siège. La mère et les deux enfants veulent suivre mais d’un geste il les incite à demeurer dans la Jeep. Puis il avance à travers le champ de massacre.
À la senteur persistante de fumée se mêle maintenant celle plus fade et écœurante du sang. De larges flaques souillent le sol à certains endroits. Des cadavres partout, mais il est facile de se rendre compte que les caravaniers ne se sont pas laissés massacrer sans opposer à leurs sauvages adversaires une héroïque résistance. Ils n’ont succombé qu’écrasés sous le nombre. Quel massacre !
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Nulle part, cependant, Roger ne remarque de corps d’Indiens ou d’Esquimaux. Les massacreurs sont peut-être blancs ou se sont éloignés en emportant, en plus d’un immense butin, leurs morts et leurs blessés.
Où se trouvent-ils maintenant ?... Dans les collines ?... Quelques-uns sont peut-être demeurés dans le voisinage immédiat ?...
Angoissé par une telle possibilité, il s’arrête, le doigt sur la gâchette de son arme. Il promène un long coup d’œil autour, prêt à tirer s’il surprend une ombre suspecte.
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