Le Fantôme de l'Opéra

Gaston Leroux · Chapitre 31 sur 31

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Le Fantôme de l'Opéra

Notes de bas de page

[1] Je serais un ingrat si je ne remerciais également sur le seuil de cette

effroyable et véridique histoire, la direction actuelle de l’Opéra, qui s’est

prêtée si aimablement à toutes mes investigations, et en particulier M.

Messager; aussi le très sympathique administrateur M. Gabion et le très

aimable architecte attaché à la bonne conservation du monument, qui n’a

point hésité à me prêter les ouvrages de Charles Garnier, bien qu’il fût à peu

près sûr que je ne les lui rendrais point. Enfin, il me reste à reconnaître

publiquement la générosité de mon ami et ancien collaborateur M. J.-L.

Croze, qui m’a permis de puiser dans son admirable bibliothèque théâtrale

et de lui emprunter des éditions uniques auxquelles il tenait beaucoup. – G.

L.

 

[2] Je tiens l’anecdote, très authentique également, de M. Pedro Gailhard

lui-même, ancien directeur de l’Opéra.

 

[3] M. Pedro Gailhard m’a raconté lui-même qu’il avait encore créé des

postes de fermeurs de portes pour de vieux machinistes, qu’il ne voulait pas

lui-même mettre à la porte.

 

[4] À cette époque, les pompiers avaient encore mission, en dehors des

représentations, de veiller à la sécurité de l’Opéra; mais ce service, depuis, a

été supprimé. Comme j’en demandais la raison à M. Pedro Gailhard, il me

répondit que c’était parce qu’on avait craint que dans leur inexpérience

parfaite des dessous du théâtre, ils n’y missent le feu ».

 

[5] L’auteur, pas plus que le Persan, ne donnera d’autre explication sur cette

apparition d’ombre-là. Alors que tout dans cette histoire historique sera

normalement au cours d’événements quelquefois apparemment anormaux,

expliqué, l’auteur ne fera point comprendre expressément au lecteur ce que

le Persan a voulu dire par ces mots : C’est quelqu’un de bien pis ! (que

quelqu’un de la police du théâtre). Le lecteur devra le deviner, car l’auteur a

promis à l’ex-directeur de l’Opéra, M. Pedro Gailhard, de lui garder le

secret sur la personnalité extrêmement intéressante et utile de l’ombre

errante au manteau qui, tout en se condamnant à vivre dans les dessous du

théâtre, a rendu de si prodigieux services à ceux qui, les soirs de gala, par

exemple, osent se risquer dans les dessus. Je parle ici de services d’État, et

je ne puis en dire plus long, ma parole.

 

[6] L’ancien directeur de l’Opéra, M. Pedro Gailhard, m’a conté un jour au

cap d’Ail, chez Mme Pierre Wolff, toute l’immense déprédation souterraine due au ravage des rats, jusqu’au jour où l’administration traita, pour un prix

assez élevé du reste, avec un individu qui se faisait fort de supprimer le

fléau en venant faire un tour dans les caves tous les quinze jours. Depuis, il

n’y a plus de rats à l’Opéra, que ceux qui sont admis au foyer de la danse.

M. Gailhard pensait que cet homme avait découvert un parfum secret qui

attirait à lui les rats comme le « coq-levent » dont certains pêcheurs se

garnissent les jambes attire le poisson. Il les entraînait, sur ses pas, dans

quelque caveau, où les rats, enivrés, se laissaient noyer. Nous avons vu

l’épouvante que l’apparition de cette figure avait déjà causée au lieutenant

de pompiers, épouvante qui était allée jusqu’à l’évanouissement –

conversation avec M. Gailhard – et, pour moi, il ne fait point de doute que

la tête-flamme rencontrée par ce pompier soit la même qui mit dans un si

cruel émoi le Persan et le vicomte de Chagny (papiers du Persan).

 

[7] On n’a jamais retrouvé ces deux paires de bottines qui avaient été

déposées, d’après les papiers du Persan, juste entre le portant et le décor du

Roi de Lahore, à l’endroit où l’on avait trouvé Joseph Duquet pendu. Elles

ont dû être prises par quelque machiniste ou « fermeur de portes ».

 

[8] Un rapport administratif, venu du Tonkin et arrivé à Paris fin juillet

1900, raconte comment le célèbre chef de bande le De Tham, traqué avec

ses pirates par nos soldats, put leur échapper, ainsi que tous les siens, grâce

au jeu des roseaux.

 

[9] Daroga, en Perse, commandant général de la police du gouvernement.

 

[10] Ici le Persan aurait pu avouer que le sort d’Érik l’intéressait également

pour lui-même, car il n’ignorait point que si le gouvernement de Téhéran

eût appris qu’Érik était encore vivant, c’en était fait de la modeste pension

de l’ancien Daroga. Il est juste, du reste, d’ajouter que le Persan avait un

cœur noble et généreux et nous ne doutons point que les catastrophes qu’il

redoutait pour les autres n’aient occupé fortement son esprit. Sa conduite,

du reste, dans toute cette affaire, le prouve suffisamment et est au-dessus de

tout éloge.

 

[11] À l’époque où écrivait le Persan, on comprend très bien qu’il ait pris

tant de précautions contre l’esprit d’incrédulité; aujourd’hui où tout le

monde a pu voir de ces sortes de salles, elles seraient superflues.

[12] Interview de Mohamed-Ali bey, au lendemain de l’entrée des troupes

de Salonique, à Constantinople, par l’envoyé spécial du Matin.

 

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