Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 1/2
Le
Ce chapitre est long, il est donc découpé en 3 parties.
LIVRE COMMODE
CONTENANT
les Adresses de la Ville de Paris et le Trésor des Almanachs
POUR L’ANNÉE 1692.
AFFAIRES ECCLÉSIASTIQUES.
Monseigneur l’Archevêque de Paris donne Audience aux particuliers dans les appartemens de l’Archeveché, près Notre-Dame, le matin à onze heures quand il est à Paris. C’est au même lieu qu’on s’adresse à Monsieur de Morange pour impetrer les dispenses et autres grâces Ecclésiastiques qui emanent de mondit Seigneur.
Monsieur Ameline Grand Archidiacre, et M. de la Baude Archidiacre de Brie, demeurent au Cloître.
Messieurs les Abbez Daquin[1] et de Bourlemont Agens du Clergé, demeurent; sçavoir, le premier au Jardin du Roi[2], et le deuxième ruë d’Enfer près les Chartreux.
[1] C’étoit le frère du médecin du roi, qui lui avoit donné, en avril
1688, l’abbaye de Saint-Laurent (Journal de Dangeau, t. II, p.
130).
[2] C’est comme frère du premier médecin que l’abbé Daquin y logeoit,
la surintendance du Jardin royal étant encore, pour la plus grande
part, dans les attributions du premier médecin du Roi.
Monsieur de Bouquenet Doien de Notre Dame, à qui l’on s’adresse pour les affaires du Chapitre, demeure dans le Cloître, et tient Chapitre les Lundis, Mercredis et les Vendredis.
M. Chéron Official de Paris, à qui l’on s’adresse pour obtenir permission de publier Monitoire[3], demeure ruë du petit Musc près l’Arsenal. On le trouve aussi bien souvent à la maison de Pincourt rue des Amandiers Fauxbourg saint Antoine[4].
[3] Ordonnances de l’autorité ecclésiastique, avec menace
d’excommunication, ayant pour objet d’obliger ceux qui avoient
connoissance d’un crime de déclarer ce qu’ils en pouvoient savoir.
[4] «Monsieur l’Official de Paris qui connoît des fonctions et actions
bénéficiales, demeure rue du Petit-Musc et est souvent à Pincourt,
où il a une maison de bon air.» Edit. 1691, p. 5.
Il tient son Audience en la premiere cour de l’Archeveché, le Mercredi, et le Samedi à midi, où l’on porte toutes les Causes concernant les fonctions Curiales et les Accessoires; et par conséquent les questions matrimoniales, la Morale des Prêtres[5], etc.
[5] L’Official, en effet, connoissoit de toutes ces choses. C’est lui,
par exemple, qui légitimoit par mariage les unions qui n’avoient pas
jusque là été régulières. Celle du perruquier Lamour et d’Anne, sa
perruquière, avoient longtemps été du nombre, ainsi que Boileau nous
l’apprend au chant Ier du Lutrin:
… ce couple charmant
S’unit, dit-on, longtemps avant le sacrement,
Mais depuis trois moissons à leur saint assemblage
L’Official a joint le nom de mariage,
L’officialité de Paris, abolie par la Révolution, fut rétablie par
Napoléon, pour qu’on y statuât sur son divorce.
M. Coignet Promoteur de cette jurisdiction, qui conclud pour la manutention des Canons et Discipline Ecclésiastique, est Curé de la Paroisse de S. Roch.
M. Robert Grand Pénitencier qui absout les cas reservez[6], confesse presque tous les matins et quelquefois l’apresdiné.
[6] Il auroit pu, si l’on en croit la chronique, garder pour lui-même
beaucoup des pénitences qu’il distribuoit. Sa vie n’étoit pas des
plus édifiantes. L’abbé Legendre, Mémoires, p. 59, se contente de
dire qu’il avoit «des talents, autant pour le monde que pour sa
profession.» Les chansons en disoient plus. V. le _Recueil de
Maurepas_, t. XXV, p. 363. Il avoit une pension de mille francs
«pour écrire l’histoire de ce que Louis XIV avoit fait en faveur de
la religion.» Il n’en écrivit pas un mot. (Legendre, Mém., p. 99.)
Ajoutons toutefois que Nicole, qui étoit de Chartres comme lui, le
tenoit en grande estime. (Goujet, Vie de Nicole, 1re part., p. 16,
et 2e part., p. 130, 144.)
M. Le Chantre de la même Eglise[7], à la nomination duquel sont tous les Maitres et toutes les Maitresses des petites Ecoles de Paris, et qui connoit des causes concernant cette profession[8], demeure aussi dans le Cloître, où il tient son Audience le Jeudi à trois heures de relevée.
[7] Ce chantre n’étoit pas moins que le célèbre Claude Joly, dont nous
trouvons un si bel éloge dans le Valesiana, p. 39. Il avoit été, à
Munster, le conseiller intime du duc de Longueville pour les
négociations du traité. Après la Fronde, où il fut des plus hostiles
à Mazarin, il devint official de l’Église de Paris, puis, ce que
nous le voyons ici, grand chantre. Il ne mourut que le 19 janvier
1700, à quatre-vingt-treize ans, des suites d’une chute. V. le
Mercure de France à cette date, p. 276.
[8] Il leur avoit consacré tout un livre en trois parties: _Traité
historique des Ecoles épiscopales_ par Claude Joly. Paris, Muguet,
1678, in-12. Il eut, à leur sujet, bien des contestations avec
l’Université, et aussi avec les curés de Paris qui n’acceptoient pas
que le droit des Ecoles de Grammaire appartînt seulement à MM. du
Chapitre et au grand chantre, comme ceux-ci le prétendoient. On peut
lire dans l’excellente édition, donnée par M. Cocheris, de
l’_Histoire du Diocèse de Paris_, de l’abbé Lebeuf, t. I, p. 43-44,
le détail des factums qui furent échangés entre les deux partis.
Messieurs Jousse et Moussinot au Parvis. M. Marais ruë Cocatrice, et M. Chevalier ruë saint Pierre aux bœufs, sont les quatre Marguillers Laics de l’Eglise de Paris.
Les Procureurs de l’Officialité et les Notaires Apostoliques chez qui on peut passer tous actes recevables en Cour de Rome, sont tous établis ruë Neuve, Cloître et Parvis Notre Dame.
Les douze Banquiers Expeditionnaires en Cour de Rome, par l’entremise desquels on obtient toutes les Bulles et Expéditions du saint Siége, à peine de nullité et d’amende[9], sont:
[9] Ils étoient conseillers du roi, et faisoient leurs expéditions par
courriers, non-seulement pour la Cour de Rome, mais pour les
légations. Ils eurent leur chapitre spécial dans l’_Almanach royal_,
dès la première année, 1699. Leur création datoit du mois de mars
1673.
Messieurs
Du Bourgt, ruë Bailleul.
De la Nouë, ruë de la Harpe.
Le Pelletier, ruë saint Severin[10].
[10] Jacques Le Pelletier. En 1702, il étoit doyen des banquiers
expéditionnaires, et s’étoit rapproché de Notre-Dame; il logeoit rue
Saint-Christophe. (_Alman. royal_, 1702, p. 75.)
Daquinet, Parvis Notre Dame.
Noyer, ruë de la Licorne.
Ruelle, ruë des Prouvaires.
Le Roy, ruë Bardubec.
Chubuté, ruë des Prêtres saint Germn l’Auxerrois[11].
[11] Son nom, défiguré ici, était Chubéré (Jean-Pierre). _Alman.
royal_, 1702, p. 75.
Le Zineau, ruë des Massons[12].
[12] Laurent Lezineau. (Id.)
Antoine, ruë saint Christophle.
Beaudet de Beaumont, ruë saint André.
Le Maine, ruë Hautefeuille[13].
[13] Au lieu de douze banquiers-expéditionnaires, il devroit y en
avoir vingt ici. Un édit du mois de septembre de l’année précédente,
1691, avoit, en effet, rétabli définitivement les huit offices
héréditaires créés au mois de décembre 1689, et supprimés le mois
suivant.
On trouve des instructions très importantes sur l’obtention et sur le dénombrement des Benefices de France, dans les livres que M. Le Pelletier a composés, et qu’il vend chez luy[14], et encore dans quelques autres que Michallet a imprimés, ruë saint Jacques à l’Image saint Paul.
[14] «M. Pelletier, banquier expéditionnaire en cour de Rome, qui
demeure rue et devant Saint Séverin, est auteur de deux livres très
instructifs sur l’obtention et le dénombrement des bénéfices.» Edit.
1691, p. 5.
Le Sieur François Muguet[15] seul Imprimeur de l’Archeveché pour les Mandemens, Monitoires, Jubilez, Catéchismes, etc., demeure rue de la Harpe.
[15] Nous avons vu plus haut que c’est lui qui avoit publié en 1673 le
Traité de Claude Joly sur les écoles épiscopales.
Les Brefs à l’usage de Rome, se vendent chez la Veuve Coignard, rue Saint Jacques[16].
[16] «Chez Jean-Baptiste Coignard, rue Saint-Jacques, _à la Bible
d’or_.» Edit. 1691, p. 4. «Le bref de Paris se vend chez la veuve
Cramoisy, même rue, aux Cigognes.» Ibid.—La Bible d’or
devint, au siècle suivant, l’enseigne des Didot, et les Cigognes
celle des Barbou, puis des Delalain.
Les usages Romains, à scavoir Breviaires, Diurnaux, Missels, Rituels, Processionnels, Antiphonètes, Graduels etc. se trouvent chez presque tous les Libraires de la rue S. Jacques, et particulièrement chez la Veuve Coignard, et chez les Sieurs de La Caille[17], Josse et Hérissant.
[17] Jean de la Caille. Sa boutique étoit rue Saint-Jacques, à
l’enseigne de la Prudence. C’est à lui qu’on doit l’excellent
ouvrage, devenu rare aujourd’hui, _Histoire de l’Imprimerie et de la
Librairie_, 1689, in-4º. V. ce qu’en dit Chevillier, _l’Origine de
l’Imprimerie de Paris_, 1694, in-4º, p. 58.
Les Livres de l’Office Divin à l’usage du Diocèse de Paris, se vendent chez les sieurs Josse et Léonard, ruë Saint Jacques[18].
[18] «Les heures et autres livres de piété généralement compris sous
le titre d’usages, se vendent chez différents libraires rue Neuve
Notre-Dame, Quay de Gesvre et Pont au Change.» Edit. 1691, p. 4.
M. Mariochaud Avocat en Parlement et Bailly de la Justice Nostre-Dame, demeure dans le Cloître.
M. Chevalier qui est Procureur Fiscal de cette Justice, demeure ruë saint Pierre aux bœufs.
M. Savin qui en est Greffier, demeure derrière Saint Denis de la Chartre.
M. Des Combes Greffier de l’Officialité, demeure rue de la Draperie.
M. Taupinard Bailly de la Temporalité[19] et qui tient son Audiance le Lundy et le Jeudy à midy, demeure rue Galande.
[19] C’est ce qu’on appeloit aussi Bailliage de la duché-pairie de
l’Archevêché de Paris. On y connoissoit des appellations de
sentences rendues en matière civile par les officiers de justice sur
les domaines de l’archevêché. Un bailli, un procureur fiscal et un
greffier étoient attachés à cette juridiction.
M. Le Comte son Greffier, demeure rue des Noyers.
EXERCICES DE PIÉTÉ.
Le Roi à qui Dieu a concédé le pouvoir de guérir par un simple attouchement les malades atteints des Ecrouelles, a la bonté de toucher tous ceux qui ont été visitez par M. le premier Chirurgien de Sa Majesté, la veille de Paques, de la Pentecoste, de la Toussaints, et de Noël, après avoir fait ses dévotions[1], et de leur faire ensuite distribuer à chacun quinze sols par forme d’aumone, à cause dequoi Monseigneur le Grand Aumonier de France est toujours présent à la Céremonie.
[1] Pour plus de détails, on peut lire l’Etat de France de 1692, t.
I, p. 238. Le nombre des scrofuleux que le roi touchoit était
quelquefois très-considérable. Nous lisons, par exemple dans le
Journal de Dangeau, sous la date du 21 avril 1685, c’est-à-dire à
l’époque de Pâques, une de celles où, comme on le voit ici, cette
cérémonie revenoit tous les ans: «Le roi fit son bonjour (ses
pâques) à la paroisse entre les mains du cardinal de Bouillon, et
toucha ensuite treize cents malades.»
Le Roi pratique aussi chaque année le Jeudi Saint, une action digne de sa singulière Piété; car après le Service, l’Absoute et la Prédication, Sa Majesté accompagnée de tous les Seigneurs de sa Cour, lave les pieds à treize pauvres enfans, revetus d’une longue Robe de ratine rouge ayant une serviette au col qui s’estend jusqu’à leurs pieds[2], à chacun desquels elle distribue ensuite par les mains de Monseigneur le Grand Aumonier de France, treize plats de bois garnis de poissons chacun avec la figure de l’un des Apostres, un pot de vin, deux Aulnes de toile, et treize écus blancs dans une bource à treize pendans, ce qui est mis dans une manne et donné ensemble à chacune des Mères de ces enfans[3].
[2] L’Etat de France de 1692 contient aussi, à ce sujet,
d’intéressants détails, t. I, p. 20, 70, 120, 387.
[3] Ce que Blégny devroit ajouter, c’est que les princes prenoient
part à cette cérémonie de la Cène, comme on l’appeloit, et y
servoient: «Le roi, écrit Dangeau, à la date du Jeudi Saint, 7 avril
1689, entendit le sermon de l’abbé Roquette, qui prêcha à merveille;
ensuite le Roi fit la cérémonie de laver les pieds des pauvres.
Monseigneur le duc de Bourgogne servit à la cène pour la première
fois. Monseigneur—c’est le Dauphin—communia à la paroisse, et puis
revint servir à la cène.»
Le même jour Monseigneur l’Archeveque de Paris, fait aussi la Sêne dans la grande salle de l’Archeveché, où il lave pareillement les pieds à douze pauvres, à chacun desquels il distribue trois plats de bois garnis de poissons, un pain, un pinte de vin et un écu blanc.
M. De Pelisson Fontanier Maitre des Requestes logé dans la maison Abbatialle de Saint Germain des Prez[4], distribue par ordre du Roy, une infinité d’Aumones et de pensions considérables aux Nouveaux Convertis[5].
[4] Il y logeoit comme administrateur de l’économat de l’abbaye,
charge qu’il occupa durant quinze ans. (Marcou, _Pellisson, Etudes
sur sa vie et ses œuvres_, 1859, in-8, p. 331.)
[5] Il ne s’y épargnoit pas, en effet, en bon converti qu’il étoit
lui-même. Ces aumônes faisoient, au reste, partie de ses fonctions:
en même temps que l’économat de Saint-Germain des Prés, il
administroit la caisse des conversions créée en novembre 1676.
(Id., p. 342.)
Mesdames de Guise[6], de Créqui et de la Trémoüille[7] qui sont Directrices de la Charité de la Paroisse S. Sulpice, font d’ailleurs de grandes aumosnes aux pauvres honteux.
[6] C’est en souvenir de son père Gaston d’Orléans, et du palais du
Luxembourg, où elle étoit née de son second mariage, que la duchesse
de Guise étoit restée une des grandes aumônières de la paroisse
Saint-Sulpice. Sa résidence étoit alors, en effet, bien loin de là,
au Marais, dans l’Hôtel occupé aujourd’hui par les Archives.
[7] Mesdames de Créquy et de la Trémoille étoient la mère et la fille.
Mme de la Trémoille mourut la première, au mois d’août 1711.
Autant en font Mesdemoiselles de la Moïgnon[8] rue de Taranne, et l’Eschassier[9] derrière la même Eglise.
[8] Elle avoit, pour les œuvres de charité, succédé à sa mère la
présidente, qu’on y avoit vue si active pendant la Fronde. (Feillet,
Misère au temps de la Fronde, 1862, in-8, p. 231.) Elle avoit
contribué surtout à l’œuvre des prisons, dont elle fut une des
premières trésorières. (_Etat ou tableau de la Ville de Paris_,
1760, in-8, p. 72.) C’étoit une des œuvres où les dévots, comme
Tartuffe, s’entremettoient le plus volontiers, surtout par leurs
fréquentes visites. (_Athenæum_, t. II, p. 565.)
[9] Elle étoit sœur de l’avocat du roi, que nous trouverons plus loin.
Il y a paraillement dans toutes les Parroisses de Paris des Communautez de Dames Pieuses[10], qui font assister les pauvres malades honteux d’Alimens, de Remèdes, et d’Opérations Chirurgicales, et qui font même instruire des orphelins de l’un et de l’autre sexe.
[10] «Sous la direction des quelles il y a des médecins, des
chirurgiens et des sœurs grises.» Edit. 1691, p. 3.
Quelques unes de ces Dames pratiquent encore la charité avec un zèle exemplaire, pour la délivrance des pauvres prisonniers retenus pour dettes[11]. Celles là sont connuës de tous les Concierges et Geolliers des Prisons, à qui on peut s’adresser pour en avoir les addresses[12].
[11] V. l’avant-dernière note.
[12] «On apprendra les noms et demeures de ces Dames redemptrices,
dans les geolles mêmes des prisons, et entre autres en celle de la
Conciergerie du Palais, où l’on trouve la dame Bourcier, femme du
concierge, de qui elles sont très-bien connues.» Edit. 1691, p. 4.
Les Pauvres Prisonniers du Châtelet, et du Fort l’Evêque, peuvent impetrer avec succez le secours de Madame Lieve Tresoriere de la Charité de Saint Germain de Lauxerrois qui demeure dans le Cloître.
Madame de Miramion[13] Institutrice et Supérieure de la Congrégation des Filles de Sainte Geneviève établie sur le Quay de la Tournelle[14], a toujours la même application aux œuvres pieuses et charitables; et particulierement en faveur des pauvres Malades qu’elle fait assister dans tous leurs besoins.
[13] Marie Bonneau, veuve de Jean-Jacques de Beauharnois, seigneur de
la terre de Miramion, à une lieue d’Orléans. S’étant vouée aux
œuvres pieuses, dès qu’elle fut veuve, l’année même qui suivit son
mariage, et après que Bussy eût tenté de l’enlever, elle fonda la
Maison du Refuge pour les filles qu’on arrachoit de force à la
débauche, et celle de Sainte Pélagie, pour les repentantes, qui
s’en retiroient volontairement. Sa dernière fondation fut la
Congrégation dont il est parlé ici. Ce ne fut d’abord, en 1661,
qu’une Communauté de douze filles pieuses, destinées à tenir les
petites écoles, panser les blessés, assister les malades. Son
premier nom fut la Sainte Famille, puis elle prit celui de _Sainte
Geneviève_ qu’elle a ici, quand on l’eut réunie à une autre
communauté ainsi nommée, et dont le but étoit le même. Mme de
Miramion en fut la supérieure jusqu’à sa mort, le 24 mars 1696.
[14] On l’appela aussi, jusqu’à la Révolution, Quai des Miramionnes,
à cause des saintes filles que dirigeoit Mme de Miramion. L’hôtel,
dont elle avoit fait pour elles un couvent, est aujourd’hui la
Pharmacie centrale des hôpitaux civils. Celui de sa fille, mariée au
maître des requêtes, Guillaume de Nesmond, est auprès, avec son
marbre à lettres d’or audessus de la porte: «Hotel ci-devant de
Nesmond.»
Madame de Poncarré[15] occupée du même zèle, demeure ruë Neuve Saint Mederic.
[15] Femme du maître des requêtes, nommé en 1703 premier président à
Rouen.
Les Revérends Pères Celestins font distribuer tous les jours du pain, à tous les pauvres qui se présentent à leur porte à huit heures du matin, à deux, et à six heures de relevée.
Les Revérends Pères de Saint Lazare, donnent tous les jours à disné à vingt quatre pauvres.
Les Révérends Pères Chartreux, donnent à disné tous les Vendredis à un grand nombre de pauvres honteux.
Les Reverends Pères de l’Oratoire de l’Enfant Jésus ruë d’Enfer, donnent aux pauvres la déserte[16] de leur table.
[16] Lisez «desserte.»
On donne à disné tous les Dimanche à douze pauvres honteux au Jardin Médicinal de Pincourt, Fauxbourg Saint Antoine[17].
[17] «Où ils sont servis par Monsieur le Directeur.» Edit. 1691, p. 4.
C’étoient, y est-il dit aussi, «les médecins de la Société Royale»
qui donnoient le dîner.
L’_Almanach Spirituel_ qui marque toutes solemnitez des Eglises de Paris, les jours et la condition des Indulgences, se vend rue Saint Jacques chez George Josse[18] à la Couronne d’Epine.
[18] Un des plus vieux libraires du quartier Saint-Jacques. De 1659 à
1661, il avoit été syndic.
Tous les Dimanches après Vespres M. l’Abbé Galliot sous Pénitencier de Paris, tient une conférence publique de Controverse en la Chapelle du Collége des Lombards ruë des Carmes.
FINANCES ROYALES.
Chef du Conseil Royal des Finances.
M. De Beauvilliers, ruë Sainte Avoye[1].
[1] Paul, comte de Saint Aignan, puis duc de Beauvilliers, gouverneur
du duc de Bourgogne. Il étoit chef du Conseil des finances, depuis
1685, et le roi l’avoit fait ministre d’état en 1691. Il habitoit
rue Sainte-Avoie, englobée aujourd’hui, comme on sait, dans la rue
Vieille-du-Temple, l’Hôtel d’Avaux, qui prit à cause de lui le nom
d’_Hôtel Saint Aignan_, inscrit encore audessus de la haute porte,
seule partie qui en soit restée à peu près intacte.
Contrôleur Général des Finances.
M. de Ponchartrain[2], au bout de la ruë Vivienne devant les Filles Saint Thomas[3].
[2] Louis Phelippeaux de Pontchartrain fut dix ans, de 1689 à 1699,
contrôleur général des finances. Il fut ensuite chancelier de 1699 à
1704. M. de Maurepas, ministre sous Louis XVI, étoit son petit-fils.
[3] L’année précédente, il logeoit dans un tout autre quartier: «M. de
Pontchartrain a son hôtel à Paris, près les Carmes dechaussez du
faubourg Saint-Germain.» Edit. de 1691, p. 5.
Intendans des Finances.
M. De Breteuil, ruë du grand Chantier[4].
[4] François le Tonnelier de Breteuil, d’abord conseiller au
Parlement, puis intendant en Picardie et en Flandre, et enfin, en
janvier 1684, intendant des finances et conseiller d’État.
M. Le Pelletier, ruë Couture Sainte Catherine[5].
[5] Michel Le Pelletier de Souzy, qui, après avoir été conseiller au
Parlement, et successivement intendant de Franche-Comté et de
Flandre, s’étoit trouvé en passe de devenir contrôleur général à la
place de son frère. C’est celui-ci qui lui fit préférer
Pontchartrain, «par un motif rare de conscience», dit Saint-Simon
dans une note sur Dangeau, mais par pure jalousie, suivant
nous.—Son hôtel de la rue Culture est occupé aujourd’hui par la
pension Jauffret.
M. De Caumartin, ruë Sainte Avoye[6].
[6] L. Lefèvre de Caumartin, marquis de Saint-Ange, fut intendant des
finances de 1690 à 1715, après avoir été conseiller au Parlement et
maître des requêtes. M. de Caumartin, prévôt des marchands de 1778 à
1784, qui donna son nom à l’une des rues de la Chausséed’Antin,
étoit son petit-fils.
M. Du Buisson, ruë Simon le Franc[7].
[7] Beau-frère de Sonning, qui, beaucoup plus connu que lui,—nous en
parlerons plus loin,—avoit aidé à sa fortune.
M. De Chamillart, à la Place Roiale[8].
[8] «Rue des Bernardins.» Edit. 1691, p. 6.—C’est Michel de
Chamillard, qui, après avoir été maître des requêtes, intendant à
Rouen, puis, en 1690, intendant des finances, eut une fortune si
haute, lorsque de cette dernière charge, étant passé, en 1699, à
celle de contrôleur général, qu’il garda jusqu’en 1707, il finit par
devenir alors ministre de la guerre.
M. Darmenonville, vieille ruë du Temple[9].
[9] Il devint plus tard directeur des finances. Il avoit de
très-grands biens, entre autres Rambouillet, qu’il échangea avec le
roi, pour qu’il y mît un haras, et la Muette qu’il vendit à Mme de
Berry, fille du Régent. La direction des finances, dont il étoit
titulaire, ayant été supprimée, il eut une pension de douze mille
livres, et en attendant qu’on le fît secrétaire d’Etat des affaires
étrangères, la charge, créée exprès pour lui, de capitaine du bois
de Boulogne. Il y fit bâtir le pavillon, qui s’appelle encore à
cause de lui «pavillon d’Armenonville.»
Gardes du Trésor Royal.
M. De Frémont, ruë Neuve Saint Augustin[10].
[10] Avant d’être, à partir de 1689, garde du Trésor royal, il avoit
été dans les finances, et s’y étoit souvent empêtré, notamment en
1682, où l’on avoit dû nommer deux commissaires pour l’examen de ses
affaires, et mettre garnison chez lui. Il ne s’en étoit tiré que
moyennant quatre millions. (V. aux Mss. de la Biblioth. Nat.,
Lettres hist. et anecdot., 10 et 17 avril et 8 may 1682.) Le
maréchal de Lorges, que sa fille Geneviève avoit épousé en 1676,
l’avoit beaucoup aidé dans ce mauvais pas. Saint-Simon épousa l’une
des filles nées de ce mariage, quoique le grand-père fût, comme
ancien traitant, de la classe des gens que son orgueil de duc avoit
le plus en mépris.—L’hôtel de la rue Neuve-Saint-Augustin, où nous
voyons ici Frémont, devint, après lui, la propriété de son gendre,
M. de Lorges. Il fut acheté ensuite par la princesse de Conti. C’est
sur son emplacement que fut percée en 1777 la rue à laquelle le
prévôt des marchands, M. de La Michodière, a laissé son nom.
M. Brunet, ruë des Francs Bourgeois[11].
[11] Brunet de Chailly, frère de Brunet de Rancy, et de Brunet de
Montferrand, auquel il succéda comme président des Comptes, après
avoir vendu à la fin de mai 1696, sa charge de garde du Trésor,
moyennant un million à M. de Turmenies. Il y a dans les poésies de
P. Du Cerceau, t. I, p. 38-41, de jolis vers à sa femme.
Fermiers Généraux des Domaines, cinq Grosses Fermes, et Domaine d’Occident comme cautions de M. Pierre Domergue preneur[12].
[12] Ce Pierre Domergue était le prête-nom, l’homme de paille de
Berthelot, qui, en mars 1687, avoit pris pour trente-six millions le
bail des Gabelles et des Cinq grosses fermes. Ce bail succédoit à
celui de Jean Fauconnet, dont on sait le nom par La Bruyère, qui
appelle «les Fauconnet» ceux qui, comme Berthelot et consorts pour
Domergue, lui servoient de caution. Ces prête-noms, seuls
contractants officiels, avec la responsabilité de la prise de corps,
étoient de pauvres diables, qu’on payoit de leurs risques par une
pension de deux ou trois mille livres. Monteil avoit vu une de leurs
quittances d’appointements.
M. Brunet, ruë des Francs-Bourgeois[13].
[13] Un des frères de Brunet de Chailly, dont il a été parlé dans
l’avant-dernière note.
M. Pelissier, ruë du Boulloy[14].
[14] Avant celui-ci, dans l’Edit. précédente, p. 6, se trouve: «Colin,
rue Saint-Martin.»
M. de Reaupalu, ruë Vivienne.
Mrs Arnaud, et de Blaine[15], ruë Neuve saint Augustin.
[15] Melchior de Blair, et non de Blaine, étoit un simple intéressé
aux fermes qui avoit, comme tel, eu des missions en 1689 et 1691,
dans la Picardie et la Bretagne. En 1716 il fut mis à la taxe par la
Chambre de justice pour 240,000 livres.
M. Remond, ruë de la Verrerie[16].
[16] Remond de la Renouillère. Il fut taxé, en 1716, à 437,000 livres.
Mrs de Furgis[17] Hocquart, et Doüilli, ruë des fossez Montmartre.
[17] «Turgis.» Edit. 1691, p. 6. C’est le vrai nom. Sa femme, Marie de
Maupeou, étoit cousine de Mme de Pontchartrain.
Mrs Granval[18], de Lagni[19] et Corneri[20], ruë de Richelieu.
[18] Charles de Poirel de Grandval. En outre de son intérêt dans les
fermes, il avoit une charge de munitionnaire de la marine.
[19] J.-B. de Lagny. Il fut directeur général du commerce en 1694.
[20] «De Cormery.» Edit. 1691, p. 6. C’est le nom véritable. Louis
Bauyn de Cormery devint fermier général à Lyon en 1694.
Mrs Hotman[21], et l’Huillier, ruë Sainte Anne.
[21] Il avoit été en 1689 directeur des fermes à Rouen, et c’est lui
qui, en 1682, avoit dû avec un autre commissaire faire cet examen
des affaires de Frémont, dont il a été parlé plus haut.
M. Ricoult, vieille ruë du Temple.
M. de Saint Amant, ruë Vieilles Audriettes.
M. Berthelot l’ainé à l’Arsenal[22].
[22] C’est lui, comme il a été dit dans une note précédente, qui étoit
le véritable preneur de ce bail des fermes, sous le nom de Domergue.
Il y avoit eu l’agrément complet du roi, et plus même: «depuis ce
traité fait, écrit Dangeau, le 7 mars 1687, le roi a donné à
Berthelot, la valeur de plus de 500,000 livres, et a dit qu’il le
choisissoit comme l’homme d’affaires le plus capable de faire les
recouvrements sans tourmenter les peuples.» Il avoit été fermier
général en Flandre sous Colbert, puis munitionnaire des guerres, ce
qui lui avoit valu le logement que nous lui voyons ici à l’Arsenal
et, par suite, le surnom de «Berthelot des poudres.» Sa fille épousa
le baron de Beauvais, fils de cette Beauvais la borgnesse qui
passoit pour avoir déniaisé Louis XIV, et dont l’hôtel fait, comme
disoit Brienne, avec des pierres du Louvre, existe encore rue
Saint-Antoine, nº 64.
M. Berthelot de Belley[23], ruë Plastrière.
[23] Frère du précédent, mêlé à ses affaires, mais moins riche.
M. le Jariel, ruë Verderet.
M. Brunet de Vauge, vieille ruë du Temple[24].
[24] De cette famille des Brunet que nous connaissons déjà, et qui
formoit dans le quartier du Temple une vraie tribu de financiers.
M. Baugier[25], ruë Sainte-Croix de la Bretonnerie.
[25] Edme Baugier, qui avoit été longtemps intéressé dans les fermes
en Bourgogne.
M. Valier[26], ruë Beaubourg.
[26] Guillaume Vallier, qui, avant d’être fermier général, avoit été
greffier du Conseil privé et contrôleur du parlement de Metz.
M. le Juge, ruë du grand Chantier[27].
[27] Sa maison, bâtie par de Cotte, étoit des plus belles, avec ses
bas-reliefs de Coysevox, son magnifique jardin, etc. V. G. Brice,
édit. 1701, t. I, p. 266.
M. Germain, ruë des Victoires[28].
[28] Jean Germain fut secrétaire du roi en même temps que fermier
général, après avoir été dans les fermes à La Rochelle.
M. de Courchant, cloître Saint Mederic[29].
[29] C’est lui, suivant les Clés, que La Bruyère dénonce dans le
chapitre des Biens de fortune, § 16, comme s’étant démesurément
engraissé «dans le huitième denier: quelle monstrueuse fortune,
dit-il, en moins de six années!»
M. le Tellier, ruë Neuve Saint Eustache[30].
[30] P. Le Tellier, qui, en 1687, n’étoit que sous-fermier en
Champagne.
M. le Normand, ruë de Torigni[31].
[31] Il étoit secrétaire du Roi, et avoit été d’abord fermier général
en Flandre. Son fils, le Normand de Tournehem, fut aussi fermier
général, puis, en 1745, directeur-ordonnateur des bâtiments. Il eut
pour neveu et héritier le Normand d’Etioles, mari de Mme de
Pompadour.
M. Boulanger, ruë Neuve des Bons Enfans[32].
[32] Charles Boulanger, qui avoit été, en 1689, receveur général en
Flandre.
M. Hénault, ruë du Boulloy[33].
[33] Jean-Remi Henault, père du président si célèbre, selon Voltaire,
par ses soupers et sa Chronologie. Il avoit, suivant son fils
(Mémoires, p. 4), toute la confiance de Pontchartrain. Il n’eut
pas moins celle de Chamillard, qui lui abandonna le détail des
Fermes, et l’auroit fait, pour peu qu’il y eût consenti, secrétaire
d’Etat de la Guerre. Ce que le président n’ajoute pas, c’est que
sous la Régence, son père avoit des comptes à rendre. La taxe alloit
le frapper quand il la devança, en faisant la part du feu. Il avoua
2,500,000 francs de biens, plus 500,000 donnés à son fils et
pareille somme à sa fille, Mme de Jonsac. En abandonnant un million,
au lieu de 1,250,000 livres qu’on vouloit d’abord, il fut tenu
quitte, avec le profit de passer pour fort habile, grâce à ses
propositions faites d’avance. (_Journ. de Dangeau_, 6 octobre et 5
décembre 1716.)
Fermiers Généraux des Aydes et Domaines de France et Droits y joints, comme cautions de M. Christophle Charrier[34] preneur.
[34] «Charriere.» Edit. de 1691, p. 7. C’est le vrai nom. Le bail des
aides et domaines, fait en même temps que celui de Domergue, dont
nous avons parlé plus haut, ayoit été adjugé moyennant vingt-sept
millions: pour les aides, vingt-et-un; pour les domaines, six.
M. Logeois, ruë de l’Université[35] à Saint-Germain des Prez.
[35] «Rue Jacob.» Ibid.—Il étoit fils du receveur des consignations
du Châtelet, ce qui ne l’empêcha pas de se faire appeler M.
d’Imbercourt, quand il eut acheté la seigneurie de ce nom. Sa fille,
mariée d’abord au riche traitant La Popelinière, épousa en secondes
noces le maréchal de Tourville, à qui elle apporta, en outre de ce
que lui avoit laissé son premier mari, 200,000 livres que lui donna
son père. (_Journ. de Dangeau_, 15 janvier 1690.) Laugeois, suivant
les Clés, seroit le Chrysippe de La Bruyère.
M. Dapougni, ruë Bardubec[36].
[36] Un des traitants les plus riches et les plus intraitables. C’est
lui, suivant Richelet (_Recueil de Lettres_, t. I, p. 410, note),
qui harcela le plus vivement Patru pour quelques dettes, et qui
l’eût fait mettre au Châtelet, si Boileau ne l’eût tiré de peine.
M. Robert, ruë Neuve Saint Eustache[37].
[37] Il avoit commencé par être payeur des gages du Châtelet. Il
parvint par l’intendant d’Armenonville, dont Gilbert, son neveu,
fils du riche drapier, à l’enseigne des Rats, étoit le beau-frère.
M. Delpeche, ruë Saint Martin[38].
[38] Encore un traitant parti de fort bas, s’il falloit, d’après _les
Clés_ de La Bruyère, voir en lui le type de ce caractère: «Sosie, de
la livrée a passé par une petite recette à une sous ferme…»
M. Romans, ruë Sainte Croix de la Bretonnerie.
M. Thomé, ruë des fossez Mommartre[39].
[39] Thomé de Lesse, comme l’appellent les auteurs des Clés de La
Bruyère qui veulent voir en lui le type du Caractère: «un homme
d’un petit génie peut vouloir s’avancer, il néglige tout, il ne
pense du matin au soir, il ne rêve la nuit qu’à une seule chose qui
est de s’avancer…»
Mrs Mainon[40] et le Maistre, ruë Beaubourg.
[40] Il étoit alors nouveau dans les affaires. Il s’y poussa davantage
lorsqu’il eut épousé la veuve de Despech que nous trouverons plus
loin.
M. de Mouchi, ruë Jacob[41].
[41] Vincent Maynon. Il resta, jusqu’en 1717, fermier général des
aides, d’où alors il demanda «à être osté», à la seule condition
qu’on lui rembourseroit sa charge. Ce qui fut fait. Il vouloit plus,
la ferme des Tabacs, dont l’an d’après il offrit 2,200,000 livres.
Law eut la préférence. (_Journ. de Dangeau_, 24 avril 1717; 31 août
1718.)
M. Blein, ruë de Cléry.
M. Dumas, ruë Beaubourg.
M. de la Porte, ruë de Braque.
Receveurs Généraux des Finances.
Paris. M. Carel, place Royale.
— M. Sonning, ruë des petits Champs[42].
[42] Beau-frère de l’intendant des finances Dubuisson, dont il a été
parlé plus haut. Il n’étoit pas encore, rue des Petits-Champs,
parvenu à l’énorme fortune dont il étala le luxe dans l’hôtel que
Dulin lui bâtit un peu plus tard rue de Richelieu, près de l’endroit
où avoit été la porte, c’est-à-dire à la hauteur de la rue Feydeau
actuelle. Sa vie, de même qu’à Neuilly, où il avoit une autre belle
maison, y fut des plus galantes, comme on peut le voir par ce qui
est dit de la diversité de ses bonnes fortunes dans les _Partisans
démasqués_, 1707, in-12, p. 189. Il y recevoit aussi beaucoup de
gens d’esprit: Chaulieu, J.-B. Rousseau, l’abbé Courtin, etc. A tous
ces titres, il avoit droit au curieux chapitre que M. G.
Desnoiresterres lui a consacré dans ses Cours galantes, t. III, p.
269. Si l’on connoît un peu sa vie, on ignore complètement quel
étoit son vrai nom, tant l’orthographe en varie suivant les livres.
Dans les uns, il est écrit Sonning, comme ici; dans les autres, tels
que les Partisans démasqués, il est orthographié Sonnen; ailleurs,
c’est Sonnin ou Sonningen. Ce dernier nom, qui feroit supposer une
origine allemande, nous paroît devoir être le vrai. Il étoit, en
1716, devenu caissier général des fermes. Il fut mis à la taxe pour
600,000 livres.
Lion. M. du Pile, ruë de Cléry[43].
[43] Jacques-André Du Pille avoit été receveur des finances à Lyon,
avant de l’être à Paris, puis munitionnaire de l’armée et de la
marine.
— M. Prondre, au petit Hôtel de la Vrillière[44].
[44] Paulin Prondre, d’abord receveur des finances et «traitant» à
Lyon, suivant Dangeau, qui le nomme Prond. Ayant fait une belle
fortune, il voulut, au commencement de la Régence, marier sa fille,
à laquelle il donnoit 200,000 écus de dot, avec le chevalier de
Roye, mais ce mariage manqua pour un autre qui sembloit plus beau,
et qui manqua de même. Mlle Marg.-Pauline Prondre alloit épouser le
marquis de Rochefort, lorsqu’en septembre 1716, la charge de son
père, ses maisons, ses terres furent saisies par la Chambre de
justice. Il fut taxé finalement à 1,900,000 livres. (_Journal de
Dangeau_, 6 et 29 déc. 1715; 9 sept. et 27 nov. 1716.) Sa fille, dès
l’année suivante, n’en épousoit pas moins le comte de Clermont
Tonnerre. V. dans le Journal de Verdun, sept. 1756, p. 240, un
article sur elle, à l’époque de sa mort.—Prondre avoit commencé par
être garçon de boutique à Lyon. (_Correspond. des contrôleurs
généraux_, t. I, p. 279.)
Rouen. M. Aubry, rue des deux portes, quartier S. Sauveur[45].
[45] Il étoit mort au commencement des terribles exécutions de la
Chambre de justice, mais sa succession restoit. Elle figure au 8e
rôle pour 887,000 livres de taxe.
— M. Poulletier, rue Sainte Anne[46].
[46] Il acheta plus tard, pour 800,000 livres, une charge d’intendant
des finances, qu’il voulut se faire rembourser, quand ces charges
furent supprimées en 1716; on lui fit dire qu’il ne seroit pas mis à
la taxe, et qu’il se tînt pour satisfait. C’est ce qu’il fit.
(_Journ. de Dangeau_, 11 nov. 1716.)
Soissons. M. Lallemant, porte Montmartre[47].
[47] Lallemant de Betz, qui fut, lui, mis à la taxe. On lui fit rendre
480,000 livres.
— M. Hubert, rue Sainte Avoye.
Orléans. M. Bachelier, rue de la Corderie, près le Temple.
— M. Desespoisses, près les Enfans Rouges[48].
[48] Charles Vireux des Espoisses. Tout ce que nous savons de lui,
c’est qu’il fut mis à la taxe en 1716, pour 380,000 livres.
Tours. M. de la Tour Rollot, rue de Richelieu.
— M. de Valiere, rue Saint Antoine.
Bourges. M. Héliot, ruë du Mail.
— M. Jannay, ruë des Bernardins[49].
[49] Jean-Etienne Janet. Il étoit mort, en 1716, quand les financiers
durent rendre gorge. On s’en prit à sa veuve, qui paya une taxe de
43,000 livres.
Bordeaux. M. du Jardin Beaussart; ruë de Richelieu.
— M. Crozat, place des Victoires[50].
[50] Antoine Crozat qui devint, suivant le Journal de l’avocat Barbier
(février 1723), «le plus riche particulier de France.» Il avoit
commencé par être caissier de Penautier, que nous trouverons plus
loin, puis traitant à Montpellier, et receveur général des finances
à Bordeaux, comme nous le voyons ici. Il étoit déjà fort riche, et
s’étoit fait, à prix d’argent, marquis Du Châtel, lorsqu’en 1707 il
maria sa fille, qui n’avoit guère que douze ans, au comte d’Evreux.
(_Journ. de Dangeau_, 23 fév. 1707.) La taxe à laquelle il fut mis,
en 1716, ne fut pas moins de 6,600,000 livres. Ses trois fils, qui
firent grande figure, furent Crozat, marquis Du Châtel, le président
de Tugny et le baron de Thiers, un des grands amateurs de son temps.
Poitiers. M. de la Ravoye, ruë d’Anjou au Marais[51].
[51] Il étoit encore, à la fin de l’année précédente, receveur général
de la Rochelle. Sa fille, dont la dot fut de 410,000 livres, argent
comptant, épousa, au mois de janvier 1712, le marquis Du Plessis
Châtillon.
— M. Chambelin, ruë Sainte Anne[52].
[52] Sa veuve, mise à la taxe en 1716, dut rendre 180,000 livres.
Moulins. M. Raymond, ruë des Blancs-Manteaux[53].
[53] Il avait échangé pour celle de Poitiers la recette générale de
Moulins, qu’il avait déjà en 1684.
— M. de la Croix, ruë Saint Antoine.
Riom. M. de Romanet, ruë Sainte Croix de la Bretonnerie[54].
[54] Claude de Romanet, beau-frère de Racine, et mari de l’une des
filles de Vitart, ancien ami du poëte. Il ne se contenta pas, comme
son père, André de Romanet, d’être trésorier de France en quelque
généralité, il se lança dans les plus grosses affaires, où il gagna
une fortune qui le dénonça à la Chambre de justice de nov. 1716. On
peut évaluer ce qu’il possédoit par le chiffre de la taxe à laquelle
on l’imposa: elle fut de 4,453,000 livres. Il la subit sans
sourciller et sans faire attendre. Dangeau annonce le 24 novembre
qu’il est condamné à la payer, et, deux jours après, il ajoute
qu’elle est payée déjà. Il mourut l’année suivante. Son fils épousa
Mlle d’Estrade. (_Journ. de Dangeau_, 24 et 26 nov. 1716; 11 déc.
1717.)
— M. Despech, ruë Saint Martin[55].
[55] Paul Despech. Il était mort en 1716, mais la taxe eut des
reprises sur sa veuve, qui, nous l’avons dit, avoit épousé Mouchi.
Elle dut restituer au trésor 150,000 livres.
Caën. M. Groüin, ruë d’Orléans, au Marais[56].
[56] Pierre Gruyn ou Grouïn. Il étoit depuis longtemps dans les
affaires, où il avoit commencé comme receveur des fortifications. Il
devint garde du Trésor royal, et ne fut pas dans cette charge d’une
aménité rare. Son aventure avec Jean Bart, qui avoit dû venir le
trouver dans ses bureaux de la rue du Grand-Chantier, où il logeoit
alors, et qu’il reçut avec une brutalité qui, d’ailleurs, lui fut
bien rendue, court tous les ana. Une autre du même genre est moins
connue, c’est la scène que lui fit un officier de gendarmerie, qui
alla jusqu’à le maltraiter chez lui. Grouïn se contenta de le faire
mettre à la Conciergerie. (_Journ. de Dangeau_, 10 et 17 avril
1698.) Son vrai nom étoit Desbordes-Grouïn, et il venoit de fort
bas: «jadis garçon de cabaret, dit Guy Patin, fils du maître de _la
Pomme de pin_, il est aujourd’hui grand partisan, et même un des
gabelles.» Plus il fut haut, plus on se souvint d’où il venoit. Sa
nomination de garde du Trésor fut accueillie par cette chanson:
Garde du trésor de la France,
Gruyn quelle est ton insolence!
Connais-tu la Pomme de pin?
C’est là que l’épouse peu fière
D’un maudit frelateur de vin
Te donna jadis la lumière.
— M. Chaillon, ruë des blancs Manteaux.
Allençon. M. Haette, ruë de la Tixeranderie.
— M. de la Marliere, Cloître Saint Mederic.
Metz. M. Chevalier, ruë Neuve Saint Eustache.
— M. Goujon, ruë Neuve des petits champs[57].
[57] C’est, croyons-nous, le même qui fut intendant de Rouen à la
place de Ronjault en 1715.
Picardie. M. Boutin, Cloître Saint Honoré[58].
[58] René Boutin qui n’étoit, quatre ans auparavant, qu’un simple
intéressé dans la ferme du Tabac.
— M…
Montauban. M. Berthelot de Schelles[59], ruë Platrière.
[59] Lisez Berthelot de Séchelles. Après avoir été receveur à
Montauban, il venoit d’être munitionnaire en Italie.
— M. du Jardin, ruë de Richelieu.
Limoges. M. Sandrieu, à l’Hôtel de Lavrillière[60].
[60] J.-B. Sandrier, et non Sandrieu, qui de la recette de Montauban
passa à celle de Limoges, fut secrétaire du Roi.
— M. Deschauffour, ruë des Bons Enfans[61].
[61] Il avoit été directeur des franchises au Mans, et mena si grand
train dans toutes ses charges qu’il mourut misérable. L’un de ses
fils, qui avoit été lieutenant dans le régiment de Tessé, eut une
fin plus triste encore. Convaincu de se livrer au vice infâme, et
pour ainsi dire d’en tenir maison, il fut brûlé vif en Grêve le 24
mai 1726. Comme on crioit son arrêt par les rues, sans oublier le
nom du crime, les filles de Madame la Princesse demandèrent à leur
mère ce qu’étoit ce crime-là. Elle leur répondit: c’est une espèce
de fausse monnoie.
Bourg-en-Bresse. M. Jauranché, ruë Haute Fueille.
Receveurs du don gratuit des Etats.
Flandres. M. Brunet de Revey, ruë des Francs bourgeois.
— M. Berthelot de Belloy, ruë Plâtrière.
Franche-Conté. M. du Rey, ruë du Roi de Sicile.
Bourgogne. M. Chartraire, ruë Saint Antoine.
Languedoc. M. Penautier, ruë[62].
[62] Si son adresse n’est pas donnée, c’est qu’il n’en avoit pas à
Paris. Il étoit toujours en Languedoc, où il mourut à la fin de
juillet 1711. Saint-Simon écrivit alors en marge de la copie qu’il
avoit du Journal de Dangeau, cette note qui résume bien sa vie:
«Penautier étoit devenu de caissier un très-riche financier,
trésorier du clergé et des Etats de Languedoc; homme de beaucoup
d’esprit, bien fait, galant, magnifique et obligeant. Il fut mêlé
dans les affaires de la Brinvilliers et des poisons, et mis en
prison avec grand danger.» Nous avons vu que Crozat commença par
être son caissier.
Trésoriers des Parties Casuelles.
M. Damon, ruë de Cléry.
M. Bertin, ruë Neuve Saint Augustin[63].
[63] Il avoit encore cette charge en 1702, mais plus tard, sa fortune
monta. Le Régent, dès son arrivée au pouvoir, le fit un de ses plus
intimes conseillers en matière de finance. En 1697, il quitta la rue
Neuve-Saint-Augustin pour la rue Saint-Honoré, où il avoit acheté,
pour l’embellir encore, le bel hôtel du doyen des conseillers
d’Etat, Henri Pussort, dont il sera parlé plus loin. V. G. Brice,
Description de Paris, 3e édit., 1701, in-12, p. 125-126.
Trésorier du Marc d’or.
M. Chupin[64], ruë Saint Honoré.
[64] Il étoit mort en 1716; sa veuve fut mise à la taxe, mais pour une
faible somme: 22,500 livres. Son fils, qui se fit appeler Chuppin de
Gouzampré, fut reçu premier président de la Cour des monnoies, le 15
août 1727.
Trésorier du Sceau.
M. Bechet, place des Victoires[65].
[65] Il devint plus tard greffier en chef du Parlement, et mourut à 83
ans, le 24 juillet 1717: «il avoit toujours été fort estimé», dit
Dangeau à cette date. Il étoit fils d’une sœur aînée de Boileau,
qui, par ironie pour les grands airs qu’il se donnoit, l’appelle
souvent dans ses lettres «mon illustre neveu.» Il logea de longues
années chez lui, cour du Palais. Voltaire, dont le père, M. Arouet,
après avoir été notaire, devint, comme «receveur des épices», le
collègue de Dongois, s’est aussi moqué dans son Epître à Boileau
des ridicules de ce neveu, chez qui on l’avoit souvent mené étant
enfant:
Chez ton neveu Dongois je passai mon enfance,
Bon bourgeois, qui se crut un homme d’importance.
Receveur des Amandes du Parlement.
M. Dongois, Cour du Palais[66].
[66] Dans l’_Almanach royal_ de 1702, p. 42, où nous le trouvons à la
même adresse, on ajoute: «chez lequel on retire les lettres, quand
elles sont scellées.»
Receveur des Amandes du Châtelet.
M. de l’Autel, ruë Jean Robert[67].
[67] Simon de l’Autel, qui vivoit encore en 1716, et ne fut mis à la
taxe que pour 6,400 livres.
TRÉSORIERS PAYEURS.
Généraux de l’Extraordinaire des Guerres.
M. de Turmenies, ruë d’Orléans, au Marais[1].
[1] Louvois avoit eu en lui la plus grande confiance, ainsi qu’on le
vit à sa mort: Turmenies déclara alors quinze millions que le
ministre lui avoit donnés en réserve pour l’extraordinaire des
guerres (_Journ. de Dangeau_, 23 août 1691). Nous avons vu plus haut
qu’en 1696, il acheta de Frémont une des charges de gardes du
Trésor. Il la remit en 1702 à son fils Turmenies de Nointel,
intendant du Bourbonnais, maître des requêtes.
M. de la Touanne, ruë Neuve Saint Augustin[2].
[2] Un des hommes de finances, dont la fortune, puis la chute firent
le plus grand bruit. Il se soutint par le crédit de Bontemps, dont,
en 1690, son fils avoit épousé la nièce Mlle Dubois. Il avoit les
plus belles terres, menoit le plus grand train; bref il faisoit
parler de lui partout, même à l’Opéra, où il disputa la célèbre
Fanchon Moreau au Grand Prieur. (_Chansonnier Maurepas_, ms. t. VII,
p. 269.) Sous le ministère de Chamillart, ses affaires et celles de
Saurion, qui étoit alors avec lui à l’Extraordinaire des guerres, se
gâtèrent, et en vinrent à un tel point que Saurion dut avouer au
ministre quatre millions de déficit dans leur caisse. Il fut mis à
la Bastille. On en eût fait autant pour La Touanne, si la maladie,
dont il mourut bientôt, ne l’eût mis hors d’état d’y être
transporté. Le roi confisqua tout ce qu’il avoit, et paya ses
dettes.
Payeurs des Gages du Parlement.
M. Guygou, ruë de Vantadour.
Des Gages du Grand Conseil.
M. Baudoüin, ruë des fossez Montmartre.
M. Biguet, rue Mauconseil.
Des Gages de la Cour des Aydes.
M. Cailly, rue Sainte Croix de la Bretonnerie.
M. Faure, devant les Blancs Manteaux.
Des Gages de la Chambre des Comptes.
M. Henin, ruë Jacob.
M. des Isles, ruë
Des Gages de la Cour des Monnoyes.
M. Poulet, rue des Postes.
M. Mongeot, ruë du Plastre.
M. Guilbert, ruë de la Tixeranderie.
Des Gages du Chastelet.
M. Amelon, rue Barbette.
Des Secretaires du Roy.
M. Raymond, rue des Blancs Manteaux.
M. Baudouyn, rue des fossez Montmartre.
Des Gardes Françoises.
M. Bourret, ruë de Brac.
M. Duvaux, ruë Saint Sauveur.
Des Gardes Suisses.
M. de Chaufourneau, ruë d’Orléans, aux Marais.
M. du Mée, ruë du Mail[3].
[3] Son vrai nom était Du May. Dans la correspondance de Pontchartrain
et de D’Argenson se trouve une curieuse lettre sur la vie
scandaleuse qu’il menoit, quoique marié, avec une fille Grossot,
dont le dévergondage était à ce point éhonté qu’il l’avoit fait
chasser de l’Opéra. V. Clément, La Police sous Louis XIV, p.
451.
Des cent Suisses.
M. Alvarez, rue Thibaut-Thodé[4].
[4] Louis Alvarès, qui se fit plus tard baron de Coursan, étoit un
intrigant bon à tout pour s’enrichir. Nous le trouvons ici trésorier
des Cent-Suisses; plus loin, nous le verrons joaillier de la Cour.
Il étoit en outre banquier, traitant, et fournisseur de la marine.
L’espionnage et la délation étoient aussi son fait. C’est lui qui
fit prendre, selon Foucault (Mémoires, p. 327), Chauvigny, dit La
Bretonnière, qui faisoit le lardon, c’est-à-dire la _Gazette de
Hollande_, et qu’on accusoit d’être l’auteur du Cochon Mîtré (V.
nos Variétés, t. X, p. 327). Foucault fit tirer Chauvigny de la
cage de bois où Louis XIV l’avoit fait enfermer au Mont
Saint-Michel, mais dut le laisser dans la prison même, où il mourut
après vingt ans de captivité.—D’après les dernières découvertes de
M. Jung (_la Vérité sur le Masque de fer_, 1872, in-8, p. 376),
Alvarès pourroit bien avoir été pour quelque chose dans la capture
du prisonnier masqué.
Des Chevaux Légers de la Garde.
M. Poupart, ruë
M. Bourgevin, ruë
M. Rullault, ruë
Des Gens d’Armes de la Garde.
M. Pardé des Mottes, rue du Temple.
RENTES DE L’HOTEL DE VILLE.
La première partie des Rentes assignées sur le Clergé est payée par
Mrs Boileau, vieille ruë du Temple, et Roberge, ruë des Rosiers.
La deuxième le Vendredy, par
Mrs de la Bruyère, ruë des Augustins[1], et Guybert, ruë du Cimetiere S. André.
[1] Louis de La Bruyère, frère cadet de l’auteur des Caractères.
D’abord premier huissier du Parlement, il avoit quitté cette charge
vers 1686, pour celle que nous lui voyons ici. Il mourut, un an
avant son frère, le 12 mai 1695, n’ayant que quarante-sept ans.
(Jal, Dictionn. critique, p. 715.)
La troisième le Jeudy, par
M. le Bœuf, Cloître Notre Dame.
La première partie des Rentes assignées sur les Aydes et Gabelles est payée le Mardy, par
M. Lerelle, ruë du grand Chantier.
La deuxième le Mardy, par
M. Bachelier, ruë de la Corderie.
La troisième le Mercredy, par
M. Desponty, rue Tizon.
La quatrième le Mercredy, par
M. Boiteux, rue de la Cerisaye.
La Cinquième le Jeudy, par
M. Deschamps, près les Minimes.
La Sixième le Mercredy, par
M. le Droit, rue de Grenelle.
La Septième le Vendredy, par
M. Amiot, rue Michel le Comte.
La Huitième le Vendredy, par
M. Fredy, Cloitre Saint Benoist.
La Neuvième le Vendredy, par
M. Routier, rue Geoffroy Lasnier.
La Dixième le Vendredy, par
M. du Noyer, Cul de sac des Blancs Manteaux.
La Onzième le Samedy, par
M. Tissart l’Ainé, rue Saint Sauveur.
La Douzième le Samedy, par
Mrs Le Mesle, rue des Ecrivains, et Issaly, rue des Rats.
La Treizième le Samedy, par
M. Houdiart, ruë Perpignan.
La Quatorzième le Samedy, par
M. Hocart, rue des Fossez Montmartre.
La Quinzième le Jeudy, par
M. Roüalle, rue des Audriettes.
La Seizième le Jeudy, par
M. Tissart le Jeune, rue Saint Sauveur.
La Dix septième le Mercredy, par
Mrs Boureau, rue de la Tisseranderie, et Berger, rue d’Orléans, au Marais.
La Dix huitième le Mardy, par
Mrs Priaux, rue de la Colombe, et Soüet, rue Verderet.
Les douze cens mil livres[2] de l’Edit du mois de Novembre 1689 sont payez par
[2] Dangeau (Journal, 1er déc. 1689) dit 1,400,000 livres, ce qui
est le vrai chiffre. Il ajoute que cette somme étoit constituée en
rentes viagères sur l’Hôtel de Ville, «acquises suivant les
différents âges, avec accroissement de l’intérêt des mourants sur
les survivants.» C’étoit la réalisation de la Tontine, proposée
plus de trente ans auparavant par l’italien Tonti, de qui venoit son
nom. (Isambert, Anciennes lois françoises, t. XX, p. 87.) La somme
affectée aux intérêts, en principal, devoit être prise sur les
droits d’aides et gabelles, et sur les cinq grosses fermes,
«spécialement hypothéquées, disoit l’édit, au payement desdites
rentes, même par préférence à la partie de notre Trésor royal.»
Cette tontine eut un très-grand succès: «J’aurois, écrivoit
l’intendant du Berry, Seraucourt, au Contrôleur général, à l’époque
où le projet en fut émis, j’aurois peine à vous expliquer
l’applaudissement qu’on lui donne dans toute cette province, tant
pour l’invention (chacun présumant qu’il vivra plus que les autres,
et espérant par-là parvenir à une grande fortune) que par la
sagesse, avec laquelle tous les cas qui peuvent tomber dans
l’imagination ont été prévus.» (Boislisle, _Correspond. des
contrôleurs généraux_, in-4º, p. 211.)
Mrs de Bellecour, rue des Victoires, Berger le Jeune, rue de Poictou au Marais, et Boucher, ruë Plastrière.
La Tontine ou Rentes Viagères sont payées par
M. Durand, à l’Hôtel d’Albret, rue des Francs Bourgeois.
Les Syndics Onéraires[3], sont
[3] C’est-à-dire responsables, ayant réellement charge (_onus_).
Presque sous la même forme, c’est ainsi un mot tout opposé à
«honoraire.»
pour les 1e, 2e, 3e, 4e, 5e et 6e Classes
M. de Lonpré, à l’Hôtel de Ville.
Pour les 7e, 8e, 9e et 10e Classes.
M. Tiercelet, rue Saint Antoine au dessus de S. Paul.
Et pour les 11e, 12e, 13e et 14e Classes[4]
[4] Une dame Charlotte Bonnemay, veuve Louis Barbier, avoit pris une
action de la 13e classe, et, quand une seconde tontine fut créée en
1696, une action encore, mais de la 14e classe. En 1726, elle vivoit
toujours, et, se trouvant la survivante des rentiers de ces deux
classes, elle n’avoit pas moins de 76,000 livres de rente. Elle
mourut cette année-là, le 9 mars, à quatre-vingt-seize ans.
(Gazette de France, 9 mars 1726.)
M. de Courcelles, près Sainte Marine.
Le Million de livres de l’Edit du mois de May 1691[5] est payé par
[5] «Le roi, dit Dangeau, à la date du 28 mai 1691, a créé un million
de rentes à la Maison de Ville, au denier dix-huit.» Nous dirions à
cinq et demi pour cent. C’étoit dix sous de plus que le taux légal
qui, dès le temps de Colbert, étoit au denier vingt, c’est-à-dire
cinq pour cent. (Chéruel, Fouquet, t. II, p. 269.)
Mrs Perelle, rue du grand Chantier, Bachelier, rue de la Corderie et Despontis, rue des Tournelles.
Le Bureau des Officiers Conservateurs des Hipotheques sur les Rentes de la Ville est rue de la Verrerie près la rue Bardubec, où M. de la Porte principal Commis reçoit les Oppositions, Main levées, et Ratifications et en delivre les Expéditions, ainsi que des échanges, Donations etc.
CONSEILS DU ROY, ET CHANCELLERIE.
Monseigneur Boucherat[1] Chevalier des ordres du Roi, Chancelier et Chef de la Justice de France a son Hôtel rue Saint Louis, au Marais[2], où il tient souvent le Conseil des Parties et l’Audiance du Sceau.