Les héritiers du rêve et les prisonniers des deux mondes Tome 2 (French Edition)

Chapitre X

À La recherche de Marty

Une trentaine de minutes après que Marty eut quitté son lieu de résidence, une auto-patrouille arriva près du pensionnat. L’agente Corvo se décrivait comme une personne de taille moyenne et bien proportionnée pour sa grandeur. Ses longs cheveux châtains suscitaient l’envie de ses collègues de travail. Elle charmait avec ses beaux yeux noisette en forme d’amandes, ses lèvres douces, sa voix mielleuse envoutait le sexe opposé. De plus, sur sa cheville gauche, elle portait un tatouage en forme de rose, ce qui lui donnait une touche de sensualité. En revanche, son caractère dominant, son entêtement désinvolte à vouloir résoudre les enquêtes peu importait ce qu’il en couterait en temps, ne faisait pas l’unanimité dans son entourage. Néanmoins, elle l’endossait avec fierté. D’ailleurs, c’est l’une des raisons qui lui avait permis d’être tout récemment promue stagiaire de premier plan.

Après avoir vérifié l’exactitude de l’adresse, l’agente Corvo se stationna puis se dirigea vers l’entrée principale. Elle sonna et quelques secondes s'écoulèrent avant qu’une sœur se présente à la porte. Le visage de la religieuse apparu dans l’ouverture et elle l’examina de la tête aux pieds.

- Bonjour ! Que puis-je faire pour vous ? demanda la religieuse.

- Bonjour, ma sœur. Je suis l’agente Corvo et j’aimerais savoir s’il

serait possible de parler à votre supérieur.

- Je suis en mesure moi-même de répondre à vos questions agente

Corvo, puisque la sœur Marie-Rose est présentement occupée.

- Très bien. J’aimerais savoir si je pourrais parler à une personne qui

habite dans votre pensionnat.

- Heu bien sûr ! Dites-moi quel est son nom et quel est le sujet ?

lança la sœur Clarance, qui jouissait d’une réputation de fouineuse selon ce que Marty savait d’elle.

- Disons que je suis obligée de garder le secret professionnel à ce

sujet, je suis désolée ma sœur.

Le visage de la religieuse exprima la contrariété, mais l’agente poursuivit.

- Selon mes renseignements, vous auriez un pensionnaire du nom de

Marty Travis parmi vos résidents.

- En effet, confirma-t-elle.

- Excellent ! J’aurais des questions à lui poser, si vous me permettez.

Puis-je entrer ?

- Je le voudrais bien, mais, malheureusement le jeune Travis a dû

partir. D’ailleurs vous l’avez manqué d’une trentaine de minutes. Je suis désolée.

- Ah bon ! Ne vous aurait-il pas dit par hasard où il comptait aller ?

- Étrangement, il semble qu’il aurait décidé d’aller rendre visite à sa

grand-mère, lança-t-elle, démontrant son étonnement qui était inhabituel de la part du jeune adolescent.

- Pourquoi dites-vous étrangement ?

- Tout simplement que le jeune adolescent était en mauvais terme

avec sa grand-mère depuis son arrivée au pensionnat et que soudainement, il semble avoir changé son fusil d’épaule.

- D’accord. Néanmoins, on m’a toujours dit qu’il n’y a que les fous

qui ne changent jamais d’avis, ne croyez-vous pas ?

- Peut-être. Mais dans leur cas, je trouve ça bizarre.

- Moi je trouve ça très bien, car j’ai feuilleté son dossier et il n’a pas

eu la vie facile depuis la perte de ses parents, vous savez.

- Quoi qu’il en soit, il est parti chez elle.

- Je vous remercie.

- J’imagine que vous voulez l’adresse de sa grand-

mère ?

- Oui, bien sûr.

L’agente sortit son calepin et nota l’information que la religieuse venait de lui partager.

- Merci encore de votre gentillesse, ma sœur.

La religieuse s’apprêta à refermer la porte, lorsque l’agente lui demanda.

- Pourriez-vous répondre à une dernière question ?

- Oui. Mais faite vite s’il-vous-plaît, lança-t-elle un peu irritée de ne

pas avoir réussi à en apprendre davantage sur ce qui motivait l'intérêt de l'agente envers ce pensionnaire.

- Que savez-vous au sujet de sa meilleure amie, Karine Hilbert ?

- Comme vous venez de le mentionner, c’est sa meilleure amie et

qu’elle fréquente la même école que lui. Je n’en sais pas plus. Puis-je me permettre de vous faire part d’un commentaire personnel ?

- Évidemment ! Allez-y, je vous écoute.

- Sans paraître méchante ou bien juger cet enfant, je la trouve

vraiment étrange.

- Ah bon !? Pourquoi dites-vous cela ma sœur ?

- Je ne saurais pas le dire avec exactitude, mais elle m’a toujours

semblée un peu « dérangée ».

S’apercevant de son commentaire inopportun pour une religieuse, elle tenta de se reprendre.

- Veuillez me pardonner et ne pas tenir compte de ce que je viens de

vous dire. C’est très odieux de ma part d’avoir de telles pensées et préjugés envers cette adolescente. Désolée !

- Vous avez le droit d’avoir des opinions ma sœur.

- Pas de cette sorte, madame l’agente Corvo.

- Bon d’accord, je ne vous importunerai pas plus longtemps. Merci

de votre temps.

- Au revoir et prenez garde à ce que le démon des cauchemars ne

s’accapare pas de votre âme pendant votre sommeil !

- Au revoir ma sœur et merci ! lança-t-elle sans vraiment croire à ses

paroles de mise en garde.

La religieuse ferma la porte et l’agente retourna à son véhicule de patrouille. L’agente Sisly Corvo n’était pas très familière avec la ville de Gosfercity. En montant dans son véhicule, elle dut consulter la carte de la ville sur son tableau de bord. Elle appela aussitôt son supérieur pour le tenir informé des derniers développements.

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