Les Linottes
Épilogue
Totote a un sale caractère, Micheline n’a pas l’ombre de cœur. Micheline veut tout le temps commander ; elle est as-sommante pour ça. Totote, elle, est insupportable avec sa rage de vouloir qu’on soit toujours de son avis.
Petites piques.
Légères escarmouches.
Grondements d’orage à l’horizon.
Tout à l’heure, ça va se gâter.
ÉPILOGUE
Cinq jours se sont écoulés depuis que le Seigneur notre Dieu a mis Totote en présence de Micheline, Micheline en pré-sence de Totote. À cette heure, ces dames sont à couteaux tirés ; elles souhaitent la mort l’une de l’autre et se jettent des paquets de boue à la figure :
– Madame, vous avez voulu me prendre mon amant.
– Non, madame ; à preuve que c’est vous qui avez voulu me voler le mien.
– Ce n’est pas vrai.
– Vous mentez.
– Madame, je vous enquiquine.
– Madame, voilà le cas que je fais de vous.
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– Madame, vous êtes une grue.
– Après vous, madame, passez donc.
Ainsi, dressées sur leurs ergots, en des arrogances de petits coqs qui se préparent à la bataille, dialoguent Totote et Miche-line, cent fois dans le vrai l’une et l’autre.
Elles sont en effet deux grues, cela ne fait de doute pour personne ; et elles sont également deux dindes, car il leur a fallu huit jours pour se convaincre d’une vérité qui crevait les yeux à tout le monde.
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