Les peuples blancs survivront-ils ?

Gaston-Armand Amaudruz · Chapitre 15 sur 40

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Les peuples blancs survivront-ils ?

La pyramide hiérarchique

survivront-ils ? G. A. AmAudruz

 

faisant croire à un libre choix. Le suffrage universel, dans le meilleur des cas, promouvra des médiocres, mais dans la règle, des représentants d’intérêts privés.

On a multiplié les combinaisons de ces divers éléments. Mais nul ne semble avoir trouvé la pierre phi-losophale.

La pyramide hiérarchique

Les problèmes de structure ne se poseraient pas dans une société d’anges. Même le suffrage universel y serait acceptable. Mais vu la diversité des dons naturels et la présence d’un important effectif de dégénérés physiques ou moraux, il importe d’instaurer une structure écartant le déchet du pouvoir et promouvant les individus les plus aptes à défendre l’intérêt général.

L’une des conditions, pour ainsi dire géométrique, c’est que les responsables constituent une pyramide bien régulière. Ce qui s’impose à une armée ou à un navire en haute mer devrait valoir pour les États, même en temps de paix — puisque la paix couve généralement les désastres proches ou lointains.

Une pyramide tronquée correspond à un organe collectif comme instance suprême. Plus il sera nom-breux, plus il sombrera dans la médiocrité ou la débilité que présentent les parlements modernes. Formé d’une petite équipe (le Conseil des Dix à Venise), il fonctionnera plus efficacement. Mais les décisions résulteront souvent de compromis entre des vues divergentes. Il manquera une conception d’ensemble. En outre, plus le collège sera nombreux, plus les intérêts privés pèseront. Enfin, les décisions seront lentes, trop lentes en cas de danger.

Rien ne vaut la présence d’un chef au sommet de la pyramide. D’où l’importance capitale de sa succession.

Dans un Etat de quelque 200 millions d’âmes, le chef (dictateur, roi, conducteur ou n’importe) le plus brillant ne saurait trancher seul même la plus petite partie des questions. Il doit s’en remettre à ses infé-rieurs immédiats dont il devra surveiller le travail et arbitrer les divergences. Il devra contrôler par sondages jusqu’aux degrés inférieurs de la pyramide et disposer à cet effet d’organes, indépendants de ses subor-donnés — comme les sens d’un être vivant. Pour lui permettre d’assumer sa tâche, on le déchargera d’im-portants domaines de décision, confiés à ses subordonnés, mais où il se réservera d’intervenir. En outre, il faudra le décharger, lui et son équipe, de diverses fonctions de routine (PTT, transports...) en faveur de corporations pratiquement indépendantes : Pyramides dans la pyramide.

Le bas de la pyramide assurera, par sa largeur, la solidité de l’ensemble. Or que trouvons-nous entre le chef et les citoyens isolés ? — La famille et la petite commune (le village où chacun connaît chacun). Les sauvegarder, renforcer leurs droits, voilà qui est simple. Mais pour les grandes communes, pour les villes ou nul ne se connaît, il s’agira de regrouper les citoyens dans des ensembles plus petits pour retrouver les saines conditions du village. Il y a là un point très important pour la structuration des États modernes.

Le pouvoir qui vient d’en bas

et le pouvoir qui vient d’en haut

Dans un grand État, les responsables situés au sommet de la pyramide ne sauraient contrôler la vie des communes villageoises. Celles-ci, puis les régions, s’organiseront elles-mêmes. A un niveau variable, dans des corps intermédiaires, ce pouvoir qui vient d’en bas rencontrera celui qui vient d’en haut (celui du mou-vement révolutionnaire porté au pouvoir par la dernière catastrophe).

Le premier, issu de la famille (le pater familias a fait la grandeur de Rome) et de la commune a un rôle de gestion — encore qu’important — puisque les problèmes de survie incombent aux responsables de l’État. Honnêteté et intelligence moyenne suffisent amplement à la tâche. Cette gestion s’accompagnera toutefois d’initiatives culturelles — dans le cadre d’une tradition à rétablir.

 

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