Les peuples blancs survivront-ils ?
L’esprit humain
survivront-ils ? G. A. AmAudruz
L’esprit humain
Comme le déclare Nietzsche, il nous est impossible de penser sans admettre implicitement toute une série de jugements : Une perspective. Un ordinateur ne fonctionnera qu’après avoir reçu un programme. Notre cerveau, pour travailler, a besoin de prémisses. Certes, on peut les interchanger, mais il en faut.
Cette particularité explique pourquoi Descartes devait échouer avec son doute méthodique et aboutir à résidu inexpugnable : Son cogito. En jouant sur l’interchangeabilité, il pouvait tomber sur d’autres rési-dus [1] .
Nous le disions plus haut : Le seul fait de poser un problème social ou politique implique une perspec-tive : L’ensemble des Ibis de la nature, de la vie en particulier.
Chez les animaux supérieurs, le cerveau sert avant tout à résoudre les problèmes de survie. Le chien qui cache un os et s’aperçoit qu’on l’a observé va le déterrer pour l’enfouir en un lieu plus sûr. Cette prestation intellectuelle est parfaitement admirable pour un chien : Grâce à son os en sécurité, il pourra survivre... La chatte à qui l’on a enlevé les petits trouve un moyen de conjurer le sort : Elle disparaît avant d’accou-cher. Six semaines plus tard, rayonnante d’orgueil, elle revient, suivie de six petits plus beaux les uns que les autres et semble dire : « Voyez comme ils sont réussis ; Vous me les laisserez, n’est-ce pas ? » Ses petits survivront. Les éthnologues, tel Konrad Lorenz, ont mis en lumière l’importance vitale de la pensée chez les animaux. On est bien loin aujourd’hui du chien mécanique de Descartes.
Nul besoin, d’ailleurs, d’un cerveau pour penser. Des animaux inférieurs, sans système nerveux central, parviennent à apprendre et à opérer les choix nécessaires. Un certain temps, la mode était aux amibes mé-caniques à la Descartes. On devra bien admettre que leur manière de chasser implique des phénomènes de conscience. On se demande même, vu la multiplicité étonnante des fonctions d’une cellule vivante, s’il n’y a pas une instance pour prendre les décisions utiles. Nietzsche va encore plus loin, il postule la conscience pour les plus petites particules de substance — donc pour les particules atomiques modernes — et les dote d’une volonté de puissance. Il rejoint ainsi le vieil animisme, l’une des options fondamentales sur le plan cosmologique [2] .
Quoi qu’il en soit, la vie suscite très tôt la conscience pour se maintenir. Le poisson reçoit une calcu-latrice de poche ; L’homme, un ordinateur sophistiqué. On peut se demander ce qui vaut mieux, vu les risques. Il faut bien en accepter le fait.
Beaucoup plus lourd que celui du chimpanzé, le cerveau humain, lui aussi, doit assurer la survie. Voilà sa fonction naturelle. La poursuite d’une Vérité avec grand V fait figure de sous-produit.
Les animaux sociables ont appris à faire passer l’intérêt général avant l’intérêt particulier. Le sacrifice de l’individu pour la tribu se rencontre fréquemment.
Il devait en aller de même de l’homme, du moins à l’époque lointaine où les sociétés ne se trouvaient pas encombrées de dégénérés de tout ordre : Le déchet biologique [3] . Aujourd’hui, le héros — l’homme qui se sacrifie pour son peuple — existe encore, mais se raréfie. Les individus du déchet (criminels, parasites, égoïstes malfaisants) rechercheront même leur intérêt personnel aux dépens de leur peuple, retombant ainsi dans une bestialité nettement inférieure à celle des babouins ou des oies sauvages [4] .
L’esprit humain ne peut fournir que ce pour quoi il est programmé. Il faut lui donner des prémisses pour obtenir des conclusions. Il faut lui poser des problèmes, lui assigner un but. L’intellect, par lui-même, est incapable de vouloir. Il se ramène à un instrument, que les fabricants d’ordinateurs cherchent à imiter
1 - Cf. Critique du cogito, manuscrit inédit de l’auteur. 2 - Cf. Nietzsche, Volonté de puissance, aphorismes 618 ss. 3 -Cf. Nous autres racistes, pp. 66, 67, 104 ss.
4 -Rappelons cette boutade de Konrad Lorenz : « Vous ne le croirez pas, mais il existe des sociétés gouvernées par les plus intelligents. C’est le cas chez les babouins. »
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