L'Illustration, No. 3237, 11 Mars 1905
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LES «VENTRES DORÉS», DE M. EMILE FABRE, AU THEATRE
DE L'ODÉON
Scène du 3e acte. Le cabinet du conseil d'administration de la «Nouvelle Afrique» a été envahi par la foule des petits porteurs d'actions, affolés par la dégringolade des cours; au moment où ils exhalent leur colère contre les administrateurs, le baron de Thau, président de la Société, fait son entrée, le visage radieux; il annonce la hausse; revirement complet: on acclame le baron, on lui baise les mains, c'est du délire.--A cet instant, plus de 60 personnages occupent la scène, et jamais on ne vit au théâtre spectacle aussi vivant et mouvements aussi bien réglés. Notre numéro du 25 mars contiendra le texte complet des «Ventres dorés» avec de nombreuses illustrations photographiques.
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Kiosque téléphonique public
à Stockholm.
L S .
Heureux habitants de Stockholm et que leur sort nous apparaît enviable!
Alors que, chez nous, pour téléphoner à notre femme que nous ne rentrons pas dîner, à un ami que nous venons dans une demi-heure le surprendre et partager son brouet, il nous faut courir à la recherche d'un bureau de poste, solliciter l'employé embusqué derrière son grillage, subir l'interminable attente d'un tour problématique, si bien que le mieux que nous ayons à faire est souvent de prendre une voiture,--ils ont, là-bas, le long de promenades, de commodes cabines pas beaucoup plus décoratives, évidemment, que les kiosques de nos boulevards, mais ingénieusement disposées, avec leur partie inférieure à claire-voie, pour qu'on puisse voir, en passant, si elles sont occupées. Et de là, moyennant dix centimes glissés dans une fente semblable à celle de nos distributeurs automatiques, on met en branle la sonnette d'appel et,--qui sait,--peut-être a-t-on immédiatement, sans poser si peu que ce soit, la communication demandée.
L .
«Dinosaures, dit le dictionnaire, du grec deinos, terrible, et sauros, lézard, sauriens de très grande taille qu'on trouve à l'état fossile.» Les dinosaures étaient donc de monstrueux lézards qui existèrent, aux époques géologiques, aux temps indéterminés où se formaient les terrains appelés, par les savants, jurassiques. Et ils vivaient, croit-on, à en juger par leur structure dont quelques caractères l'appellent les plantigrades, d'autres les sauriens amphibies, crocodiles et caïmans, moitié sur les arbres et moitié dans l'eau.
Les restes d'un de ces dinosaures, d'une variété appelée brontosaure, furent découverts en 1897, aux Etats-Unis, dans les montagnes Rocheuses. On passa deux années à extraire du sol le fossile. Les cinq années suivantes furent employées à nettoyer les ossements et à reconstituer le squelette. Cette besogne délicate vient seulement d'être achevée. Alors, le Muséum américain d'histoire naturelle, à New-York, tout fier d'être le seul au monde qui, actuellement, puisse montrer une pièce pareille, a, pour l'inaugurer, la présenter au public, convié un certain nombre de sommités scientifiques et, tout naturellement, dans un but de vulgarisation, des hommes du monde et de gracieuses femmes à un thé aussi élégant que pittoresque.
Les tables étaient dressées dans la salle même où le brontosaure érige sa formidable armature. Et ce dut être un spectacle fort amusant et, en tout cas, inattendu que celui de cette foule d'invités corrects, de professional beauties habillées à la dernière mode, fleur de la société new-yorkaise, évoluant, discutant, caquetant, autour de ces tables fleuries servies par de raides maîtres d'hôtel en frac et plastron glacé, devant ce squelette de vingt mètres de long, monstrueux vestige d'un animal contemporain de quelque déluge plus ancien encore que ceux que virent Deucalion ou Noé.
Un thé au Muséum de New-York dans la salle du dinosaure.
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C'est une sorte de dogme, accepté par les éleveurs, que les races pures sont toujours de couleur sombre, et leur répugnance est grande pour les reproducteurs de robe claire et notamment sous poil gris et blanc. Dans les stations de monte, lorsque l'administration des Haras place un excellent reproducteur percheron de couleur grise, des réclamations se produisent. Nos éleveurs veulent des percherons noirs.
Or, se basant sur des recherches très étendues, M. Lavalard, dont l'observation sur la cavalerie de la Compagnie générale des Omnibus date de plus de trente ans, affirme que la coloration de la robe chez le cheval ne peut être considérée comme un caractère de race.
Bien plus, la robe du vrai percheron serait le plus souvent grise et les types de couleur sombre auraient le plus souvent des formes et des jarrets défectueux.
Dans le même ordre d'idées, on n'est pas autorisé à dire qu'il existe une race nivernaise de chevaux de trait, parce que les éleveurs lui ont donné une robe noire. Les nivernais sont bien des métis, qui ne supportent pas la comparaison avec les vrais percherons. La robe foncée, provenant de mésalliances ou de croisements, n'a pu qu'altérer la qualité d'énergie et d'endurance de la race percheronne.
D'ailleurs, si l'on envisage le pur sang, on voit de temps à autre reparaître la robe grise que l'administration des Haras, s'appuyant sur un préjugé erroné, a voulu interdire. N'a-t-on pas vu des pur sang gris, tels que le Sancy et sa fille Semendria, démontrer, sur les hippodromes, qu'ils n'étaient pas inférieurs à ceux de couleur sombre?
L .
On sait qu'aux Etats-Unis le gouvernement a dû intervenir pour protéger les bisons contre la destruction totale dont ils étaient menacés et qu'un énorme troupeau de ces beaux animaux est réuni dans un parc spécial et s'y développe sous la protection de l'Etat.
Il en est de même en Europe, où l'on ne trouve plus d'aurochs ou bisons que dans la Lithuanie, en Pologne. C'est dans une forêt voisine de Biélovège, célèbre par ses chasses, que l'on peut voir les derniers bisons européens. On protège, avec un soin jaloux, les 700 derniers représentants de cette belle race animale, appelée à disparaître, et qui sont d'ailleurs la seule curiosité de la forêt de Biélovège.
D'après une légende du pays, ces animaux, d'allure paisible, mais très dangereux quand on les excite, auraient jadis quitté leur forêt pour attaquer et mettre en fuite une horde de Tatars.
L' ' P .
Il a été fait en 1902 un total de 25.728 mariages, exactement, à Paris. Comme l'on connaît l'âge de chacun des conjoints, il est facile de savoir à quelle période de la vie les gens entrent le plus fréquemment dans les liens conjugaux. Tout d'abord, il faut indiquer les limites extrêmes. Elles sont fort distantes l'une de l'autre: on commence à se marier à 16 ans et même un peu avant, et l'on continue à 70 ans et même après. En 1902 se sont mariées 41 Parisiennes de moins de seize ans et 4 de 70 ans et plus. Il ne s'est point marié de Parisiens de moins de 16 ans, mais on en compte 113 ayant de 16 à 19 ans qui sont entrés dans la vie conjugale. L'âge où l'homme se marie le plus à Paris, c'est de 25 à 29 ans. Pour cette période nous comptons plus de 11.000 mariés, alors qu'aux périodes immédiatement précédente et suivante (20 à 24 et 30 à 34), le chiffre est très inférieur: 4.000 environ. L'âge d'élection de mariage des femmes est moins caractérisé. Il y a bien un maximum pour la période de 20 à 24 ans; mais on se marie encore beaucoup à la période suivante. De 20 à 24 ans, nous comptons 9.621 mariages; de 25 à 29, 6.267. A mesure que l'on considère des âges plus avancés, la proportion des hommes l'emporte de plus en plus sur celle des femmes. Dans les mariages tardifs, la proportion des hommes âgés est nettement supérieure à celle des femmes âgées. Il faut remarquer que si l'on considère la différence d'âge des époux, il y a à Paris une forte proportion de mariages où l'épouse est plus âgée que l'époux pour les unions où le mari est le plus âgé.
En 1902, il a été célébré 25.728 mariages, avons-nous dit. Or, dans 18.073 cas, le mari était le plus âgé; mais dans 7.155 cas il était le plus jeune. C'est dans les XVIIe et XVIIIe arrondissements que la proportion des mariages à mari plus jeune est le plus élevée. La différence d'âge peut être considérable. Elle varie de 1 à 25 ans et plus; dans 73 unions, la différence d'âge était de plus de 20 ans à l'avantage de la femme, «Avantage» est une forme de langage qui pourrait se discuter.
A VALESCURE.--Une A ROME.--Un cyprès
fontaine de Théodore historique abattu par un
Rivière. Phot. Bandieri. orage. Phot. Abeniacar.
La colonie étrangère qui Au musée des Thermes, à
hiverne a Valescure, sur la Rome, il y avait, au milieu du
Côte d'Azur, a eu la cloître des chartreux, édifié généreuse idée de doter ce par Michel-Ange, des cyprès
joli faubourg de Saint- qui, d'après la légende, Raphaël d'une fontaine étaient contemporains du artistique et en a confié génial artiste et qu'on l'exécution au sculpteur entourait d'une pieuse Théodore Rivière: notre vénération. L'avant-dernier de photographie permet ces arbres vient de s'abattre, d'apprécier la conception miné par les ans et achevé fantaisiste de l'artiste. Cette par un violent orage. fontaine a été inaugurée le 27
février.
L J 1904.
On aurait pu croire que la guerre paralyserait dans une certaine mesure le mouvement commercial du Japon. Il n'en a rien été. Pendant l'année qui vient de s'écouler et qui, presque tout entière, a été une année de guerre, le commerce du Japon a été plus considérable que jamais, s'élevant à 1.780 millions de francs, dont 957 aux importations et 823 aux exportations. Comparée à l'année précédente, l'année 1904 a donné un excédent de 210 millions.
Il faut noter les exportations d'or, qui ont été très fortes et ont atteint plus de 260 millions de francs.