L'Illustration, No. 3237, 11 Mars 1905

Various · Chapitre 6 sur 15

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L'Illustration, No. 3237, 11 Mars 1905

La Bataille de Moukden

Photographie prise après l'assaut par les Russes de la colline

Poutilov (octobre 1904)

pendant la bataille du Cha-Ho.

 

LA BATAILLE DE MOUKDEN

JUSQU'AU 7 MARS

La plus grande bataille que l'histoire ait encore enregistrée se livre en ce moment sous les murs de Moukden: 700.000 à 800.000 hommes sont aux prises, et plus de 3.000 canons tonnent. D'après certains correspondants il y aurait déjà eu, à la date du 6 mars, 80.000 morts ou blessés.

Depuis quatre mois, après la bataille sanglante et indécise du Cha-Ho, les deux adversaires, fait unique dans l'histoire, étaient restés face à face en contact intime, se canonnant journellement, se harcelant de petites attaques, envoyant de continuelles reconnaissances, inquiétant les communications de l'adversaire par des raids remarquables de cavalerie, fortifiant formidablement leur front et étendant leurs ailes.

Un froid terrible rendait toute opération importante impossible, mais cet arrêt était dû surtout à ce que chacun attendait, pour agir, l'arrivée de renforts suffisants: Kouropatkine recevait, avec de l'artillerie et des provisions, environ 1.000 hommes par jour, tandis qu'Oyama, en plus d'importantes réserves, voulait avoir les 50.000 hommes de Nogi que la chute de Port-Arthur rendrait libres.

Aujourd'hui, bien que les états-majors des deux partis aient rigoureusement gardé le secret sur l'effectif et l'organisation des armées, il semble que les Japonais disposent de quatre armées de 50.000, 80.000, 70.000 et 130.000 hommes respectivement commandées par Nogi, Oku, Nodzu et Kuroki, en face des trois armées russes de Kaulbars (80.000 hommes), Bilderling (70.000 hommes), Liniévitch (90.000 hommes), derrière lesquelles se trouveraient de fortes réserves d'un total de 80.000 à 100.000 hommes sous le commandement direct du généralissime.

Ce sont les Japonais qui, se croyant suffisamment prêts, ont, les premiers, rompu le silence, avec leur ardeur offensive que d'aucuns croyaient désormais enrayée.

L'armée de Kuroki, à l'est, entamait la lutte, dès le 19 février, en repoussant les détachements de Rennenkampf, chargés de la protection du flanc gauche russe. A la fin du mois, on pouvait craindre sérieusement que les Japonais, s'ils parvenaient à enlever l'une ou l'autre des portes naturelles de Gou-Tou-Ling, Makian-Tsien (Kanda-Li-San) ou Koudiassa, qui barrent les routes conduisant au Houn-Ho dans la région de Fouchoun, ne tournent le flanc gauche des armées russes et, gagnant par le col d'Ouan-Kiao-Ta-Ling, n'arrivent à menacer leur unique ligne de retraite.

Mais les Russes avaient très solidement fortifié ces positions et y arrêtèrent net les progrès de leurs adversaires. Depuis le 5 mars, les Japonais, qui n'ont pas hésité à tenter en deux nuits jusqu'à trente-deux attaques au col de Gou-Tou-Ling, défendu par. Meyendorf, paraissent renoncer à la lutte de ce côté: Koudiassa, un instant tombé entre leurs mains, est redevenu russe. Peut-être les opérations engagées dans cette région n'étaient-elles qu'une importante démonstration destinée à détourner les réserves russes.

Au centre, Nodzu, doté d'un parc considérable d'artillerie de siège, crible d'énormes projectiles les lignes russes et en particulier les deux fameuses collines Poutilov et Novogorod et tente, tantôt sur Fan-Kia-Pou, tantôt sur Cha-Ho-Pou, Lamatoun ou Ling-Si-Pou, des attaques qui se brisent toutes contre les travaux russes énergiquement défendus, Nodzu n'a guère pu enregistrer que l'occupation de Ling-Si-Pou.

C'est à l'ouest que semble se jouer la partie principale. Le 1er mars, la bataille s'engage autour de Tchan-Tan entre l'armée d'Oku et celle de Grippenberg, aujourd'hui commandée par Kaulbars. Celle-ci est forcée de reculer peu à peu, finit par perdre Sou-Khou-Dia-Pou-Tsé, où était établie une première ligne de défense, mais arrête à Ma-Kia-Pou, sur sa seconde et principale ligne, tous les efforts acharnés des Japonais.

Pendant ce temps, Nogi, renforcé probablement d'une partie des forces de Kuroki et protégé par presque toute la cavalerie réunie des Japonais, traversait le Houn-Ho, enlevait Szu-Fan-Taï, puis se rabattait à l'est, conquérant Sa-Lin-Pou, mais ne pouvant forcer Ta-Chi-Kiao. Déjà les Japonais sont à 8 kilomètres de la gare de Moukden, formant un immense demi-cercle autour des positions russes. Leur front, démesurément étendu, englobe plus de 130 kilomètres.

Ajoutons que la cavalerie japonaise, violant la neutralité de la Chine, a mis la main sur Sin-Min-Ting où sont ensuite arrivées par chemin de fer deux brigades d'Inkou. La perte de ce point, si elle est définitive, serait très pénible pour les Russes qui en tiraient la plus grande partie de leurs approvisionnements. L. S -F .

 

Croquis de la bataille de Moukden (situation le 7 mars).

 

Le général Liniévitch inspecte les retranchements de la position

avancée près d'Erdagou.

 

Transport des blessés après un engagement.

 

Les batteries couvertes de la position d'Erdagou inspectées par

le général Liniévitch.

En corvée de fourrage.

AUX AVANT-POSTES DE L'AILE GAUCHE RUSSE (1ère ARMÉE,

GÉNÉRAL LINIÉVITCH)

Photographies de notre correspondant de guerre, Victor Bulla, prises à la fin de janvier dans les positions où l'armée de Liniévitch est actuellement aux prises avec celle de Kuroki.

 

Première et deuxième batteries de la 1ère division sibérienne,

en position.

 

Casemates de l'artillerie près d'Erdagou.

 

A trois verstes de l'ennemi: les généraux Liniévitch et

Saroubaïef inspectent les retranchements près du village de

Houdé.

RETRANCHEMENTS ET CANTONNEMENTS DE LA PREMIÈRE

ARMÉE RUSSE AU SUD-EST DE MOUKDEN

Photographies de notre correspondant de guerre, Victor "Bulla",

prises dans les positions que l'armée de Liniévitch défend

actuellement contre celle de Kuroki.

 

Guichets du Carrousel 1 2 . Grande galerie de peinture des Écoles étrangères. Salle de Van Dyck 3 4 . Salle de Rubens et cabinets des Écoles flamande et hollandaise.

Pavillon de Flore (ministère des Colonies)5.

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