Ordonne-moi ! volume 3
3. Malentendu à New York
29 août
Au réveil, une sensation de chaleur irradie ma peau. J’ouvre les yeux le plus lentement possible : je veux garder cette impression délicieuse de fatigue et de contentement. Lorsque j’émerge totalement, c’est pour constater que David et moi sommes soigneusement enlacés. Lui est allongé sur le dos et me maintient contre son buste, une main autour de ma taille et l’autre perdue dans mes cheveux. Ma tête repose sur son torse, mes mains agrippent ses épaules. J’ai envie de contempler son expression. Je tente de me redresser le plus doucement possible. Malheureusement, mon mouvement le réveille.
– Bonjour Louisa.
Sa voix est rendue enfantine par un reste de sommeil.
– Bonjour.
Je le laisse embrasser mes cheveux, puis ma tempe, puis ma nuque…
– Je suis affamé ! Nous n’avons rien mangé hier, entre ce déjeuner écourté et… et cette soirée sportive.
Je sens le feu monter à mon visage. Pour dissimuler mon trouble, je me presse contre lui – ce qui a pour effet d’augmenter le sien. Oui, la soirée et la nuit ont été… brûlantes, c’est le moins qu’on puisse dire.
– Que dirais-tu de filer sous la douche ? Le temps de consulter mes mails et je t’y rejoins. Nous pourrions ensuite aller prendre un brunch. Il est déjà tard !
– Quelle heure est-il exactement ?
– Bientôt 13 heures.
Hein ?
Je bondis. Je déteste me lever en début d’après-midi, même lorsque je n’ai pas d’obligations. Je tends le bras et attrape l’une de ses chemises, restée sur la chaise, que j’enfile négligemment avant de quitter le lit. Il me regarde, attendri.
– Ça te va bien, ce look garçonne.
– C’est heureux, parce que je n’ai pas d’affaires propres sur moi. Je vais devoir te l’emprunter.
Je trotte jusqu’à la salle de bains et ouvre la douche multijet. Je laisse l’eau chaude dénouer mes muscles un à un, en prenant soin de ne pas mouiller mes cheveux qui sont déjà suffisamment en pagaille comme ça. David tarde à me rejoindre. Tant pis. Je sors et lui crie :
– Aurais-tu une brosse à dents pour moi ?
– Oui ! Dans le dernier tiroir sous le lavabo !
J’ouvre et tombe effectivement sur un stock de brosses à dents neuves encore dans leur emballage. Soit ce garçon est extrêmement prévoyant, soit l’hygiène bucco-dentaire de ses conquêtes lui importe vraiment… David passe une tête par la porte.
– Louisa, j’ai un contretemps : Judith vient de me laisser un message ; un invité s’est désisté pour l’enregistrement d’un talk-show. La production me demande si je peux le remplacer au pied levé. Je dois être au studio dans moins d’une heure… Et ça risque de me prendre la journée entière… Je crains que notre brunch tombe à l’eau. Ça t'embête ?
– Pas le moins du monde !
– Bien. D’après Judith, l’enregistrement risque de durer jusqu’à 19 heures. À cette heure-ci, Williamsburg bouchonne… On pourrait se retrouver vers 20 heures pour dîner ? Je t’appelle ?
– Très bien.
– Fais comme chez toi. Un café t’attend à la cuisine. Je t’ai également laissé le numéro de Gary sur un Post-it, en cas de besoin. Il est censé prendre tes affaires au Four Seasons après m’avoir déposé, pour les ramener ici. Si tu préfères les emballer toi-même, passes-y avant quinze heures, d’accord ?
– D’accord.
Je sors de la salle de bains et vais m’installer à la cuisine pour déguster mon caffè lungo. David passe en trombe et m’envoie un baiser de loin.
– À ce soir !
J’entends la porte claquer. Je me retrouve seule. J’attrape l’exemplaire du New York Times qui repose sur le comptoir du bar américain. Je lis en diagonale un article, m’étire, regarde l’heure… Je devrais me rendre au Four Seasons pour préparer mes sacs… Il faut que je remette la main sur mes sous-vêtements, mon jean et mes baskets. Avec la nuit que je viens de passer… J’ai le souvenir qu’ils ont soigneusement été disséminés dans tout l’appartement. Je dis « appartement » mais le terme exact est plutôt penthouse puisque David jouit d’une vue panoramique exceptionnelle. L’endroit est bien plus luxueux qu’une suite du Four Seasons, mais également plus cosy. En tout cas, même si je n’en ai vu qu’une partie, c’est immense : espérons que je ne me perde pas !
Dans l’entrée, je vois mes chaussures. Dans le salon, j’aperçois mon tee-shirt. Mon jean est dans le couloir, ainsi que ma culotte. Ne manque plus que mon soutien-gorge, qui doit se trouver dans l’une des nombreuses pièces closes. Pas la chambre : ça, j’en suis certaine. Ni la salle de bains, que nous avons… explorée plus tard. La bibliothèque ? Oui, c’est bien là que… Mais quelle porte pousser ? J’attrape une poignée au hasard et la tourne. Non, ce n’est pas là : cette pièce semble être le bureau. Une chose me frappe, qui m’empêche d’immédiatement refermer la porte. Je ne sais pas exactement ce que c’est.
Tout à coup, ça me saisit. Cette pièce est aveugle, il n’y a aucune fenêtre.
Pourquoi installer son bureau dans un espace sans lumière ?
Machinalement, j’appuie sur l’interrupteur. Ce que je découvre me rassure dans un premier temps : c’est bien un bureau, avec une table, une chaise, une petite dizaine de dossiers qui s’empilent… Mais rapidement, quelque chose me dérange à nouveau. Ce sont les murs. Ils sont recouverts de coupures de presse. Sur les articles les plus longs, on peut voir la même photo : une adolescente avec de longs cheveux sombres, des yeux perçants et un nez retroussé. Elle sourit avec sincérité et pourtant, son regard reste dur, sauvage, farouche. Il s’en dégage une défiance qui me captive. Elle me semble étonnamment familière…
Où ai-je déjà vu ces yeux ?
Je m’approche pour mieux examiner ses traits et lire les articles correspondants.
À cet instant, mon regard est accroché par un autre détail : l’un des dossiers, sur le bureau. Il porte mon nom. Sans réfléchir aux conséquences de mon acte, je m’en saisis. La main tremblante, j’ouvre la chemise cartonnée puis, de stupeur, la lâche aussitôt. À l’intérieur, sont conservées des photographies. Je me baisse pour les ramasser et commence à les examiner. Ce sont des portraits en noir et blanc, pris sur le vif. Moi à la faculté, moi qui sors de mon appartement, moi en train de déjeuner avec Barbara, ma meilleure amie… Tout mon corps est parcouru de soubresauts. Je continue de faire défiler les images. Une nausée me saisit alors que je découvre des portraits individuels de mes proches. Adèle, Olivier, mes parents… Même Antoine, l’homme que fréquentait Barbara à l’automne dernier ! C’est à n’y rien comprendre… Je me sens tressaillir. Des taches noires se mettent à danser devant mes yeux. Je m’appuie sur la table pour conserver l’équilibre. Le vertige passe…
Paniquée, je remets les photographies en place et range le dossier là où je l’ai trouvé. Je sors de la pièce en prenant soin d’éteindre la lumière et me retrouve dans le couloir. Je reste un instant pantelante, puis la panique se saisit de nouveau de moi. Il faut que je sorte d’ici ! À la hâte, je me précipite dans l’entrée. J’enfile mes vêtements.
Mince, le soutien-gorge !
Tant pis. Je me chausse, attrape mon sac et mon trench, cours jusqu’à l’ascenseur. J’appuie frénétiquement sur le bouton d’appel. Le ding d’arrivée retentit, la porte s’ouvre ; je m’engouffre. C’est alors que je constate la présence d’une silhouette masculine dans la cabine. Trop tard, je bute contre elle. Je me recule, terrorisée.
– Louisa, ça va ?
Je m’apprête à pousser un cri quand soudain, je reconnais le cousin de David.
– Sandro ! Qu’est-ce que tu fais là ?
– Je venais vous proposer de déjeuner, toi et David…
Il s’interrompt et examine mon visage.
– Louisa, qu’est-ce qui se passe ? Tu es livide. Ça ne va pas ?
Dans son inquiétude, Sandro est spontanément passé au tutoiement. De mon côté, je tente de me maîtriser tant bien que mal.
Je ne peux pas lui dire ce que j’ai vu. Je ne peux pas trahir David, jamais.
– Si, si, tout va bien… Un peu de fatigue sans doute.
– Tu as mangé, ce midi ?
Voilà l’explication rêvée à mon état.
– Non, justement, non. Ni petit déjeuner, ni déjeuner… Je dois sans doute faire un peu d’hypoglycémie.
Sandro se détend et revêt son masque d’ironie taquine.
– La voilà donc, l’explication ! Mon cousin t’affame !
Il appuie sur le bouton du rez-de-chaussée.
– Il ne sera pas dit que ma famille te laissera mourir de faim : je t’emmène immédiatement manger quelque chose ! Et d’ailleurs, où est-ce qu’il est, David ?
– Il est allé enregistrer une émission de télé.
Je suis mal à l’aise. Je ne veux pas parler de David.
Comment l’évoquer sans raconter ce que j’ai vu, dans cette abominable pièce sans fenêtres ?
Sandro reprend son air inquiet :
– Tout va bien entre vous deux ?
– Oui. Ne t’en fais pas.
***
Nous marchons moins de deux blocs et rentrons dans une trattoria à la décoration épurée. La serveuse nous installe à une petite table au fond. Je m’assois sur la banquette et me débarrasse de mes affaires pendant que Sandro commande :
– Deux linguini aux scampi, s’il vous plaît… Et un remontant pour mademoiselle.
Je proteste.
– Non, Louisa : je ne veux rien entendre. On dirait que tu as vu un fantôme. Un peu d’eau de vie et des sucres lents : voilà ce qu’il te faut, crois-moi.
S’adressant de nouveau à la serveuse :
– Et vous nous mettrez également une bouteille de Primitivo di Manduria, année 2008.
Sandro s’installe à son tour. L’employée pose un petit verre devant moi.
– Les pâtes arrivent dans trois minutes.
Sandro se saisit du breuvage, qu’il me tend.
– Cul sec, Louisa. Je ne vais pas te poser de questions sur ce qu’il s’est passé avec David, j’imagine que vous vous êtes disputés et cela ne me regarde pas mais, par contre, il faut ramener des couleurs à ce joli visage maintenant.
Obéissante, je m’exécute.
– Bien. Désormais, nous pouvons passer un agréable moment.
Sandro se fend d’un grand sourire qui me réchauffe le cœur. Être avec lui me fait du bien. Côtoyer l’entourage de David, ça me rassure et me donne l’impression d’être ancrée dans sa vie. Que ce que nous avons ensemble, malgré sa part d’ombre et ses secrets, est réel.
Sandro, comme à son habitude, passe le déjeuner à faire le pitre alors que je déguste ce qui doit sans doute être les meilleures pâtes de New York. Il me ressert de ce vin délicieux. Même si je me détends au fil des minutes, parfois, la frayeur m’envahit de nouveau. Des images de la « pièce maudite » ressurgissent dans ma mémoire. Sandro fait mine de ne pas remarquer que mon regard s’assombrit par moments et redouble d’efforts pour me distraire – ce qu’il réussit magistralement à faire.
– Il y a une exposition de Basquiat au MoMA : ça te dirait ?
J’accepte avec empressement. Je ne veux pas me retrouver seule avec mes pensées, et Sandro est de très bonne compagnie.
Nous nous rendons au musée en taxi. Nous déambulons devant les toiles immenses de l’enfant prodige de Brooklyn. Sandro me parle du vieux New York, celui des années 1980. Je l’écoute, attentive, me raconter l’émergence de la culture hip hop, les graffitis qui ont soudain fleuri sur les métros et les façades, l’esprit festif de la jeunesse, les clubs où l’on pouvait croiser Andy Warhol et sa bande… Toute une époque qu’il n’a, de son propre aveu, pas véritablement connue car il était alors trop jeune, mais dont il garde tout de même une nostalgie touchante.
Il est déjà 18 heures lorsque nous sortons du musée. David n’aura par fini avant une heure. J’hésite à aller l’attendre devant le studio d’enregistrement. Malgré l’agréable après-midi que je viens de passer, je sens qu’il me faut d’urgence une explication – même si l’idée de ce que je risque d’apprendre me terrifie. De toute façon, je ne sais pas où me rendre. Peut-être que si j’appelais Gary ? Mais j’ai laissé son numéro à l'appartement de David. Je réalise que j’ai oublié de passer à l’hôtel empaqueter mes affaires… De toute façon, il est hors de question que je m'installe chez David avant d'avoir eu une sérieuse explication avec lui. Mais par quel bout prendre cette discussion ? Sandro interrompt le fil de mes pensées :
– Louisa, j’ai rendez-vous au Rainbow Room avec quelques amis. Tout ce que la jeunesse dorée de Manhattan compte de plus amusant et de plus infréquentable. Voudrais-tu te joindre à nous ? On t’aidera à patienter jusqu’à l’heure de ton rendez-vous avec David.
J’accepte de bon cœur : je ne me sens pas du tout d’errer seule dans la ville. Nous grimpons dans un taxi et arrivons au bar, situé au dernier étage d’un building, avec une vue imprenable. Je me sens vraiment piteuse, avec ma chemise d’homme et mon jean, surtout lorsque Sandro me présente Chloe et Olivia, « sœurs siamoises de la nuit new-yorkaise », Taylor, « rentier romantique de son état » et Chelsea, « dernière héritière d’une dynastie dont on a oublié jusqu’au nom ».
Taylor bondit et tire un fauteuil club pour que je puisse m’installer puis fait signe au serveur.
– Six Bellini’s, s’il vous plaît.
Un pianiste joue des standards de jazz. Olivia demande :
– Sandro, chiaro, comment était Trieste ?
– Ennuyeux comme Venise, et bien plus laid.
– Tu y as fait des rencontres intéressantes ?
– Aucune. Pour ça, j’ai dû attendre que les hasards de la vie me conduisent en Toscane, où j’ai trouvé mademoiselle que voici…
– Louisa, que faisiez-vous en Toscane ? Votre famille y possède une propriété ?
Sandro répond à Chloe à ma place.
– Figure-toi que la fascinante Louisa Mars était là-bas en compagnie de mon cousin, dont elle semble supporter la compagnie et le caractère ombrageux.
Je ne me sens pas spécialement à l’aise face à ce groupe désinvolte et sarcastique. Les trois filles portent des robes de cocktail et des bijoux somptueux. Taylor me regarde avec un air insistant que je n’arrive pas à décrypter. Discrètement, je consulte mon portable.
Bon sang, que fait David ?
Le serveur apporte une deuxième tournée de Bellini’s. Chloe tente de m’interroger sur David et la nature de notre relation. Je prends bien soin de rester la plus évasive possible. Chelsea et Olivia ont quitté la table depuis belle lurette. Elle se tiennent désormais à côté du pianiste qu’elles accompagnent de leur chant. I put a spell on you, because you’re mine. Taylor se lève et tend la main pour m’inviter à danser. Le serveur dépose sur notre table la troisième tournée. Je consulte de nouveau mon portable. Il est 20 h 15 et toujours rien. En temps normal, cela me rendrait simplement un peu anxieuse mais, après ce que j’ai vu ce matin, la négligence de David me semble intolérable. Chloe demande :
– Ne serait-il pas temps de dîner ?
Sandro rétorque, au nom du groupe :
– Dîner, alors que le cœur de tout le monde est à la fête ? Tu n’y penses pas ! Allons plutôt au Marquee, on soupera ensuite.
Sans que je comprenne comment, je me retrouve dans un taxi avec Olivia et Sandro. Le reste de la bande est à notre suite. Nous arrivons à l’entrée d’un club et coupons la file. Le physionomiste à l’entrée serre la main de Sandro, il embrasse Olivia puis nous laisse passer. Une hôtesse nous installe à une table à l’étage. Le serveur se précipite vers nous avec un seau à champagne. La musique qui passe en ce lieu m’inspire moins que le jazz du Rainbow Room. Mon téléphone, soigneusement rangé dans ma poche, ne vibre toujours pas. Je sens le dépit m’envahir. Ainsi, ces trois premiers jours à New York n’auront été qu’une parenthèse enchantée. Je savais que David, après s’être tant ouvert, se refermerait aussitôt mais ça n’empêche pas une infinie tristesse de s’emparer de moi alors que ma plus grande crainte se confirme.
Qu’il aille au diable, avec son indifférence et ses mystères !
Et puis m’espionner, espionner mes proches… Trop, c’est trop. Je me lève et titube. J’entends la voix de Sandro qui me crie :
– Où est-ce que tu vas ?
Je ne répond pas et descends l’escalier, chancelante. Je vais m’installer au centre d’une piste qui, malgré l’heure, est déjà remplie. Je danse, une flûte de champagne à la main. Taylor ne tarde pas à me rejoindre ; Sandro et les filles arrivent à leur tour. J’essaie de calquer mes mouvements sur les leurs. Taylor me soulève et me fait tournoyer dans les airs. J’entends Sandro dire :
– Bas les pattes, Tye.
Maintenant, mes pieds sont de nouveau posés sur le sol. La tête me tourne. J’ai perdu toute notion de l’heure. Je sors mon portable. Pas loin de 22 heures. Toujours aucune nouvelle. C’est alors que je constate, horrifiée, qu’aucune barre de réseau ne s’affiche à l’écran. Je ne capte pas dans le club ! Paniquée, je quitte précipitamment la piste et me rue vers la sortie. Et si David avait tenté de me joindre ? Je perds l’équilibre en passant la porte. Oh, mince, ça ne va pas du tout là. Je prends appui contre un mur. Sandro, qui m’a suivie, s’approche.
– Ça ne va pas ?
– Sandro, je…
Je suis incapable de finir ma phrase tant je me sens mal. Le bruit de la rue m’agresse. Les lumières des phares semblent amplifiées. Je lève les yeux vers le visage de Sandro, qui se dédouble.
– Veux-tu t’asseoir un instant ?
Il m’enveloppe de sa veste et m’aide à glisser le long du mur, mon portable toujours à la main. Ce dernier vibre enfin. Une fois, deux fois… six fois ! J’ai des messages. Il faut que je les écoute. Je compose avec difficulté le numéro de mon répondeur, me trompe de touches… C’est alors que j’entends une voiture piler et une porte claquer.
– Sandro ! Tu la lâches immédiatement !
David ? ?
Sandro se retourne et tente de protester mais s’écroule soudain à mes pieds, assommé d’un direct du droit asséné par son cousin. De loin me parvient la voix de David qui crie des ordres.
– Gary, va immédiatement au vestiaire récupérer les affaires de Louisa… Oui, un sac en cuir bleu et un trench-coat beige.
Deux bras puissants me relèvent et me guident jusqu’à la limousine. Je tiens à peine sur mes deux jambes et ne comprends pas ce qui m’arrive. La portière s’ouvre. David tient ma tête pour que je ne me cogne pas puis m’allonge sur la banquette. J’essaie de faire une mise au point avec mes yeux pour deviner l’expression de son visage, mais cela me cause immédiatement une atroce douleur dans le crâne.
– Louisa, tu vas bien ?
Je suis incapable de répondre. Tout tourne autour de moi. Je sens des bras autour de moi qui m’enserrent, une main qui surélève ma tête ; je sombre…
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