Ordonne-moi ! volume 3
4. Histoire d’A.
Aïe !
Un éclair m’a transpercé le crâne alors que je tentais d’ouvrir les yeux.
Oh ! la vache, ce que j’ai mal.
Je n’ai aucune conscience de l’endroit où je suis. J’essaie une nouvelle fois de soulever mes paupières pour constater que je suis étendue sur le lit de David, en chemise et en culotte. Pendant un instant, je suis désorientée. Soudain, tout me revient.
Le Rainbow Room et ses Bellini’s.
Le taxi.
Chloé et Olivia.
Le champagne sur la piste du Marquee.
Mon téléphone.
Une bouffée de honte terrible s’empare de moi. Je me redresse le feu aux joues. David doit être furieux !
– Bonjour, Louisa.
Je sursaute et devine, malgré les rideaux tirés, la silhouette de David assise dans un fauteuil.
– Je t’ai préparé de l’aspirine et un verre d’eau. Ils sont sur la table de chevet. Prends-les.
Au ton cinglant de sa voix, je sens bien que je ferais mieux d’obéir sans broncher. Je prends un comprimé et le laisse se dissoudre dans le verre, que je bois par petites lampées. La voix de David trahit l’exaspération :
– Tu as conscience que j’ai dû te veiller toute la nuit ? Tu as conscience de la situation de danger dans laquelle tu t’es mise ? Je ne parle pas seulement des conséquences physiques de… de tes excès en tout genre. Je parle également de ce qui peut arriver à une jeune femme étrangère, seule dans la ville, et visiblement ivre ! Heureusement que je me suis inquiété ! Heureusement que j’ai envoyé Gary à ta recherche et qu’il a réussi à te localiser !
– David, je… il ne pouvait rien m’arriver de grave : Sandro veillait sur moi.
David éclate d’un rire mauvais.
– Tu appelles cela « veiller » sur toi ? Te laisser boire jusqu’au malaise ?
David se lève et me rejoint sur le lit. Il agrippe fermement mes épaules. Sous le choc, ma tête se renverse en arrière. Ses yeux se plongent dans les miens.
– Tu es trop confiante, Louisa. Tu t’en remets à Sandro, que tu connais à peine. J’aime mon cousin mais c’est un gamin pourri gâté. Je ne sais même pas comment je vais réussir à lui pardonner. Je ne sais pas ce dont j’aurais été capable s’il t’était arrivé le moindre mal…
Je me sens affreusement coupable. Tout cela est de ma faute, et c’est Sandro qui paie pour moi. Je m’écrie :
– David, je t’en prie, il ne faut pas lui en vouloir… C’est moi qui ai perdu le contrôle ! Sandro voulait juste me distraire mais j’étais tellement bouleversée, j’ai bu sans même m’en apercevoir !
– Bouleversée ?
David a l’air désarçonné.
– Mais bouleversée de quoi ? La journée avait si bien commencé !
C’est le moment.
Courage, Louisa. Si seulement j’avais moins mal au crâne…
– David, il faut que je te dise quelque chose… Hier, après ton départ, je cherchais mes affaires… Et je suis entrée par accident dans ton bureau.
– Comment ?
– C’était… C’était un accident ! Toutes les portes étaient fermées, j’en ai ouvert une au hasard, pensant que c’était celle de la bibliothèque !
Mon sentiment d’injustice est total. C’est David qui m’espionne, et il trouve le moyen de se sentir trahi ?
– Le problème n’est pas comment je me suis retrouvée dans cette pièce, David : c’est ce que j’y ai vu.
– Et qu’as-tu vu, exactement, Louisa, pendant que tu fouillais dans mes affaires ?
C'en est trop. Je fonds en larme et ma voix se brise.
– Comment peux-tu te comporter comme si j’étais fautive après ce que j’ai découvert ? Tu m’as faite suivre David. Tu as amassé des informations sur mes proches et sur moi. Et puis cette pièce… Toute cette pièce est atroce et malsaine. C’est quoi, toutes ces coupures de presse ? On dirait un film d’horreur !
David se relève et fait les cent pas, hors de lui.
– Comment oses-tu dire des choses pareilles ? C’est toi qui as fouillé mon appartement, et c’est moi que l’on juge ?
– Je ne te juge pas David : j’ai peur de toi.
À ces mots, il s’arrête, ébahi.
– Peur de moi ?
– Comment veux-tu qu’il en soit autrement ? Est-ce que tu peux imaginer l’effroi qui m’a saisie en découvrant… Je n’ai même pas de mots pour ça. Je ne sais même pas par où commencer pour décrire ce que j’ai vu !
David se laisse tomber dans le fauteuil et passe sa main sur son visage.
– Ok, ok. Je comprends.
Il soupire.
– Ce que tu as vu, Louisa, ce n’est rien d’autre que de la documentation pour mon prochain livre. Je compte écrire un roman policier qui se passe dans les bas-fonds de Brooklyn. J’ai fait des recherches pour m’inspirer d’un fait divers réel. J’ai également contacté un détective privé pour qu’il m’explique ses méthodes d’investigation.
Il s’interrompt un moment, cherche ses mots.
– Quand je t’ai rencontrée, moi aussi, j’ai eu peur. Je me suis senti plus proche de toi que je ne l’ai été de quelqu’un depuis des années. Mais ouvrir un espace dans ma vie à une inconnue, c’est compliqué pour moi, tu le sais. Mon passé m’a rendu méfiant, et ma fortune et mon expérience me disent que j’ai raison de l’être. J’ai sans doute eu tort mais… la tentation était trop grande. J’ai rappelé ce détective et lui ai demandé de se renseigner sur toi avant de te proposer de me suivre en Italie. Je devais être sûr, tu comprends ? Sûr que tu n’en avais ni après l’argent, ni après ma célébrité.
Je reste interdite. Mon cœur se brise.
– Tu as douté de moi ?
David se précipite vers moi et m’étreint, mais je reste comme inerte dans ses bras.
– Je suis désolé Louisa. Je… je n’ai pas l’habitude de faire… ce qu’on fait là, toi et moi. Je ne sais pas comment les autres gens s’y prennent. Je ne comprends pas comment est-ce qu’ils peuvent accueillir quelqu’un dans leur vie comme ça, sans garanties…
Il s’interrompt.
– Je dois être fou.
Son désarroi est tel ! Et après ce que j’ai découvert depuis deux jours, je ne peux que le comprendre.
– Non, David, non, tu n’es pas fou ! Tu as commis une erreur. Ça arrive. Mais si cette erreur t’a permis de t’ouvrir à moi, alors elle était sans doute nécessaire…
Stupéfait, David me demande :
– Tu veux dire que tu me pardonnes ?
– Bien sûr ! On ne cesse pas d'apprécier des gens à leur moindre faux pas. C'est fini, n'en parlons plus, et j’espère que tu me pardonnes d’avoir douté de toi et d’avoir immédiatement imaginé le pire.
Il m’embrasse avec intensité. Je suis à moitié nue sur le lit et je tremble : de la violence de la scène, de la passion dans ses lèvres, de ses mains sur mon corps.
– Louisa, oh, Louisa… Il faut que nous apprenions à nous faire confiance, toi et moi.
Je murmure, éperdue :
– Oui… Oui… David… Je veux te faire confiance. Aveuglément.
Ses baisers reprennent de plus belle. Au contact de son corps, je m’abandonne tout à fait. Mais David relâche soudain son étreinte.
– Gary a ramené tes affaires hier. Elles sont là, près de la fenêtre. Tu as toujours le foulard que je t’ai offert en Italie ?
Je fais signe que oui. David traverse la pièce, ouvre ma valise, et revient en tenant à la main l’étoffe gris perle aux motifs corail. Avec la soie, il caresse ma peau.
– J’ai une idée. Une sorte d’exercice, ou plutôt de contrat que nous pourrions passer, toi et moi. Pour que nous sachions que nous sommes en sécurité l’un avec l’autre.
Il s’approche de mon oreille et me murmure, avec une voix qui me fait totalement chavirer :
– Je vais te bander les yeux avec ce foulard et, pendant trente minutes, tu vas m’appartenir. Tu verras alors qu’il n’y a rien à craindre de moi.
Quoi ? ? ?
Ce n’est pas tant l’idée d’avoir les yeux bandés qui me fait réagir mais plutôt celle de faire l’amour tout de suite, après une dispute si violente.
– David, je ne suis pas certaine de vouloir… pas tout de suite… je suis encore bouleversée.
Mon ténébreux amant sourit et demande :
– Vraiment ?
Il s’empare alors de ma main et la fait glisser entre mes jambes, à l’endroit critique.
Incroyable !
Je peux sentir mon sexe trempé !
– Je pense au contraire que toi comme moi avons besoin de décharger toute cette tension. Tu ne penses pas ? me dit-il, un sourire en coin.
Le souffle court, j’acquiesce. J’avoue, je suis très effrayée mais aussi très excitée par son autorité, par cette perspective de… de lui « appartenir ». David commence à défaire sa ceinture. Je déglutis. Ma tension augmente brutalement, ainsi que la température de la pièce. Mes yeux sont rivés sur lui. Sur cette partie de son corps.
– Non, Louisa, ne me regarde pas.
Il se penche vers moi. Dans un geste de profonde soumission, je fais glisser mes cheveux le long de mon épaule alors qu’il recouvre mes yeux de l’étoffe. Ses mains nouent le foulard à l’arrière de mon crâne. Je ne peux absolument rien voir. J’entends le lit qui grince, les draps qui se froissent. J’entends le bruit de sa chemise qui atterrit sur le fauteuil. J’entends sa ceinture tomber au sol, le bruit d’une braguette qu’on ouvre. Ce son me rend folle : mes seins durcissent. J’attends.
Une main se pose sur ma nuque et fait basculer ma tête en arrière.
– Je pourrais contempler ton corps offert pendant des heures, Louisa…
Il s’empresse d’ajouter, ce qui me fait frémir :
– Dommage que j’aie d’autres projets.
Une main s’empare alors d’un de mes poignets, puis de l’autre, et les ramène au-dessus de ma tête. Je sens le poids de son corps qui me fait basculer en arrière et m’écrase sur le lit.
– Ne bouge pas.
Comment le pourrais-je ?
David glisse une main sous mon dos. Il la fait descendre le long de ma colonne, jusqu’à mes fesses. Elle passe sous elles et remonte, jusqu’à l’entrée de mon sexe. Instinctivement, mes cuisses s’ouvrent.
– Tu as envie de sentir mes doigts en toi, Louisa ?
J’acquiesce.
– Je veux que tu me le dises. Je veux que tu me le demandes.
Les mots n’arrivent pas à sortir de ma bouche. La réaction de David ne se fait pas attendre : il pose un doigt expert sur la partie la plus délicieuse et la plus exposée de mon anatomie.
– Demande-moi, Louisa.
– Je… Je veux que tu me caresses. Je veux que tu me fasses jouir.
Mon corps entier est en fusion. David joue avec mon clitoris, délicatement, m’emplissant de plaisir mais également de frustration. J’ai envie de l’avoir en moi autant que je savoure cette façon qu’il a de faire monter la pression avec lenteur, jusqu’à me mettre au supplice. Durant de longues secondes. En s’interrompant parfois.
Dieu que c’est bon !
Mais soudain, sa main s’enlève.
– Pas tout de suite, Louisa. D’abord, je veux que tu apprennes à suivre ton instinct. Tu ne peux pas me faire confiance si tu n’as pas confiance en toi-même.
Je sens son corps s’étendre à mes côtés.
– Donne-moi du plaisir, Louisa. Comme tu as appris à le faire en Italie.
Intimidée, je pose une main sur ce que je devine être son torse. Je me concentre soudain sur la sensation de sa peau au bout de mes doigts. Je commence à tracer ses contours. Ici, je peux sentir une veine frémir. Là, c’est un muscle qui se tend. Je ne fais que l’effleurer mais je prends peu à peu conscience de ma puissance. De l’effet que je lui fais, de la manière dont son corps vit et réagit sous mes doigts. Il m’en faut plus.
Je le fais pivoter et bascule. Je me tiens à califourchon sur lui et fais descendre ma main jusqu’à son sexe. Je l’enserre et m’étonne de ses proportions.
Il est… tellement large !
Je relâche mon étreinte et fais remonter un doigt le long de sa verge. Je sens la douceur de sa peau, je sens la raideur extrême de son membre, je sens la douce humidité de son extrémité. Sans même y penser, je passe une main entre mes cuisses pour la mouiller à mon sexe, avant de la refermer lentement sur le sien. Je commence à aller et venir, doucement. Je ne suis plus qu’un corps, à l’écoute et au service d’un autre. J’essaie de me connecter à son rythme. Je descends un peu plus bas sur ses hanches afin que mon clitoris touche sa verge, et continue de la caresser lentement, doucement, pendant que mon bassin bouge de haut en bas. La sensation est divine ! Je joue avec ma frustration : il serait si simple de le faire entrer en moi… Je joue également avec la sienne : je change de rythme, de main, m’adapte à ses mouvement pour les suivre ou, au contraire, les contrarier. Je l’entends haleter sous moi, de plus en plus fort. Je couche mon buste sur lui. Mes tétons, effroyablement durs, entrent en contact avec son torse. J’incline ma tête pour recueillir son souffle à mon oreille. Ce son me rend folle. Je lâche prise et commence à descendre sur lui en prenant soin de laisser mes cheveux courir sur son corps.
Arrivée à son sexe, je raidis ma langue. Mes mains se posent sur ses cuisses et mes doigts pénètrent sa chair. Je peux sentir chacun de ses muscles tendus, alertes, en attente. Je pose ma bouche sur son gland. D’un geste, il me retient :
– Attends, Louisa.
Je sens son bras se tendre. Il fouille, cherche quelque chose. Un emballage se déchire. Je reconnais ce bruit. J’attrape le préservatif dans sa main et le coince entre mes lèvres. C’est avec ma bouche que je déroule le latex sur lui, ce qui a pour effet de le rendre complètement dingue. Il est déjà tellement excité… Je commence à le sucer goulument. Il bascule vers moi.
Il est à ma merci.
Je redouble d’ardeur et tente de le faire remonter le plus loin possible dans ma gorge. J’ai beau être aveugle, jamais je n’ai jamais eu l’impression d’être aussi clairvoyante. D’avoir un tel contrôle, une telle maîtrise de mes gestes.
– Louisa, c’est trop bon…
Je relâche ma langue puis la raidit tour à tour. Avec ma bouche, je forme un étau chaud et humide autour de sa verge. Je lèche, je suce, mon attention entière est focalisée sur sa réaction. Je sens la jouissance monter en lui. Il tente d’aller plus profond en moi. Il agrippe mes cheveux et les serre. Il bouge son sexe dans ma bouche, s’enfonce tant qu’il peut et, de nouveau, les rapports de force s’inversent : je ne suis plus qu’une machine faite pour lui donner du plaisir…
Il pousse un dernier râle et se relâche. Je me retire et roule sur le côté puis me redresse, prête à enlever le bandeau. Je l’entends protester.
– Ce n’est pas fini, Louisa. Il va falloir qu’on s’occupe de toi, maintenant.
Je sens un sourire fendre mes lèvres.
– Tu as appris à me faire confiance les yeux fermés… Mais jusqu’où es-tu prête à aller exactement ?
En ce moment ? Je ne suis pas certaine d’avoir de limites. Mais ça, je me garde bien de le lui dire !
– Tends tes mains vers moi.
J’avance mes bras dans ce qu’il me semble être sa direction. Il s’empare de mes poignets et les serre l’un contre l’autre puis les enserre avec ce que j’identifie être du cuir. Bon sang !
– Tu es d’accord ?
J’opine.
– Ça, c’était ma ceinture…
Il dit ça en m’étendant sur le lit. Je me laisse guider.
– … et ça…
Il attrape ma jambe droite.
– … c’est l’une de mes cravates.
Je sens un tissu s’enrouler autour de ma cheville. Il noue l’autre extrémité de la cravate au pied du lit. Il recommence la même opération : autre cheville, autre cravate. Heureusement, la longueur du tissu me laisse une certaine latitude pour bouger, mais au bout d’une dizaine de centimètres, ça coince : mes jambe restent obstinément ouvertes. Dans cette position, il peut faire de moi ce qu’il veut. Cette pensée m’excite atrocement. Je me cabre.
– Chut… Ne remue pas tant.
Il glisse ce que j’identifie comme un coussin sous mes reins, ce qui surélève mon bassin.
– Voilà.
Je le sens glisser entre mes jambes et remonter vers moi. Son corps glisse contre le mien. D’instinct, je tente de refermer mes jambes autour de lui mais mes entraves viennent se rappeler à mon bon souvenir. Je tire dessus, je me balance, mais ne peux rien faire : le moindre mouvement a pour effet de resserrer le tissu autour de mes chevilles, ce qui cause une légère brûlure qui n’est… pas désagréable. Je sens le sexe de David, dur de nouveau, se presser contre le mien.
– Louisa, tu es tellement mouillée…
Il entre en moi, brutalement. Je pousse un petit cri de surprise. Tout mon corps se tend puis se relâche pour le recevoir. Il commence à bouger en moi, profondément. Je peux le sentir complètement. J’ai l’impression que son sexe est énorme en comparaison du mien. La jouissance et une légère douleur viennent se mêler. Je découvre une extase alors inconnue. Je ne comprends pas ce qu’il m’arrive. Je tente de bouger mais n’arrive qu’à donner des petits coups de reins secs à cause de mes attaches. Je sens que ça rend David fou.
– Tu me fais confiance, là, Louisa ?
Je halète de plus belle. Ses mains remontent le long de mes côtes, de mes bras, pour aller maintenir mes poignets fermement contre le matelas. Je me sens totalement écartelée, emprisonnée… Sa langue vient titiller ma poitrine : mon buste se tend vers lui. Il plaque l’une de ses mains sur ma hanche pour me maintenir immobile.
– Tu me fais confiance pour te faire jouir ?
– Oui… Oh, oui…
– Alors abandonne toi tout à fait.
À ces mots, j’oublie tout : je laisse mon corps en prise aux caresses de David. Sa bouche vient se presser contre la mienne, sa langue s’enfonce profondément en moi. Il passe ses mains sous mes reins et surélève mon bassin. Il se décolle de moi et s’enfonce encore plus profondément.
Tellement loin !
Je suis maintenant tout à fait ouverte, tout à fait lascive : je l’accueille en gémissant.
– Oh ! Louisa, ce que c’est bon.
Mes pieds sont posés à plat sur le lit et mes jambes fléchies. Dans cette position, je ne peux plus bouger du tout : c’est David qui fait coulisser son sexe en moi, dans un mouvement de va-et-vient langoureux, effroyablement intense. Je voudrais retirer mon bandeau et le voir mais je ne le peux pas à cause de sa ceinture. Alors je ferme les yeux et me concentre pour me le représenter : ses mains resserrées autour de ma taille, son bassin qui avance vers moi puis qui recule, son corps tendu dans l’effort… Ça y est, je l’imagine parfaitement.
– Tu es à moi, Louisa.
Sa possessivité me fait perdre la tête. Il augmente le rythme et la violence de son mouvement de va-et-vient. Je suis à un degré de soumission inouï, et pourtant il y a entre nous une grande douceur due à notre complicité dans ce jeu. Le plaisir est tellement intense que ça en devient insupportable. Je gémis de plus belle.
– Oui ! Jouis pour moi ! Et je jouirai en même temps que toi, Louisa.
Encore un coup de reins. Une vague me submerge. Un deuxième coup de reins. Toute mon attention se focalise sur la sensation dans mon ventre – une tempête, un séisme dont l’onde de choc me parcourt. Je m’entends crier de plaisir. David donne alors un ultime coup de reins, plus profond, plus intense, plus long que tous les autres. Ma bouche se tord dans un râle qui semble ne pas connaître de fin. Puis son corps retombe sur le mien dans un ultime soubresaut.
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