365 rendez-vous avec Marcia

Marcia Pilote · Chapitre 13 sur 16

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365 rendez-vous avec Marcia

Octobre

1er octobre

 

Tout le monde a besoin de soutien

 

Je suis toujours étonnée de constater à quel point les femmes ne sont pas conscientes que la plupart d’entre elles ne portent pas le soutien-gorge qui leur convient. Pour un morceau aussi important, je ne comprends pas encore pourquoi si peu d’entre vous osent investir. Un bon soutien-gorge possède plusieurs vertus. La première, et la plus importante selon moi, c’est sa faculté de modeler la silhouette. Si, demain matin, vous trouvez chaussure à votre pied (je devrais dire… à vos seins) en matière de soutien, vous remarquerez que votre silhouette sera affinée; et ne soyez pas surprises lorsque les gens vous demanderont si vous avez perdu du poids. En Europe, dès que leur poitrine se développe, les jeunes filles ont recours aux services d’une corsetière qui s’assure de leur procurer le meilleur soutien. Ici, on n’a pas ce réflexe du tout, et si on attend que cette pratique entre dans nos mœurs, on a le temps d’avoir les seins aux genoux! Alors s.v.p., n’attendez pas que la loi de la gravité fasse son œuvre et empressez-vous de prendre un rendez-vous dans une lingerie. Cela va changer votre vie! Faites votre recherche (je ne veux pas faire de la publicité pour personne), car il y a peu de lingeries au Québec où l’on offre ce service. Mais lorsque vous aurez trouvé et pris un rendez-vous, sachez que vous direz qu’il y a eu un avant et un après dans votre vie. Avant que vos seins soient parfaitement soutenus et après. Quand vous aurez offert ça à votre paire, vous ne pourrez plus vous en passer. Vous pouvez même attendre à la fête des paires, oups! des mères… pour vous payer ce luxe. J’ai écrit luxe, mais je devrais plutôt écrire nécessité. S’il s’agissait d’un item qu’on porte trois fois par année, je n’essaierais pas de vous convaincre et surtout je n’écrirais pas à ce sujet. J’ai vécu l’expérience trois fois dans ma vie. La première fois, c’était pour une chronique à la télévision: j’ai expérimenté tout le processus et j’en ai été enchantée. La deuxième fois, c’était bien des années plus tard: mon modèle étant discontinué et ma première boutique fermée, j’ai dû faire appel à une autre lingerie. Puis la troisième fois, c’était un cadeau que j’honorais. Chaque fois, je me suis upgradée (sans jeu de mots). Je suis donc rendue, vous l’aurez deviné, experte pour détecter au premier regard, chez chaque femme, ce qui cloche. À l’œil nu, sous les blouses, les chandails et les vestons: tantôt un bonnet trop petit qui laisse déborder un excédent, tantôt un bonnet trop grand qui plisse, tantôt un élastique qui s’enfonce trop haut sous l’aisselle ou des bonnets fatigués qui ne font plus leur travail et relâchent une poitrine déjà lousse.

J’espère que je vous ai convaincues de faire une petite virée dans une

lingerie. Quand vous en aurez fait l’expérience, vous vous demanderez comment il se fait que vous n’ayez pas connu cela avant. Pour environ 90 $, vous aurez trouvé la CLÉ qui vous permettra d’avoir une silhouette avantageuse et, de surcroît, si je vous rencontre, je pourrai vous faire un p’tit clin d’œil d’approbation puisque vous ferez maintenant partie de mon groupe de soutien!

 

2 octobre

 

C’est urgent

 

Il me semble qu’on était plus zen avant… avant l’arrivée de la double ligne, des textos, des courriels, de FB. J’apprécie tous ces outils et je ne pourrais plus m’en passer, mais j’avoue que j’aimais bien l’époque où quand tu appelais chez quelqu’un qui ne pouvait pas te répondre, ça sonnait occupé. Tu rappelais un peu plus tard. Maintenant, il faut être joignable en tout temps, 24 h/24, c’est la tyrannie de l’urgence. On dispose de quatre moyens pour arriver à rejoindre quelqu’un: par courriel, par texto, par message privé sur Facebook, par téléphone. Si on n’a pas de nouvelles de la personne dans la demi-heure, ne cherchez pas, il n’y a que deux seules raisons possibles à ce silence:

1. La personne est en avion.

2. La personne est morte.

Je peux vous dire que je ne réponds pas illico à mes messages et ce n’est

pas parce que je suis en avion et, à ce que je sache, je ne suis pas morte. C’est un choix de vie. Je possède un téléphone intelligent parce qu’il me permet d’être libre. Je peux travailler de n’importe où, prendre mes courriels où que je sois, en envoyer, gérer mes affaires et mes horaires. Je veux être libre. Laissez-moi un message et je vous rappellerai quand je le déciderai. Je sais que je fonctionne à contre-courant et que certaines personnes pourraient dire que je ne suis pas à mon affaire. Si être à son affaire, c’est d’appartenir à tout le monde et de vivre en état d’urgence tous les jours de ma vie, eh bien, il me fait plaisir d’affirmer que, effectivement, je ne suis pas à mon affaire. Gérer mes messages à mon rythme, à ma manière, c’est pour moi la CLÉ de la liberté. La seule personne que je veux pouvoir joindre en tout temps, c’est moi-même, et pour cela, je dois décrocher de temps en temps.

 

3 octobre

 

Encore stressée pour rien

 

Vous arrive-t-il de dire cette phrase: «Je me suis encore stressée pour rien»?

Savez-vous qu’il serait possible de ne plus jamais la dire? Comment?

Tout simplement en cessant d’élaborer des scénarios catastrophes! Dans cette phrase, c’est le encore qui me titille. Cela implique que chaque fois que quelque chose nous inquiète, on imagine le pire, on se fait du mal, on se stresse avec un scénario qui non seulement est fictif mais irréaliste. Qu’est-ce qui est responsable de ces scénarios catastrophes qu’on projette sur nos écrans? C’est notre imagination. Qui active les commandes de notre boite à images et crée les scénarios? Nous. Savoir cela me permet de cesser d’anticiper le pire. Quand j’ai bien en main la télécommande de mon écran, je peux sélectionner le programme que j’ai envie de voir. C’est moi qui décide des émissions, des p’tites vues qui seront projetées sur mon écran mental. Je suis non seulement la directrice de la programmation, mais aussi la réalisatrice (je peux décider de l’histoire), la scénariste (je peux écrire le scénario en collaboration avec la vie), l’actrice principale (je me donne le plus beau rôle), et la camérawoman (c’est moi qui cadre et qui focusse sur ce que je veux voir à l’écran). Je suis aussi la monteuse (c’est moi qui fait le montage de mon scénario). Savoir cela est la CLÉ pour une vie sans stress. Savoir cela me permet de comprendre que je suis responsable à 100% de ce que je projette sur mon écran.

 

4 octobre

 

Veuillez m’excuser

 

J’ai 11 ans. Une amie de ma mère me demande ce que je voudrais être quand je serai grande, et je réponds spontanément: «Libre!»

Je veux être libre. Pourquoi ce jour-là, cette amie-là et surtout ce verbe-

là? Habituellement, on demande aux enfants: Qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras grande? Faire, pas être. Je n’ai jamais trop su ce que je voulais faire une fois rendue adulte, mais ce que je voulais être, je le savais tellement. Être libre. Ça veut tout dire, non? Être libre d’avoir des enfants ou non, être libre de mes allées et venues, être libre d’habiter seule ou non, être libre d’aimer qui je veux, être libre d’exercer le métier que je veux, être libre de penser ce que je veux, être libre de manger ce que je veux, être libre de me coucher à l’heure que je veux et, surtout, être libre d’être qui je suis, qui j’allais être. Déjà, à 11 ans, c’était pour moi une préoccupation. Puis c’est devenu ma mission. Être libre pour pouvoir inspirer les autres femmes à le devenir. Pour inspirer réellement, il faut l’incarner à 100%. Je suis une femme libre. Qu’est-ce qu’une femme libre? C’est une femme avec une vie normale, une maison, des enfants, des obligations, un cycle menstruel, des hormones, un corps, une famille, une vie amoureuse, matérielle, professionnelle, financière et sociale, des peurs, des préoccupations, des défis, des épreuves et qui, malgré tout ça, se sent libre.

La CLÉ pour que cet état de liberté soit au cœur de ma vie quotidienne

est de ne jamais me laisser dépasser par mes problèmes. Le jour où nos problèmes nous dépassent, ils nous emprisonnent, comme si on devait subir une sentence. Même quand je me sentais prise, il y a toujours eu en moi un vaste espace, un terrain vague où je pouvais aller me ressourcer, courir sans retenue, lâcher mon fou pour revenir plus solide par la suite. Comment arrive-t-on à tatouer sur notre âme cet état de liberté? En traitant au fur et à mesure ce qui pourrait nous emprisonner. C’est aussi simple que ça. Chaque fois que vous vous rendez compte qu’il y a une menace de dépassement, vous devez être capable de dire: «Veuillez m’excuser, je dois me retirer, j’ai une petite urgence.»

Prenez le temps qu’il faut pour traiter les éléments sur votre route qui

pourraient constituer une entrave à votre liberté. Vous pourrez ainsi être grandement libre, comme moi quand je serai grande!

 

5 octobre

 

Mes cheveux

 

J’ai pris une décision et je m’y tiendrai pour le reste de mes jours. J’ai décidé de ne jamais commencer ma journée sans m’être occupée de mes cheveux. Les laver, les sécher, les placer, bref, qu’ils soient à mon goût. Je travaille de la maison et il arrive que je n’aie pas à sortir de chez moi sauf pour aller au gym ou aller chercher quelque chose chez ma sœur qui demeure à côté. Si bien que lorsque je me lève le matin, je me fais un thé, je me prends quelque chose à manger, je monte à mon bureau, je fais mes pages du matin, j’écris quelques courriels et les heures filent sans que je m’en sois aperçue. Il est donc midi quand je sors de ma bulle pour dîner. Ensuite, dans l’après-midi, le temps file et 16 heures sonnent. Pourquoi je vous raconte tout cela? Quel est le rapport avec mes cheveux? Voici ma constatation. J’ai remarqué que lorsque je commence ma journée en m’occupant de mes cheveux avant de faire quoi que ce soit d’autre, ça fait une différence sur mon moral et mon efficacité! Ma réflexion est peut-être tirée par les cheveux, mais j’ai envie de me donner ce petit coup de pouce pour que mes journées soient optimales. La CLÉ d’une journée réussie est d’avoir, autant que faire se peut, un esprit dégagé et le moins possible de choses qu’on remet à plus tard. Quand, chaque fois que je passe devant le miroir, je me dis qu’il faudrait que je me lave les cheveux, quand il est rendu 16 h et que je conclus que ça ira au lendemain, je passe la soirée avec une tuque sur la tête (non, pas pour vrai, mais je peux dire que c’est tout comme), je me rends compte que le p’tit quinze minutes que j’aurais pris le matin pour que ce soit fait m’aurait permis de m’enlever ce dossier de la tête et, par le fait même, d’avoir une belle tête! À partir d’aujourd’hui, mon dicton est le suivant: Occupe-toi de ton capillaire et toute la journée, tu en seras fière!

 

6 octobre

 

Le moule

 

Ce matin, en faisant mes pages du matin, j’ai écrit cette phrase: «Je ne fitte nulle part, sauf… à ma place.»

J’écrivais sur le fait que je me sentais tellement bien d’avoir le sentiment

d’être À MA PLACE, d’avoir trouvé «ma place». Pas juste professionnellement, mais dans tous les domaines de ma vie. Toute ma vie, j’ai cherché ma place, je me suis toujours sentie si différente, pas comme tout le monde, même si je célébrais cette différence car je n’en souffrais pas (je trouvais même ça charmant d’être unique). Mais là où je souffrais, c’était en pensant que puisque je ne faisais rien comme les autres, je ne pourrais pas avoir autant que les autres… comme si ma marginalité venait avec le fait d’être pénalisée. Je croyais que c’était normal d’avoir un prix à payer pour ne rien faire comme les autres. Un jour, je me suis dit: Et si j’étais récompensée pour être qui je suis? Et si j’étais même compensée pour toutes ces années où je n’ai pas reçu ce que j’étais en droit de recevoir? J’ai même inventé un terme lié à cette prise de conscience: LA RÉCOMPENSATION.

Toute ma vie, j’ai eu le courage de parcourir ce chemin pour me rendre

jusqu’à moi-même. Ce chemin, c’est peut-être ben cucul de dire ça, mais c’est le chemin de l’amour. La CLÉ: Aimer qui je suis totalement: mes défauts, mes façons de faire, mes zones d’ombre, mes contradictions, mon évolution, mon rythme. Honorer qui je suis. Pas dans le sens de faire un trip d’ego, pas du tout, mais dans le sens d’avoir le courage de ne pas entrer dans le moule et d’en être fière, ne pas en avoir honte. Je n’ai rien contre les moules, au contraire, mais je revendique le droit de choisir le mien, pas celui imposé par la société.

Je crois que ce que j’ai réussi à faire le mieux, c’est d’entrer dans le

moule… le mien.

Je vous souhaite du fond de mon cœur de continuer, de commencer ou

d’achever de faire le chemin qui vous conduira jusqu’à vous-même. C’est le plus beau cadeau que vous puissiez vous offrir.

 

7 octobre

 

À jour, toujours

 

J’ai eu le temps de te dire tout ce que je voulais avant que tu partes. J’ai appris avec toi que c’est comme ça qu’il fallait faire: dire tout ce qu’on a à dire, être tout ce qu’on a à être avec les personnes qu’on aime pour qu’au moment de leur départ, parce que ça arrivera (même si on aime mieux ne pas y penser), on sache qu’on est à jour. On s’est tout dit, on n’a plus rien sur le cœur; plutôt, on a tout dans le cœur, l’essence de notre relation qu’on portera jusqu’à la fin de nos jours. Je veux vivre ma vie de cette façon, en sachant qu’avec toutes les femmes, tous les hommes de ma vie, on est à jour, on s’est tout dit. On aurait bien continué encore des années, on aurait vraiment aimé détenir la CLÉ de l’éternité, on avait tellement de sujets à l’ordre du jour, surtout au point varia, où on peut parler de ce qu’on veut. Dans les réunions formelles c’est ce moment que je préfère. On a réglé tout ce qu’on avait à régler, maintenant on peut parler de ce qui nous préoccupe en dehors des points cruciaux. Moi, j’ai toujours su que c’est au varia qu’on retrouve les points les plus importants. Avec les êtres humains qui auront croisé ma route, que ce soit pendant deux, quinze ou cinquante ans, je veux avoir eu le temps de me rendre là, au point varia, là où on parle de ce qui nous tient vraiment à cœur parce que tous les points ont été traités. Je veux me rendre là, avec chacun, avec chacune des personnes que je croiserai sur ma route. Quand j’ai besoin de me rappeler tout ça, l’importance d’être à jour, toujours, j’écoute en boucle la magnifique chanson de Luc De Larochelière.

On ne choisit pas toujours la route

Ni même le moment du départ

On n’efface pas toujours le doute

La vieille peur d’être en retard

Et la vie est si fragile

On ne choisit jamais de vieillir

On voudrait rêver un peu plus

La vie n’est pas faite pour mourir

On meurt souvent bien entendu

Et la vie est si fragile…

 

8 octobre

 

Dépendance affective

 

On a beaucoup entendu parler de dépendance affective. On sait de quoi il en retourne dans le cadre d’une relation amoureuse, mais au-delà du contexte amoureux, on croit que cette dynamique n’existe pas. C’est faux. Une femme peut être dépendante affective de ses enfants, de son travail, de ses amies. Ma définition est la suivante: c’est remettre entre les mains d’autrui le pouvoir de nous donner le sentiment que nous avons de la valeur. Croire qu’il n’y a que lui, elle, eux ou cela qui peuvent nous apporter ce que nous recherchons. Nous nous retrouvons donc piégées, car si «lui, elle, eux ou cela» cessent de nous donner notre dose, on croit que nous en mourrons. Nous sommes donc dépendantes de ces personnes. Dépendantes comme une junkie qui, lorsqu’elle n’a pas sa dose, ne peut pas planer. En amour, si l’autre semble contrarié, si l’autre semble plus distant, eh bien, nous nous sentons toutes croches, et nous ferions des bassesses pour avoir notre dose d’amour. Être dépendantes affectives nous oblige à endurer des comportements qui sont inacceptables. Tant que nous croirons que seule cette personne peut nous procurer notre dose, nous serons maltraitées. On se dit: C’est ça ou rien. Quand on est sous l’emprise de la dépendance, on n’a tellement pas de recul, qu’on oublie qu’entre ÇA et RIEN, il y a de multiples options.

Dans ma vie amoureuse, je n’ai jamais souffert de ce pattern. Je l’ai

connu, mais momentanément. Savez-vous dans quel contexte j’ai connu les terribles effets de la dépendance affective? Dans ma vie professionnelle. Être dépendante du regard des autres, vouloir être choisie. Être quelqu’un et avoir de la valeur parce que c’est sur moi que le choix s’est arrêté. Me rouler en boule dans mon salon parce que je n’ai pas été choisie et croire que c’est la confirmation que je n’ai pas de valeur. Laisser entre les mains des autres le pouvoir de décider si j’ai du talent ou non, les laisser me permettre de travailler, les laisser décider de mes horaires, de mon emploi du temps. C’est très souffrant comme pattern parce que s’ils ne te donnent pas ta dose, tu te sens comme une moins que rien, et s’ils te la donnent, tu es prise dans les rouages d’une dynamique de dépendance qui fait en sorte que tu acceptes d’être maltraitée.

Ce que je veux dire en écrivant ce texte, c’est que je remarque que

plusieurs femmes sont dépendantes affectives de leur travail. Elles attendent la tape dans le dos, le compliment, elles remettent la reconnaissance de leur valeur entre les mains d’un employeur. Elles se croient obligées de rester dans un contexte où elles se vident de leur énergie et endurent des situations qui sont inacceptables. J’en aurais long à dire sur le chemin que j’ai eu à parcourir pour retrouver ma liberté et mon indépendance face à ce que je voulais vraiment faire comme travail et, surtout, comment je voulais le faire. Vous n’êtes pas sans savoir que vous y êtes pour beaucoup. Vos beaux messages, votre amour inconditionnel et votre fidélité m’ont donné le courage de sortir d’un pattern où je n’étais pas reconnue à ma juste valeur et où on n’appréciait pas mon essence comme vous savez si bien le faire. Aujourd’hui, je vous dis merci de m’avoir permis de trouver la CLÉ de mon bonheur professionnel.

 

9 octobre

 

Parler des vraies affaires

 

La plupart des gens éprouvent de la difficulté à échanger à propos de banalités du quotidien, alors imaginez lorsque survient une situation qui exige une entrée en matière autre que les phrases traditionnelles. Une collègue vit un deuil, un problème de santé ou toute autre situation délicate? Quel sera le réflexe de plus de 75% des gens? Ignorer la situation ou, pire encore, fuir la personne. Je viens de terminer la lecture d’un livre qui peut être d’un grand secours au cours de notre vie: Les mots qui font du bien, que dire quand on ne sait pas quoi dire, écrit par Nance Guilmartin, aux éditions de l’Homme.

L’auteure nous invite à réfléchir avec elle à la façon dont on peut offrir

en toute simplicité du réconfort dans les moments difficiles par le biais de ce qu’on dit aux autres. Tous les sujets y sont traités: quoi dire quand quelqu’un vit une faillite, une rupture, un échec, une intervention chirurgicale, un deuil, une maladie, etc.

– Une bonne façon de réconforter les gens qui souffrent physiquement

ou moralement, c’est de faire en sorte qu’ils soient assez à l’aise pour

pleurer s’ils en sentent le besoin.

– Vous voulez assurer une présence de qualité à quelqu’un qui traverse

un moment difficile? Commencez par vous assurer de bien respirer, ça

fait toute la différence.

– Si une personne vous parle d’un accident qu’elle vient d’avoir, évitez

les questions du genre: «C’est toi qui conduisais?» Demandez-lui

plutôt: «Comment vas-tu maintenant? Aimerais-tu m’en parler?»

– Il est important d’être capable d’exprimer en toute franchise votre

malaise. Dire la vérité face à la situation, ne pas faire semblant: «Je ne

sais pas comment tu te sens en ce moment et, pour être honnête, je ne

sais pas non plus quoi te dire, mais je veux que tu saches que je me fais

beaucoup de souci pour toi.»

– Surtout, laissez de côté la fameuse phrase Je sais ce que tu vis, je suis

passée par là. On ne peut jamais savoir à coup sûr ce qu’éprouve une

autre personne dans une situation donnée.

Je rêve du jour où nous serons capables de parler des vraies affaires,

d’aborder tous les sujets. Il faudra pour cela développer des aptitudes et trouver les CLÉS qui nous permettront d’enrichir notre vie en multipliant les échanges véritables.

 

10 octobre

 

En dette envers moi

 

Vous êtes-vous déjà entendue dire cette phrase lorsqu’une personne a été très généreuse envers vous et que vous ne savez pas comment la remercier: «Je t’en dois une…»

J’ai la réflexion suivante concernant ce sentiment de dette. Je sens que je

dois beaucoup à moi-même. Toutes ces années où j’ai donné à tout le monde, et maintenant la vie me donne une CLÉ, elle me dit: C’est à ton tour, occupe-toi de toi. Tu es maintenant libre et dégagée de tout ce qui t’empêchait de bien t’occuper de toi. Tu n’as plus de repas à planifier, tu peux manger quand tu as faim, tu peux vivre selon ton biorythme, tu peux travailler sans être obligée d’arrêter à 17 h pour préparer le souper. Tu es assurée de passer une bonne nuit lorsque ta tête se pose sur l’oreiller. Tu n’auras plus jamais peur d’être réveillée par un bébé qui fait ses dents ou un ado qui rentre trop tard. Maintenant, ma chère, tu peux en profiter, tu peux te glisser dans ta vie à toi. Tu es diplômée de la vie, diplômée de ta vie.

Quand j’ai eu 50 ans, c’est l’effet que ça m’a fait. Curieusement, cette

année-là, tout s’est placé. Je n’avais plus d’enfants à temps plein à la maison, sauf un ado de 16 ans, le fils de mon chum. La vie a fait qu’il est allé vivre chez sa mère. Je peux dire que c’est la meilleure chose qui pouvait arriver. Quand, depuis trente ans, on a élevé au quotidien six enfants (même si les quatre enfants de mon chum étaient avec nous à temps partagé, je peux vous dire que, moralement, ils y étaient à temps plein. Toutes les préoccupations liées à la famille sont maintenant choses du passé. C’est l’un des plus beaux cadeaux qu’on puisse recevoir. Mais pour savoir le recevoir et le déballer avec grâce, il faut assumer qu’on est rendue à cette étape de la vie et n’avoir aucun regret. C’est mon cas, je n’ai aucun regret de la vie que j’ai vécue.

Avant, je devais tout à tout le monde; maintenant, tout ça (temps, argent,

soins, organisation), c’est à moi que je le dois. Je suis en déficit et j’entends bien mettre mes comptes à jour avec moi-même. J’ai la chance d’avoir encore un demi-siècle pour me rembourser!

 

11 octobre

 

Nommer

 

J’ai envie de vous poser une question concernant votre descendance. Je me suis toujours demandé pourquoi les femmes sont si peu intéressées à donner leur nom à leurs enfants. Je suis toujours très surprise de constater que la plupart d’entre vous n’accordent pas d’importance à cette question, comme si c’était un détail, une peccadille. Si c’est le cas, pourquoi les hommes considèrent-ils ce sujet comme étant capital et manquent-ils tant d’ouverture lorsque la question est abordée? Quand je vous en parle et que je vous demande pourquoi vous n’avez pas tenu à ce que votre enfant porte aussi votre nom, vous me répondez toujours les mêmes choses:

– Ce n’est pas beau, les deux noms ensemble…

Question de vous prendre au mot dans votre argumentation, je vous dis

alors:

– O.k., mets juste ton nom alors.

– Jamais…

– Jamais quoi?

Silence. Vous ne répondez pas. Si vous le voulez, je vais avancer une

réponse: Jamais le père accepterait.

Je ne connais aucun homme qui d’entrée de jeu va dire à sa blonde:

«Sais-tu, chérie, on va donner ton nom à nos enfants, je vais renoncer au mien.» Pourquoi les femmes devraient alors accepter cette pratique sans dire un mot? Voulez-vous savoir ce que je pense? Je pense que les femmes ne veulent pas faire de vagues et ne veulent surtout pas avoir à discuter d’un sujet non négociable pour la plupart des hommes. Elles se trouvent donc de fausses raisons pour ne pas porter l’odieux d’un débat conjugal et familial. J’ai entendu des centaines de fois des femmes dire:

– Moi, je l’ai porté…

– Et alors, justement, raison de plus, il devrait aussi porter ton nom

puisque c’est toi qui l’as porté.

Silence. Ces arguments ne tiennent pas la route. J’entends aussi le

suivant: Comment vont faire nos enfants avec chacun deux noms de famille? Ça va être compliqué quand ils auront des enfants. Oui, ce sera compliqué et pour cette raison, il faudrait se retirer? Je n’arrive pas à comprendre. Vraiment. Il y a aussi le traditionnel:

– Je n’aime pas mon nom de famille… (Vous remarquerez que même si

un homme se nomme Morvan, Couillard, Petitpas, Laframboise, il ne

dira jamais qu’il n’aime pas son nom.)

– Ah non? Tu n’aimes pas ton nom de famille? Et le nom de ton chum,

c’est quoi?

Chaque fois, je vous jure, le nom du gars est plus long, moins

harmonieux que celui de la fille. Sans savoir à qui il appartient, je vous invite à faire ce test: entre Jamieson et Lemieux, vous choisiriez quoi? Entre Thibodeau et Côté, vous choisiriez quoi? Entre Pichette et Dubé, vous choisiriez quoi? Entre Latrémouille et Bérubé, vous choisiriez quoi? La réponse n’a rien à voir avec la beauté ou la sonorité du nom. Je peux vous le confirmer. Malheureusement, nous vivons encore dans une société qui accorde aux hommes les premiers privilèges, où on veut que les femmes obéissent aux règles édictées par les hommes, où on suggère fortement aux femmes de se plier aux préférences et statuts érigés par l’autre 50% de la population, et où la transmission du nom des enfants est une prérogative masculine. Je ne vous demande pas de courir remplir les formulaires pour faire ajouter votre nom; vous laisserez probablement ça tel quel pour ne pas faire de vagues et vos filles feront la même chose si elles ont des enfants. Je vous demande seulement d’être conscientes que vous vous mentez en disant que cela n’a aucune importance pour vous. La vérité est que vous ne croyez pas avoir les reins assez solides pour vous attaquer à une façon de faire qui relègue les femmes au second plan. Dommage. Nous sommes la première génération de femmes à pouvoir se prévaloir de cette possibilité et je ne comprendrai jamais pourquoi vous êtes si nombreuses à y renoncer. C’est un peu comme si nous avions enfin le droit de vote mais que nous nous abstenions d’aller aux urnes pour laisser ça aux hommes. Ça me fait le même effet quand je vous entends dire que ce n’est pas important pour vous.

Ma fille, qui porte les deux noms, a eu des choix à faire lorsqu’elle est

devenue mère. Elle les a faits à la lumière de décennies de féminisme, de droits des femmes, de devoir d’exister, pas juste dans la dimension affective de la maternité mais dans la dimension légale. L’une des CLÉS de base pour contribuer aux avancées des femmes comme membres à part entière de la société est d’avoir le courage d’affirmer qu’on existe. Donner notre nom est un aspect important. En cette Journée internationale des filles, je tenais à vous en parler.

12 octobre

 

Le temps d’un thé

 

Je me fais un thé le matin, je m’aime en me faisant un thé. Je me fais un thé parce que je m’aime. Je prends le thé, je prends le temps. Je suis debout dans ma cuisine en attendant que l’eau bout. Je n’ai pas d’autre choix, car ce n’est pas assez long pour aller faire quelque chose en attendant. J’en profite pour me souhaiter bonne journée. Je suis seule dans la maison, ce qui est de plus en plus fréquent le matin. Ça ne fait pas longtemps que je connais ces moments de pure grâce où je peux commencer ma journée sans avoir besoin de dire bonjour à quelqu’un (à part moi) et l’écouter me raconter ses rêves ou l’aider à démarrer sa journée. Je n’ai qu’à commencer la mienne. C’est là debout, appuyée sur le comptoir de ma cuisine, que je réalise que mes débuts de journée m’ont rarement appartenu. Ce matin, j’en profite pour me dire que je suis une bonne personne, qu’il est maintenant temps de penser à moi, de vivre pour moi. Ça me fait tout drôle, j’ai l’impression d’être à la retraite alors que je n’ai jamais eu autant de projets. Je suis à ma retraite familiale, je peux maintenant commencer à travailler comme je le désire, sans devoir tenir compte des horaires, de la présence et des humeurs de tout un chacun. Ce thé que je suis en train de me faire, je le fais pour nous toutes qui sommes dans le même bain et qui avons consacré beaucoup de temps aux autres. Ce matin, je sais que c’est le début d’une nouvelle vie. On m’a remis la CLÉ d’un endroit où je pourrai aller aussi souvent que je le désire. C’est aujourd’hui que je la tiens entre mes mains. Je suis heureuse de ne pas l’avoir reçue avant, car je n’aurai pas trouvé le temps d’aller me ressourcer dans cet endroit. Je vous promets d’en profiter et je le ferai intensément pour vous toutes qui, comme moi il y a quelques années, n’auriez même pas pu y aller même si vous aviez eu la clé.

Comme dit le dicton: Chaque chose en son temps. Ce temps est arrivé

pour moi où je peux enfin penser à moi. Je lève ma tasse de thé à votre santé.

13 octobre

 

Merci la vie

 

Chaque jour, la vie dépose des cadeaux sur ma route. Et ça m’emballe! Toutes les femmes s’entendent là-dessus: on mène des vies de fous, le temps passe trop vite, on est débordées et on n’a pas le temps de décrocher, de vivre l’instant présent, trop préoccupées à gérer le futur et les débordements causés par les choses inachevées du passé. Si on attend que tout soit coché sur notre longue liste de choses à faire pour se donner le droit de ressentir un état de béatitude au quotidien, aussi bien dire que nous ne vivrons jamais ce sentiment tant recherché. Depuis plusieurs années, je mets en pratique un exercice qui me permet de me coucher avec le sourire aux lèvres, le cœur rempli de gratitude, et ce, même si j’ai eu une mauvaise journée. Tous les soirs avant de m’endormir, j’écris dans mon cahier de gratitude 20 bonnes raisons de dire merci aujourd’hui. C’est très simple et ça ne requiert que dix minutes par jour tout au plus. Je repasse mentalement ma journée, du matin jusqu’au soir, et je consigne par écrit tous les clins d’œil, les cadeaux, les bénédictions, les coups de main, les synchronicités dont la vie m’a couverte cette journée-là… et je vous jure qu’il y en a! De la petite attention au moment furtif qui nous apaise, en passant par le geste venu de nulle part d’un pur étranger qui nous permet de gagner trente minutes (gracieuseté de la vie). Par exemple notre voisin qui, par un beau jeudi matin, vient déneiger notre voiture ou notre belle-mère qui nous fait la surprise d’apporter le souper pour toute la famille. Aux personnes qui me diraient qu’elles ont une vie ben ordinaire qui ne leur fait pas de cadeau, je répondrais que c’est impossible. Ce constat vient plutôt du fait qu’elles ne le remarquent pas.

Dans les moments difficiles, quand vous êtes déprimée, quand vous

vivez une situation qui vous fait perdre de votre estime de soi, ruez-vous sur vos cahiers de gratitude et vous verrez à quel point leur lecture vous injectera un puissant antidote à la déprime. C’est la CLÉ qui ouvre toutes les portes d’une puissante intensité de vie en permanence. J’ai gardé TOUS MES CAHIERS de gratitude et je suis toujours émue de relire ceux d’il y a vingt-cinq ans, lorsque j’étais une jeune femme, une mère de famille qui doutait souvent, qui travaillait fort pour arriver à avoir une vie comme elle l’aime. Même dans les journées où tout semblait être allé de travers, il y avait toujours ces moments de grâce et d’éclaircie. Certains jours, à défaut de tourner en notre faveur, le vent sait souffler moins fort pour ne pas nous décoiffer complètement.

C’est touchant de constater à quel point non seulement la vie ne m’a

jamais laissé tomber, mais elle m’a toujours offert ses présents. C’est sa façon à elle de me dire merci d’être toujours là!

 

14 octobre

 

Une amie de Madeleine

 

Quand ma fille Madeleine était petite, elle avait une amie qui parlait tellement aigu que je me trouvais toutes sortes de raisons pour qu’elle ne vienne pas jouer à la maison. Parfois à court d’excuses, je ne pouvais faire autrement que d’accorder la permission à ma fille. Dans ces situations, quand on dit oui pour faire plaisir alors qu’on préférerait dire non, la CLÉ pour ne pas avoir les dents serrées est de trouver un moyen d’atténuer ce qui nous irrite. Ma solution était de mettre mes écouteurs et d’écouter ma bonne musique sur mon iPod. Dès que je les enlevais, sa voix me convainquait de les remettre aussitôt. Je me souviens que chaque fois que je l’entendais parler, elle hurlait en plus, je pensais à sa pauvre mère et je me disais: Comment peut-elle endurer ça? Moi, au bout d’une semaine je la placerais dans une famille d’accueil…

Puis j’ai réalisé que souvent, ce qui tombe sur les nerfs des uns n’est pas

un irritant pour les autres. Tous nos «Moi, j’s’rais pas capable» ne revêtent pas un caractère irritant pour tout le monde. La mère de cette jeune fille ne l’entendait tout simplement pas. À travers cette situation, j’ai pu observer qu’on transmet sans le savoir nos préférences et nos goûts à nos enfants. Un jour, après que la petite amie fut partie, ma fille est venue me voir dans la cuisine. J’avais mes écouteurs sur les oreilles et elle m’a fait signe de les enlever, car elle avait quelque chose à me dire: «Enfin, elle est partie… Sa voix m’énerve tellement.»

Nul besoin de vous dire que j’ai éclaté de rire.

 

15 octobre

 

Vous me faites tellement rire

 

Habituellement, on dit cette expression de façon sarcastique, mais aujourd’hui, je vous l’écris comme un compliment. Je veux souligner l’humour des femmes. Vous n’avez pas idée à quel point certaines (plusieurs) d’entre vous me font rire. Aux larmes. Vous me racontez vos histoires parfois très tragiques et je hurle de rire. Ce n’est pas un rire nerveux, je n’en suis pas mal à l’aise car c’est ce que vous désirez. Me voir rire. Ça vous fait chaud au cœur de constater que votre histoire, maintenant loin derrière, soit la source de la plus noble réaction, le rire.

Ceci m’amène à vous parler, en cette Journée mondiale du rire, de cette

CLÉ que nous possédons toutes, chacune à notre manière: l’humour. Arriver à tourner en dérision les situations les plus dramatiques les unes que les autres, c’est ce que j’appelle de la grandeur d’âme. Avez-vous remarqué que pour arriver à rire d’un évènement, il faut l’avoir pleuré, l’avoir crié, l’avoir hurlé. Il faut que nous ayons été capables d’y entrer à 100% pour ensuite prendre du recul, relativiser et remercier d’être encore là malgré tout, puis reconnaître que cette expérience a fait de nous qui nous sommes, et finalement, arriver à en rire. L’humour des femmes restera à mon sens le meilleur remède qui puisse exister. Chaque fois qu’une femme rit, elle augmente le niveau d’énergie de la planète qui en a grand besoin. J’ai un projet dont je n’ai parlé à ce jour qu’à quelques personnes. Je voudrais trouver des fonds pour travailler à monter un spectacle qui serait constitué de monologues, de récits de vie présentés par des femmes qui nous raconteraient leurs histoires dramatiques, mais avec tellement d’humour qu’on en pleurerait de rire. Douze femmes, douze thèmes, douze monologues. Une tournée à travers le Québec: c’est moi qui signerais la mise en scène et qui coacherais ces femmes à dire ce qu’elles ont vécu avec leurs mots, leurs émotions et surtout leur humour. Pour rire, mais surtout pour inspirer dans tous les sens du terme. Être inspirées et inspirer la vie avec tout ce que cela comporte de courage. Je pense déjà à quelques femmes pour mon projet, je leur en ai même déjà parlé. Claudette, qui a vécu de la violence conjugale et qui a eu peur de mourir; Diane, qui a fait une grave dépression qui l’a menée à l’hôpital psychiatrique; Renée, qui a eu un accident de voiture à l’âge de 21 ans qui l’a laissée paralysée; sans oublier Danielle, Annie, Louise et toutes les autres que je ne connais pas encore.

Et il y aura vous toutes qui serez assises dans la salle. Je vais fournir les

papiers-mouchoirs, car on en aura grand besoin pour essuyer nos larmes. Nous pleurerons d’émotion, nous pleurerons de rire. Ce soir-là, en retournant chacune chez soi, nous saurons que nous sommes à un rire les unes des autres.

 

16 octobre

 

Quand mes enfants toussaient

 

Je parle au passé parce que je ne vis plus cette réalité, mais je voulais parler de ce sujet délicat et je crois qu’il est mieux que ce soit aujourd’hui, maintenant que je suis rendue mère-grand et que je ne me ferai pas lancer de pierres. J’ai adoré élever mes enfants. J’ai beaucoup donné, j’ai travaillé à temps partiel, de la maison pour être présente, pour que mes filles ne se fassent presque jamais garder, et je ne dis pas ça pour me plaindre, au contraire. J’ai réussi à vivre ma réalité en composant avec toutes les situations, tous les imprévus, mais il y a une chose qui venait me chercher et c’était quand mes filles étaient malades. Je ne parle pas de maladies plus graves ou alarmantes (c’est déjà arrivé), mais de toux, de rhumes, de gastros, de grippes. Je sais, toutes les mères sont irritées par le fait d’avoir à prendre soin d’un enfant malade, mais je crois bien avoir été la seule à l’avoir autant été. J’écris ce texte pour réconforter les jeunes mères qui elles aussi vivent ce sentiment et ne se sentent vraiment pas correctes. Sachez qu’il y en avait au moins une comme vous, et c’était moi.

J’ai écrit ce texte il y a quelques années, je ne l’ai jamais publié dans

mes livres parce que je m’étais fait dire qu’il était trop heavy. Je choisis de le faire aujourd’hui, car je vous avoue que cela m’aurait fait du bien de lire un texte comme celui-ci alors que je vivais ces situations. Qui sait, cela m’aurait peut-être donné une CLÉ que je n’ai jamais eue, celle de la patience maternelle lorsque je devais jouer le rôle d’infirmière.

Texte écrit il y a neuf ans

Je vais vous faire un aveu, vous allez peut-être me trouver sans cœur, je vais probablement me

faire juger par vous, mais il faut que je le dise pendant que c’est tout frais dans mon

expérience. Au moment où je vous écris ces lignes, à l’instant même où j’écris le mot lignes, ça

vient d’arriver: depuis trois semaines, à toutes les quinze minutes, jour et nuit, ma fille tousse.

Hier au cinéma, pendant la projection d’un film d’une durée de presque trois heures, ça se

produisait toutes les deux minutes et franchement, j’ai failli sortir. Plus les jours avancent, plus

la toux est creuse et profonde. J’ai l’impression de vivre avec une fumeuse ou, pire, avec une

tuberculeuse. J’aurais envie de l’envoyer dans un sanatorium! Je la soigne, je lui fais des

décoctions, je la masse au Tiger Balm, je lui fais des mouches de moutarde, je lui fais de la

réflexologie sur le bout des orteils pour lui débloquer les sinus, mais elle tousse, tousse et

tousse, plusieurs quintes de toux par nuit. Je suis peut-être ingrate, mais mon seuil de

tolérance, mon degré de compassion de garde-malade a une durée maximale: trois jours. Je

suis incapable d’avoir de la pitié pour mes enfants quand elles toussent au-delà de cette

période. Surtout quand je leur ai répété 1000 fois de ne pas enlever leur tuque, de se mettre un

foulard ou qu’il ne fait pas encore assez chaud pour se promener en souliers… Ça vient me

chercher, ça m’agresse, ça me met en colère. Je n’ai rien de la mère aimante qui berce l’enfant

malade et l’enveloppe de son amour. Je ne sais pas au juste pourquoi ça vient m’irriter de la

sorte, mais chaque bruit émis par la toux fait monter en moi une agressivité qui m’étonne à

chaque fois. Je crois que ça me met en colère parce que lorsque vient le temps de se vêtir

l’hiver, il faut toujours que je me batte pour qu’elles s’habillent chaudement: une tuque, des

mitaines, un foulard. Ne pas avoir froid aux pieds, voir à ce que le corps reste chaud. Ne pas

prendre froid, ne pas grelotter. Je donne des recommandations, je veille au grain, puis en un

tour de main, pas de mitaines, la fal à l’air, elles me reviennent avec une toux qui durera des

semaines. J’ai envie de vous dire, mes filles, que j’ai besoin de penser à moi, maintenant que je

vous ai beaucoup donné, que j’ai été là pour vous, que j’ai accepté de me placer entre

parenthèses pour vous offrir ce qu’il y a de meilleur: des repas maison, du temps, des

discussions, de la présence. Et que maintenant que je connais autre chose, maintenant que

dans ma vie de femme de 41 ans je me permets de consacrer plus de mon temps à ma création,

à mon essence, sans toutefois négliger mes responsabilités familiales, je me rends compte que

mon réservoir est à moitié plein concernant ce que je peux vous donner, ce que je veux vous

donner. Plutôt, mon réservoir de femme est de plus en plus rempli et je sais que je ne pourrais

plus vivre sans que ma jauge m’indique qu’il est plein pour longtemps.

Chaque fois que tu tousses, j’entends:

– Tu ne t’occupes pas de moi.

– Viens à mon secours.

– Prends-moi dans tes bras.

Chaque fois que tu tousses, tu touches ma limite. Je ne peux faire plus

pour toi. Je ne peux pas prendre ta toux dans ma gorge, je ne peux pas te l’enlever. Chaque fois que tu tousses, je m’en veux de t’avoir laissée te coucher tard, je m’en veux de n’avoir pas su te protéger.

Pendant que j’écris ces lignes, ma fille tousse et tousse encore, elle

renifle, elle se mouche. Excusez-moi, je vais aller la frotter avec de l’élixir suédois, comme ma mère le faisait avec moi quand je toussais. Ça me calmait à tout coup et j’étais correcte jusqu’à la prochaine toux!

Merci de m’avoir lue. C’est fou comme la toux d’une enfant peut faire

sortir le méchant… d’une maman.

 

17 octobre

 

Si simple

 

Je n’ai jamais compris pourquoi les gens déploient autant d’énergie à se compliquer la vie alors que tout pourrait être si simple pourtant. Chaque fois que je me lance dans un projet quel qu’il soit, qu’il s’agisse de recevoir ma famille à souper ou d’organiser un lancement avec cent cinquante invités, d’écrire un livre ou d’aller quelques jours en Gaspésie, mon seul critère est LA SIMPLICITÉ. Dès que ça commence à être compliqué, j’ai envie de débarquer; voilà pourquoi il est important de jeter les bases de la simplicité dès le départ. Mon secret pour ce faire? Dès que j’ai une idée de projet, peu importe qu’elle implique quelques personnes ou seulement moi-même, je me laisse toujours un délai avant de prendre la décision de la mettre de l’avant (au moins quarante-huit heures). Et si, pendant cette période cruciale, j’observe que c’est compliqué, par exemple des divergences de points de vue, des préférences, des attentes irréalistes, du stress, des rouspétages ou autres, j’annule tout simplement le projet ou j’ajuste le cahier des charges afin qu’il se vive dans la plus grande harmonie… et cela passe par la simplicité. Vous remarquerez qu’il y a des personnes qui ont la simplicité en horreur. On dirait que pour elles, plus les choses sont compliquées, plus cela apporte une valeur ajoutée. Elles diront même: «Ouf! Y’en aura pas d’facile!«

Leur fierté est proportionnelle aux difficultés qu’elles ont rencontrées sur

leur chemin. Je suis tout le contraire de cela. Je pourrais même donner des cours sur la simplicité au quotidien. Savez-vous quelles sont les deux questions CLÉS à se poser quand on veut dégraisser une situation à potentiel compliqué?

1. Quelle est l’essence de mon désir dans cette situation? Pourquoi j’invite

six personnes à souper? Pourquoi je ramasse des fonds pour cette cause? Pourquoi je souhaite aller au bord de la mer cet été? Une fois qu’on a répondu à cette question, on tient notre désir par son essence.

2. Quel serait le scénario idéal pour que ce soit ST, SS, SF (sans trouble,

sans stress, sans frustration) pour moi?

Si vous répondez: «Je n’ai pas le choix» ou «Telle chose est toujours

compliquée et stressante», vous ne pouvez pas passer à la troisième étape qui consiste à tenter de trouver vos solutions qui réinventeront cette situation. L’autre option qui s’offre à vous est alors de tout annuler, tout simplement. Vous me trouverez peut-être radicale, mais c’est ma façon de fonctionner pour une vie ST, SS, SF.

Par la suite, ayez le courage de faire les choses à votre manière. OUI, je

vous le dis tout de suite, certaines personnes qui aiment ça compliqué vont tenter de vous saboter, de vous mettre des bâtons dans les roues, de vous dénigrer et de remettre en question votre façon de faire. Ces personnes sont déstabilisées par votre proposition qui est trop simple pour eux. Que faire? Tenir votre bout avec le sourire et trouver une solution où tout le monde sera gagnant. Pour cela, il faut parfois accepter que certaines personnes ne fassent pas partie du projet.

– Écoute, Martine, tu aimerais vraiment que cette rencontre familiale se

fasse de telle façon. Mais moi, cette année, j’aimerais plutôt que ce soit

plus simple et je propose ceci. Comment pourrait-on faire pour que

tout le monde soit gagnant?

Il y a toujours une solution. Peut-être que Martine pourrait organiser son

rassemblement le 21 et vous, ce serait le 23, et les gens seraient libres d’y assister. Je vous entends penser d’ici, vous êtes en train de vous dire: «C’est pas de même que ça marche!» Moi, je vous dis que ça peut très bien fonctionner de cette façon. C’est une question de choix. Compliqué ou simple? Quand on choisit de se simplifier la vie, on choisit aussi de ne plus laisser les autres nous la compliquer.

Ça peut être si simple pourtant!

 

18 octobre

 

Déesse de la beauté

 

Toutes mes amies sont belles, je peux vous le confirmer, et j’ai remarqué un petit quelque chose qui m’a fait réfléchir. Ce sont les moins pétardes, celles qui correspondent le moins aux critères standards de beauté qui se trouvent les plus belles. Ça m’a toujours surprise qu’une très belle femme, vous savez, une femme qui a tout pour elle, n’est souvent pas consciente de sa splendeur, et les autres (pas des moches, parce que selon moi, ça n’existe pas une femme moche) sont souvent très fières de leur apparence physique et croient qu’elles sont les déesses de l’univers. Prenez-moi, par exemple. Je suis loin d’être une pétarde et je le sais, mais en toute humilité, je peux affirmer que je me considère comme la Déesse de la beauté. Je ne suis pas aveugle, je vois bien que mes paupières sont tombantes, que j’ai trois mentons et que… Mais je ne suis pas gênée de vous dire que chaque fois que je passe devant un miroir, j’aime ce que je vois. Je ne me maquille jamais, sauf quand j’ai un tournage, alors imaginez comment je n’en reviens pas quand je suis arrangée, cheveux brushés, mascara qui ouvre l’œil et fond de teint qui cache la couperose! J’en suis venue à la conclusion que c’est une question de regard: la façon dont on se regarde. Si vous vous regardez avec les yeux d’une fille de 20 ans qui n’a plus le visage qu’elle avait, il est certain que la déprime n’est pas loin. Mais si vous faites comme moi et que, chaque fois que vous vous croisez dans le miroir, vous voyez exactement ce qui est, vous ne serez jamais déçue. C’est la CLÉ d’une satisfaction assurée. Voulez-vous savoir ce que je vois quand je me regarde dans le miroir ou sur des photos? Une belle femme épanouie, en santé, une vraie femme qui a ri, qui a pleuré, qui aime les bonnes choses de la vie, le bon vin et qui est fière d’être là, toute là.

 

19 octobre

 

Je ne veux plus attendre

 

Je ne veux plus attendre à plus tard. Je ne veux plus attendre que ce soit le bon moment. Je ne veux plus attendre après les autres. Je ne veux plus attendre d’être prête. Je ne veux plus attendre d’être certaine. Je ne veux plus attendre les bonnes conditions. Je ne veux plus attendre d’avoir les moyens. Je ne veux plus attendre d’avoir l’approbation de tout le monde. Je ne veux plus attendre, point.

Attendre est un luxe qu’on peut se permettre quand on ne sait pas encore

que le temps est compté. Quand j’étais plus jeune, je ne savais pas cela. À vrai dire, même si on m’en avait parlé, je ne l’aurais pas cru. J’avais toute la vie devant moi. Si on m’avait dit que le jour viendrait où j’allais devoir faire des choix pour ne plus perdre de temps, car je n’aurais plus la vie devant moi mais en moi, et qu’il fallait que j’agisse comme si le futur n’existait plus, je n’y aurais pas prêté attention. Maintenant c’est différent, toute mon attention est tournée vers le moment présent. Ce sont les personnes que j’ai aimées et qui ne sont plus de ce monde qui m’ont aidée à vivre de cette façon, comme un mode de vie où la devise est: plus de temps à perdre à attendre. La CLÉ pour vivre à 100% de cette façon est de nous lever le matin en sachant que nous avons entre nos mains une quinzaine d’heures et que nous avons le privilège de les utiliser selon ce qui nous ferait le plus plaisir. Savoir cela nous permet de ne plus jamais attendre, car vivre en attendant, c’est vivre à moitié.

 

20 octobre

 

Autobus avec Marielle: le lâcher-prise

 

J’aime beaucoup Marielle ma copine d’autobus. Nous avons eu des dizaines de conversations pendant nos trajets Gatineau-Ottawa d’une durée d’environ quinze minutes. Chaque fois que je montais à bord et que je la voyais, elle avait le sourire grand comme le ciel et m’attendait avec ses questions. Je pourrais écrire un livre avec les échanges qu’on a eus échelonnés sur trois ans. Je vous propose cette semaine de faire un petit tour chaque matin avec nous sous le thème du lâcher-prise. J’ai tenté de reproduire le plus fidèlement possible ces échanges qui ont eu lieu il y a quelques années!

Dès que je monte, je la vois, elle est assise à l’avant et a placé son sac

sur le banc à côté d’elle pour que personne ne vienne prendre MA PLACE. On ne perd pas de temps avec les comment ça va, as-tu bien dormi… quand on a peu de temps, les préliminaires prennent le bord!

– Là Marcia faut absolument que tu m’expliques quelque chose.

– Shoot…

– Le lâcher-prise… c’est bien beau sur papier mais concrètement, on fait

ça comment…

– Tu es vraiment tombée sur la bonne personne parce que s’il y a une

chose que je maitrise presque parfaitement c’est bien le lâcher-prise et

s’il y a un sujet que j’ai étudié, pratiqué, c’est celui-là… mais je

t’avertis ça va nous prendre plusieurs matins parce que je pourrais t’en – Non…

parler pendant 12 heures d’affilés, on aurait le temps de se rendre en

Floride en autobus…

– Pas de trouble, je t’écoute. Donne-moi tes CLÉS.

– Premièrement pour en arriver à te dire ce que c’est, faut que je

commence par te dire ce que ce n’est pas. Sois bien attentive, même

quand les gens en parlent ils se trompent une fois sur deux…

– Qu’est-ce que tu veux dire?

– Souvent, les gens veulent dire «lâcher-prise» mais disent «laisser-

aller».

– C’est quoi la différence exactement?

– S’il y a une chose qu’on ne retrouve pas dans le lâcher-prise c’est bien

du laisser-aller. Le lâcher-prise, ce n’est pas du laisser-aller, ce n’est

pas de l’abdication, ce n’est pas du je m’en foutisme, ce n’est pas de

jeter la serviette, ce n’est rien de tout ça.

– Je te suis…

– Le lâcher-prise en quelques mots c’est que, tu veux, tu veux vraiment

quelque chose mais tu t’enlèves du chemin pour laisser la vie

travailler.

– Tu ne fais rien?

– Tu fais plein d’actions, de choses pour arriver à ton but mais au bon

moment.

– Et qui te dit c’est quand le bon moment?

– D’après toi?

– Vraiment je ne sais pas. Moi?

– Pas toi exactement mais quelque chose à l’intérieur de toi qui

commence par i…

– Mon instinct?

– Mon intuition.

– En plein ça! Mais ton intuition peut te dire d’agir seulement que dans

trois mois…

– Ben oui mais j’peux pas rester couchée sur mon divan en attendant…

– Qui a parlé de rester couchée sur ton divan?

Je tire la petite corde pour aviser la chauffeuse que je veux débarquer.

Ding ding.

– À demain pour la suite…

– À demain j’ai hâte. Bonne journée.

 

21 octobre

 

Lâcher-prise (suite #2)

 

À peine ai-je le temps de m’asseoir sur le banc que Marielle me dit:

– Hier tu me parlais de l’intuition. Tu me disais que quand on pratique le

lâcher-prise, il faut savoir ce que l’on désire et laisser la vie nous

indiquer quoi faire pour l’obtenir.

– En plein ça, tu as vraiment bien appris ta leçon.

– J’ai tellement une bonne prof!

– Merci. Sais-tu pourquoi je suis capable de bien en parler?

– Non.

– Parce que j’adore ce principe, je trouve qu’il devrait être enseignée à

l’école. Il m’a intéressée dès mon plus jeune âge parce que je voyais

les adultes fonctionner et je me disais que ça n’avait pas de bon sens.

Je me souviens que, très tôt dans la vie j’ai pensé qu’il y avait

sûrement un moyen de vivre sa vie sans avoir le pli dans le front

constamment.

– Et tu l’as trouvé?

– Oui m’dame.

– Comment?

– En lisant, en observant, en cherchant. J’ai consacré du temps à

chercher les CLÉS qui allaient m’ouvrir les portes d’une vie où la peur

n’aurait pas sa place. Ce que j’ai trouvé de plus concret et attirant

tournait autour du lâcher-prise. Ce n’est pas compliqué à comprendre

mais plus difficile à appliquer dans toutes les situations du quotidien.

– Tu n’as jamais eu de difficulté à le mettre en pratique?

– Pas vraiment, on dirait que j’avais des aptitudes à la naissance c’est

pour cette raison probablement que je suis capable de bien le vivre et

l’expliquer.

– On commence par quoi?

– Comme je te disais hier, il faut que tu arrives à savoir ce que tu désires

vraiment, le pourquoi de tes projets, de tes activités, de tes rêves. Que

ce soit, changer de couleur de cheveux ou changer de job, il faut avant

d’entreprendre quelque projet que ce soit, que tu sois capable de

répondre à la question suivante: quel est mon véritable désir? Pourquoi

je veux faire cela? Qu’est-ce que le fait de faire cela va m’apporter,

qu’est-ce que je recherche exactement?

– Est-ce que c’est facile à trouver?

– Il faut prendre le temps de se poser la question. Moi j’aime bien le

faire par écrit et ne pas me sentir pressée. Je ne fais aucun projet, je ne

commence aucun truc, je ne fais aucune activité avant d’avoir répondu

à cette question: quel est mon désir? Et ensuite, je laisse la vie me

montrer le chemin pour le combler.

– Ça tout de même l’air facile.

– Ce l’est.

– Explique-moi pourquoi tout le monde n’utilise pas cette façon de

faire?

– Parce que c’est l’étape suivante qui représente tout un défi, c’est là où

ça se corse.

– Mais, ça va aller à demain parce qu’on arrive à ton coin.

– Super, on continue ça demain…

– Bye, bonne journée.

 

22 octobre

 

Lâcher-prise (suite #3)

 

J’entre dans l’autobus, je vais rejoindre Marielle qui m’attend à l’arrière. Elle me dit:

– J’avais hâte de continuer la leçon d’hier, j’y ai pensé toute la soirée, je

me suis même parti un cahier comme tu le dis si bien. Chaque fois que

j’aurai envie d’organiser quelque chose, de mettre de l’avant une idée,

ou même d’avoir une discussion avec mon chum, je vais me demander

par écrit, quel est mon désir.

– Tu vas gagner bien du temps parce que tu vas aller à l’essentiel. Alors,

une fois que tu auras fait ça, tu passes à la deuxième étape qui consiste

à lâcher prise véritablement. Ça ne veut pas dire de ne pas vouloir ce – On résiste souvent.

que tu désires, ça veut juste dire que les solutions, les options, les

actions ne sont pas entre tes mains.

– J’suis pas certaine de comprendre.

– Ce n’est pas toi qui décides de ce qu’il faut faire pour que ton désir soit

réalisé. Si tu comprends cela et surtout si tu es capable de t’y tenir on

pourra dire que tu es en mode lâcher prise.

– J’sais pas trop comment faire.

– C’est très simple, il faut que tu laisses venir à toi les indications, qui te

diront concrètement quelles sont les meilleures options, solutions et

actions pour ce projet.

– Comment je vais le savoir?

– Crois-moi que tu vas le savoir. Ça va t’être clairement indiqué.

– Comment?

– La vie va prendre toutes sortes de moyens: des gens sur ta route, des

livres, des signes, des messages clairs, des opportunités, des CLÉS…

tu sais ce qu’on appelle les synchronicités.

– Comment on fait pour reconnaitre que c’est bel et bien une

synchronicité, un signe, une indication?

– Tu ne peux pas te tromper, c’est clair comme de l’eau de roche. Je te

donne deux indices qui te confirmeront à coup sûr qu’il s’agit bien de

ça: une synchronicité c’est TOUJOURS excitant et ça arrive

TOUJOURS au bon moment, celui où tu ne t’y attends le moins et qui

arrive sans effort, sans que tu aies eu à forcer, sans résistance. Quand il

n’y pas de résistance tu es bel et bien en mode lâcher-prise.

– Qu’est-ce que tu veux dire par résistance?

– Il faut que tu saches que le contraire du lâcher-prise, c’est la résistance.

Quand tu résistes à t’ouvrir à une autre façon de faire, quand tu résistes

à l’amour, quand tu résistes à de nouvelles idées, au succès, au

changement.

– Souvent? Tout le temps. Résister c’est se fermer à l’idée de faire

autrement. Résistance et rigidité sont deux mots qui se ressemblent.

– Pourquoi on résiste tant que ça si c’est plus facile autrement?

– D’après-toi?

– Je ne sais pas trop… on a peur…

– En plein ça. La peur.

– Tu continueras demain… faut que tu débarques…

– Oui certain, à demain.

 

23 octobre

 

Lâcher-prise (suite #4)

 

Avec Marielle, on n’a jamais besoin de récapituler, on ne dirait pas que vingt-quatre heures se sont écoulées depuis notre dernier échange.

– On était rendues à la peur, on parlait de la résistance qui est le contraire

du lâcher-prise…

– Oui, c’est là où tout se joue. Il faut arriver à faire en sorte que ce ne

soit plus la peur qui gère nos projets. Quand on parle de la peur, on

parle aussi de l’ego, du mental, du hamster qui n’arrête pas de tourner.

Ça se passe là, au niveau de la tête. Le contraire de la peur, c’est

l’amour, la confiance, l’intuition et ça se passe ici, au niveau du ventre,

du plexus, de l’être.

– Pourquoi on a de la difficulté à vivre notre vie à partir de là?

– Parce qu’on a appris la peur. Nos parents, nos grands-parents, nos

tantes, nos oncles, nos professeurs avaient peur. L’église a voulu faire

peur. La société fonctionne par la peur. Un être humain qui a peur est

un être humain affaibli. Ça demande beaucoup d’énergie d’être sous

l’effet de la peur, on est comme amputée d’une partie de nous-mêmes.

– Comment on fait pour savoir qu’on est sous l’effet de la peur?

– Je te donne quatre repères infaillibles: chaque fois que tu es mêlée,

chaque fois que tu as honte, chaque fois que tu te sens coupable et

chaque fois que tu doutes, dis-toi que la peur n’est pas loin…

– Et le mode lâcher-prise est à des kilomètres à la ronde.

– Oui!

– Qu’est-ce qu’il faut faire pour ne plus avoir peur?

– Il faut faire le contraire…

– C’est-à-dire?

– Faire confiance. Se placer en état de confiance. J’ai une CLÉ pour toi:

plus tu consacreras de temps à cultiver ta vie intérieure, plus tu seras

capable de faire confiance.

– Concrètement comment on fait ça cultiver sa vie intérieure?

– Certaines personnes méditent, d’autres lisent des livres inspirants

trente minutes par jour. Moi je ne commence jamais ma journée sans

avoir fait mes pages du matin.

– Combien ça te prend de temps?

– Trente minutes tous les matins pour me comprendre, m’aligner, voir

venir la peur et me trouver des stratégies pour la chasser. Développer

ma confiance en la vie.

– On n’entend pas souvent parler de l’importance d’avoir une vie

intérieure riche.

– Pourquoi tu penses?

– J’sais pas trop, on n’a pas le temps?

– On aurait le temps, mais on ne croit pas qu’on ait le droit de le prendre.

On se dit qu’on fera cela quand on sera à la retraite, alors que c’est

lorsqu’on est le plus «dans le jus» qu’on aurait le plus besoin d’aller

visiter son sanctuaire intérieur.

– Sanctuaire intérieur. J’aime ça.

– Moins tu fonctionneras à partir des diktats provenant de l’extérieur

plus tu pourras lâcher-prise.

– C’est très clair. Il suffit maintenant de l’expérimenter.

– C’est en plein ça. Demain je t’apporte un sac de livres, des

incontournables si tu veux poursuivre tes réflexions.

– Super. J’ai hâte. Merci

– Bye, à demain…

 

24 octobre

 

Lâcher-prise (suite #5)

 

Pour clôturer notre semaine «lâcher-prise» j’ai voulu donner à Marielle mes meilleures suggestions de lectures pour qu’elle puisse poursuivre sa réflexion et continuer d’avancer sur le chemin du lâcher-prise. J’ai été obligée de me limiter à quelques ouvrages car ils sont nombreux à traiter du sujet.

– Contente de te retrouver! Tel que promis je t’ai préparé un sac de livres

qui parlent du lâcher-prise, je crois que tu vas les aimer. Je t’avertis ce

sont mes livres personnels, il s’agit d’un prêt! Tu vas probablement

vouloir les acheter ou aller les chercher à la bibliothèque car ils ne sont

pas faciles à lire…

– Comment ça?

– Ils sont barbouillés. J’ai pris des notes, souligné des passages, placé

des signets…

– Pas grave, j’aurai l’impression que tu es à mes côtés et que tu me

parles comme lors de nos précieux trajets…

– Tu veux que je te les montre?

– Oui!

– Le premier est un livre qui comporte un texte par jour, (365 textes) et

qui a pour titre Savoir lâcher prise, méditations quotidiennes, Béliveau

éditeur. Il y a le tome 1 et le tome 2. L’auteure Melody Beattie propose

des affirmations, des prières, des exercices quotidiennement autour de

ce thème. Un outil à avoir sur sa table de chevet. Ensuite, il y a les

incontournables livres de Guy Finley qui est l’un des premiers à avoir

écrit sur cette question. Ses trois ouvrages sont très pertinents: Lâcher

prise, la clé de la transformation intérieure, Les clés pour lâcher prise,

Prier pour lâcher prise, éd. de l’Homme. Dans ta trousse tu devrais

aussi avoir ce livre: Le bonheur selon Tchouang-tseu, éd. Belfond.

C’est un ouvrage chaleureux, richement illustré, un concentré de

sagesse pour une vie plus sereine. L’auteure, Yu Dan a une écriture

lumineuse. Ce livre fait du bien et apprend aux femmes occidentales à

appliquer des principes de lâcher prise taoïstes. Un autre livre: Bien-

être zen au quotidien, éd. Le livre de poche où l’auteure Flavia

Mazelin nous propose 12 leçons concrètes pour lâcher prise, tirées de

la philosophie zen: jardiner ton temps, cultiver la simplicité, plonger

dans la sérénité, t’offrir une pause thé. Très concret et stimulant. Aussi

dans ton coffre à outils tu te dois d’avoir ce tout petit livre de la

collection les mini Larousse: Les 50 règles d’or pour lâcher prise.

L’auteure Laurence Dujardin s’adresse aux femmes en leur rappelant

par des moyens concrets et des exercices pratiques l’importance

d’appliquer ces techniques au quotidien. Je termine avec un livre qui

comporte un cd audio: Méditer jour après jour, 25 leçons pour vivre en

pleine conscience, Christophe André.

– Wow, merci, j’ai tellement hâte d’avoir le temps de me plonger dans

ces lectures…

– Petit conseil: n’attends pas d’avoir le temps, prends-le, c’est le premier

pas vers le lâcher-prise.

– Tu as tout à fait raison. Merci pour tout.

 

25 octobre

 

Madame la présidente

 

Avez-vous une pièce dans votre demeure ou un p’tit coin juste pour vous? Pas la salle de lavage, ni le cinéma maison, ni le spa, ni la salle de bains, ni le gazebo, mais un endroit, une superficie où vous seule êtes autorisée à entrer. Des pieds carrés qui vous appartiennent. Un endroit devant lequel vous pouvez placer le pronom MON ou MA. MON atelier de couture, MON coin lecture, MON petit studio de méditation, MA cabane dans le bois. Je connais peu de femmes qui vivent en couple ou en famille et qui disposent d’un coin exclusivement pour elles. Portez attention au fait suivant: dans la plupart des cas, tout le monde dans la maison dispose d’un coin personnel… sauf vous. Les hommes ont leur cabanon ou leur garage, les enfants ont leur chambre, mais les femmes, elles, n’ont rien. Elles se disent: «Tant que tout le monde est heureux, c’est ce qui est important.» Je n’aime pas cette affirmation, je la remplacerais par: «Quand une femme est heureuse, ça rejaillit sur tout le monde», et le contraire est aussi vrai: «Quand une femme est malheureuse, tout le monde ressent un malaise», d’où l’importance que la madame soit contente! C’est une grave erreur qu’on fait de ne jamais considérer qu’on a le droit d’avoir la même chose, sinon plus que les autres. Dans une entreprise, il est normal que la présidente ait un plus grand bureau, non? Pourquoi? Parce que c’est elle la boss. Vous êtes la boss dans votre maison, vous avez le droit d’occuper une partie du territoire pour bien remplir vos fonctions. J’ai connu des femmes qui travaillaient quarante heures par semaine à partir de chez elles et qui se sentaient coupables d’occuper une pièce pour en faire un bureau, alors elles travaillaient dans la chambre à fournaise! Il est impératif que nous comprenions l’importance d’avoir une place de choix dans notre maison, de prendre une place de choix. C’est le premier pas vers une harmonie en continu dans notre lieu de vie. Ce ne sont pas des objets ou ceux de nos enfants qui doivent occuper l’espace en premier lieu, mais bien la présidente de la maison. La CLÉ qui ouvrira la porte de votre espace personnel est entre vos mains.

Dans ma maison, pendant une durée de trois ans, deux grandes chambres

étaient occupées: l’une par ma belle-fille et l’autre par ma fille alors qu’elles ne venaient coucher qu’une ou deux fois par mois (l’une était partie vivre chez sa mère à temps plein et l’autre couchait toujours chez son père parce qu’il demeurait à côté de son cégep). Lorsque j’ai réalisé à quel point la situation était absurde, j’ai récupéré une chambre pour aménager une belle pièce/bureau à mon goût et j’ai annoncé aux filles que dorénavant, elles dormiraient dans une seule chambre lorsqu’elles viendraient. Et vous savez quoi? Elles ne sont jamais revenues coucher. L’une est partie en appartement et l’autre est restée chez sa mère. J’ai donc aussi occupé la deuxième chambre pour m’en faire un genre d’entrepôt où je range mes livres, ma paperasse et mes cahiers. De cette façon, mon bureau est toujours dégagé. J’ai compris à travers ce processus qu’il faut régulièrement (au moins tous les trois ans) revoir l’aménagement de sa maison en se posant la question suivante: «Est-ce que la présidente a tout ce qu’elle désire pour continuer à faire rouler sa business?»

 

26 octobre

 

Être libre de ses horaires Les rares fois où j’ai eu à travailler avec des femmes qui n’étaient pas pigistes, c’est-à-dire employées cinq jours semaine de 9 h à 17 h dans un bureau avec des pauses déterminées à l’avance et une heure de lunch, soit fonctionnaires ou avec des contrat à long terme, j’ai toujours observé quelque chose de fascinant. Ces femmes avaient leurs plus brillantes idées et étaient à leur meilleur sur l’heure du midi, ou pendant leur pause, ou dans le corridor, ou dans les toilettes quand on se croisait. Je vais le dire autrement: j’avais accès à leur essence et à leur créativité en dehors des heures où elles portaient le chapeau d’employées sur un payroll.

Pourquoi? Parce que sur l’heure du midi, même si elles restent au

bureau, elles ne ressentent pas la pression de performer, elles ne sont pas surveillées, elles ont le droit de sortir du moule et de la petite case horaire qui les oblige à faire telle tâche à telle heure. Je connais le fonctionnement du cerveau créatif et le critère de base, la CLÉ pour qu’il soit optimal est de le laisser libre. Complètement libre. Les meilleures idées et solutions surviennent lorsqu’on s’y attend le moins. Je sais que ce que je vais avancer est complètement utopique et serait difficilement applicable dans la vie de tous les jours, mais dans un monde idéal, tous les gens travailleraient comme bon leur semblerait. Tu as tant d’heures à faire par semaine, tu as ceci à livrer, tu dois être au bureau le mercredi seulement pour des réunions, mais le reste du temps, organise ton horaire comme tu en as envie, à condition que ton travail soit impeccable. Wow! Ne trouvez-vous pas que ce serait stimulant? Tu vas recevoir ta paie si le travail est bien livré. Combien de personnes apprécieraient travailler seulement à partir de midi et recommencer de 21 h à 23 h ainsi qu’un samedi sur deux? Quand les gens me demandent si je trouve ça difficile d’être pigiste, je réponds que le plaisir de pouvoir faire des courses un mardi après-midi à 14 h 30, de pouvoir aller chercher les enfants à l’école à 15 h 30 tous les jours ou presque, de ne pas subir la pression des collègues qui surveillent ma productivité, tout cela compense pour les inconvénients qui s’y rattachent. Je vous reparlerai de comment j’ai réussi à ne pas laisser l’insécurité entrer dans ma vie malgré le fait que je n’ai JAMAIS eu de salaire fixe, jamais eu de pension alimentaire, jamais fait payer quoi que ce soit par qui que ce soit, jamais eu d’assurances et pourtant, je ne me suis jamais sentie insécure. C’est plutôt le contraire. L’anxiété m’aurait envahie si j’avais été obligée de ne travailler qu’à un seul endroit cinq jours par semaine, entre 9 h et 17 h, et devoir par le fait même troquer ma liberté contre une pseudo sécurité. Ma liberté a un prix, et personne ne pourra l’acheter.

 

27 octobre

 

Derrière les mots

 

Un jour, j’ai eu l’idée d’écrire un petit mot de remerciement à l’auteur(e) chaque fois que je refermais un livre que j’ai aimé. Un petit mot que je n’enverrai jamais mais que je ressentais le besoin d’écrire, pour moi seulement, question de mettre un point final à l’histoire que je venais de terminer. Je sais combien ça fait plaisir de recevoir des courriels de la part des personnes qui ont été touchées par nos mots. Quand on écrit, on est seule avec nos mots. On s’assoit avec eux et on jase, ils nous racontent leur vie, on apprend à les connaître, ils essaient de nous séduire, ils veulent qu’on les choisisse. Parfois, on est obligée de leur faire de la peine, de les mettre en banque, de les rejeter car ils ne sont pas ceux qui conviennent. On leur dit que ce n’est que partie remise, car ce qu’on a besoin de dire, d’écrire ne se dit pas avec ces mots-là. Il faut prendre le temps de les trouver, on fait passer des auditions, on a besoin de mots pour créer des phrases, des paragraphes, des chapitres, un livre. Quand vous m’écrivez pour me remercier, ce que vous me dites vraiment c’est: Merci d’avoir pris le temps de le faire pour moi. Moi, je n’ai pas ce talent et si je l’avais, je ne dispose pas du temps requis pour m’y mettre. Tu as su attendre les bons mots et quand ils se sont présentés à toi, tu as su les placer de façon à ce que la phrase qu’ils forment viennent me chercher jusqu’au plus profond de mon cœur. Je ne veux même pas savoir comment tu fais, car cela enlèverait de la beauté à la chose, comme lorsqu’on savoure le plus exquis des gâteaux et qu’on se ferme les yeux en savourant ce moment. Merci pour tes mots qui fondent dans mon cœur et dont je ne perdrai jamais le goût. Merci pour les CLÉS que tu me donnes en m’offrant ces pages qui, chaque fois que je les tourne, déverrouillent un espace en moi, si bien qu’à la fin du livre, je suis plus grande.

C’est ce que j’écris aux auteur(e)s que j’aime quand je termine un livre.

C’est toujours un peu la même chose que je veux leur dire. Merci d’être derrière ces mots qui m’aident à vivre.

 

28 octobre

 

Je ne dis jamais

JE NE DIS JAMAIS: je t’aime.

MAIS PLUTÔT: j’aime vraiment qui tu es.

JE NE DIS JAMAIS: qu’est-ce que tu fais de bon?

MAIS PLUTÔT: qu’est-ce que tu deviens?

JE NE DIS JAMAIS: j’ai eu une mauvaise journée.

MAIS PLUTÔT: wow, j’ai eu une journée!

JE NE DIS JAMAIS: t’as ben l’air fatiguée.

MAIS PLUTÔT: tu as beaucoup travaillé aujourd’hui, vas donc te reposer.

JE NE DIS JAMAIS: j’ai trop mangé, je n’ai pas de volonté.

MAIS PLUTÔT: j’ai profité des bonnes choses de la vie.

JE NE DIS JAMAIS: tu me tombes sur les nerfs.

MAIS PLUTÔT: merci de me faire travailler ma patience.

JE NE DIS JAMAIS: je refais ma vie.

MAIS PLUTÔT: je continue.

JE NE DIS JAMAIS: je n’ai pas eu le temps.

MAIS PLUTÔT: j’ai n’ai pas pris le temps.

JE NE DIS JAMAIS: je m’excuse.

MAIS PLUTÔT: est-ce que tu veux m’excuser?

JE NE DIS JAMAIS: quand est-ce qu’on arrive?

MAIS PLUTÔT: merci la vie pour ce beau paysage.

JE NE DIS JAMAIS: je n’aurai pas le temps.

MAIS PLUTÔT: je ferai tout ce que je peux avec le temps dont je dispose.

JE NE DIS JAMAIS: la nuit sera courte.

MAIS PLUTÔT: mes heures de sommeil comptent en double.

JE NE DIS JAMAIS: j’ai oublié.

MAIS PLUTÔT: ça va me revenir.

JE NE DIS JAMAIS: mausus que ça passe vite.

MAIS PLUTÔT: profitons-en.

JE NE DIS JAMAIS: adieu.

JE DIS PLUTÔT: à la prochaine.

JE NE DIS JAMAIS: tu ne m’écoutes pas.

JE DIS PLUTÔT: est-ce que ça t’intéresse ce que je raconte?

JE NE DIS JAMAIS: qu’il y a un vide dans ma vie.

JE DIS PLUTÔT: il y a un bel espace à remplir.

JE NE DIS JAMAIS: désolée, j’ai une autre ligne.

JE DIS PLUTÔT: je te rappelle dans dix minutes, j’ai une petite obligation.

JE NE DIS JAMAIS: c’est bon, lorsque je mange.

JE DIS PLUTÔT: merci pour ce bon repas.

JE NE DIS JAMAIS: est-ce que tu m’aimes?

JE DIS PLUTÔT: je t’aime.

JE NE DIS JAMAIS: veux-tu être mon amie?

JE DIS PLUTÔT: est-ce que je peux faire quelque chose pour toi?

JE NE DIS JAMAIS: dis-le-moi si tu as besoin de quelque chose.

JE DIS PLUTÔT: je t’ai apporté de la bonne soupe.

JE NE DIS JAMAIS: ma porte est toujours ouverte pour toi.

JE DIS PLUTÔT: voici la CLÉ pour le cas où…

 

29 octobre

 

Rendez-vous quotidiens

 

Lorsque je suis en conférence devant mes belles femmes d’amour, il arrive parfois que j’explique quelque chose et soudain, une phrase digne d’être écrite dans un livre sort de ma bouche. Comme je suis devant un auditoire, et non en train d’écrire, je ne peux pas m’arrêter pour la noter. Je demande alors à une femme dans l’assistance de l’écrire textuellement et de me la faire parvenir. En voici une qui a été dite à Chicoutimi le 10 mai 2017 et c’est Suzie qui me l’a immédiatement acheminée par courriel.

Si je ne prends pas le temps de m’écouter, je ne peux pas m’entendre.

Si j’avais lu cette phrase dans un livre, je l’aurais recopiée tellement

j’aurais trouvé qu’elle veut tout dire. Avant de prononcer ces mots, j’étais en train de parler de l’importance d’avoir des rendez-vous de silence avec soi plusieurs fois par semaine, si ce n’est pas tous les jours. Prendre du temps pour soi: pas pour aller jogger ou s’exfolier dans le bain, mais bien pour s’arrêter un moment, l’espace d’un rendez-vous avec soi, seule, en silence, ne rien faire. Prendre le temps de s’écouter pour entendre ce qu’on a à se dire. J’ai des choses à me dire, tous les jours. Au-delà des trucs à ne pas oublier, des choses à me rappeler, des petites notes pour tout ce qu’il y a à faire au quotidien, j’ai des choses à me dire, des conseils à me donner, des questions à me poser, des compliments à me faire. Si je ne prends pas le temps et que je remets à plus tard ces tête-à-tête avec moi, je vais passer à côté de quelque chose d’important. Mes rendez-vous quotidiens constituent depuis des années la CLÉ de mon équilibre. Oui, je vous l’accorde, au début on trouve ça bizarre de se retrouver en face d’une personne qu’on pense si bien connaître et de se rendre compte qu’on est un peu gênée, mal à l’aise comme si on se retrouvait devant une étrangère. Puis, peu à peu, on devient dépendante de cette personne, on apprend à la découvrir, à l’aimer, à l’apprécier. Après quelques semaines, on ne peut plus s’en passer. On a pris le temps de l’écouter et on l’a entendue. C’est ce qu’elle nous demandait depuis si longtemps.

 

30 octobre

 

Les pendules à l’heure

 

Je ne sais jamais s’il faut avancer ou reculer l’heure. Je ne suis jamais certaine si on gagne ou si on perd une heure. Je ne sais pas pourquoi, mais j’aime tout de même ce rituel même s’il ne change rien à ma vie. Il marque un temps d’arrêt, une pause, il «remet les pendules à l’heure». Il nous offre l’occasion de trouver la CLÉ pour remonter l’horloge de notre vie, celle qui nous fait comprendre que le temps passe. J’aime ces deux moments dans l’année, comme si on se prenait deux rendez-vous où, collectivement, on s’arrêtait pour entendre battre notre cœur, pour entendre notre tic-tac intérieur. Se préparer à entrer dans l’hiver, les matins sombres, la clarté comme un luxe ou, quelques mois plus tard, se préparer à l’été qui s’en vient et accueillir les journées qui rallongent. Jouer avec le temps, prendre un temps d’arrêt, arrêter le temps. Deux fois par année.

 

31 octobre

 

Arrête d’avoir peur

 

C’est l’halloween aujourd’hui. Journée idéale pour ce sujet: la peur. Arrête d’avoir peur de vivre Arrête d’avoir peur de tout Arrête d’avoir peur des autres Arrête d’avoir peur de toi Arrête d’avoir peur de ce que tu vas découvrir Arrête de laisser la peur te faire peur Arrête d’avoir peur d’avoir peur Arrête d’avoir peur d’être malade Arrête d’avoir peur de souffrir Arrête d’avoir peur de ne pas être à la hauteur Arrête d’avoir peur de ne pas y arriver Arrête d’avoir peur de manquer d’argent

Arrête d’avoir peur de manquer de temps

Arrête d’avoir peur de manquer de ressources

Arrête d’avoir peur de manquer d’amour

Arrête d’avoir peur d’être rejetée

Arrête d’avoir peur d’être aimée

Arrête d’avoir peur d’être malade

Arrête d’avoir peur de te sentir coupable

Arrête d’avoir peur d’être jugée

Arrête d’avoir peur de demander

Arrête d’avoir peur de recevoir

Arrête d’avoir peur de regretter

Arrête d’avoir peur. Point.

La peur, c’est pas toi

C’est l’EGO qui te fait bouhou!

Pour que tu restes enfermée

Prise dans un piège qui t’empêche d’avancer.

Quand tu cesseras d’avoir peur

Tu trouveras la CLÉ

Du contraire de la peur.

C’est un mot de neuf lettres

Qui commence par C et qui finit par E

Confiance.

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