365 rendez-vous avec Marcia

Marcia Pilote · Chapitre 5 sur 16

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365 rendez-vous avec Marcia

Février

1er Février

 

Lettre à mon corps

 

Salut, mon merveilleux corps. Salut mes os, mes organes, mes veines, ma peau, mon sang, mes artères, mes viscères, mes intestins, mes ovaires, mes cellules, mon cerveau, mes globules. Salut, mon cœur. Je ne peux pas faire la liste de tout ce qui te compose, ce serait trop long, tu es si complet, si immense, si fascinant, et c’est moi qui ai la chance de te transporter, de te porter. Je porte un univers, un monde. Je suis un coffre-fort qui transporte tous les jours ces précieux trésors. Je marche, je dors, je bouge, je respire et je t’emmène avec moi toujours, nous sommes inséparables, nous sommes un tout mais c’est quand même moi qui décide de ton sort. C’est entre mes mains que se trouve la CLÉ du coffre-fort. C’est à moi que revient la décision de te donner ce que tu veux. Tu es un peu comme mon enfant et c’est moi qui décide à quelle heure tu te couches, ce que tu manges, comment tu bouges, ce que tu lis. C’est entre mes mains. Ça fait 50 ans qu’on apprend à se connaître. Ça n’a pas toujours été facile, car tu as changé, tu as évolué, tu t’es transformé. Je ne peux pas dire que ça m’a toujours fait plaisir, car parfois, on dirait que tu te révoltais et que tu te sabotais, tu prenais du poids et je n’arrivais pas à te faire comprendre que je t’aimais mieux comme avant. Parfois, tu ne voulais plus collaborer et nous devions tout arrêter pendant des mois pour que tu reprennes tes esprits. On a cohabité pendant 50 ans, parfois comme un vieux couple, parfois comme des amoureux passionnés, parfois comme des ennemis, souvent comme des amis. On s’est fait plaisir par toutes sortes de moyens: la nourriture, la sexualité, les massages, les bons bains chauds. On s’est fait du tort aussi, pas souvent, mais parfois avec des habitudes, des mécanismes de sabotage: ne pas bouger assez, ne pas dormir assez, manger un peu trop, ne pas boire assez d’eau, mais on n’a jamais été plus loin: pas de drogue, pas de café, très peu d’alcool. Je dirais que pendant toutes ces années, on a appris à se connaître, on en a vécu des affaires ensemble: maltraitance, avortement, maladie, souffrance, mais aussi bien-être, compassion, amour, détente, paix intérieure et, depuis quelques années, le bonheur total. On en a parcouru du chemin. Tu étais toujours là à faire battre mon cœur et c’est encore le cas aujourd’hui. Je t’aime et je t’aimerai jusqu’à la fin de mes jours. Je m’engage à te chérir, à bien te traiter, à t’écouter et à te dorloter. Je crois bien qu’on est rendus là, toi et moi. Je te remercie pour ta présence jour et nuit, ton énergie sans bornes, ta solidité et ta fragilité aussi.

Un jour, quand ce sera la fin et qu’on vivra ensemble l’expérience ultime

où on devra se dire adieu, je n’aurai aucun regret. Je pourrai dire que je t’ai aimé d’amour et le merci que je te lancerai juste avant de te quitter, toi seul sauras vraiment tout ce qu’il veut dire.

 

2 février

 

Savoir que ça passera

 

Quand je me lève un matin en ayant les nerfs en boule et que je ne me sens pas dans ma meilleure forme, un bon truc que j’ai pu trouver, c’est de me dire une phrase que j’ai lue dans un livre dont je ne me souviens plus du titre malheureusement: CECI AUSSI PASSERA. Cette phrase me calme, me permet de vivre ce moment sans paniquer et, surtout, sans essayer de me battre contre cet état. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’accepte la situation, mais je comprends que ça passera. J’appliquais cette même technique quand mes jeunes enfants s’ennuyaient parce qu’elles n’avaient rien à faire. Je leur disais alors: «Ceci aussi passera.» Autrement dit, cela fait partie de la vie et il faut apprendre à vivre avec ces moments plus ennuyants qui ne dureront pas toujours.

Je peux vous dire que cette approche m’a fait aimer les creux. Vous

savez, ces moments où on a l’impression que tout est sur pause: on n’a pas de plans, pas d’activités au programme ou de visites qui s’annoncent. Rien du tout. Ces moments de creux font partie de ma vie, je les recherche même. À mon chalet où il n’y a pas de téléphone, où les ondes cellulaires n’entrent pas, où il n’y a pas de téléviseur ni Internet, je retrouve chaque fois cette quiétude, ce creux pourtant si plein dont je ne pourrais plus me passer.

La CLÉ, selon moi, pour accueillir et maintenir un équilibre de vie est de

profiter souvent de ces moments «hors agenda», «hors activité», qui ne sont pas inscrits au calendrier. Pour ce faire, il faut régulièrement arriver à sortir de la routine, à en sortir nos enfants aussi et à nous déconnecter complètement des horaires, des activités, des jeux vidéo et de l’action. Si j’étais une magicienne et que je pouvais faire apparaître une loi sociale, ce serait la suivante: pas d’électricité deux jours par mois pour qu’on soit obligées de «revenir à soi». Plus de tablette, d’ordinateur, de bruits d’électroménagers; que des bougies et des échanges dans le calme et dans le bonheur d’entendre notre cœur battre de joie.

 

3 février

 

Au pays des couleurs

 

Depuis que mon petit-fils Gustave est né, le 7 juin 2015, je lui chante des chansons. J’en connais des centaines par cœur. J’ai appris à lire avec les cahiers de la «Bonne chanson» que possédait ma mère. Nommez-moi une chanson traditionnelle et je vous la chante. Pas juste un couplet mais la chanson au complet: Le petit cordonnier, La belle Françoise, Ne pleurez pas tant, Lysandre, Poussez l’escarpolette, Margoton va-t-à l’eau, Perrine était servante, amenez-en! Sans compter toutes celles de Georges Brassens, Pauline Julien, Brel et des dizaines d’autres. Chaque semaine depuis deux ans, je chante plusieurs chansons à Gustave et depuis qu’il sait parler, il les répète. Avec Gus, les chansons, c’est mon département. Mais l’autre jour, quelle ne fut pas ma surprise de l’entendre me chanter une chanson que je ne connaissais pas et que j’ai depuis dans la tête. La ritournelle était fort simple, sur l’air de Sur le pont d’Avignon: Au pays des couleurs, on y danse, on y danse. Chaque fois que je la chante ou la fredonne, j’ai un sourire au visage, car je me dis que c’est exactement ça, le pays où je demeure, c’est le pays des couleurs. Ma vie est tout sauf en noir et blanc. J’aime bien cette idée du pays des couleurs. Il me semble que, dans ce pays, il y a une solution à tout. Les gens doivent y être gentils et souvent de bonne humeur. Gustave vit au pays des couleurs et sa mère-grand aussi. Je crois que la CLÉ pour ouvrir la porte qui donne accès à cette contrée est notre attitude face à toutes les situations qui se présentent. Peu importe ce qu’on vit de difficile, si on gratte un peu, il y aura toujours une couleur qui apparaîtra. J’ai compris, en fredonnant cette chanson, pourquoi je suis tant fascinée par les arcs-en-ciel au point d’arrêter ma voiture quand j’en vois un lorsque je suis en train de conduire. Un arc-en-ciel qui passe au-dessus de ma tête, au-dessus de ma vie, le temps de se laisser admirer et me dire que la couleur n’est jamais bien loin, et qu’après la pluie vient toujours le beau temps.

Plus j’avance dans la vie, plus j’ai envie de vivre à temps plein au pays

des couleurs, surtout que je soupçonne que ce soit le pays du bonheur!

 

4 février

 

Le contraire de la peur

 

Le contraire de la peur, c’est la confiance. La foi. Savoir que quoi qu’il arrive, la vie ne nous laissera jamais tomber. Je sais qu’on pourrait passer des jours à argumenter là-dessus, mais comme la vie est précieuse et que je n’ai pas de temps à perdre à essayer de convaincre qui que ce soit, je vous dirais tout simplement ceci: tentez de vous ouvrir à cette idée et de vous placer en tout temps dans un état de confiance, de vous abandonner complètement à la vie. Ne pas décider vous-même du comment, quand, qui, quoi et où. C’est ça, avoir confiance. C’est avancer en tenant entre nos mains ce qu’on désire vraiment et non ce qu’on croit devoir désirer. Quand on réussit à saisir l’essence de notre désir, on s’enlève du chemin et on laisse la vie travailler pour nous. Vous remarquerez qu’elle emprunte des voies dont on n’aurait jamais soupçonné l’existence. Parfois, on ne comprend pas trop pourquoi on se retrouve sur tel chemin, mais il faut savoir que la vie a une vue d’ensemble et il faut se laisser guider. J’ai un pacte avec toi (la vie): je te dis où je veux aller (la destination, mon désir), et toi, tu t’occupes de trouver le meilleur chemin pour que je sois certaine de m’y rendre. En échange, je m’engage à être une bonne Pilote au volant du bolide qui me conduira à destination. J’écouterai toutes tes directives, même quand tu me demanderas de m’arrêter en cours de route. Je trouverai sûrement que ça ne va pas assez vite, mais je te promets que je ne taperai pas du pied et que je me rappellerai que tu possèdes le meilleur GPS au monde, celui qui conduit à bon port toutes les personnes qui écoutent à la lettre tes directives. C’est ça, faire entièrement confiance. Où, quand, comment avec qui, cela ne me regarde pas. Ce qui doit m’importer est de ne jamais laisser entrer la peur et de toujours avoir pleine confiance que j’arriverai à destination. Pendant le trajet, je me rends disponible et disposée à entendre les indications. C’est la seule façon d’obtenir la CLÉ qui fera démarrer le bolide qui me transportera jusqu’à la concrétisation de mon désir.

 

5 février

 

Ça prend cinq minutes…

 

Combien de fois reportons-nous une tâche qui prendrait cinq minutes de notre temps mais qui nous en fait perdre dix fois plus en préoccupation et en énergie mal canalisée: on y pense, on se sent dépassée, débordée et au final, tout ce qu’on a envie de faire serait d’abdiquer.

J’ai remarqué que ce sont souvent les petites tâches, celles qui prennent

moins de cinq minutes, qu’on néglige le plus. Mais ce sont elles pourtant qui nous apportent une satisfaction rapide. Ces tâches sont à la vie domestique ce que les fast-foods sont à la restauration.

Vous voulez des exemples?

– Faire son lit – Vider son char et le nettoyer après une longue route

– Avoir un évier toujours vide et étincelant

– Répondre à un courriel (vous pouvez même écrire: Je n’ai pas le temps

de t’écrire un long courriel, mais je veux te dire que c’est o.k. pour

samedi prochain. On se reparle.)

Je ne suis pas en train de dire qu’on doit tout faire à mesure. Je suis une

fervente adepte de la procrastination positive, mais il faut savoir que certaines petites tâches, celles qui prennent moins de cinq minutes, valent vraiment la peine de recevoir notre sceau dossier réglé en commençant notre journée, ça fait toute la différence. Agir ainsi constitue la CLÉ d’une liberté mentale que nous recherchons toutes.

Je peux vous dire que depuis que je pratique l’art de faire les tâches de

moins de cinq minutes à mesure, je vis de la satisfaction qui, elle, dure plus de cinq minutes!

 

6 février

 

Ça ne m’appartient pas

 

J’entends souvent cette phrase: «Ça ne m’appartient pas», quand une personne est préoccupée par quelqu’un de son entourage qui vit une difficulté. Je suis plus ou moins d’accord avec cet énoncé. Pourquoi? Parce que tout nous appartient. On vit en société et on ne devrait pas avoir, selon moi, le réflexe de trancher émotionnellement en décidant de ce qui nous importe et de ce dont on se fout. Je comprends ce qui se cache sous cette phrase, je comprends aussi pourquoi on peut ressentir le besoin de l’affirmer à qui veut l’entendre. Mais je ne crois pas que l’utilisation de cet énoncé produise l’effet escompté. Ce qu’on souhaite, en énonçant clairement qu’une situation ne nous appartient pas, c’est cesser de s’en faire, cesser d’y penser, remettre totalement dans la cour de l’autre la situation pour qu’il ou elle s’arrange avec! Ce serait simple si cela fonctionnait, mais ce n’est pas le cas. J’aime bien penser que si je suis affectée ou préoccupée par une situation, il y a une partie de celle-ci qui m’appartient véritablement. La question devient alors: «Qu’est-ce qui m’appartient dans cette situation?» Voyez-vous la différence? Pourquoi suis-je si troublée? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à décrocher? Pourquoi ne suis-je pas capable de dire à l’autre que je ne prendrai pas ses problèmes sur mon dos? Pourquoi suis-je emprisonnée dans ce pattern qui est en train de me bouffer de l’énergie? C’est plutôt à ces questions qu’il nous faut répondre si nous voulons arriver un jour à être libres de prendre sur notre dos ce qui nous appartient vraiment et ainsi le traiter adéquatement.

Cette question CLÉ m’a permis de faire un grand bout de chemin. Quand

je réussis à identifier quel est mon rôle véritable, celui que je veux jouer, je suis capable de ne pas subir la situation mais plutôt de la vivre pleinement. C’est ça avancer, évoluer et être libre.

 

7 février

 

La première personne

 

La première personne à qui on devrait vouloir faire plaisir est SOI-MÊME. Mais lorsqu’on fait cela, on croit qu’on est égoïste, égocentrique et ingrate. On a donc, pour la plupart d’entre nous (moi la première), développé une façon d’agir qui consiste à faire plaisir à tout le monde, et ensuite, avec ce qui reste, on tente de se fabriquer des moments satisfaisants. Le problème dans cette façon de faire, c’est que ça ne fonctionne pas. J’ai toujours agi de la sorte. Je me disais: Je vais combler les besoins de tout le monde, je vais les rendre heureux et ensuite, je pourrai m’occuper de moi… Je me suis rendu compte (sur le tard) que cette méthode n’allait rien m’apporter sauf de la frustration et de la tristesse liées au fait d’avoir l’impression que mes besoins et mes désirs étaient le moindre des soucis des autres. Moi, je vois aux besoins de tout le monde, mais personne ne voit aux miens… Malheureusement, c’est la réalité. Que faire alors? Très simple. Il faut renverser la situation. Il faut s’occuper de ses besoins et désirs en PREMIER et, avec ce qu’il reste, on voit à ceux des autres.

Un des problèmes majeurs en ce qui me concerne est le fait que je suis

très volontaire et généreuse. J’aime dire oui, j’aime aider et puisque je suis dotée d’une grande énergie naturelle, je m’embarque souvent dans des projets que j’évalue mal et je me retrouve au final à être perdante. Par contre, j’ai rendu du monde heureux! Comment arrive-t-on à trouver l’équilibre entre faire plaisir aux autres et se faire plaisir? À ce jour, je n’ai qu’une seule réponse à cette question: se connaître. Connaître ses préférences et ses limites. Une fois que j’ai identifié ce que moi j’aimerais vraiment, je le communique clairement et ensemble nous trouvons une formule où tout le monde sera gagnant. C’est la CLÉ qui, selon moi, nous permet d’être satisfaites en tout temps.

 

8 février

 

La femme devant moi

 

Toutes les femmes portent une histoire. Je le sais. Une partie de mon métier consiste à les recueillir et à les mettre en valeur. Quand je parle d’histoires de femmes, je ne veux pas dire des récits extraordinaires qui nous jettent par terre. Non, au contraire. Je dirais même plutôt des histoires ordinaires qui, une fois racontées, une fois recueillies, deviennent extraordinaires. J’ai rarement éprouvé une plus grande satisfaction que celle que je vis après une journée de tournage où j’ai le privilège d’interviewer des femmes. Pendant sept heures, à chaque heure, de midi à 19 heures, sept femmes que j’ai préalablement choisies viennent s’asseoir tour à tour devant moi. Sur ma plate-forme Marcia comme je l’aime, je voulais absolument présenter hebdomadairement une grande entrevue avec des femmes inspirantes. À ce jour, j’en ai plus d’une trentaine déjà enregistrées et chaque fois que je les réécoute, j’en suis émue. Avant chaque journée de tournage (une fois toutes les cinq semaines), mon caméraman installe sa caméra et son éclairage, puis il filme ces entretiens qui se déroulent sur le ton de la conversation. Une conversation en dehors du temps où il n’est question ni de la pluie ni du beau temps. Souvent, ma première question est la suivante: «Qu’est-ce qui a fait de vous qui vous êtes?»

Après quelques secondes de réflexion, la femme devant moi s’illumine

et va chercher en elle ce qu’elle a de plus vrai et m’en fait cadeau. J’assiste, les yeux pleins d’eau, à un spectacle d’une extrême beauté.

On ne dispose pas toujours du contexte idéal pour recueillir et accueillir

ces confidences. Je n’attends pas que toutes les conditions soient réunies pour placer ces perles dans mon écrin de vie. Je les crée. J’en ai besoin. C’est presque ma raison de vivre. Savoir que pendant que je vis ma vie, il y a des centaines de milliers de femmes qui vivent la leur et qui traversent des épreuves, rencontrent des défis, subissent des revers, tombent et se relèvent. Comment avez-vous fait? Dites-moi. Comment êtes-vous parvenues à vous relever, doucement, dignement et avec tant de grâce? Les gens vous ont vues tomber, mais ils ne vous ont peut-être pas vraiment vues vous relever. Vous avez fait ça discrètement, souvent la nuit lorsque vous priiez en silence. Quand vous êtes devant moi et que vous me racontez tout ça, je suis la femme la plus chanceuse du monde. Vous me donnez accès à la partie la plus vraie de votre être. Vous me tendez une CLÉ et vous me confiez la mission d’ouvrir pour vous cette porte que peu de personnes ont eu la chance d’ouvrir. Merci.

 

9 février

 

Pleinement vôtre

 

J’ai remarqué que la plupart des êtres humains ont peur du manque.

– Peur de manquer d’amour

– Peur de manquer de temps

– Peur de manquer de nourriture

– Peur de manquer d’idées

– Peur de manquer son coup

– Peur de manquer d’amis

– Peur de manquer de travail

– Peur de manquer d’argent

– Peur de manquer d’espace

– Peur de manquer d’air

– Peur de manquer l’autobus

– Peur de manquer de ressources

Peur du manque. Pour combler cette peur, on se gave. Tellement peur de

manquer d’amour qu’on devient des dépendantes affectives. Tellement peur de manquer d’argent qu’on n’ose pas faire des changements qui s’imposent par peur de nous appauvrir; tellement peur de manquer d’espace qu’on vit dans des maisons trop grandes et surchargées; tellement peur de manquer de temps qu’on le remplit à pleine capacité jusqu’à ce qu’il déborde. Tellement peur. Et si on voyait cela autrement? J’ai appris à ne plus avoir peur du manque, jamais. Vous voulez que je vous tende ma CLÉ?

J’ai tout simplement remplacé l’idée du manque par celle du plein. Je

n’ai jamais peur de manquer de quelque chose. Je fais confiance que la vie est remplie de tout ce dont j’ai besoin et que je n’ai pas à entreposer en cas de manque. Mon entrepôt, c’est la vie. C’est elle qui a en stock ce dont j’ai besoin et qui me le livrera à la bonne quantité, au bon moment. C’est tout ce que je sais et j’aime avoir cette philosophie de vie. Je n’ai jamais manqué de quoi que ce soit. Pourtant, je n’ai aucun argent de côté, j’ai même des dettes; je n’ai pas de travail fixe (je ne sais pas de deux mois en deux mois quelle sera ma source de revenu); je n’ai jamais manqué d’amour (même si j’ai eu des relations amoureuses houleuses parfois); je n’ai jamais manqué d’idées, même si je me retrouvais parfois devant une page blanche; je n’ai jamais manqué d’amies non plus, la vie m’en a toujours présenté des plus que géniales aux moments importants de ma vie.

Je crois sincèrement que c’est une question d’attitude et un choix dans la

façon de voir la vie. Certaines voient le verre à moitié plein, d’autres à moitié vide.

Certaines voient le manque où d’autres voient le plein. C’est une

question de choix. Pour ma part, j’ai choisi le plein, car là où il y a du plein, il y a de la vie. Pleinement vôtre.

 

10 février

 

Le plus beau spectacle

 

Il y a trente ans, je mettais au monde ma fille Adèle. J’étais moi-même une toute jeune fille ne possédant pas beaucoup de CLÉS dans son trousseau. Adèle le sait, je lui ai souvent dit, sans elle ma vie aurait été vraiment fade. Nous avons appris la vie ensemble, nous avons grandi ensemble et je n’ai jamais connu de plus beau spectacle que celui d’une jeune adulte qui déploie ses ailes. En ce sens Adèle m’a toujours comblée. Depuis qu’elle est mère, je n’en reviens tout simplement pas. Elle m’impressionne par ce qu’elle fait de sa vie. Avec son chum Félix, son fils Gustave, son «deuzan» comme elle l’appelle, son bureau d’avocate au coin de sa rue, elle s’est fabriqué une vie sur mesure, une vie à sa mesure. Je veux aujourd’hui profiter de l’occasion de sa fête pour lui dire à quel point je suis fière d’être sa mère! Je veux lui dire aussi merci de la grande place qu’elle me réserve dans sa vie. Adèle me fait souvent parvenir des textes qu’elle écrit dans ses temps libres et je lui ai dit qu’elle devrait écrire un recueil de chroniques. Elle est emballée par l’idée et ne vous surprenez pas si vous vous retrouvez sou peu avec un livre signé Adèle entre les mains. En attendant, (avec sa permission), je vous laisse avec deux textes qu’elle a publiés sur son fb dernièrement. L’un, alors qu’elle venait de passer le congé de la fête du travail seule avec son fils, sans aucune planification; et l’autre, le lendemain de l’inauguration de ses nouveaux bureaux.

Bonne fête ma belle Adèle!

(Si jamais vous aimez lire ce qu’elle écrit, faites-le-moi savoir et je lui

dirai de votre part qu’elle n’a pas le choix de publier, ce sera son plus beau cadeau de fête!)

Premier texte d’Adèle

Lundi matin de congé un peu gris, au parc dans ma cour, en pyjama, sans brassière, les

cheveux un peu gras, une tasse de Mickey Mouse pour mon thé froid, mes nouvelles sandales

sportives et mes ongles couleur glissoire: jaunes. Je ne me rappelle pas la dernière fois que j’ai

eu quatre jours à la maison sans plans.

L’autre fois ma tante me demandait ce que je ferais si je n’avais aucune obligation. «Je

serais spontanée», répondis-je. Je n’aurais pas de plan, je vivrais selon mon rythme et celui de

ma famille. Selon nos besoins et envies du moment. C’est exactement ce que j’ai fait les quatre

derniers jours. Me lever avec la sensation que tout est possible autant tout faire que rien du

tout. Je me sens reposée, légère, créative. On a dansé sur du Rita Mitsouko à tue-tête, joué au

parc, on s’est collés. J’ai pris le temps de lire le magazine Psychologies, repensé la déco de ma

maison, parlé au téléphone avec ma grand-mère. J’en avais vraiment envie. Tout ça sans le

chum, centrée sur mon moi-même et en complète synergie avec mon «deuzan» dont je ne me

lasse absolument jamais. Je prends bonne note de mon état d’esprit actuel quand j’aurai

soudainement envie de planifier les dix prochaines semaines à venir avec des obligations

professionnelles et personnelles, des aventures et des découvertes et je me rattache fort à ce

sentiment puisque les deux prochaines semaines s’annoncent rock n roll!

Deuxième texte d’Adèle

Aujourd’hui je donnais une formation à une clientèle entièrement masculine; des hommes de

45 ans et plus. Aujourd’hui, je me sentais à ma place. Je me sentais bonne, forte,

professionnelle, belle, drôle, authentique, femme. Aujourd’hui je me suis souvenue qu’il y a

trois ans, quand j’étais enceinte, quand je savais que mon congé de maternité allait m’amener

à réfléchir, j’étais une petite entrepreneure, mal dans sa pratique, payant un lieu de travail

cher, mais travaillant souvent de chez moi, clamant haut et fort que je ne ferais pas du droit

toute ma vie. J’étais certaine que je n’étais pas une si bonne avocate puisque je ne vibrais pas

comme j’aurais dû, et j’étais loin d’exploiter mon plein potentiel. Quand je me comparais,

j’étais moins. Quand je rêvais, c’était flou. Je connaissais mes forces, mais j’axais sur mes

faiblesses. Le déménagement dans nos nouveaux bureaux, l’inauguration ont marqué pour moi

le changement d’ère. Depuis trois ans, j’ai réfléchi, j’ai rêvé, j’ai cru et, surtout, je me suis

permis. Je me suis permis de choisir mes forces, de choisir mon lieu de travail, de choisir

d’être moi. J’ai assumé ma pratique, mon originalité, mon non-conventionnalisme, mes

faiblesses. J’ai assumé mes valeurs et mon essence. J’ai délégué, je me suis entourée. J’ai osé.

J’ai osé un nom, une image, des changements. J’ai investi du temps, de l’argent, du courage.

Aujourd’hui, j’aime le droit, j’aime le droit que je pratique. Je suis fière de mes forces, je les

potentialise et je comble mes faiblesses. Aujourd’hui je suis une femme, une mère, une blonde,

une avocate, une grande entrepreneure, une visionnaire. Je suis tout ça, tout le temps, en même

temps dans une harmonieuse globalité fluide.

11 février

 

Sortir de prison

 

On ne peut pas être libre si on a peur. Autrement dit: tant qu’on a peur, on ne peut goûter à la liberté. Tant qu’on demeure dans la prison de la peur, tant qu’on reste figée, paralysée, il nous est impossible de trouver la CLÉ pour en sortir.

T’as pas envie d’être libre? T’as pas envie d’être toi? T’as pas envie de

rire souvent? T’as pas envie de te coucher le soir le cœur léger? T’as pas envie de goûter à ça, toi, ce sentiment que tout est possible, que tout se peut, que tu as le droit de vivre en dehors des murs de la peur qui te gardent enfermée? T’as pas envie de te donner les moyens d’aller trouver ta force intérieure pour t’affranchir de tes peurs, une fois pour toutes? Ne me dis pas que tu n’as pas de force intérieure. Tu en as une, elle est peut-être faible, ta force, elle a sûrement besoin de vitamines, mais elle existe. Tu ne serais plus ici si tu n’en avais pas. Tu crois que tu n’as pas le droit de sortir de prison, qu’il te reste encore une peine à purger? Tu crois que ton existence est une sentence à vie? Tu crois que la peur fait partie de ton ADN? Tu crois que tu ne seras jamais capable de ne plus avoir peur? Tu crois que tu es condamnée? Tu te vois pourtant libre, tu es capable d’imaginer ce que serait ta vie si tu n’avais plus peur, mais tu te dis que ce n’est pas pour toi, que tu ne seras jamais capable. Ta mère avait peur, ta grand-mère aussi. As-tu envie que, pour te voir, tes filles doivent venir te visiter en prison? As-tu envie qu’elles aient comme modèle une femme qui a peur?

– peur de ce que les autres vont penser;

– peur de manquer d’argent;

– peur d’être seule;

– peur de l’échec;

– peur de passer à côté de quelque chose;

– peur du changement;

– peur de s’exprimer;

– peur de mourir.

Tu as peur de mourir mais tu es en train de mourir… de peur.

Sache que tant que tu es en vie, il est encore temps de commencer à

vivre.

 

12 février

 

Être empêchée

 

Ce que j’ai trouvé le plus difficile, lorsque j’étais enfant, a été sans l’ombre d’un doute le fait d’être empêchée. Empêchée de me coucher à l’heure que je voulais, d’écouter les émissions de télé que je voulais, de reprendre une deuxième part de gâteau, d’aller dormir chez mes amies. Toujours être obligée de demander des permissions, de quémander, d’insister, de supplier. J’avais hâte d’être grande pour pouvoir faire ce qui me plaisait. Puis, je suis devenue grande et j’ai encore été empêchée.

Dans mon cas, c’est la maternité à un jeune âge qui a représenté une

entrave à mon désir de liberté. Quand on a un enfant à 19 ans alors que toutes nos amies sont à l’âge de la liberté, des voyages et des expériences diverses, on se sent contrainte. Je disais souvent qu’avoir un enfant, c’était comme se faire poser un sabot de Denver: tu ne peux presque plus avancer. En 1987, personne ne parlait de la maternité en ces termes.

Aujourd’hui, les blogues foisonnent: mères indignes, mères imparfaites,

mères qui parlent de cette réalité avec humour, etc. Il y a trente ans, je me sentais empêchée et isolée. Pendant ces années, en parallèle, j’aimais pousser ma réflexion à propos des empêchements. Une des façons de se sentir libre est de se poser la question suivante: «Qu’est-ce qui m’empêche de faire ceci, ou d’aller là-bas, ou de poser tel geste?» Répondre à cette question nous offre à coup sûr la CLÉ dont on a besoin pour ouvrir la porte qui nous donnera accès à ce qu’on désire vraiment. On a le droit de vivre sans boulet, sans sabot de Denver. Non seulement on en a le droit, mais il est de notre devoir de tout faire pour que ça arrive.

 

13 février

 

Le cahier des désirs

 

Tous les ans en début d’année, je me fais un tableau de vie. J’ai travaillé à élaborer une version pratique et transportable me permettant d’avoir une vision plus ciblée et détaillée de mes objectifs. Je me suis donc demandé comment je pourrais bien faire pour traiter cinq de mes objectifs ou rêves, en utilisant la même approche que celle du tableau de vie qui, rappelons-le, consiste à imager nos objectifs ou rêves dans différents domaines de notre vie afin d’en trouver une représentation visuelle des plus fidèles pour ainsi les activer quotidiennement.

Mes objectifs avec cet outil

– Pouvoir tous les jours visualiser facilement mes cinq objectifs ou rêves

les plus chers.

– Prendre un temps d’arrêt pour alimenter et donner du carburant à mes

rêves.

– Avoir une version facile à transporter et à consulter quotidiennement.

Procédure pour se fabriquer un cahier des succès

J’ai trouvé un portfolio génial, parfaitement approprié pour mon projet: (ITOYA, Artprofolio, chez Omer DeSerres), 25 pages où l’on peut insérer son montage d’images et de mots.

– Vous choisissez cinq rêves ou objectifs qui vous tiennent à cœur. Il

peut s’agir de rêves que vous désirez voir se réaliser à moyen ou à long

terme, et ce, dans différents domaines de votre vie: santé, amour,

travail, matériel, loisirs, spirituel.

– Chaque rêve occupera 4 ou 5 pages de votre cahier. Vous y insérerez

un texte d’environ 20 lignes, quelques images et mots-clés que vous

agencerez comme bon vous semble, à la manière d’un scrapbook.

Vous pouvez choisir du papier de couleur ou tout autre accessoire pour

agrémenter visuellement votre montage.

– Le texte doit être écrit au présent et doit comporter votre nom à

quelques reprises. Vous écrivez comme si votre rêve était déjà

accompli.

Exemple: vous rêvez d’ouvrir un bed and breakfast.

Moi, Ginette, je suis propriétaire d’un magnifique bed and breakfast

dans la région du Québec la plus appropriée. Ma clientèle est

composée de gens charmants qui apprécieront mes services et qui…

Il est important d’être précise dans vos demandes, mais pas trop. Vous

aurez remarqué que Ginette n’a pas spécifié le lieu. À la fin de votre texte, écrivez: ceci ou l’équivalent.

Les images doivent représenter l’essence de chacun de vos rêves ou

objectifs. Une cascade qui coule, une femme qui saute d’un tremplin, un papillon, une porte ouverte, un couple contemplant un coucher de soleil, peu importe l’image, il faut qu’elle vous «parle», qu’elle suscite en vous une émotion qui vous transporte. À ces images, combinez des mots ou des phrases inspirantes pour propulser chacun de vos rêves.

Amusez-vous à monter votre portfolio de vos rêves. Mettez de la

musique, célébrez ce moment. Puis, quand il est terminé, prenez dix minutes tous les jours pour le regarder et vous en imprégner.

Nourrir et alimenter nos rêves est la CLÉ qui ouvre la porte de tous les

possibles.

14 février

 

Tant de choses à vous dire

 

Vous ne pouvez pas savoir à quel point je vous aime. Je vous écris ce texte aujourd’hui. Je choisis de le placer le 14 février, jour de l’amour, juste pour qu’aujourd’hui, vous sachiez précisément à quel point je vous aime. Je pense à vous tout le temps. Je vous trouve fines, je vous trouve belles et bonnes. Je ne vous ai pas toutes rencontrées, mais je vous connais. Je connais votre grand cœur, je connais vos bonnes intentions envers les gens que vous aimez. Je sais que vous avez du courage aussi, beaucoup de courage. Vous ne l’avez pas toujours eu facile, pourtant vous êtes là, encore là, malgré les revers et les coups durs de la vie. Plusieurs d’entre vous ont eu des ennuis de santé, des déceptions amoureuses, des difficultés familiales, des deuils, des pertes, des doutes et des angoisses. Vous avez souvent ressenti la peur, mais vous ne l’avez pas toujours exprimée, vous ne pouviez pas la montrer votre peur, car tout aurait pu s’écrouler. Vous vous êtes donc retroussé les manches pour continuer parce que vous n’aviez pas le choix, il fallait faire avec.

Non, je ne devrais pas dire que vous n’aviez pas le choix. Vous l’aviez et

vous avez choisi de continuer, avec un cœur grand comme la terre, même si votre peine l’était tout autant. Il y avait toujours au fond de votre être cette petite flamme qui ne s’est jamais éteinte. Cette étincelle de vie qui vous a permis d’avoir une lueur d’espoir, même s’il faisait noir. Puis un jour, il a fait plus clair dans votre vie et votre lumière s’est répandue comme une bonne nouvelle et vous avez su alors qu’on vient à bout de tout, et savoir cela vous a rendu plus fortes. Je l’ai su moi aussi et j’ai compris qu’on vient à bout de tout et cela m’a aidée à continuer. Savoir cela a été la CLÉ qui m’a permis d’ouvrir la porte de l’espoir. Depuis plus de dix ans que vous êtes dans ma vie et que vous m’aimez, je vous considère comme mes amies précieuses. Même si je ne vous rencontrerai jamais, je sais qu’on a passé du temps ensemble. Je sais que mes mots se sont rendus jusqu’à vous. Mes mots, c’est moi, assise à vos côtés jour après jour, comme une amie fidèle qui vous dit que si vous n’étiez pas là, il y aurait un grand vide. Mais ce n’est pas le cas. Vous êtes là et il n’y a que du plein. Plein comme dans plénitude. Merci. J’ai tant de choses à vous dire, et c’est pour cette raison que je serai là tous les jours de l’année. Merci de me faire cette grande place.

 

15 février

 

Le blues du dimanche soir

 

Qui n’a jamais eu le blues, le dimanche soir venu? Moi! Je ne peux pas vous dire exactement pourquoi, mais très tôt dans ma vie, j’ai fait en sorte que tous les jours de la semaine soient du pareil au même. Pas en termes de ce que je faisais, car je déteste la routine, mais plutôt en termes de l’émotion qui y est rattachée. Je n’ai jamais compris pourquoi on nous imposait un code émotion pour chaque jour de la semaine:

– Le dimanche, il faut avoir le blues.

– Le lundi, il faut être fatiguées et nostalgiques de notre week-end, et

avoir de la difficulté à nous remettre en selle.

– Le mardi, on se fouette pour commencer à être efficaces.

– Le mercredi étant le nombril de la semaine, on peut se dire qu’on a la

moitié du chemin de parcouru pour nous rendre au prochain week-end.

– Le jeudi, wow! c’est jour de paie pour plusieurs, on peut commencer à

avoir le cœur à la fête. On a même dernièrement inventé un terme pour

désigner les jeudis et l’excitation qu’on peut avoir à la pensée que le

lendemain, c’est vendredi: jeudredi.

– Le vendredi, enfin on y est. On peut même s’habiller en jeans au

travail. Les collègues les plus taciturnes ont les yeux pétillants, elles

ont eu un beau jeudredi, elles se sentent déjà en vacances. Ce soir, on

boit du vino, les enfants pourront se coucher tard, pas de maudits

lunchs à faire, hourra! demain c’est congé!

– Le samedi, on peut se lever plus tard, prendre notre café lentement,

sauf pour celles qui doivent se rendre dans un aréna pour la pratique de

hockey de leur enfant. Il y a bien aussi les petites commissions et le

ménage, mais on ne travaille pas le lendemain et on se sent tellement

libres.

– Le dimanche, après nous être permis de flâner un peu, la réalité nous

rattrape: planification de la semaine, petit lavage, ménage, ramassage,

torchage, pliage, époussetage, bref tout ce qui se termine par age et qui

nous met en rage. Puis, plus la journée avance, plus le blues se montre

le bout du nez, jusqu’à ne plus passer dans la porte.

Reconnaissez-vous votre réalité? Si oui, savez-vous que vous avez le

choix? Pas de votre horaire nécessairement, mais de comment vous vous sentez chaque jour. En ce qui me concerne, la CLÉ pour ne jamais avoir ni le blues du dimanche (ni de tous les jours qui finissent en «i»), est de penser que c’est toujours vendredi. Vous l’essaierez, ça fonctionne. Faites-vous croire que c’est vendredi et, automatiquement, votre quotidien sera différent!

 

16 février

 

Est-ce que cela me procure de la joie?

 

Qui que nous soyons, quel que soit notre mode de vie, notre statut social, où que nous vivions (appartement, bungalow, maison de campagne), nous avons toutes une relation avec le matériel. Vêtements, accessoires de cuisine, literie, livres, meubles, etc., nous cohabitons avec des objets que nous devons entretenir, ranger, remplacer s’ils brisent. Bref, la gestion matérielle est pour la plupart d’entre nous un véritable casse-tête et si elles sont franches, rares seront les femmes qui se diront satisfaites de leur relation avec le matériel. La plupart se sentent envahies, débordées et rêvent du jour où elles pourront prendre une semaine de vacances pour réaliser leur plus grand fantasme: passer du temps à ranger, trier, mettre de l’ordre dans le matériel qui cohabite avec elles depuis des années pour enfin venir à bout de trouver le juste équilibre. Ma question est la suivante: quand on sait que le fait de vivre encombrées de tous ces objets nous rend la vie difficile, pourquoi sommes-nous incapables d’y voir, de faire un grand ménage une fois pour toutes? Je me suis posé la question pendant des années. À vrai dire, j’ai lu presque tous les livres qui traitent de ce sujet. Du feng shui à l’organisation en passant par l’art de la simplicité, sans oublier toutes les méthodes de désencombrement, de dépouillement ou autres. Comment vivre une relation satisfaisante avec le matériel en tenant compte de ma réalité et, surtout, ressentir une paix intérieurement quand je me trouve dans mon lieu de vie? C’est en lisant le livre L’étonnant pouvoir du rangement, désencombrer sa maison pour alléger sa vie, de Marie Kondo, éd. de l’Homme, que j’ai eu la réponse. Qu’est-ce que ce livre a de différent de tous les autres? C’est très simple, il n’est pas culpabilisant et il n’avance pas l’idée qu’il n’y a qu’une seule façon de vivre une relation épanouissante avec le matériel. L’auteure n’aborde pas ce processus par le même bout de la lorgnette que les autres.

Voici ce que l’auteure nous dit en résumé: «Gardez tout ce que vous

voulez en autant que ce que vous décidez de garder réponde à ce critère: la joie. Les objets que vous gardez doivent vous procurer de la joie.

Au-delà des vertus matérielles évidentes: plus d’espace, un sentiment

d’harmonie et de satisfaction au quotidien, il est important de souligner les bienfaits psychologiques d’une telle démarche. Pour ma part, je peux dire en résumé que c’est la première fois que j’ai l’impression d’avoir vraiment ma place dans ma maison, une maison qui assure la vocation que je lui ai donnée: refléter toutes les facettes de qui je suis. Une place remplie de joie, remplie de moi. C’est la CLÉ pour se sentir bien chez-soi.

 

17 février

Laisse-moi le temps

 

Il arrive parfois, quand ça fait trop mal, quand ça nous prend de court, quand ça nous tiraille les entrailles et qu’on n’arrive plus à continuer mais qu’il le faut, il arrive qu’on dise: «Laisse-moi le temps, j’ai besoin de temps». On dit ça à la vie qui nous a enlevé un être cher, à notre mari qui a été infidèle, à notre enfant qui nous annonce une nouvelle troublante, à une ex-amie qui veut revenir dans notre vie. Du temps, c’est ce dont on a besoin pour se faire à l’idée, pour trouver une façon de continuer autrement, pour pleurer aussi si on a du chagrin. Dans ces moments-là, même si on sait que le temps est ce qu’il nous faut pour continuer à avancer, on ne le prend pas toujours. On fait même le contraire, on se sauve de lui en faisant mille et une choses, pour s’étourdir, pour ne pas trop y penser parce que ça fait trop mal. Mais souvent, il nous attrape par le bras en nous disant:

– Viens ici, ma belle, je vais t’obliger à t’arrêter et à me prendre tout

entier, moi, le temps qui ne te veut que du bien. Tu as dit: «Laisse-moi

le temps», mais je ne t’ai pas prise au mot, je ne te laisserai pas; au

contraire, je vais t’obliger à me prendre et c’est ensemble qu’on va

faire le plus beau bout de chemin. Ta vie vient de basculer, ce ne sera

plus jamais comme avant. Tu as besoin de moi pour accueillir ce qui

vient de se passer. J’ai dit accueillir et non accepter, parce qu’il y a des

choses qui ne s’acceptent pas. Il faut les accueillir, faire avec. Ne me

fuis pas je t’en prie, car si tu me fuis, tu auras à me prendre en

bouchées doubles plus tard, parce que tu ne seras plus capable de

fonctionner. Le temps que tu ne prends pas aujourd’hui pour t’occuper

de toi, tu seras peut-être obligée de le prendre autrement, clouée au lit.

Je ne veux pas te faire peur, je ne fais que te partager ce que j’observe.

Les personnes qui ont le plus besoin de moi sont celles qui retiennent

le moins mes services. Je crois qu’elles sont effrayées. Je te demande

de me confier ta peur, je te demande de me faire confiance. Tu vas

voir, je suis doux, silencieux et apaisant. Viens me rencontrer, cesse de

te trouver des prétextes et de dire que tu ne m’as pas. Tu m’as, je suis

là et je t’attends. Ma porte t’est toute grande ouverte, tu n’as même pas

besoin de CLÉ. La seule que tu dois posséder est celle qui te fera dire

oui.

La vie est ainsi faite. On n’a pas le choix des épreuves qui jalonneront

notre route, mais on a le choix de la façon dont on les accueille. Pour continuer à avancer malgré les coups durs, je n’ai à ce jour trouvé aucune autre solution que celle d’accepter l’invitation du temps, dire oui à sa proposition et me présenter au rendez-vous. C’est ma façon de faire et elle m’a permis de surmonter ce qui aurait pu m’anéantir. Avec le temps, tout est possible!

 

18 février

 

Vive le Tao

 

Ce texte que vous vous apprêtez à lire est l’un des derniers que j’ai écrits pour ce livre. J’en ai gardé l’écriture pour la fin, mais je veux que vous le lisiez en début d’année parce que le sujet dont je tiens à vous parler est la base de tout ce que contient ce livre et la base de toute ma philosophie de vie. Je vous dirais même qu’il est la CLÉ maîtresse de toutes celles qui composent mon trousseau. Il s’agit du TAO, aussi appelé la voie du milieu, les enseignements taoïstes. Connaissez-vous le symbole du yin et du yang? Savez-vous ce qu’il évoque? Il évoque l’équilibre, l’attraction des opposés, la cohabitation du principe masculin et du principe féminin en chaque chose. Le symbole du yin et du yang, c’est ça, le Tao, aussi appelé le lâcher-prise, le non-agir. Dans tout ce qu’il m’a été donné d’étudier, de mettre en pratique, c’est de loin le concept que j’ai trouvé le plus emballant et le plus fascinant. En deux pages, il me sera impossible de vous l’expliquer, mais mon intention est que vous sachiez de quoi il en retourne pour ainsi vous inciter, si vous le désirez, à faire vos propres recherches par la suite. Nombre de livres, d’articles, d’ouvrages ont été écrits sur ce sujet. Ce qui me plaît tant dans le Tao, c’est l’idée que l’équilibre tient dans la cohabitation de tout ce qui est opposé. Des exemples? Quand il y a de la tristesse, la joie n’est jamais loin et inversement. Même chose pour la lumière et l’obscurité, l’action et l’inaction, la paix et l’agressivité, le vide et le plein, le flux et le reflux, l’insatisfaction et l’enchantement. Ces opposés se nourrissent l’un l’autre et sont des polarités complémentaires d’une même énergie.

Le Tao propose aussi l’idée que le but dans chacune des situations de

notre vie est de réussir à trouver l’équilibre en toutes choses. J’aime savoir que la paix intérieure dépend d’un seul élément: l’équilibre. Comme je le dis souvent, celui-ci n’est pas difficile à trouver, car nous savons toutes de quoi nous avons besoin pour être équilibrées; ce qui est très difficile, mais ô combien passionnant, c’est de le maintenir une fois qu’on l’a trouvé. Pour bien comprendre le Tao, j’aime utiliser la voiture comme comparaison: le yin serait le frein et le yang serait l’accélérateur. Il faut savoir quand utiliser le frein et quand utiliser l’accélérateur si on veut appliquer les principes du Tao. Cette maîtrise, cette danse parfaite, fera en sorte que nous avancerons toujours au rythme de notre âme. Parfois, il nous faut freiner, mais dans d’autres situations, c’est le contraire: il nous faut accélérer et retirer le frein à main (notre résistance). Comment fait-on pour savoir quand freiner et quand accélérer? Il n’y a qu’une seule façon et c’est d’être attentives à ce que nous avons comme indications, intuitivement. Dans cet état d’esprit, tout ce que nous recevons comme guidance, autrement que par la raison, la logique et la rationalisation, va nous orienter vers la voie du milieu. De plus, chaque personne, tout comme chaque situation, est différente, par exemple pour une même situation, on me dira d’avancer (accélérateur) pour maintenir mon équilibre, et ma sœur recevra l’indication contraire, soit de freiner (il lui sera conseillé d’attendre). Nous sommes dans une société où l’action (le yang) est survalorisée. Il faut être en mode performance en tout temps. La philosophie taoïste nous enjoint à n’agir que lorsque c’est le bon moment, avec les bonnes personnes et au bon endroit. Ça s’appelle le non-agir (wu wei), qui est le principe de vie directeur du Tao. Le non-agir, c’est agir en épousant le mouvement de la vie.

Il n’est pas question ici de nous laisser aller et ne rien faire, mais plutôt

de ne faire aucune action tant que le moment n’a pas rencontré les conditions idéales. Lorsqu’on en fait trop, au mauvais moment avec les mauvaises personnes, nous n’arrivons jamais à toucher à l’essence de ce que nous désirons réellement, à ce qui donne un sens à notre vie et nous nourrit. Dans les enseignements du Tao, il est aussi question de l’ego. Il m’est difficile d’en parler en quelques lignes, mais pour résumer, tout ce qu’il faut savoir, c’est que l’ego n’est pas une partie de nous-mêmes, il est à l’extérieur de nous, c’est le contraire de notre moi véritable. L’ego, c’est la peur. Dans l’esprit du Tao, la peur n’existe pas. Elle existe, mais elle n’a pas d’impact sur notre vie, car elle n’appartient pas à notre essence véritable. Demain, je vous parlerai d’un livre que tout le monde devrait avoir sur sa table de chevet et qui m’a permis d’intégrer concrètement les principes du Tao dans ma vie quotidienne.

 

19 février

 

Vivre le Tao

 

J’aime recevoir des enseignements, apprendre des choses dans les livres, mais ce que je préfère par-dessus tout, c’est de pouvoir en faire un mode de vie. Pouvoir appliquer de façon très concrète des principes qui vont améliorer ma vie. J’aime bien les idées du zen, de la compassion et de l’amour du prochain, mais elles demeurent floues et difficilement mesurables dans ma vie de tous les jours. La philosophie du Tao répond à tous mes besoins, car ce qu’elle propose rassemble les deux pôles qui m’aident à trouver l’équilibre. C’est la voie du milieu. Autant elle requiert des actions que des moments d’inaction et de retrait. J’adore.

Le Tao est aussi appelé Tao Te Ching. Le livre de sagesse écrit il y a

2500 ans est le texte fondateur du taoïsme. Il est l’un des livres les plus traduits dans le monde, à l’exception de la Bible. Plusieurs spécialistes considèrent ce livre comme le plus grand traité jamais écrit sur la nature humaine et il continue aujourd’hui d’être une source d’information pour les personnes qui souhaitent adopter un mode de vie qui leur garantit intégrité, joie, paix et équilibre. Il comporte 81 versets, aussi appelés aphorismes ou métaphores de la vie, dans lesquels on retrouve les enseignements taoïstes. Selon la légende, le Tao Te Ching aurait été écrit par Lao Tseu, un prophète.

Il y a un livre qui trône depuis des années sur ma table de chevet et que

j’ai offert à toutes mes amies qui s’intéressent au mieux-vivre: Changez vos pensées, changez votre vie, la sagesse du tao, Dr Wayne Dyer, éd. AdA.

Le Dr Dyer a fait quelque chose de fascinant et pour cela, il a toute mon

admiration. Pendant une année, il a délaissé momentanément sa pratique et a consacré tout son temps à l’étude des 81 versets. Sa méthode de travail est unique. Il a choisi de consacrer quatre jours à chacun des versets. Il se levait le matin et lisait un texte tiré du livre du Tao, puis, pendant trois jours, il méditait et prenait des notes sur ce que cela faisait résonner en lui. Au quatrième jour, pendant une méditation, il posait toujours la même question à Lao-Tseu, (on s’entend qu’il est mort depuis des milliers d’années, mais il voulait se connecter à sa sagesse). Il lui demandait: «Qu’as-tu voulu dire? Comment quelqu’un qui souhaite aujourd’hui vivre en harmonie avec ces merveilleux enseignements peut-il les mettre en pratique?» Chaque fois qu’il posait cette question, il était inspiré pour écrire un texte. Il raconte:

Ce qui se produit après avoir posé la question est tout à fait renversant. À travers les âges, à

travers mon stylo mauve sur la page, les mots viennent d’eux-mêmes et je m’abandonne à

l’écriture automatique. Le lendemain, je m’embarque pour une autre aventure de quatre jours

en compagnie du texte suivant.

Ce qui est génial avec l’ouvrage du Dr Dyer, c’est qu’il propose à la

suite de chaque verset un texte personnel de deux pages où il nous livre ses réflexions et nous incite à réfléchir au sens du texte d’origine. Il adapte cette philosophie à notre vie active. Délicieux, savoureux, ce livre est un incontournable.

Chaque jour, je lis au hasard un des textes du Tao suivi de celui de

Wayne Dyer. Parfois même, j’écoute l’un des huit CD audio de ce livre où les quatre-vingt-un textes et les réflexions du Dr Dyer sont lus à voix haute. Je me ferme les yeux et je m’inspire de ces mots qui me ramènent à mon équilibre, me recentrent.

Pour vous donner un petit aperçu, je vous propose de lire quelques

thèmes des quatre-vingt-un textes. Ils commencent tous par le mot vivre:

– Vivre par-delà l’ego

– Vivre à partir du vide

– Vivre sans se presser

– Vivre à l’image de l’eau

– Vivre en offrant ses surplus

– Vivre en étant

– Vivre en lâchant prise

– Vivre la bonté parfaite du Tao

– Vivre avec flexibilité

– Vivre sans attaches

– Vivre sans accumuler

– Vivre sans crainte de la mort

Et je terminerai en rajoutant un verset, un 82e de mon cru:

– Vivre

Vivre et non survivre. Effacer une fois pour toutes les trois premières

lettres de ce mot. C’est la CLÉ la plus importante.

 

20 février

 

Les 3-B

 

Depuis quelques années, je suis hypocondriaque. Celles qui le sont me comprendront. Chaque fois que je découvre un changement sur mon corps, que ce soit un bleu, une bosse ou un bobo, je panique. Je me dis que ma mort approche à grands pas et commence à organiser mes funérailles. Contrairement à celles qui en sont fortement atteintes, je ne vais pas jusqu’à me rendre à l’urgence. Je choisis plutôt de me retirer dans un endroit calme pour me parler. Toujours, je constate la même chose: les crises d’hypocondrie, qu’elles soient aiguës ou non, surviennent (toujours dans mon cas) lorsque j’ai de beaux projets devant moi et qu’un magnifique élan de joie et de bonheur me propulse vers l’avant. Je ressens alors, en me tâtant une bosse imaginaire ou réelle, qu’il m’est impossible d’être excitée par mes projets d’avenir, et ce, tout simplement parce que je vais mourir et qu’un avenir, il n’y en aura pas pour moi. Je me mets à paniquer, je saute sur mon ordinateur pour aller chercher de l’information (chose à ne pas faire), je montre aux autres mes p’tits bobos pour savoir si cela leur est déjà arrivé. Agir de la sorte ne m’aide pas du tout, au contraire, cela me nuit car je deviens encore plus anxieuse. Je suis fière de dire que, d’année en année, je suis de plus en plus capable de maîtriser cette situation, que je ne me laisse plus envahir par ce sentiment qui me bouleverse et me gâche de beaux moments de vie. Quelle est ma méthode? Qu’est-ce qui m’aide à ne pas laisser l’anxiété m’envahir lorsque les 3B (bobos, bleus, bosses) viennent frapper à ma porte? Me retirer à l’écart, fermer mes yeux, respirer et me connecter à ma joie de vivre plutôt qu’à ma peur de ne plus vivre. C’est la CLÉ qui me permet de placer l’anxiété dans un gros coffre que je verrouille à double tour. Un jour, je le sais, les 3 B seront remplacés en permanence par les 3 P: paix, plénitude, plaisir. Ce jour-là arrive à grands pas.

 

21 février

 

Début de relation

 

Si vous êtes en couple depuis longtemps, souvenez-vous du début de votre relation. L’enthousiasme et le plaisir de découvrir l’autre, les petites attentions, les p’tites gênes qu’on se garde pour créer un contexte propice aux échanges. Puis les années passent et on s’assoit sur ses lauriers. J’aime bien que mon amoureux ne tienne rien pour acquis. Je lui dis parfois: «Pousse pas ta luck», et je vais même jusqu’à demander: «Aurais-tu agi comme ça en début de relation»? Et s’il me répond que, justement, on ne vient pas juste de se connaître, je lui dis qu’il doit toujours agir comme au début s’il ne veut pas soudainement se retrouver à la fin… Puis nous partons à rire (vous aussi vous pouvez rire, car c’est de l’humour, mais de l’humour qui cache un fond de vérité). Je veux que nous ayons l’un pour l’autre ce souci, car nous tenir mutuellement pour acquis nous porte à croire que l’autre restera avec nous quoi qu’il fasse. J’aime que mon amoureux sache que ce n’est pas le cas. J’ai mes limites et il se doit d’être gentil avec moi et de tenir compte de mes sentiments et de mes préférences. C’est ça la vie à deux.

Je suis une personne très souple, c’est-à-dire que je n’ai pas d’attentes

concernant la vie amoureuse, à part la loyauté et la fidélité. On peut cohabiter ou vivre dans deux maisons, avoir des enfants en garde partagée, à temps plein, mais je veux toujours que ce soit clairement établi qu’on ne doit jamais penser que l’autre sera là pour la vie. Comprenez-moi bien: je ne dis pas que je ne veux pas d’engagement, que je ne souhaite pas que notre amour dure longtemps, mais je veux, année après année, pouvoir rechoisir. C’est pour cette raison que je ne me suis jamais mariée, pour ne pas justement m’installer dans un confort émotionnel qui me fasse croire que je n’ai plus besoin d’être en état de début. Vous pouvez très bien me dire: «Oui, mais ça ne peut pas toujours être rose comme au début.» J’en suis consciente, mais faisons tout ce qu’il y a à faire pour ne pas tomber dans l’autre extrême. J’entends souvent des femmes dire qu’il faut continuer à se pomponner et prendre soin de soi si on veut que l’autre continue à nous désirer. Je ne crois pas que le désir passe par l’esthétique, mais plutôt par des gestes de gentillesse, par exemple se placer dans la peau de l’autre, lui envoyer un petit texto, pas pour demander ce qu’on mange pour souper, mais pour demander si on peut faire quelque chose pour rendre sa journée plus agréable, comme on le faisait au début. On se disait: Je vais faire ceci pour lui faire plaisir. Avec mon idée de garder l’état du début, je souhaite ne jamais arriver à la fin. Et si la fin arrive malgré tout, je saurai que c’est le début d’autre chose. De quoi, je ne sais pas, mais j’aime faire confiance à la vie. C’est la CLÉ de la plénitude amoureuse.

 

22 février

 

Namasté

Je vous en prie, si vous m’aimez et que vous me rencontrez, ne me dites jamais NAMASTÉ. Je déteste ce mot, ou plutôt je déteste ce mot employé à toutes les sauces par plusieurs qui ne savent aucunement ce que ça veut dire. Si vous faites un sondage, la plupart des gens croient que ça veut dire merci, ou ils ne le savent pas du tout, et pourtant ils l’emploient solennellement au terme d’une conversation en joignant leurs mains en guise de prière. Je ne veux pas que les personnes que je côtoie prient en me saluant. Je veux qu’elles gardent leurs prières pour les moments intimes, lorsqu’elles sont seules, les yeux fermés, avec elles-mêmes. Je veux communier avec les gens, mais pas par les mots. Communier par l’action, l’entraide, l’écoute, les services rendus, la présence concrète, les mains dans la pâte et non jointes ensemble, incapables de prendre, serrer, pétrir… puisque immobilisées.

Voici la définition de Nicole Bordeleau: Que signifie Namasté?

Ce mot vient de l’Inde et c’est, à mon avis, l’un des plus beaux mots du monde, car il est rempli

de respect, d’amour et de compassion.

Namasté est utilisé dans une forme de salutation où l’on joint les mains devant le cœur.

Il est formé à partir de deux mots: namas et té.

Namas, ou namah, signifie se prosterner avec respect ou s’incliner devant ce qui est beau et

bon. Té signifie vous.

Lorsque nous saluons une personne en lui disant Namasté, nous saluons ce que cette

personne porte en elle de beau, de bon et de divin.

Et lorsque cette même personne nous répond Namasté, elle salue ce qu’il y a de beau, de

bon et de divin en nous-mêmes.

Pourquoi suis-je si irritée par ce mot? Justement parce que c’est un mot

et il ne veut rien dire tant qu’il n’est pas associé à une action réelle. C’est trop facile de saluer les gens à coups de Namasté, machinalement, sans incarner véritablement tout ce qu’il implique. Si tu salues la divinité en moi, je t’en prie, prends le temps de me regarder dans les yeux. Tu peux même me toucher si tu veux, déposer ton cell et mettre ta main sur mon épaule pour me transmettre de ta chaleur humaine. Tu peux même en profiter pour me raconter une blague, question de dilater la rate de ma déesse intérieure. Si tu en as le temps, on pourrait aussi aller boire du vin ensemble en partageant un bon repas, sans se soucier des calories…

Le mot Namasté serait supposé avoir un effet apaisant sur moi, car il est

empreint de lumière, de douceur et de compassion. Mais je dois t’avouer qu’il provoque l’effet contraire: il me rend agressive. Je ne suis peut-être pas normale, mais je m’assume pleinement.

J’apprécie que tu veuilles saluer la partie lumineuse en moi, mais si tu

m’aimes vraiment, je t’en prie, ouvre la porte de ma divinité avec une autre CLÉ que celle du Namasté.

 

23 février

 

Pour en finir avec la culpabilité

 

Ça fait 25 ans que je veux écrire ce texte. C’est aujourd’hui que ça se passe. Je vous en parle ici et là quand je vous rencontre, il en est question aussi dans mes conférences, mais je n’ai jamais été capable de ramasser mes idées en une page pour vous dire le fond de ma pensée sur le sujet. Ça va commencer par un ordre que je vais vous donner. Peut-être n’aimez-vous pas recevoir d’ordres, je fais rarement ça, mais aujourd’hui, je n’ai pas le choix.

«Arrêtez de vous sentir coupables!»

Vraiment, les femmes, il faut que ça cesse. Je vais tenter de vous

expliquer pourquoi. Chaque fois que vous vous sentez coupables, vous dites au monde entier que vous venez de faire quelque chose de grave, que vous venez de franchir un interdit. Dans un procès, quand le juge ou le jury déclare que l’accusé est coupable, qu’est-ce qui vient avec ce verdit? Une sentence! Donc, dites-vous bien que chaque fois que vous vous déclarez coupables, vous vous infligez une sentence (inconsciemment bien entendu, car vous le faites sans vous en rendre compte). Il est grand temps que vous preniez conscience que cette façon de faire non seulement vous nuit, mais ne vous mène à rien. C’est un mécanisme d’autosabotage, c’est un poison que vous vous administrez pour vous saboter.

J’ai observé que la plupart du temps, vous vous sentez coupables quand

vous avez du plaisir, quand vous faites quelque chose qui vous allume. Pour saboter votre beau moment, votre joie, votre excitation, vous ouvrez grande la porte à la culpabilité. Ce qu’il faut savoir, c’est que tout le monde est perdant dans cette dynamique qui vous éloigne de la personne que vous désirez vraiment être. Je vous le donne en mille: vos enfants aimeraient mieux vous voir heureuses, épanouies, toutes là et centrées plutôt que de vous voir rongées par la culpabilité qui déforme votre visage, qui vous empêche de rire, de sourire, de vivre et de jouir des bons moments de la vie. Vous pouvez alors me demander: «Comment on arrive à ne plus se sentir coupable?»

Il faut d’abord et avant tout prendre conscience de ce que vous vous

infligez indûment. Vous vous punissez sans cesse pour des choses que vous n’avez même pas faites! Si vous volez et que vous vous sentez fautives après avoir commis cet acte, je peux comprendre! Mais se sentir coupable de travailler en se disant qu’on délaisse nos enfants, se sentir coupable d’être avec nos enfants en se disant qu’on délaisse notre travail, se sentir coupable de prendre du temps pour soi en se disant qu’on délaisse notre amoureux, se sentir coupable de lire un bon livre dans le bain en se disant qu’on délaisse notre ménage, se sentir coupable de manger un morceau de gâteau en se disant qu’on n’a pas de volonté, se sentir coupable de ne pas voir nos amies en se disant qu’on n’est pas une bonne amie assez disponible, se sentir coupable de prendre des vacances alors que notre belle-sœur n’en a pas cette année, se sentir coupable de gagner plus d’argent que notre conjoint et se dire qu’on va lui mettre des REER de côté, se sentir coupable si notre enfant a de mauvaises notes à l’école et se dire que c’est parce qu’on travaille trop, choisir de travailler à temps partiel pour aider notre enfant dans sa réussite scolaire et se sentir coupable de ne pas honorer notre potentiel et de ne pas rapporter plus d’argent à la maison, se sentir coupable de ne pas s’occuper de notre mère qui a des ennuis de santé après tout ce qu’elle a fait pour nous. Au final, se sentir coupable d’exister!

Ne trouvez-vous pas qu’il s’agit de maltraitance envers vous-mêmes?

Est-ce bien vous traiter que de vous infliger cette punition, cette sentence, plusieurs fois par jour?

Quand vous vous sentez coupables, vous n’êtes pas vous-mêmes, vous

êtes tiraillées, vous êtes perturbées, vous vous sentez inadéquates, vous vous autoflagellez. Sous l’effet de la culpabilité, il est impossible de rayonner, d’être à l’écoute, d’être une source d’inspiration pour les autres, d’être présentes au moment. Si vous voulez une fois pour toutes sortir de ce cercle vicieux, cessez de vous poser la question suivante: Comment on fait pour ne plus se sentir coupable? Et demandez-vous plutôt: Pourquoi je me traite ainsi, pourquoi ai-je si peur de rayonner?

Tant que nous, les femmes, ne traiterons pas ce problème sous cet angle,

nous resterons emprisonnées dans cette dynamique et nous ne trouverons jamais la CLÉ pour en sortir.

Quand on me dit: «Toi, tu ne te sens jamais coupable?»

Je réponds non, et c’est vrai. Je ne me suis jamais sentie coupable. Je

vais le dire autrement: j’aurais souvent pu laisser la culpabilité freiner mes élans, m’empêcher de faire et d’être ce que je souhaitais, mais j’ai plutôt choisi de consacrer mes énergies à comprendre ce mécanisme et à ne pas lui ouvrir la porte. Pour cela, j’ai dû ouvrir d’autres portes et la plus importante a été celle de l’amour que je me portais.

Je souhaite vous avoir ouvert une petite fenêtre pour que vous

compreniez que la culpabilité vous empêche d’être la personne que vous voulez vraiment être. À vous maintenant d’ouvrir la porte!

 

24 février

 

Je t’aime

 

Si vous vous faites une nouvelle amie et qu’elle vous plait beaucoup, quel sera votre premier réflexe? La voir le plus souvent possible, passer du temps avec elle, échanger, rire, lui faire des confidences. Le temps qu’on passe avec une personne est la CLÉ de la qualité de la relation. C’est en passant du temps avec elle qu’on apprendra à la connaître, à l’aimer, à l’apprécier. On aura envie de faire attention à notre nouvelle amie, on découvrira ses secrets, ses peurs et ce qui l’anime. Plus on passera du temps avec elle, plus elle s’ouvrira et nous fera confiance. Vous me suivez? C’est facile à comprendre. Mais ce qui l’est moins et que je me suis souvent demandé, c’est pourquoi les femmes passent si peu de temps seules avec elles-mêmes? C’est la même chose qu’avec une amie quand on a envie de se retrouver seule avec elle; alors pourquoi ne pas avoir ce même désir lorsqu’il s’agit de soi? Voyager seule, manger seule en tête-à-tête avec soi, passer de longues heures à ne rien faire d’autre que se faire plaisir, prendre un bon bain chaud, lire, rouler sur l’autoroute. Ma relation avec moi-même, l’estime et la bienveillante que je me porte, tout cela a commencé le jour où j’ai compris l’importance de ces rendez-vous intimes. Il a fallu pour ce faire que je rapatrie les heures que je donnais aux autres. Mes amies en ont probablement souffert: j’ai refusé des lunchs, des soupers de filles, des fins de semaine au spa, des pendaisons de crémaillère parce que je ne voulais AUCUNEMENT négliger ma relation avec moi-même. Il était grand temps que je m’en soucie. Ces moments passés en solo m’ont permis de mieux me connaître, de m’apprécier davantage et surtout de m’aimer. Depuis quelques semaines, j’ai même un cahier dans lequel j’écris tous les soirs avant de me coucher dix choses que j’ai faites aujourd’hui et qui sont des preuves d’amour à mon égard. Il peut s’agir d’une sieste, d’une séance d’exercice, d’une tape dans le dos, d’un temps d’arrêt pour pleurer, d’une petite gâterie à moi de moi, d’une pause lecture, de me pardonner un écart de conduite ou autre. Je réponds à la question suivante: aujourd’hui, Marcia, quels ont été les moments où tu as été douce, tendre et bonne envers toi-même dans le but de t’aimer davantage?

Au début, je devais me forcer pour trouver dix réponses, car je me suis

aperçue que j’avais tendance à me traiter durement: Tu es fatiguée? Pas grave, go go go, termine ce travail! Tu as de la peine? Pas grave, ravale tes larmes.

Maintenant que je me traite mieux, je suis parfois capable d’écrire

jusqu’à vingt choses qui marquent un geste ou une action d’amour envers moi-même. C’est la seule façon que j’ai pu trouver pour me dire je t’aime. Et vous savez-quoi? Ça fonctionne parce que je me crois de plus en plus!

25 février

 

Le véritable amour

 

Quand j’ai su, au début de l’année 2017, que Guy Corneau venait de mourir, il y a quelque chose qui s’est éteint en moi. Elle n’a pas duré longtemps, cette sensation de perte, d’immobilité et d’absence de vie. Une petite heure, tard dans la nuit à rester figée, assise sur le divan à revoir les moments CLÉS de ma vie amoureuse auxquels j’ai pu accéder grâce à cet homme; je devrais plutôt dire que je me suis autorisée à vivre par le biais des enseignements de Guy Corneau.

Il y a des gens qu’on voudrait immortels et on se dit qu’ils seront

toujours une référence pour nous. Guy Corneau était de ceux-là. J’attendais toujours ses livres avec impatience. Il n’écrira plus jamais de livres, mais je garderai précieusement dans ma bibliothèque et dans mon cœur les deux ouvrages qui m’ont fait grandement cheminer dans ma vie amoureuse.

Le premier livre de Guy Corneau qui a amorcé mon cheminement a été

La guérison du cœur. Au début de cet ouvrage se trouve un exercice, une simple question concernant la vie amoureuse. Cette question m’a fait faire un énorme bout de chemin qui m’a menée au cœur de la femme que j’étais à l’époque. J’étais en relation avec Mario, le père de Madeleine (j’avais 34 ans), et nous vivions une période plutôt difficile. À vrai dire, c’était plutôt de mon côté que l’insatisfaction se manifestait. À la lecture du livre, j’ai été interpellée par une question: que manque-t-il à votre vie amoureuse, qu’est-ce que vous reprochez à l’autre de ne pas vous donner? Ma réponse était l’intimité. Je trouvais que nous n’avions aucun moment intime en couple (les moments intimes n’étant pas nécessairement des moments sexuels, de ce côté ça pouvait aller). Je souffrais du fait que j’avais l’impression de vivre avec mon coloc. Je rêvais d’un homme qui aurait recherché l’intimité avec moi: me donner des p’tits rendez-vous, yeux dans les yeux au resto, jaser de nos vies en se tenant les mains. Je me souviens même d’avoir dit à ma sœur que je rêvais de cela, et savez-vous ce qu’elle m’a répondu?

– Pauvre toi, sors avec une fille!

Nous avons bien ri.

Pour revenir au livre de Guy Corneau, il suggérait de répondre à cette

deuxième question après la première: ce qui vous manque en couple, ce que vous reprochez à l’autre de ne pas vous donner, êtes-vous capable de vous le donner à vous? Ma réponse a été non. J’ai alors pris conscience que je n’avais aucun moment de réelle intimité seule avec moi-même. C’est là qu’a commencé ma véritable relation avec moi. C’est par ce chemin que j’ai pu par la suite connaître le vrai amour.

Son deuxième ouvrage qui m’a permis de cheminer davantage dans ma

vie amoureuse est Le meilleur de soi. Au tout début du livre, il parle des dépendances (il les appelle aussi les compensations) qu’on peut avoir et qui nous empêchent d’être soi. Il en explique avec brio les mécanismes, ce qui m’a permis de constater clairement que ma dépendance à la séduction m’empêchait de vivre une relation amoureuse épanouissante. Je ne vous raconterai pas en détail tout ce qui s’en est suivi, les prises de conscience et les exercices que j’ai faits, mais je peux vous dire que si je connais le véritable amour depuis plus de dix ans, c’est grâce à Guy Corneau et ses enseignements.

M. Corneau, vous n’êtes plus de ce monde, mais ce que vous nous avez

laissé est immense. Merci.

 

26 février

 

Message reçu

 

«Fais-ce que tu as à faire et tout le reste te sera donné en continu: l’amour, l’argent, les contrats, les opportunités.»

C’est un message que j’ai reçu un matin dans mes pages du matin.

Quand je parle de message reçu, je ne veux pas dire que j’entre en transe et que j’entends des voix. Pantoute. C’est une sensation, une piste de réflexion que je porte en moi et que je prends le temps de développer. Tout le monde a cette opportunité de recevoir des pistes de réflexion à placer à l’ordre du jour, mais peu de personnes prennent le temps de les traiter. Elles se privent de belles conclusions qui pourraient les faire avancer. Aujourd’hui, à travers mes écritures matinales, j’en arrive à cette conclusion. La vie me dit: «Continue, ma belle, tu es sur la bonne voie.» Ce matin, la piste, la CLÉ, c’était ça: fais ce que tu as à faire…

J’ai poussé ma luck et j’ai demandé par écrit: Et… faire ce que j’ai à

faire… ça ressemble à quoi?

Je m’attendais à recevoir une réponse du genre continuer à écrire, à faire

des conférences, à continuer mes rencontres, mes démarches pour mes futurs projets. Eh bien, non, la réponse était un mot de neuf lettres: Confiance.

Faire confiance. C’est tout ce que j’ai à faire. Wow! Je sais que j’en suis

capable. J’ai donc continué à faire tout ce que je faisais déjà avant, à la différence près que je savais maintenant que j’étais sur la bonne voie. Une chose de réglée sur ma liste!

 

27 février

 

Vivre votre vie

 

Les femmes, je vous entends trop souvent vous donner des raisons pour ne pas aller de l’avant avec des projets, des idées des désirs qui vous tiennent à cœur. Vous ne pouvez pas à cause de vos enfants, vous ne pouvez pas parce que vous n’avez pas d’argent, vous ne pouvez pas parce que votre mari ne serait pas d’accord ou, tout simplement, vous ne pouvez pas parce que ça ne se fait pas!

Je veux vous dire que ces raisons ne sont pas valables, qu’elles ne

tiennent pas la route. La vraie raison est que vous avez peur. Vous pouvez penser que vous avez peur du jugement des autres, ou que vous vous sentiriez coupables, ou que vous auriez l’impression de délaisser vos enfants, mais c’est faux! Vous avez peur. Savez-vous de quoi? Peur de vous. Peur de vous retrouver en tête-à-tête avec vous-mêmes et de ne plus vous reconnaître, de vous mettre à pleurer tellement vous vous êtes ennuyées. Il est plus confortable pour vous de vivre dans un tourbillon et de penser à tout le monde que d’avoir le courage de vous faire passer en premier. Parce que oui, ça en prend du courage, et j’en sais quelque chose. Du courage, de la confiance et de la foi. Avoir foi en la vie. Savoir que tout se peut: être une bonne mère, une bonne amoureuse, une bonne travailleuse, une bonne amie et surtout un bon être humain. Être qui vous êtes, être connectées à soi, être remplies d’idées, de joie, de projets pour soi et vous autoriser à les mettre de l’avant. Oser faire des choses que vous n’auriez jamais crues possibles de réaliser. Les femmes, cessez je vous en prie de penser à tout le monde sauf à vous. Ne commencez pas une journée sans savoir que vous aurez une plage d’au moins trente minutes où vous ferez en continu quelque chose que vous aimez vraiment. Quelque chose pour vous. Si vous ne vous obligez pas à le faire, personne ne vous aidera. Plus vous vous autoriserez à vous retrouver en tête-à-tête avec vous-mêmes, plus vous aurez l’impression d’avoir une vie à vous. C’est la CLÉ qui vous permettra de cesser d’avoir peur et de choisir de vivre pleinement.

 

28 février

 

Être sur la liste

 

Tout le monde se fait des listes, je ne connais personne qui n’en a pas. Qu’elles soient chiffonnées au fond d’un sac à main, aimantées sur la porte du frigo ou entrées dans un fichier Excel, sans nos listes, nous pourrions facilement nous sentir démunies, comme la fée des étoiles sans sa baguette magique. Puisque nous semblons ne pas pouvoir concevoir notre vie sans listes, pourquoi ne pas envisager de faire des listes de vie?

Qu’est-ce qu’une liste de vie?

Rien à voir avec la Bucket List, qui consiste à énumérer les choses qu’on veut absolument avoir accomplies avant de mourir. Une liste de vie fait partie d’un ensemble de listes (le carnet de listes) nous permettant de mettre sur papier qui nous sommes, mais de façon organisée. On ne cesse de nous répéter que le but principal de la vie est d’apprendre à se connaître. Le carnet de listes en est le moyen par excellence. Inspirée de la philosophie orientale, cette technique très répandue au Japon revêt pour les Japonais un caractère sacré. Quand un Japonais meurt, on en apprend davantage sur lui en lisant son carnet de listes de vie qu’en l’ayant côtoyé pendant cinquante ans.

Comment se faire un carnet de liste de vie?

Dans un cartable, vous placez des feuilles et vous écrivez en haut de la page le sujet de votre liste. Une liste n’est jamais achevée. J’ai commencé soixante-dix-huit listes auxquelles j’ajoute des items tous les mois. Tant que nous vivons, notre cahier de listes n’est jamais terminé.

Sur quels sujets portent nos listes?

Les sujets de notre choix. Dans un premier temps, on fait la liste des listes qu’on aimerait avoir dans notre cahier. Pensez à vos passions, à vos préoccupations, à vos aspirations.

Quelques exemples tirés de mon carnet de listes:

– liste des livres primés que je veux lire (prix Goncourt, prix Femina,

etc.);

– liste des femmes de qui j’ai appris les plus grandes leçons;

– liste des objets que j’ai perdus et que j’aimerais retrouver;

– liste des recettes que j’aimerais faire;

– liste des plus belles phrases romantiques dites par mon chum;

– liste de ce que je ne pensais jamais être capable de faire et que j’ai

réussi;

– liste de mes plus grands talents et de la façon dont je les fais rayonner;

– liste des valeurs que je suis fière d’avoir transmises à mes filles;

– liste des meilleurs films que j’ai vus et des raisons qui justifient leur

sélection;

– liste de ce que j’aurais aimé répondre aux personnes qui m’ont cloué le

bec;

– liste de personnes inspirantes avec qui j’aimerais aller luncher.

Je termine en vous mentionnant à quel point tenir son carnet de listes est

excitant. Premièrement, il n’y a pas de limite au nombre de listes qu’on peut ajouter, c’est très créatif. Deuxièmement, le fait de consigner toutes ces informations dans un cartable procure à coup sûr un sentiment d’affaires classées et d’ordre. Troisièmement, le principal bénéfice est l’effet thérapeutique et bienfaiteur de cette technique, laquelle est la CLÉ qui ouvre la porte d’une vie intérieure riche, qui permet de se libérer du passé et, surtout, de prendre du temps pour soi. Avec cette technique, on a le sentiment profond de se connaître davantage et de se rapprocher de soi pour ainsi tenir la résolution qu’on s’était faite il y a plusieurs années: celle de ne plus jamais se perdre de vue.

Si vous désirez en savoir davantage je vous recommande le livre de

Dominique Loreau, L’art des listes: simplifier, organiser, enrichir sa vie, éd. Robert Laffont.

 

29 février

 

Clés surprises

 

Pour cette journée du 29 février, j’ai décidé de vous faire un cadeau, (un texte de plus, un petit bonus!). Je vous propose deux livres qui m’accompagnent depuis le début de mon cheminement personnel. J’ai acheté le premier en 1989 et le deuxième en 1991. On y trouve le mot CLÉ dans chacun des titres. Qui sait, peut-être vous permettront-ils d’ouvrir des portes qui étaient jusque-là verrouillées.

Connaissez-vous Emmet Fox? C’est un métaphysicien de renommée

internationale qui aurait 131 ans aujourd’hui. Il a écrit de nombreux ouvrages, très compliqués et denses. Paradoxalement, il a aussi écrit trois petits livres, (je ne crois pas que l’on puisse les considérer comme des livres tellement ils sont minces, je dirais plutôt des brochures), un de couleur bronze qui a pour titre: La vie est un état de conscience, 22 pages; un autre de couleur argent: L’équivalence mentale, 18 pages; et le troisième de couleur or: La CLÉ D’OR, 5 pages.

Le principe de la CLÉ D’OR est fascinant. Après avoir expérimenté les

bienfaits de la technique de la clé d’or, j’ai acheté une clé antique que j’ai peinte en or et qui trône sur mon bureau depuis, pour me rappeler à quel point il est efficace. La préface de ce petit livre tient en quelques lignes. L’auteur écrit:

J’ai condensé cet essai en 5 pages. Si cela eût été possible, je l’aurais réduit en autant de

lignes. Je n’avais pas l’intention d’en faire un traité instructif mais une recette pratique pour

sortir de ses ennuis. L’étude et la recherche ont leur utilité mais ni l’une ni l’autre ne peut vous

tirer d’une difficulté concrète. Rien si ce n’est un travail pratique effectué dans la conscience

n’y parviendra. L’erreur quand tout va mal c’est de lire superficiellement livre après livre sans

obtenir ni réconfort ni résultat positif.

De quoi s’agit-il au juste? C’est si simple. Il s’agit du principe du lâcher-

prise. Emmet Fox parle de Dieu, dont voici un extrait, mais moi je remplace le mot Dieu par LA VIE.

Tout ce que vous avez à faire, c’est de ne plus penser à la difficulté quelle qu’elle soit et de

penser à Dieu. C’est la règle absolue et si vous la suivez, toute difficulté sera vaincue.

[…] Pour vous servir de la CLÉ D’OR à l’égard de quelqu’un qui vous fait du tort ou d’une

situation difficile, il faut penser: «Maintenant, je vais traiter avec la CLÉ D’OR Jean, ou

Marie ou ce danger qui vous menace.»

Une fois qu’on a évoqué LA CLÉ D’OR, il faut cesser de penser à notre

problème et arrêter d’en parler. Cette technique fonctionne vraiment. Vous constaterez qu’elle est difficile à mettre en pratique, mais cela vaut la peine de se discipliner et d’aller jusqu’au bout si on veut bénéficier des retombées positives.

Un autre livre qui est, selon moi, un incontournable si on veut connaître

de façon tangible des résultats qui correspondent à ce que l’on désire est un livre écrit en 1950 par Grace Gassette, que j’aime tant, en collaboration avec George Barbarin. Il s’agit du livre: LA CLÉ, je pense donc je suis, éd. Astra.

Encore une fois ici je vous suggère, (si cela vous irrite comme moi), de

remplacer le mot Dieu par LA VIE. Ce livre contient de puissants enseignements entre autres sur le pouvoir de la pensée, les affirmations conscientes, inconscientes, spirituelles, la respiration, et plus encore.

Alors voici, c’était mon petit bonus pour les années bissextiles, des

CLÉS qui m’ont porté secours plus d’une fois par quatre ans!

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