365 rendez-vous avec Marcia

Marcia Pilote · Chapitre 7 sur 16

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365 rendez-vous avec Marcia

Avril

1er avril

 

Jouer des tours

 

J’aime profiter des situations de la vie quotidienne pour jouer des tours aux autres. J’ai remarqué que les personnes les plus appréciées dans un milieu de travail sont celles qui aiment raconter des blagues, organiser des partys ou souligner un événement. Profitons de cette journée du poisson d’avril pour nous rappeler que tous les jours de l’année, il est possible de sortir de la routine et mettre du piquant dans notre vie en inventant des scénarios qui rallient tout le monde.

Je viens d’une famille qui aime beaucoup jouer des tours. Ma grand-

mère Blanche était une femme très rieuse, ma tante Marie savait mettre du fun dans un simple souper de famille. En servant des patates pilées par exemple, elle criait patate! et elle les lançait presque dans notre assiette. J’ai compris rapidement que si je ne développais pas cet aspect ludique au quotidien, j’aurais une vie très routinière. J’ai su, lorsque j’étais une jeune adulte, que la CLÉ qui ouvre la porte d’une vie extraordinaire est le goût de jouer et d’avoir le réflexe d’inventer des scénarios en utilisant les éléments de la vraie vie comme canevas.

C’est avec mes filles, lorsqu’elles étaient enfants, que j’ai eu le plus de

plaisir à inventer des histoires et à jouer des tours. Elles sont maintenant adultes et elles s’en souviennent encore. En exploitant ce côté créatif, (que l’on a toutes en nous à différents degrés), j’ai développé une façon de voir la vie qui rend certaines situations beaucoup moins pénibles. Je sais faire d’un évènement banal, un moment mémorable. La porte qu’on peut ouvrir avec cette CLÉ sont celles de notre cœur d’enfant qui sont souvent verrouillées à double-tour lorsque l’on devient adulte. Pratiquons-nous

aujourd’hui et sachons qu’il est possible que le 1er avril se vive à l’année, il n’en tient qu’à nous.

2 avril

 

SSC

 

Aujourd’hui, je veux vous donner une CLÉ toute simple qui m’aide à ne pas avoir le contrôle des situations de ma vie. Oui, vous avez bien lu. Je ne veux rien savoir de contrôler quoi que ce soit, je veux maîtriser, mais pour ce qui est du contrôle, je laisse ça à une firme spécialisée. Quelle est ma méthode? La pratique du SSC. Trois lettres qui m’aident à vivre en état de lâcher-prise à tous les instants. Trois lettres de mon cru que je place avant toute formulation de mes désirs. SANS SAVOIR COMMENT. Je ne veux pas savoir comment les choses vont arriver à moi. Je veux savoir qu’elles arriveront, c’est tout.

Ces trois lettres m’aident à ne jamais succomber à la tentation de vouloir

m’en mêler. Quand j’ai un projet ou un désir, je vais dire:

– SSC, je rencontre les bonnes personnes au bon moment pour mon

projet de livre.

– SSC, je réussis à terminer ce contrat dans les délais et dans la joie.

– SSC, je fais du sport trois fois par semaine et j’y prends plaisir.

– SSC, je dispose d’une salle parfaite pour ma conférence du mois

d’octobre en Estrie.

– SSC, je trouve la réponse à cette question qui me tracasse depuis

longtemps.

Ces trois lettres sont pour moi une façon de dire à la vie: Je te laisse

t’occuper de COMMENT cela va arriver jusqu’à moi et je m’occupe d’écouter les pistes que tu me donnes pour ce faire. Je ne veux rien contrôler, car je sais très bien que lorsque je contrôle, je suis limitée dans les options qui s’offrent à moi. Je vous entends me dire qu’il en faut un minimum si on veut que nos projets voient le jour. Je vous réponds que je suis tout à fait d’accord avec vous, mais que je préfère donner ce contrat à la vie qui me dira quoi faire. Pour l’avoir expérimenté des milliers de fois (donner le contrat à la vie), je peux vous confirmer que je vous recommande cette sous-traitante. Elle est efficace, elle est douée, elle est imaginative, elle est surprenante et elle travaille bénévolement. Pendant que la vie s’occupe de gérer mes affaires, moi, je prends soin de moi et je m’occupe d’être en forme pour agir quand les directives me seront données. Comment me seront-elles données? Par le biais de mon intuition et des synchronicités, SSC.

 

3 avril

 

Un vrai corps

 

Vous m’invitez à votre prochain souper de filles. Je prends des photos de vous et de vos amies. Que pourra-t-on y voir? Une belle brochette de filles aux corps différents. Vous avez sûrement une amie mince comme une échalote qui peut manger tout ce qu’elle veut sans prendre du poids, une amie ronde au sourire contagieux, une petite musclée, une belle plantureuse. Le spectre est large en ce qui concerne le corps des filles qu’on côtoie dans la vie de tous les jours. Nos cousines, nos sœurs, nos collègues, nos voisines, nos tantines, il y en a vraiment de tous les genres. Comment se fait-il alors que lorsqu’on ouvre la télé ou un magazine, les corps de femmes ne sont nullement représentatifs de ceux qu’on croise tous les jours? N’y aurait-il qu’un seul modèle acceptable, valable? Si notre corps ne correspond pas au modèle de beauté véhiculé par les médias, faut-il en conclure qu’il n’est pas digne d’admiration?

Savez-vous ce qui m’a fait allumer? Il y a quelques années, j’ai revu des

épisodes de Chambres en ville, émission où je tenais le rôle de Josiane. J’avais 23 ans. En me revoyant, je n’en suis pas revenue comme j’étais pétard. Mais, croyez-le ou non, je me souviens parfaitement de comment je me sentais dans mon corps à cette époque, et c’était loin d’être positif. J’ai réalisé à ce moment-là que si je continuais à évaluer mon corps en fonction des critères de beauté, je repousserais toujours à plus tard le projet de m’aimer. Et dans quinze ans, lorsque je regarderai une photo de moi prise aujourd’hui, je dirai la même chose: «Mon Dieu que j’étais belle et je ne le savais même pas». C’est un engagement que toutes les femmes devraient prendre: s’apprécier telles qu’elles sont à partir d’aujourd’hui. C’est la CLÉ pour que nous cessions de traiter notre corps avec mépris. Le mettre en valeur, nous tenir droites et afficher fièrement notre unicité. De cette façon, nous contribuerons à ce que cesse la tyrannie de la beauté selon des standards irréalistes. La beauté, c’est nous qui la portons fièrement tous les jours, toutes autant que nous sommes. Elle ne se trouve pas derrière un écran de télévision ou dans les pages glacées des magazines.

 

4 avril

 

Passons l’aspirateur plusieurs fois par jour

 

J’ai acheté dans un bazar, il y a quelques années, une série de cassettes audio, un programme de trente jours à raison d’une heure par jour, où Anthony Robbins nous parle de techniques pour le dépassement de soi.

Je déteste ce genre de conférence, mais puisque qu’avec mon ancienne

voiture, le seul système pour écouter de la musique était un radiocassette, j’appréciais agrémenter mes déplacements en écoutant des cassettes. Ce programme comporte des exercices à faire par écrit (que je ne faisais pas, bien entendu, puisque je conduisais) et il est ponctué de plusieurs histoires et exemples donnés par Anthony Robbins qui, bien qu’il soit un excellent communicateur, n’est pas assez spirituel à mon goût. Mais ne serait-ce que pour l’exercice de respiration qu’il a proposé dans le cours #9, cette formation valait le détour. Il s’agit d’une technique élaborée par le Dr Otto Warburg, gagnant d’un prix Nobel de médecine pour la recherche sur le cancer, est un spécialiste en physiologie des cellules et du système lymphatique. Il propose une méthode toute simple qui est absolument géniale. J’avoue que le défi de vous l’expliquer sur papier est de taille, mais je veux tellement vous offrir cette CLÉ que j’utilise tous les jours, que je vais me lancer. Il s’agit de la respiration 1-4-2.

Cette technique, si elle est pratiquée trois fois par jour, active le système

lymphatique et crée par le fait même un nettoyage et un renforcement du système immunitaire. C’est un peu comme si on passait l’aspirateur dans tout notre corps chaque fois qu’on prend deux minutes pour faire cet exercice.

Vous devez inspirer, retenir votre souffle et expirer selon des temps

définis dans un rapport 1-4-2.

Choisissez un chiffre (nombre de secondes) qui sera la durée de départ

de votre respiration. De 2 à 5 secondes. J’ai commencé par 3 secondes, je suis maintenant à 4 et bientôt je serai à 5 secondes.

Vous prenez ce chiffre et vous appliquez la règle du 1-4-2. Concrètement

voici ce que ça donne.

Mon point de départ est 4 secondes:

Premier mouvement

Multipliez votre chiffre par 1 et inspirez cette durée:

4 × 1 = 4 secondes. Vous inspirez donc pendant 4 secondes.

Deuxième mouvement

Multipliez votre chiffre par 4 et retenez votre souffle pendant cette durée:

4 × 4 = 16 secondes. Vous retenez donc votre souffle pendant 16

secondes.

Troisième mouvement

Multipliez votre chiffre de départ par 2 et expirez pendant cette durée:

4 × 2 = 8. Vous expirez donc pendant 8 secondes.

Faites cette séquence dix fois de suite, au moins trois fois par jour. Après

une semaine, vous serez à même d’en constater les bienfaits. Une sensation de bien-être, davantage d’énergie cohabitera avec vous en permanence. Vous aurez ainsi l’assurance que vos cellules sont nettoyées, nourries et non polluées.

Ce qu’il faut savoir, c’est que le système lymphatique, contrairement au

cœur par exemple, n’a pas de pompe. Ce qui fera circuler la lymphe dans notre corps et qui agira comme pompe, c’est notre respiration. Un sang riche en oxygène est l’élément clé pour que le corps produise des cellules en santé. Une régénération cellulaire efficace est essentielle pour une santé optimale. Il a été scientifiquement prouvé que c’est l’antidote à de nombreuses maladies. La majorité des gens n’utilisent que le tiers de leur système respiratoire quand ils respirent; ils bénéficient donc d’environ 25% de l’air et de l’oxygène dont ils ont besoin pour une bonne santé. Avec cette technique, vous triplerez l’apport d’air et d’oxygène dans votre sang.

Vous pouvez pratiquer cette technique en tout temps: dans l’autobus, au

travail, dans votre lit, en faisant la vaisselle, au gym. Pour vous inciter à commencer, je vous dis ceci: si vous le faites plusieurs fois par jour, vous perdrez du poids facilement (si vous en avez à perdre). Et puis? Est-ce que je viens de finir de vous convaincre? Vous m’en donnerez des nouvelles!

 

5 avril

 

On devrait célébrer…

 

Je n’aime pas les partys ni les activités sociales traditionnelles: mariages, showers, anniversaires, bref tout rassemblement qui consiste à célébrer un événement. Les seuls rassemblements de célébration auxquels j’aime participer sont ceux organisés par et pour ma famille. Pourquoi? Parce qu’il n’y a aucune obligation, c’est toujours trippant et aucunement conventionnel. On célèbre un événement, oui, mais surtout le fait qu’on est tous ensemble. On ne se casse pas la tête avec le protocole, les cadeaux, les hommages, le repas; l’important est que ce soit une soirée mémorable humainement parlant. Ce qui m’amène à vous faire part d’une idée que j’ai eue. Une idée farfelue j’en conviens, mais je vous la soumets quand-même, car je sais que c’est la réalité de plusieurs femmes d’avoir de nombreuses fois par année des obligations sociales pour célébrer un événement. Vous aurez remarqué que j’ai utilisé le mot obligation, car je le sais, vous m’en parlez souvent, vous n’êtes pas capable de dire non et vous vous retrouvez souvent coincée dans votre horaire parce que vous devez arriver à telle heure tel samedi pour le «surprise party» de votre cousin ou le baptême de la fille de votre meilleure amie. Vous qui avez déjà un agenda bien rempli, il vous semble que les fins de semaine devraient être reposantes.

Voici mon idée: on ne devrait célébrer que des événements auxquels on

ne pense jamais et qui revêtent un caractère d’accomplissement.

– On devrait faire un party pour notre ami(e) qui vient de se séparer

après plusieurs années d’une relation conjugale insatisfaisante; levons

nos verres à sa nouvelle vie!

– On devrait faire un party pour les parents dont les enfants atteindront

la majorité prochainement: bravo, vous avez réussi à vous rendre

jusque-là. Beau travail!

– On devrait faire un party pour notre ami(e) qui a connu des ennuis de

santé: burn-out, traitements de chimio, opération: célébrons le fait que

cette personne soit encore en vie.

– On devrait faire un party de voisins pour célébrer les relations

harmonieuses (si c’est le cas) avec eux. Toutes les fois où ils ont

enduré le bruit de notre tondeuse, où nous avons enduré les cris de

leurs enfants, pour tous les services rendus de part et d’autre.

– On devrait faire un party pour commémorer l’anniversaire de la mort

de quelqu’un. Oui, j’ai bien dit un party où la personne qu’on a aimée

serait de la fête, question de nous souvenir de l’importance qu’elle a eu

dans notre vie (photos, vidéos, témoignages, mais dans un contexte de

célébration plutôt que de funérailles).

– On devrait faire un party pour toutes les personnes qui célèbrent la fin

d’une dépendance. Nous réjouir du fait qu’elles ont réussi à vivre sans

alcool, sans cigarettes, sans drogues, sans médicaments, sans sucre,

etc.

Vous voyez, la liste peut encore s’allonger selon ce que vous aurez envie

de célébrer. Osez organiser des rituels et des événements qui vous ressemblent et qui ont du sens pour vous. C’est la CLÉ d’une vie riche et unique qui vous maintient dans un état de célébration tout au long de l’année.

 

6 avril

 

Au lit

 

Pour toutes les femmes qui aujourd’hui, pour une raison ou une autre, doivent rester au lit, je vous dis quelque chose qui pourra vous sembler curieux: profitez-en. Si vous devez rester allongées toute la journée, c’est parce que vous n’êtes pas dans votre meilleure forme. Vous souffrez probablement, la tête vous tourne, vous n’êtes pas capables de marcher. Chose certaine, pour que vous soyez obligées de garder le lit, vous qui êtes habituellement si actives, c’est parce que c’est sérieux. Vous vous sentez peut-être même coupables de ne pas pouvoir faire rouler la maison comme à tous les jours. J’ai un message pour vous. Ayant moi-même passé plusieurs mois alitée 24 h/24, je sais de quoi je parle. Je vais vous dire quelque chose qui va peut-être vous surprendre. J’ai apprécié ces moments et, curieusement, je me disais: Ça ne se reproduira plus jamais de ma vie d’avoir à rester allongée pour une période aussi longue, alors aussi bien en profiter. Je savais que, à part lorsque je serai morte, il n’y aurait plus de ces moments où je n’aurais que ça à faire: me reposer, lire, écouter des films, recevoir des amies, bien assises sur des coussins dans ma chambre.

Je me souviens très bien d’avoir décidé de ne pas me gâcher la vie avec

mes peurs: peur de ne plus remarcher, peur de ne plus pouvoir fonctionner comme avant, peur de ne pas être capable de m’adapter à mon nouveau corps, peur que la douleur ne me quitte plus. C’est à l’horizontale que j’ai véritablement appris à vivre le moment présent. Je ne pouvais pas m’inquiéter du lendemain, car tous les lendemains se ressemblaient. Chaque fois que je passais du temps au téléphone avec quelqu’un, j’étais vraiment là, toute là. Vous remarquerez qu’à la verticale, il est rare que nous ne fassions qu’une seule chose à la fois. Il y a même des blagues sur le sujet. Mais quand on n’a pas le choix, on le fait, on y goûte et par la suite, cela devient presque un mode de vie. J’ai donné une autre définition à l’expression repos forcé: repos où mes forces insoupçonnées, celles que je n’ai jamais la chance d’exploiter, viendront me visiter.

Elles sont venues, ces forces, je les ai accueillies: la patience, la

confiance, la reconnaissance d’être en vie. Depuis, toutes trois sont devenues les CLÉS de ma liberté. Je sais que même couchée, je peux avancer et aller très loin.

 

7 avril

 

Tout le plaisir est pour… nous

 

Je dis souvent la phrase suivante (pas à moi-même, car je n’ai pas besoin de me la répéter, j’ai bien compris le message) mais aux autres quand on a une tâche à accomplir ensemble: «Surtout pas de stress… Si, à un moment ou à un autre, vous stressez pour quoi que ce soit, vous êtes obligés de me le dire.»

Je vois dans leurs yeux qu’ils ne sont pas habitués à se faire dire ça.

Dans un monde où tout est pour hier et que tout doit être fait rapidement, impeccablement et efficacement, pas étonnant que chaque fois qu’il y a quelque chose à produire, la plupart des gens font des poussées d’urticaire. Pas droit à l’erreur, pas le droit de se tromper et surtout pas le droit d’avoir du fun. Voilà la CLÉ: le plaisir! Pourquoi, même dans les tâches les plus ennuyantes, ne pas toujours y ajouter la notion de plaisir? Y mettre la petite touche spéciale de notre cru qui rendra toute situation agréable? Je suis une spécialiste du plaisir, je devrais dire du fun. Quand j’étais au secondaire, j’avais toujours hâte d’aller à l’école, car je savais que j’allais me faire du fun. Avez-vous remarqué? Je n’ai pas dit avoir mais faire, ME FAIRE DU FUN! Pour convaincre mes amies de venir avec moi dans un party chez de nouveaux amis, mon argument était le suivant: «Venez, on va se faire du fun…»

Cet argument fonctionnait toujours, car elles savaient que ce serait le cas.

Partout où j’allais, je créais du fun. Aujourd’hui, c’est la même chose. Jamais je ne me présente à un endroit, par exemple à un souper d’amies, à une réunion de famille, au travail, à l’épicerie, sans me faire un devoir de rire, d’avoir du fun. Ce peut être en me moquant, en observant des aberrations, en jouant des tours, peu importe, mais je me sais capable de faire ça et je le fais plusieurs fois par jour. L’humour, la sociabilité, le naturel et, surtout, être complètement là pour saisir au vol les situations qui peuvent facilement se transformer en «party», et ce, peu importe l’endroit où l’on se trouve. Je vis une vie où le stress est bien réel, je peux presque même le toucher, mais lui non. Le stress ne pogne pas sur moi. Est-ce un don? Peut-être, mais chose certaine, ce don me placera dans le visage de belles rides d’expression qui prouveront que vieillir et plaisir font bon ménage!

 

8 avril

 

Tu es tellement inspirante

 

C’est une phrase que j’entends souvent lorsque je donne des conférences ou même à l’épicerie quand une femme me parle des émotions que mes écrits ont suscité en elle. Chaque fois, j’en suis émue. Inspirer une personne, vous imaginez comme c’est génial? Inspirer une personne en étant qui on est, en vivant sa vie comme on l’aime. Quand j’entends ce mot, inspirante, je me dis que derrière tout ça, il y a eu aussi beaucoup d’expirations car, comme la respiration comporte deux mouvements, soit l’inspiration et l’expiration, être inspirante comprend aussi ce volet: l’expiration. Je vous l’explique sous un tout autre angle: non pas expirer comme relâcher son souffle, faire sortir l’air de ses poumons, mais bien avoir une date d’expiration. Je crois que pour être inspirante, il faut savoir expirer. Laisser aller des habitudes, des personnes, des comportements, des mots, des patterns, des réflexes, des peurs et des conditionnements tout simplement parce qu’ils ne nous servent plus, et qu’ils nous nuisent même. Je sais que si je suis si inspirante, c’est que tous les jours, je vérifie mon étiquette. Et lorsque je constate que la date d’expiration arrive à terme, j’ai le courage de m’en défaire. Parfois c’est difficile et, parfois même, j’ai besoin d’aide car j’ai peur. Mon but dans la vie est d’être à jour. La CLÉ pour y arriver est de ne jamais me perdre de vue. Pourquoi la plupart des personnes n’arrivent pas à respecter les dates d’expiration et préfèrent continuer à porter du «périmé» en elles? Parce qu’elles ont peur. Peur de l’inconnu, peur du changement, peur tout simplement, et il n’y a rien de moins inspirant qu’une personne qui a peur!

 

9 avril

 

Un pas à la fois

 

J’aime beaucoup l’idée, quand on a un projet, un but, une échéance, d’avancer à petits pas, car c’est moins décourageant. S’il avait fallu, pour toutes les idées que j’ai mise de l’avant, que je commence à estimer le temps que ça me prendrait et à mesurer la charge de travail qui m’attendait, j’aurais probablement fermé boutique et je n’aurais rien fait. Non pas que je m’en serais crue incapable, mais j’aurais paniqué devant le travail à accomplir. L’approche un pas à la fois consiste à faire un pas à la fois sans relâche; de cette façon, on avance de façon constante, lentement, à notre rythme, en ayant le temps de voir passer les choses et en ne succombant pas au stress. La CLÉ pour que cette méthode fonctionne à 100% est d’exécuter nos pas un à la fois et laisser la vie faire le reste. Faire confiance que pendant qu’on s’acquitte de notre tâche, la vie s’occupe de nous l’alléger en plaçant sur notre route des événements, des personnes, des situations qui faciliteront notre travail. Si on cède au stress et à la panique, on ne laisse pas à la vie la chance de gérer le chantier. Quand j’ai un projet avec des délais serrés (par exemple écrire un livre comportant 365 textes), si j’y pense, c’est presque impossible, mais si je n’y pense pas et que, jour après jour, je fais ce que j’ai à faire, je suis convaincue que je réussirai. Pour donner ce contrat à la vie, il faut absolument faire un acte de foi: Je ne sais pas trop comment je vais y arriver, mais je sais que je vais y arriver, un pas à la fois. Cette très belle phrase de l’auteur Mark Twain m’a toujours inspirée: «Ils (elles) ont réussi car ils (elles) ne savaient pas que c’était impossible!»

Je sais que plusieurs de mes projets, si je les avais abordés avec la raison,

n’auraient jamais vu le jour, ils m’auraient semblé irréalisables. Mais en faisant un pas à la foi (le «s» de fois a été volontairement enlevé), on y arrive à tout coup, c’est la porte d’entrée à toute forme de réalisation. Parole d’une fille qui fonctionne de cette façon depuis plus de 30 ans!

 

10 avril

 

Une sœur

 

J’aime tellement mes filles, Adèle et Madeleine. Sans même le savoir, j’ai imbriqué le nom de l’une dans le nom de l’autre: M adele INE. Je ne l’ai pas fait exprès, ce n’est qu’une année plus tard qu’une amie me l’a fait remarquer. J’ai trouvé ça beau. C’est comme si, inconsciemment, je voulais qu’elles soient toujours là l’une pour l’autre, qu’elles sachent qu’elles ont un lien spécial, qu’elles sont interreliées. Elles ont le même sang, elles n’ont qu’une seule autre personne au monde à qui elles peuvent attribuer le mot sœur. Je suis heureuse de leur avoir donné ça. C’est le plus beau cadeau que j’ai pu leur faire: donner à chacune une sœur. Moi, j’en ai trois et j’en connais le caractère précieux. Une sœur, c’est différent d’une mère, d’une amie, d’une cousine; c’est une personne qui vient du même pays que toi, c’est une personne qui a séjourné neuf mois au même endroit que toi, c’est une personne qui possède des CLÉS de secours quand tu affronteras un problème et que tu ne trouveras plus les tiennes. Une sœur, c’est essentiel à la vie. En cette Journée nationale des frères et sœurs, prenez le temps de dire merci à celle qui porte en elle une partie de votre histoire, car votre histoire, c’est aussi la sienne.

11 avril

 

Pour avoir du temps à revendre

 

Hé! les femmes, j’ai quelque chose à vous vendre et c’est gratis en plusse! Je veux vous vendre du temps. Ou plutôt, je veux vous vendre une idée qui vous fera gagner du temps. Je crois que je détiens la CLÉ d’un coffre-fort qui contient une banque d’heures illimitées qui n’attendent que nous. Comment se fait-il qu’on n’ait pas entendu parler de cette promotion avant aujourd’hui? Parce qu’on était trop occupées à nos activités et on n’a pas pris le temps d’y penser. Moi, c’est mon métier de penser à ces choses-là et de travailler à les trouver. Je suis une recherchiste de la vie. Sur ma carte d’affaires, on pourrait écrire: Trouveuse de clés qui facilitent la vie des femmes.

Bon, alors revenons au coffre-fort rempli d’heures dont vous avez

grandement besoin.

Comment on y accède?

Vous devez, à partir d’aujourd’hui, cesser de perdre votre temps:

– avec des ruminations et des suppositions (le deuxième accord Toltèque

est essentiel pour réussir ce point);

– organisez-vous pour couper de moitié les heures que vous passez dans

les centres commerciaux et à l’épicerie et dans tous les autres

établissements où vous faites vos commissions;

– voyez à épurer le matériel qui vous entoure. Vivre dans un

environnement dépouillé vous fait gagner du temps. Moins

d’époussetage, moins de manutention, plus d’espace physique et

mental;

– refusez les invitations qui débordent du cadre familial: anniversaire du

chum de votre cousine, vernissage de votre voisine, baptême du fils de

votre amie du secondaire;

– pas besoin de faire les mêmes activités que votre conjoint(e). Si vous

allez à tous les soupers de couples, tous les anniversaires dans votre

belle-famille, vous virerez folle, à moins que ce ne soit déjà fait. Votre

conjoint(e) peut très bien partir seul(e) un week-end avec les enfants

pour la fête de son cousin. Vous disposerez alors d’une belle fin de

semaine en solo.

Quand vous saurez mettre cela en pratique, vous aurez déjà commencé à

puiser dans ces heures-cadeau. Ce ne sera pas du temps emprunté à la banque, vous n’aurez jamais à le remettre parce que ce temps vous appartient déjà, c’est vous qui choisissez comment vous le dépensez. En plus ce sera un bon placement, vous aurez de l’intérêt!

Ce sera du temps, du vrai, le vôtre, occupé par des activités, des loisirs,

des rendez-vous qui vous comblent, qui vous nourrissent, qui donnent un sens à votre vie!

Je pourrais terminer ce texte en vous offrant de verser douze paiements

faciles pour avoir accès à l’idée que je veux vous vendre. Mais je n’ai pas besoin de vos paiements, c’est gratuit, je vous l’ai dit d’entrée de jeu. C’est cette belle idée dont j’avais envie de vous parler et qui, je l’espère, vous aura donné envie d’ouvrir ce coffre-fort dont vous seule détenez la combinaison.

 

12 avril

 

Je ne décide plus rien…

 

Aujourd’hui, Martine, notre GERMAINE préférée, a pris une grande décision. Elle nous offre par le fait même la CLÉ qui nous permettra peut-être d’avoir la tête plus légère.

C’est décidé: je change. Pis boutte pour boutte à part ça! À partir de maintenant, je laisse mon

chum prendre toutes les décisions. J’décide pu rien. Pendant une semaine, je deviens soumise.

Je vais faire tout ce qu’il va vouloir. J’suis ben tannée de me faire traiter de Germaine parce

que je prends des décisions que quelqu’un doit prendre. (Elle chante) Faut qu’y en ait une qui

le fasse… C’est Diane Dufresne qui chantait ça. C’est facile ça, de dire que les femmes sont

Germaines, contrôlantes, hystériques, qu’elles pètent une coche chaque fois que c’est pas fait à

leur manière. Ça me ferait du bien d’arrêter de toute décider. Ça fait combien d’années que

c’est moi qui décide de toute? Trop longtemps, mais là, c’est terminé. Penses-tu que j’aimerais

pas ça, moi, passer mon temps à rêvasser, à faire du yoga pis des projets de décoration au lieu

d’avoir à choisir entre l’huile d’olive extra vierge ou pressée à froid à l’épicerie, l’étagère du

haut ou du milieu dans le garde-manger pour ranger le beurre de peanuts, faire du ski en

famille ou du patin pendant la semaine de relâche, choisir le jour du lavage, la sorte de savon,

le cadeau écolo à acheter à mon beau-frère grano, religion ou morale pour les enfants à

l’école… Ça va faire! À partir de maintenant, c’est mon mari qui décide. Et ça commence

aujourd’hui!

On commande-tu du St-Hubert ou du chinois? C’est lui qui va décider. On fête-tu le 50e de

ses parents au resto, sur un bateau, dans un igloo? On fait-tu l’amour le samedi soir après le

hockey, une petite vite dans la douche, le missionnaire? C’est comme il veut.

Oups, j’ai un appel… C’était justement lui qui m’appelait de l’épicerie. Il ne savait pas quoi

choisir quand la caissière lui a demandé s’il voulait papier ou plastique…

 

13 avril

 

Trouver la clé

 

En avril 2016, j’ai écrit le récit de mon amitié avec Anne-Marie qui m’a laissé occuper une place de choix dans les derniers mois de sa vie. Dans ce livre, À la vie à la mort, chez Libre Expression, il y a un tout petit chapitre qui a pour titre Trouver la CLÉ. J’avais envie de vous l’offrir.

Mon amie, je trouve que ce que tu vis est beau. Vraiment beau. Je ne pensais jamais avoir à

dire ça un jour, je ne pensais jamais non plus avoir à penser à ça un jour: trouver beau que

mon amie parte, pour toujours. Ce n’est pas le fait que tu partes qui est magnifique, mais la

façon dont tu le fais. Je suis capable de dire ça parce que j’ai fait le travail (en grande partie

en tout cas). J’ai fait le travail de transformer ma peur de la mort, de la traiter, de la

confronter. C’est ce qui fait que je peux célébrer avec toi, c’est ce qui fait que je peux

comprendre… un peu… Tu as fait le même travail à la puissance 100: te libérer de la peur

pour entrer dans la dimension du grand amour, le vrai amour comme tu l’expliques, et quand

ça sort de ta bouche, ce n’est pas cucul du tout. Je dirais même que ça fait résonner en moi

quelque chose de puissant, qu’on ne sort qu’aux grandes occasions. Tu m’apprends que tous

les moments sont de grandes occasions et qu’il faut porter ce qu’on a de plus beau, qu’il faut

aller chercher au de fond de soi notre plus beau vêtement et le porter.

Tu m’as permis de trouver la clé, ma clé de l’espace en moi où il n’y a que de l’amour. Tu

me dis que c’est possible de vivre sa vie dans cet état-là. Mais quand on est rendu à vivre en

permanence cet état-là, on doit mourir non? On meurt parce qu’on n’a plus rien à apprendre

ici? Je ne sais pas. Je sais que je veux continuer, je sais que j’ai encore tellement de choses à

dire et à accomplir. Je ne voudrais pas être empêchée de vivre la plus belle période de ma vie.

Être libre, être à mon compte, être grand-mère, être solidement placée dans mon

environnement. C’est certain que je ne veux pas que ça arrête. Si j’ai mal à une dent ou si j’ai

une tache brune sur la peau, j’ai toujours peur que ce soit mortel. Il y a quelques années,

quand j’ai commencé à avoir des symptômes d’engourdissement au bras suite une opération,

ce qui me plaçait dans un état d’anxiété terrible, on s’était longuement parlé au téléphone et je

te disais:

– Je ne mourrai pas hein? Dis-moi que je ne mourrai pas. J’avais

tellement peur d’être en phase terminale…

Je t’entends encore rire à l’autre bout du fil en me disant:

– Oui, tu vas mourir un jour, Marcia, mais pas tout de suite…

Tu m’avais rappelé qu’on va tous mourir un jour. On ne savait ni l’une ni l’autre que

quelques années plus tard, ce jour serait arrivé pour toi.

Toi non plus tu ne veux pas mourir, mais on dirait que tu es prête parce que tu as fait le tour.

Est-ce le cas, ma belle amie? As-tu l’impression que c’est terminé et que tu as connu tout ce

que tu voulais? La maternité, le succès dans ta carrière, l’amour, l’amitié, te consacrer à ta

passion pour les chevaux, avoir du temps pour prendre des marches avec tes chiens?

Je ne sais pas s’il arrive un moment où on a l’impression que c’est o.k. que notre vie se

termine. Avec toutes les discussions qu’on a eues sur le sujet, je crois pouvoir affirmer que

c’est ton cas. Pas que tu sois écœurée, pas que tu sois tannée, mais que tu as fait tout ce que tu

avais à faire, que tu as accompli ta mission. Est-ce que c’est ça? Je te le demanderai…

 

14 avril

 

Ma liste à moi

 

En décembre 2015, j’ai été invitée à l’émission Ma liste à moi, animée par Josée Boudreault et Christine Michaud où des artistes révélaient dix rêves qu’ils voulaient voir se réaliser avant de mourir. Quelques semaines avant l’enregistrement, Lucie, la recherchiste, m’a téléphoné pour m’expliquer ce que je devais faire, soit dresser la liste de dix rêves que j’aimerais voir arriver dans ma vie. (Vous l’essaierez, c’est un exercice intéressant). Lucie fut très surprise de m’entendre lui dire au téléphone que je n’avais aucun rêve, car j’avais réalisé tout ce que je voulais faire. J’ai donc dû me creuser les méninges pour trouver dix éléments pouvant constituer cette liste. J’ai eu envie de la partager avec vous.

– Retrouver le soutien-gorge que j’aimais tant mais qui est discontinué.

(J’ai tellement essayé de remettre la main sur cette marque et ce

modèle: VAN-ELLE)

– Participer à un programme ou à une initiative nationale qui ferait en

sorte que dans toutes les écoles du primaire, il y ait une scène, des

projecteurs et des rideaux pour que les enfants puissent souvent monter

sur scène et présenter des prestations devant un public (théâtre,

discours, monologues, etc.). Ce serait formidable pour l’estime de soi.

– Passer une nuit complète en pyjama dans une bibliothèque. (Avoir une

bibliothèque à moi toute seule pendant une nuit).

– Parler l’anglais avec fluidité. (Être capable de faire une entrevue en

anglais).

– Que mes mots, mes textes soient mis en chanson. Entendre mes plus

belles phrases chantées avec de la musique.

– Monter sur scène devant une salle remplie de 1000 femmes et animer

une soirée chaleureuse. Au menu: monologues, lectures à voix haute,

partages, etc.

– Avoir des capsules ou des chroniques, des conférences, un show de

télé ou je ne sais trop quoi, mais diffusé à grande échelle avec ma sœur

Brigitte. Quand on est ensemble devant un public, les gens se roulent

par terre. J’ai déjà le titre: LES SŒURS «PILOTENT»

– Avoir un courrier du cœur. Juste pour les femmes et à la radio. Je lirais

des courriels envoyés par les femmes et on ouvrirait les lignes

téléphoniques, on réglerait le sort du monde.

– Faire des capsules vidéo avec des enfants, spontanément, où je les

questionnerais sur tous les sujets de la vie et ces capsules seraient

largement diffusées pour contribuer à l’harmonie dans le monde.

(Comme dans les avions, il y a les gags Juste pour rire, moi, j’aimerais

qu’il y ait les capsules qui font du bien: Le monde vu par des enfants).

– Avoir une bibliothèque roulante, comme le personnage de Jack dans le

livre La tournées d’automne de Jacques Poulin. Ma petite caravane

serait remplie de livres et je m’arrêterais ici et là pour offrir mes

prescriptions littéraires aux gens qui passeraient un moment avec moi.

Je suis entremetteuse littéraire depuis le secondaire. Je n’accepte pas

quand une personne me dit qu’elle ne lit pas. Je lui réponds que c’est

parce qu’elle n’a pas encore trouvé son match parfait!

Après mon passage à l’émission, j’ai réalisé que la CLÉ qui ouvre la

porte de tous nos rêves est celle qui est fabriquée à partir de ce qui nous allume depuis longtemps. Faites votre liste et vous saurez me le confirmer.

 

15 avril

 

J’en pleurerais…

 

Il y a des situations qui arrivent parfois et si je n’étais pas en groupe, au travail ou en train de faire une tâche urgente, j’en pleurerais… J’ai remarqué que ce sentiment n’a rien à voir avec la tristesse, mais bien avec un genre de désespoir. Dans mon cas, il est souvent rattaché à la sphère intime et amoureuse. Quand j’ai l’impression que mon chum s’éloigne, quand j’ai peur qu’il ne m’aime plus, quand, sans aucune raison, j’ai peur d’être abandonnée, j’en pleurerais pendant des heures… Les rares fois où cela est survenu, j’ai réussi à prendre le temps d’identifier ce qui était en train de se passer. J’ai compris qu’il s’agissait d’une peur reliée à l’enfance. Lorsque cela arrive, je me sens comme une petite fille, je perds tous mes moyens et je n’arrive pas à me ressaisir, la peur prend le dessus. Peur de quoi? Je ne sais pas exactement. Peur que l’autre ne m’aime plus, ne veuille plus de moi, me dise qu’il a bien réfléchi à la situation et qu’il désire cesser la relation. Je tombe alors dans un pattern terrible: celui de penser que j’ai fait quelque chose de mal, que c’est ma faute, qu’au fond je ne mérite pas son amour. Je vous jure que je n’ai pas vécu cette sensation souvent. Cinq fois en onze ans, mais quand même, je suis allée assez loin dans ce malaise pour toucher à ce qu’il provoque en moi. Quand ça survient, je cesse immédiatement de l’attribuer au comportement de l’autre et je reste avec moi. Je me berce, je me parle, je tente de faire taire cette peur qui me dit des choses qui ne m’appartiennent pas. J’essaie d’écouter ma voix, ma peine. Pas dans l’idée de me regarder le nombril, mais de sonder mon cœur, mon petit cœur qui parfois aurait besoin d’aller chez le réparateur. Après m’être accordé du temps pour me bercer l’âme, j’en ressors toujours avec un sentiment de plénitude car je me suis rassurée, je me suis parlé, j’ai entendu ma voix douce et bonne comme la brise qui m’a soufflé des mots si beaux qu’ils ne se répètent pas. C’est pour moi la CLÉ qui me permet de surmonter ces périodes plus sombres qui arrivent sans crier gare: prendre le temps d’entendre ce que j’ai à me dire. Prendre le temps de soigner cette peine de petite fille, et ce, même si j’ai 50 ans. Souvent, après ce processus, les larmes coulent sur mes joues. Des larmes de bonheur.

 

16 avril

 

Second printemps

 

Il s’est passé plusieurs mois sans que j’aie mes règles. Après douze mois, on est officiellement reçue dans le club des ménopausées. J’ai accepté cette étape de ma vie avec grand bonheur (à part les bouffées de chaleur), surtout qu’elle coïncidait avec le fait que je suis devenue mère-grand. J’ai toutefois eu un regret (vous trouverez ça peut être spécial), mais quand j’ai eu mes règles pour la dernière fois, j’aurais aimé le savoir. Pourquoi donc? Pour faire un petit rituel. J’aime les rituels. Je crois qu’ils sont la CLÉ qui permet de vivre les passages de façon optimale. J’aurais aimé faire un rituel d’adieu pour vivre dans mon corps, pour la dernière fois de ma vie, ce cycle avec tout ce qu’il comporte. Je ne vous dis pas que je serais allée dans le bois brûler une serviette hygiénique et finir ça dans un sweat lodge en inhalant de la sauge, mais j’aurais tout de même pris le temps de remercier mon corps pour ces 402 mois où j’ai vécu ces cycles, où mes seins se sont gonflés, où le sang s’est écoulé, où j’ai produit des milliers d’ovules, où mes hormones ont valsé. J’aurais invoqué Artémis, déesse de la fertilité, et je lui aurais remis mon chandail, elle l’aurait accroché et m’aurait offert une émeraude, l’une des pierres associées à la fertilité.

Mon souhait s’est réalisé quelques mois plus tard (presque un an), le 8

mars exactement, lors de la Journée internationale des droits des femmes, lorsque le sang s’est écoulé à nouveau ce jour-là. J’ai été surprise, moi qui ne l’attendais plus, mais j’ai aussi été très émue de me rendre compte que mon souhait avait été exaucé. J’ai fait un petit rituel très personnel et j’ai pu vivre ainsi, à ma façon, mon passage vers le second printemps, comme est appelée cette étape en médecine traditionnelle chinoise.

Toutes les femmes devraient lire le livre Reflets de la lune sur l’eau,

guérir le corps et l’âme grâce à la médecine traditionnelle chinoise. L’auteure, Xiaolan Zhao, a été chirurgienne en Chine avant de venir pratiquer au Canada. Elle consacre le chapitre 16 à cette étape de la vie des femmes, lequel porte le titre: L’acheminement vers la complétude.

Elle écrit:

En médecine traditionnelle chinoise, l’étape de la vie d’une femme après la cessation des

menstruations est appelée «Second Printemps», pour signifier qu’il y a renouvellement de

l’énergie et des ouvertures dans la vie. Le second printemps est la troisième plus importante

phase de la vie d’une femme. […] un vieux dicton chinois dit: «Dans la trentaine, les femmes

sont des louves, dans la quarantaine, des tigresses et dans la cinquantaine, des dragons».

Je peux vous le confirmer. Je me sens dans la plus belle période de ma

vie. Je ne crache pas du feu, je suis en feu!

 

17 avril

 

T’es jamais contente C’est la phrase que j’ai le plus entendue à mon sujet pendant toute ma vie! J’ai toujours eu honte de ça. Ce n’est pas vrai que je n’étais jamais contente. La vérité est que je ne me contentais pas de peu quand je savais que je pouvais avoir beaucoup. Comprenez-vous la différence? Par exemple, si j’étais dans une relation et que mes désirs de base n’étaient pas comblés, au lieu de me dire C’est déjà beau que j’aie un chum, je cherchais plutôt à comprendre pourquoi je n’arriverais pas à expérimenter ce que je savais pouvoir expérimenter. Vous me suivez? Je n’aime pas me contenter de peu. Je n’ai jamais souffert du syndrome du CDB (c’est déjà beau…) O.K., c’est déjà beau que j’aie ceci, mais ce que je voudrais véritablement, c’est cela. Vous pouvez penser que je suis insatiable et jamais satisfaite, mais je vous jure que ce n’est pas le cas. Je suis reconnaissante pour tout ce que j’ai. Je vis dans un état de gratitude presque permanent, mais cela ne veut pas dire pour autant que je ne cherche pas à avoir plus. Ce n’est jamais dans un esprit d’enfant gâtée qui tape du pied parce qu’elle n’en a jamais assez, mais plutôt dans un esprit de femme qui tend à aller vers ce qu’il y a de mieux pour avancer, évoluer et se déployer.

On a souvent dit aux femmes de se contenter de ce qu’elles avaient, alors

qu’on disait le contraire aux hommes. Un homme qui veut plus et qui va le chercher est perçu comme un homme qui a du leadership, alors que la même chose pour les femmes est perçue à l’opposé. Une femme déterminée qui va chercher plus est étiquetée comme étant ambitieuse et trop entreprenante. Une femme qui veut, ça dérange. On a donc appris à ne pas vouloir. Moi, je veux vouloir, et je le dis sans aucune honte. Cette volonté est la CLÉ de ma détermination. On disait de moi, quand j’étais petite: «Marcia, elle ne lâche jamais le morceau.» Non, Marcia ne lâche jamais le morceau, surtout quand elle sait que si elle le lâche, c’est quelqu’un d’autre qui va le prendre!

 

18 avril

 

Un homme la semaine Il y a quelques années, j’ai été choisie pour animer l’émission quotidienne C’est ça la vie, à Radio-Canada. Le seul petit hic (qui était majeur et qui m’a demandé de sortir de ma zone de confort): cette émission était enregistrée à Ottawa. Je devais donc y habiter durant la semaine. Je prenais le train de Montréal le lundi matin à 6h et je revenais le vendredi soir par celui de 18 h. Pendant trois ans, huit mois par année, j’ai vécu cette réalité. Cela ne m’enchantait guère car, bien que j’adorais mon travail, je me sentais coupée de ce qui m’aidait à vivre une vie équilibrée, c’est-à-dire ma famille: mes parents, mes enfants, mon chum, mes sœurs, ma ville, mes habitudes. Me retrouver dans un endroit que je ne connaissais pas, avec aucun repère dans une ville qui n’était pas la mienne, m’a permis de comprendre comment pouvaient se sentir les immigrants lorsqu’ils arrivaient ici. Moi, j’étais dans mon pays, avec un bon emploi dans ma langue, avec un climat qui m’est familier et pourtant, je me sentais désorientée. J’ai juré à ce moment-là de toujours tout faire pour aider les gens déracinés qui se trouvaient sur ma route et j’ai tenu promesse.

Lors de cet épisode d’exil (léger on s’entend), j’ai compris une chose

concernant les femmes. Il est tellement rare qu’une femme quitte sa famille pour aller travailler la semaine qu’il est presque impossible de ne pas ressentir un profond malaise quand cela devient notre réalité. Connaissez-vous beaucoup de mères qui ont un travail qui exige qu’elles passent quatre dodos par semaine à l’extérieur? Vous auriez dû entendre les commentaires des gens lorsque je leur annonçais la bonne nouvelle:

– Ah bon, tu ne t’ennuieras pas de tes enfants?

– Et ton chum, qu’est-ce qu’il dit de ça?

Cela ne m’aidait pas du tout dans l’adaptation de ma nouvelle vie. Puis il

s’est passé quelque chose de déterminant. Avant que je me trouve une maison à louer, j’ai vécu à l’hôtel pendant deux semaines. J’y ai vu de nombreux hommes à l’heure du 5 à 7 en train de prendre une bière, discuter et travailler. En parlant avec les employés de l’hôtel, j’ai appris qu’une forte proportion de leur clientèle était des hommes vivant au Québec mais qui, pour leur travail au parlement d’Ottawa, devaient venir passer quelques nuits par semaine à l’hôtel. Tout un monde s’ouvrait devant moi. J’ai même posé des questions à plusieurs, je voulais savoir s’ils se sentaient coupables d’être à l’extérieur. J’ai aussi appris que c’était comme ça au parlement de Québec: plusieurs hommes vivent avec leur famille à Montréal mais travaillent à Québec. Puis, au fil de mon enquête, j’ai compris que c’était une réalité pour plusieurs familles: le père qui doit s’absenter régulièrement pour son travail. Pourtant, on ne renvoie jamais à ces hommes l’image de pères indignes et aucun d’eux ne semblaient vivre de la culpabilité.

J’ai donc pris une décision au nom de toutes les femmes qui en auraient

la possibilité, mais qui refusent catégoriquement les opportunités. J’ai décidé que j’allais vivre ces trois années avec grand bonheur et que j’allais en profiter. Pour entrer à 100% dans ma nouvelle vie, il me fallait une CLÉ et je l’ai trouvée: je me suis dit que j’allais m’inspirer des hommes. Je disais donc à qui voulait l’entendre que J’ÉTAIS UN HOMME LA SEMAINE. Et vous savez quoi? J’ai adoré ça. Pas de culpabilité, laisser toute les tâches aux pères de mes enfants, avoir des fins de semaine d’homme aussi: faut bien que la madame se repose, elle a travaillé dur toute la semaine! Je n’ai eu qu’une seule crainte voir ma barbe et le poil de mes oreilles pousser!

 

19 avril

 

L’intuition

 

Imaginez un peu comme la vie serait facile si nous avions accès à une énergie de sagesse qui nous dirait exactement ce qu’il est préférable de faire dans certaines circonstances, comment agir, quelle direction prendre. Les directives ne seraient pas clairement énoncées, mais cette sagesse nous donnerait des indices sous forme de sensations et d’images. Il suffirait de trouver un endroit calme, de fermer les yeux, et les réponses à nos questions nous seraient révélées. Trop beau pour être vrai, me direz-vous? Pourtant, tous les êtres humains ont accès à cette ressource par le biais de leur intuition. L’intuition est la CLÉ de plusieurs solutions que nous ne pourrions connaître autrement.

Voici des choses intéressantes à savoir sur l’intuition, tirées des livres

Intuition, comment réfléchir sans y penser de Malcolm Gladwell aux éd. Transcontinental et Comment développer son intuition de Shakti Gawain aux éd. Guy Trédaniel:

– L’intuition de même que vos émotions s’expriment plus généralement

par des métaphores et des symboles que par l’esprit raisonnant.

– L’intuition est détachée de ses perceptions: aucun sentiment n’est

rattaché à l’intuition. Si, en réponse à une question, votre dialogue

intérieur commence à susciter des émotions telles que la peur ou la

colère, vous pouvez être certaine que vous êtes passée de l’intuition à

la raison. Il en va de même lorsque votre dialogue intérieur commence

à utiliser des formules comme «je devrais» ou «il faudrait que».

– L’intuition répond simplement à des questions.

– C’est toujours en réponse à une question que l’intuition est activée et

offre des informations. Pour comprendre les données intuitives, vous

devez prendre conscience des questions que vous posez consciemment

ou inconsciemment.

– Dans la pensée occidentale traditionnelle, les réponses viennent après

les questions. Avec l’intuition, les questions suivent les réponses.

– En apprenant à vivre en suivant votre intuition, vous remarquerez un

changement dans votre façon de prendre des décisions. Au lieu de

dresser des plans dans votre tête, vous suivrez votre intuition et

laisserez les choses se dérouler. C’est en procédant ainsi qu’on prend

généralement les bonnes décisions.

– Certaines personnes craignent que suivre leur intuition ne les conduise

à agir de façon égoïste, irresponsable ou dommageable pour les autres.

En fait, c’est l’inverse qui est vrai. L’intuition nous guide toujours en

vue de notre plus grand bien et celui de notre entourage.

Je souhaite que chaque personne puisse connaître les vertus de cet outil

puissant qui permet de vivre une vie qui a du sens.

20 avril

 

Besoin d’être

 

Il est rare qu’on utilise le mot besoin avec le verbe être. On dira surtout j’ai besoin de faire:

– Besoin de faire un changement dans ma vie

– Besoin de faire du sport

– Besoin de faire le point

– Besoin de faire le plein

– Besoin de faire de l’exercice

– Besoin de faire une pause

Vous êtes-vous déjà arrêtée à penser que ce dont on a le plus besoin,

c’est d’ÊTRE. Tout simplement ÊTRE. Sans faire. Arriver à laisser de côté le «faire» au profit de l’«être». Il y a quelques années, j’ai suivi un atelier où on m’a exposé un concept qui m’a toujours servi dans ma vie. Au tableau, on pouvait lire ces trois mots placés dans cet ordre, selon la séquence suivante:

FAIRE-----AVOIR-----ÊTRE

On m’a alors expliqué que nous avons appris dès notre jeune âge à

fonctionner selon cette séquence. Faire des choses, pour ensuite avoir des résultats. Dans cette séquence, ÊTRE est relégué en troisième plan.

– Faire des études pour avoir un diplôme et être comptable.

– Faire des enfants pour avoir une famille et être stable.

J’ai appris dans cet atelier à renverser la séquence et mettre l’ÊTRE en

premier, lui donner le rôle de moteur pour la suite des choses.

ÊTRE------FAIRE------AVOIR

ÊTRE qui je suis, FAIRE en fonction de qui je suis et AVOIR une réalité

en parfaite concordance avec qui je suis.

Mettre l’ÊTRE au premier plan ne veut pas dire ne rien faire, au

contraire, mais de cette façon, on réussira à trouver la CLÉ pour sortir de ce cercle vicieux qui nous maintient dans le tourbillon du faire. Avez-vous remarqué que plus on en fait, plus on se fait dire qu’on aurait pu en faire plus? C’est sans fin et surtout épuisant. Cela peut vous sembler abstrait sur papier, mais essayez aujourd’hui de renverser la séquence, ne serait-ce qu’une seule fois, dans une situation. Vous pourrez constater qu’il est parfois bénéfique d’arrêter le train pour le faire redémarrer sur les bons rails, ceux qui nous feront avancer vers qui nous sommes véritablement.

 

21 avril

 

On te voit partout

 

Quand je suis devenue plus libre, familialement parlant, j’ai commencé à entendre cette phrase: «On te voit partout!» Je n’ai jamais su ce que cela voulait véritablement dire:

– On est vraiment tannées de te voir, tu en fais trop, slaque un peu!

– Wow! On est fières de toi, tes affaires vont drôlement bien!

– Enfin, on est contentes, on s’ennuyait de toi… Bravo!

Peu importe ce que cache cette phrase, j’aurais une réponse à donner sur

le «avant qu’on me voie partout».

Savez-vous pourquoi vous me voyez partout, comme vous dites? Tout

simplement parce qu’avant, je n’étais pas à mon plein potentiel, j’étais retenue à la maison. Tout ce temps que je mets sur ma carrière depuis cinq ans, je l’ai mis sur ma vie de famille. Je ne dis absolument pas ça pour me plaindre, je vous le jure, je dis ça pour vous parler de mes valeurs, de mes croyances. Je crois profondément que lorsqu’on met un enfant au monde, il faut aussi consentir à ralentir. Pas seulement ralentir dans nos horaires, mais dans tout:

– Ralentir nos projets

– Ralentir nos ambitions

– Ralentir notre consommation

– Ralentir nos désirs amoureux

– Ralentir notre rythme

– Ralentir notre vie sociale

Ralentir, faire autrement, accepter qu’on soit sur la voie d’accotement

pendant quelques années et non sur l’autoroute, c’est la CLÉ d’une conciliation travail-famille satisfaisante.

Je crois que dans la vie, on peut tout avoir mais pas en même temps.

C’est aussi simple que cela. Je vais être honnête avec vous. J’ai pleuré souvent de voir mes amies, des filles du secondaire ou des filles avec qui j’ai étudié à l’université, des copines du milieu de la télévision (souvenez-vous que dès l’âge de 15 ans, je commençais une carrière de comédienne) avoir de beaux contrats, voyager, se consacrer à leur carrière. Comme Julie Snyder, Pascale Bussières, Marie-Louise Arsenault, Élyse Marquis, Patricia Paquin, etc. avoir des projets excitants qui faisaient rayonner leurs talents. Talents que j’avais autant qu’elles, à la différence que je ne pouvais (je ne voulais) pas m’y consacrer entièrement, car j’avais d’autres défis qui m’attendaient. Je serais menteuse si je vous disais que je n’étais pas envieuse, que je ne me suis pas sentie loser parfois, que je n’aurais pas eu besoin d’une année sabbatique de mon rôle de mère, mais je peux vous dire que je ne l’ai jamais regretté. Le fait d’être mère dès ma vie adulte et d’avoir vécu ma maternité exactement comme je voulais la vivre me permet de dire, trente années plus tard, que c’était la bonne façon, ma façon à moi, et j’en suis fière. Oui, pendant cette longue période, vous ne m’avez pas vue. Oui, pendant cette longue période, j’ai dû accepter de travailler dans l’ombre et pour les autres. J’ai été recherchiste et je n’acceptais que les contrats que je pouvais remplir à partir de chez moi. J’ai travaillé pour les émissions Claire Lamarche, plusieurs émissions à Canal Famille (l’ancien Vrack), Bla Bla Bla, des magazines comme le 7 Jours, Femmes Plus, La Semaine et j’en passe, mais mon travail principal consistait à être là pour mes filles. Pendant cette période de ma vie, c’était elles qui disaient: «On te voit partout…». Maintenant que ma réalité est différente et que tout ce temps m’a été rendu, je peux maintenant me consacrer entièrement à mes idées, à mes projets et à mes passions. Voilà pourquoi on me voit partout et vous n’avez encore rien vu!

 

22 avril

 

Au voleur

 

Imaginez que vous vous teniez debout avec, dans les mains, 500 $ en coupures de 20 $ et de 50 $. Vous savourez déjà les bons moments et les petits plaisirs que vous allez pouvoir vous offrir avec ce montant que vous avez reçu en cadeau. Pendant que vous rêvez au futur massage que vous allez vous payer, votre voisine passe devant vous et vous soutire deux billets de 20 $ sans demander la permission… Mais vous ne dites rien. Plus tard, votre tante fait la même chose, puis c’est au tour de votre fils, de votre sœur et de votre amie Louise. Tout le monde prend de l’argent sans vous consulter. Si cette situation arrivait pour vrai, je crois que personne ne se laisserait faire: on crierait «Au voleur, au voleur!», on exigerait qu’on nous rende notre argent. Maintenant, je vous demande de faire le même exercice, mais au lieu d’avoir 500 $ entre les mains, vous avez 500 heures. Le même scénario se produit: voisine, enfants, amis, collègues se servent sans vous demander la permission.

Dans le premier cas de figure, tout le monde crie au vol, mais dans le

deuxième, personne ne réagit. Cette situation survient tous les jours de notre vie. Les gens se permettent de vous voler de précieuses heures comme s’il était normal que vous mettiez à leur disposition ce compte ouvert 24 heures sur 24 dans lequel ils peuvent puiser comme bon leur semble. Comment arriver à faire en sorte de ne plus être en déficit dans votre compte en banque d’heures personnelles? Tout d’abord, vous devez être consciente que, comme votre argent, votre temps vous appartient; ensuite, vous devez tenter de comprendre quelle est la peur qui se cache sous cette mauvaise habitude, celle de vous laisser faire sans dire un mot. Avez-vous peur de passer pour une femme avare de son temps? Non généreuse? Sauvage? De quoi avez-vous peur exactement? Pour ma part, j’ai tellement peur de mourir sans avoir eu le temps de faire et d’être tout ce que je désire, que je me suis fabriqué virtuellement une alarme qui sonne chaque fois que je me fais voler du temps. C’est un moyen efficace pour le garder précieusement dans un coffre-fort dont je suis la seule détentrice de la CLÉ.

 

23 avril

 

Le bon côté

 

Un petit mot aujourd’hui pour te dire que je pense à toi. Je sais que tu as hâte que certaines choses soient derrière toi, des choses qui te grugent, te préoccupent et t’enlèvent de l’énergie, mais il faut que tu saches que lorsque ce qui te tracasse sera chose du passé, il y aura toujours autre chose qui se présentera.

Ce que je veux te dire, c’est que le jour où tout sera réglé n’arrivera

jamais, il ne faut donc pas l’espérer. Il faut vivre en sachant composer avec le fait que c’est comme ça et qu’il ne faut pas nous mettre dans tous nos états. Il n’y a qu’un seul état qui vaille la peine d’être considéré et c’est celui qui nous permet de relativiser les choses. Celui qui nous fait prendre la vie du bon côté. Je n’ai jamais trop su si le bon côté était à gauche ou à droite, mais je sais que c’est celui qui me fait me sentir bien, malgré le fait que ce ne soit pas toujours à mon goût, à ma manière et selon mes préférences.

Je me sens du bon côté quand je suis de mon bord à moi, que je prends

pour moi, que je vote pour moi, que je m’encourage et m’appuie dans tous mes choix et toutes mes décisions, parce que je sais que ce sont les bons. Je voulais te dire ça aujourd’hui, te donner cette CLÉ-là, celle qui saura ouvrir la porte du bon côté, le tien.

 

24 avril

 

Le jour où j’ai commencé à m’aimer

 

Je ne suis pas comme les autres, je l’ai toujours su. J’ai longtemps pensé que je devais changer, être quelqu’un d’autre, prendre moins de place, être mieux organisée, aimer les centres de table, le scrapbooking et le magasinage. J’ai longtemps essayé de me changer. Je l’avoue, j’ai même simulé la normalité. J’ai fait semblant d’être comme tout le monde, j’ai menti parfois pour que les autres m’acceptent, j’ai fait croire que j’étais comme eux alors que ce n’était pas le cas. Je me suis même dévalorisée pour que les autres se croient meilleurs et ne se sentent pas menacés par moi. J’avais besoin de cela pour me faire accepter. Je lançais sans le vouloir le message suivant: Je suis «weird», je devrais être autrement mais je n’en suis pas capable, alors je vais vous faire croire que c’est vous qui l’avez l’affaire pour que je ne représente pas une menace et que vous me tolériez, pour que vous me donniez tout de même une petite place, moi qui n’en mérite tellement pas puisque je suis si différente!

C’était une question de survie. Il a fallu que je développe des

mécanismes pour me faire aimer et accepter. L’humour en a été un, la dévalorisation inconsciente aussi. Me dévaloriser publiquement, me dénigrer, donner aux autres plus d’importance, même si, intérieurement, je connaissais ma valeur. Ne pas avoir le droit de rayonner pleinement parce que j’étais différente. Tu auras le droit de rayonner quand tu seras capable de te conformer aux règles, d’entrer dans le moule, d’être comme tout le monde. Aussi bien dire: tu ne rayonneras jamais. Il a fallu que je fasse semblant d’être capable d’entrer dans le moule, mais la souffrance qui y était rattachée était si vive qu’il fallait que j’en sorte, c’était une question de santé mentale.

Puis un jour (et ça je le dois à ma vie intérieure, à mon cheminement

constant au quotidien), j’ai décidé de m’aimer. J’ai décidé de cesser de croire que seules les personnes capables d’entrer dans le moule méritaient d’être aimées. J’ai pensé que j’avais autant de valeur que les autres, que je devais cesser immédiatement de croire le contraire. Une fois convaincue de cela, j’ai commencé à vivre à 100%. Je venais de trouver la CLÉ de qui j’étais vraiment, HM (hors-moule) et HP (hors-pattern). C’est ce jour-là que j’ai commencé à m’aimer. Depuis, ça n’arrête plus. Je n’aurais jamais pensé que l’amour de soi pouvait être si vaste. Je peux affirmer ceci: je m’aime à l’infini. Je vous en souhaite tout autant.

 

25 avril

 

Être à jour chaque jour

 

Je crois qu’il n’y a rien de plus important que de commencer notre journée avec la sensation d’être à jour. Vous savez de quoi je parle. J’ai choisi le mot «sensation» car, curieusement, lorsqu’on se sent à jour, ce n’est jamais parce qu’on a réussi à tout cocher sur notre longue liste de choses à faire; donc, dans les faits, on n’est pas à jour, mais on se sent «au-dessus de nos affaires». Autrement dit, on ne se sent pas dépassées, on se sent en maîtrise, au volant de notre véhicule. Mais d’où nous vient cette sensation? Elle est avant tout psychologique et la CLÉ pour arriver à la goûter au quotidien est très facile à trouver. Prendre le temps chaque jour, si possible le matin, de faire le point. Se poser des questions aussi simples que:

– Qu’est-ce qui me préoccupe aujourd’hui?

– Comment j’entrevois telle situation?

– Comment je pourrais m’organiser pour que ce soit plus simple?

– Pourquoi je n’arrive pas à dire telle chose?

Être à jour, ce n’est pas de tout régler nos dossiers en une seule journée,

ça n’a rien à voir. C’est nous sentir en pleine possession de nos moyens peu importe la situation que nous serons appelées à vivre dans les heures qui viennent. Pour ce faire, il est primordial de voir les choses venir, jour après jour. Je ne parle pas ici d’anticiper négativement les évènements et d’élaborer des scénarios catastrophes, mais bien de prendre du recul avant de commencer notre journée et prendre le temps d’aligner nos flûtes, de faire un caucus avec nous-mêmes avant d’aller jouer sur notre terrain de jeu. On ne comptera peut-être pas de buts, mais au moins on ne sera pas restées assises sur le banc des punitions et on aura la sensation d’avoir joué sur notre propre terrain. C’est ça être à jour. Rien de moins.

 

26 avril

 

Vive le changement

 

En cette période printanière, nous souffrirons toutes à différents degrés de la même maladie: le besoin de changement. Plusieurs donneront carte blanche à leur coiffeur et reviendront avec une nouvelle tête, d’autres déplaceront quelques meubles dans le salon alors que certaines femmes auront envie de procéder à un changement profond, et c’est mon cas. C’est comme ça depuis des années: au printemps, pendant quelques jours, j’ai une boule dans la gorge, un malaise pour aucune raison apparente et j’ai envie d’un changement intérieur, mais le problème est toujours de savoir de quel changement il s’agit. J’aurais besoin de m’enfermer pendant deux semaines dans un chalet en bois rond pour y écrire, méditer, penser, faire le point et laisser émerger la petite voix qui me dirait quel changement apporter afin de réaliser mon plein potentiel à tous points de vue. Comme il m’est impossible de me placer sur pause pendant quinze jours, je me mets en mode écoute: j’ai peur, je me sens dans le vide, j’écris beaucoup, je cherche des réponses et je trouve.

Peurs et frustrations

Avez-vous remarqué que la nécessité d’apporter des changements dans l’un des domaines de notre vie passe souvent par une frustration ou une insatisfaction? Ce n’est pas pour rien que dans presque tous les livres qui traitent de la question, des exercices écrits sont proposés où il est suggéré de faire la liste de nos frustrations et de nos peurs.

Résistance au changement

Si la résistance vous empêche d’effectuer un changement dans votre vie, de quelle façon répondriez-vous aux questions suivantes?

Trouvez une situation dans votre vie face à laquelle vous résistez à

apporter un changement.

– Que vous dit la résistance?

– De quoi avez-vous peur?

– Qu’est-ce qui est fini pour vous (dans cette situation)?

– Qu’est-ce qui vous motive encore?

– Qu’est-ce qui émerge actuellement?

– Qu’est-ce qui s’annonce discrètement à l’horizon?

Selon l’auteure du livre Quand la vie change, Carol Adrienne, aux

éditions du Roseau, il existe quatre phases dans la roue du changement.

La rupture: c’est un moment de grands changements, de grandes

perturbations, accompagné d’un sentiment d’insécurité.

Le vide: c’est une période de stagnation ou de perte de détermination

durant laquelle vous ressentez de la confusion et une baisse d’énergie.

Le renouveau: vous voyez la lumière au bout du tunnel, mais vous

devez continuer d’avancer.

L’équilibre dynamique: c’est une période de stabilité relative au cours

de laquelle la vie est généralement bonne pour vous et où les défis sont suffisants pour vous faire sentir digne de valeur et productive.

Il est intéressant de lire sur la question, surtout si on se trouve dans une

période où le changement nous appelle, nous bouscule ou nous réclame. Nous ouvrir au changement, c’est la CLÉ qui nous permet de nous rapprocher de qui nous sommes vraiment et qui nous conduit à l’exprimer fièrement.

 

27 avril

 

Je ne suis plus capable d’être «trop fine»

 

Depuis quelques mois, je ne sais pas ce qui m’arrive, c’est peut-être hormonal, c’est peut-être un bonus qui vient avec la ménopause (il ne peut pas y avoir que des désavantages), mais je ne suis plus capable d’être trop fine. Je ne suis même plus capable d’entendre quelqu’un me dire: «T’es donc ben fine!» Cela ne me fait pas plaisir, au contraire, c’est comme si on me disait: «Continue à être comme ça, à être trop fine, à ne pas mettre tes limites, à être généreuse même si tu n’en as pas envie…»

Eh bien, même si je voulais continuer, j’en serais incapable. On dirait

que depuis quelque temps, j’ai une hormone qui sécrète de l’intolérance. Je ne suis plus capable d’endurer quoi que ce soit qui ne fait pas mon affaire: une parole, une remarque, une situation, une conversation, un film, un vêtement ou une activité… Et vous savez quoi? C’est tant mieux!!! J’aurais aimé que cette glande qui sécrète l’HDI (hormone de l’intolérance) soit activée il y a 20 ans dans mon système. Imaginez tout le temps que j’aurais gagné, toutes les fois où j’aurais dit NON MERCI au lieu de OUI, toutes les invitations que j’aurais refusées, tout le trouble que je me serais épargné! Maintenant, depuis que j’ai la HDI dans le tapis, je me surprends moi-même à poser mes limites, à me fâcher même. Je n’ai plus peur de passer pour une hystérique et je dis ce que j’ai à dire. Je suis même capable de répondre à quiconque est renversé par ma nouvelle attitude: «Je peux te prêter de l’argent pour aller en thérapie afin que tu comprennes pourquoi tu es si bouleversé…»

Plus je secrète de la HDI, plus je réalise que la CLÉ d’une vie

parfaitement comme on l’aime, c’est d’affirmer nos préférences, nos limites, notre façon de voir les choses, nos désirs. Je ne parle pas ici d’attaquer, d’imposer, de bousculer ou d’agresser, mais bien de nous affirmer, dire ce qu’on pense, ce qu’on veut, et ce, même si ce n’est pas la préférence des autres. C’est difficile à faire, voire même impossible quand on n’est pas rendues à cette étape de notre vie, mais à la fin quarantaine, notre HDI s’en charge personnellement… et c’est tant mieux!

 

28 avril

 

C est quoi ton problème?

 

Je me suis souvent fait poser cette question quand quelqu’un trouvait que j’avais réagi trop promptement. Quand une personne me disait cela, je devenais toujours confuse et troublée. Pas capable de répondre. Souvent, les gens qui aiment poser cette question sont des gens qui aiment intimider et mépriser les autres. Ils veulent, avec ces quatre mots alignés d’un seul souffle, mettre K.O. la personne qui se trouve devant eux, lui faire perdre ses moyens et qu’elle se sente soudainement fautive, même si elle n’a absolument rien fait de mal. J’attends impatiemment le jour où on me la posera. Ma réponse est déjà toute prête:

– C’est quoi ton problème?

– Mon problème? Tu veux vraiment le savoir?

– …

– Mon problème, c’est TOI!

– …

– Tu me bouffes le pollen, tu me fais suer, tu es toujours en train de

remettre en question tout ce que je fais, tu me cherches, et tu sais quoi?

Tu me trouves.

Fin du dialogue.

J’ai enfin trouvé la CLÉ pour que sortent les mots qui me permettraient

de ne pas figer devant la personne qui me dirait cela. Curieusement, depuis que je sais répondre, plus personne ne me pose cette question!

 

29 avril

 

Une bonne personne

 

Je ne crois pas me tromper en affirmant que chaque être humain sur terre (à part quelques exceptions) ne veut qu’une seule chose: savoir qu’il ou elle est une bonne personne. Je me suis souvent plu à imaginer la scène suivante. Imaginez que vos parents viennent vous voir pour vous dire à quel point vous êtes une bonne personne et qu’ils sont fiers de vous. Imaginez la scène, peu importe votre âge, peu importe que vos parents soient encore de ce monde ou non. L’espace d’un moment, ils viennent vous porter ce message. Ils ne sont plus les parents, peut-être autoritaires, inadéquats ou distants, que vous avez eus. Ils sont aimants et chaleureux, ils vous prennent dans leurs bras. Vous êtes une adulte et pourtant, vous pleurez comme une enfant. Vous avez attendu ce moment toute votre vie et il n’est jamais arrivé. Vous avez donc tiré la conclusion que vous ne deviez pas être une si bonne personne puisque ceux qui vous ont mis au monde ne vous l’ont pas confirmé. Aujourd’hui, dans ce scénario qui tient de la fiction, c’est chose faite et vous en ressentez un soulagement, un bienfait hors du commun.

Peu importe notre âge, c’est ce qu’on recherche toute notre vie. La

validation, l’approbation de nos parents envers qui l’on est. Nous avons tellement besoin de savoir cela que toute notre vie, nous allons faire des millions de choses pour sentir cette approbation dans leur regard et celui des autres. Le problème est que ce n’est pas ce qu’on fait qui a tant besoin d’être approuvé, mais ce qu’on est.

La merveilleuse auteure Louise L. Hay propose dans presque tous ses

livres l’exercice suivant: chaque fois que vous ressentez un manque d’amour envers vous-même, courez devant un miroir et dites à voix haute: «Je m’aime et je m’approuve». Vous verrez à quel point ces mots viennent toucher la corde sensible de votre besoin de reconnaissance. Depuis que je mets cet exercice en pratique, je me sens plus sereine, plus confiante et je ressens que je suis une très bonne personne. C’est l’une des premières CLÉS à avoir dans son trousseau si on ne veut pas passer toute sa vie à chercher dans le regard des autres cette certitude qu’on a oubliée depuis longtemps.

 

30 avril

 

Il aurait fallu

 

Vous arrive-t-il parfois, lorsque vous faites le bilan d’une situation, de dire:

Il aurait fallu…

– qu’on pense à faire cela avant de commencer.

– qu’on dispose de plus de temps.

– que je prenne congé.

– que je sois seule en silence pour bien accomplir cette tâche.

– que je parte plusieurs heures afin de décrocher.

J’aime constater le fait qu’en vieillissant, les il aurait fallu sont de moins

en moins présents dans ma vie. C’est ce qu’on appelle l’expérience. Aussi, pour ne pas passer trop de temps à évaluer les situations après coup, j’aime beaucoup penser que tout est correct tout le temps et que ressasser des choses du passé et se demander rétrospectivement comment on aurait dû faire les choses est une perte de temps. J’ai donc décidé assez tôt dans ma vie de définir clairement, avant de commencer tout projet, quel est mon véritable désir et, par la suite, je laisse la vie me conduire là où je dois être et je me rends disponible à ce qui se présente. Parfois, je ferais les choses autrement, mais je fais confiance que c’est probablement le meilleur chemin à prendre, même si je n’en suis pas convaincue. J’ai toutefois la certitude que j’arrive toujours à mes fins quand mon désir est déterminé avant de commencer. Voilà pourquoi il est extrêmement important de savoir extirper notre désir de tous les projets qu’on s’apprête à mettre de l’avant. Qu’il s’agisse de vacances, de dossiers professionnels, de relations ou de quoi que ce soit d’autre, je me demande toujours quel est mon désir et je ne m’arrête jamais à penser à comment je vais le réaliser. Prenons l’exemple concret de ce livre. Si je m’étais arrêtée à penser à tout ce que comportait le fait d’écrire 365 textes, je vous jure que je ne l’aurais jamais fait, ou j’aurais remis cette idée à dans trois ans en me disant qu’un jour, j’aurai plus de temps. Vous le savez comme moi que le «un jour, j’aurai les conditions pour faire telle chose», ce jour-là n’existe pas! Voilà pourquoi j’ai décidé dans ma vie de ne jamais dire il aurait fallu que. C’est la CLÉ qui me permet de réaliser tout ce que je veux et d’avoir confiance que je disposerai de tout ce dont j’ai besoin pour me soutenir dans l’aboutissement de mes projets.

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