365 rendez-vous avec Marcia

Marcia Pilote · Chapitre 6 sur 16

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365 rendez-vous avec Marcia

Mars

1er mars

 

Mes compliments

 

J’ai toujours aimé faire des compliments. Pas pour me faire aimer ou me faire des amies, seulement pour souligner ce que j’observe ou remarque. Je trouve important de nommer les forces, les atouts, les particularités des gens qui m’entourent, et ce, même si je ne reverrai jamais ces personnes. C’est l’une des CLÉS qui permet d’avoir des échanges authentiques avec les gens. Je me suis pourtant privée de cette joie lorsque l’une de mes sœurs m’a dit un jour, alors que je venais de lui faire un compliment: «Tu dis ça à tout le monde, c’est énervant.»

J’étais trop jeune pour comprendre que ma sœur, en me disant cela,

voulait tout simplement masquer son malaise en le retournant contre moi, et j’ai cru qu’elle était la porte-parole de toutes les personnes à qui mes compliments tombaient sur les nerfs. J’ai donc gardé pour moi toutes les belles choses que j’observais.

Puis un jour, j’ai décidé que je laisserais ma nature parler et j’ai

recommencé à en faire, car je n’arrivais plus à me taire. Ce dont je me suis aperçue alors me trouble encore aujourd’hui. À part quelques exceptions, et elles sont rares, toutes les personnes que je complimente spontanément réagissent de la même façon. Elles ridiculisent, rejettent ou minimisent ce que je viens de dire. Elles ressentent un profond malaise à l’idée de se faire complimenter à propos d’une chose pour laquelle elles n’ont pas trimé dur: une qualité, un trait de caractère, un don, une aptitude, un talent ne méritent pas un compliment. On se justifiera à tout coup.

– Elle te va vraiment bien ta robe…

– Bah! c’est une vieille robe tout usée.

– Tu as donc le tour de mener une réunion pour que ce soit dynamique!

– Ben voyons, je n’ai rien fait, c’est le sujet qui était intéressant.

– Tu es vraiment une bonne mère…

– Si je pouvais être plus zen, ça irait mieux!

– C’était délicieux ton souper, tu es toute une cuisinière!

– Arrête-moi ça, c’était à la bonne franquette.

En cette Journée mondiale du compliment, passons par-dessus notre

gêne et complimentons-nous les unes les autres: voisines, collègues, amies, passantes, connaissances, caissières, compagnes d’autobus. Et profitons-en aussi pour apprendre à en recevoir.

 

2 mars

 

Prendre soin de soi

 

Il y a quelques années, pour les besoins d’un article que j’avais à écrire, j’ai fait appel à une coach de vie, Lyne Talbot qui travaille principalement avec des femmes et elle m’a donné des pistes pour que les femmes puissent commencer à prendre soin d’elles et s’accorder du temps. J’ai apprécié connaître ces CLÉS que je partage avec vous.

Pourquoi les femmes se font-elles trop souvent passer en dernier?

L’éducation des filles y serait pour beaucoup. Pour la plupart des femmes, le désir de plaire aux autres et le besoin de reconnaissance sont les moteurs de leurs actions. Plusieurs évitent également d’être seules par peur que des émotions et des questionnements enfouis ressurgissent.

Au sujet de la culpabilité liée au fait de se faire passer en premier, il

s’agit d’un sentiment qu’il est normal d’éprouver, surtout pour les mères. Il ne faut pas lutter contre la culpabilité, mais plutôt comprendre que ce sentiment s’estompe progressivement quand on met à exécution le projet de s’accorder davantage de temps.

Qu’arrive-t-il si on ne prend pas soin de soi?

Ce besoin nous rattrapera tôt ou tard. Malheureusement, les gens

attendent trop souvent qu’un évènement difficile comme une dépression, un divorce ou une perte d’emploi les oblige à s’arrêter et à se questionner sur leurs priorités. Il vaut mieux développer cette habitude avant d’être en situation de crise.

Les bénéfices

– Recharger régulièrement notre pile d’énergie;

– Assurance santé physique et mentale;

– Devenir capables d’être pleinement généreuses avec les autres, sans

ressentiment ni colère;

– Être en mesure de prendre du recul sur notre vie afin d’opter pour les

meilleurs choix;

– Se donner l’occasion d’écouter notre petite voix intérieure, celle qu’on

fait taire trop souvent.

Par où commencer?

– D’abord, il faut se donner la permission. Il faut que la décision de

prendre du temps pour soi vienne de nous, c’est un gage de constance.

Si on affirme clairement ce besoin, notre entourage le respectera.

– Aux femmes dont les journées sont très chargées, il leur est proposé de

s’accorder ne serait-ce que quelques minutes par jour.

– Certaines femmes ont besoin de plus longues plages de temps seules

pour en ressentir les bienfaits. Il est recommandé d’inscrire des

moments en solo à leur agenda. Une journée sabbatique par mois, par

exemple, peut être très salutaire. Savoir qu’on aura prochainement une

journée pour soi nous aide à traverser les moments plus difficiles, c’est

une motivation extraordinaire.

– Aménager une pièce ou un coin juste à soi dans la maison. Un endroit

paisible où l’on prend plaisir à se donner des rendez-vous pour un tête-

à-tête avec soi-même.

Pour celles qui n’y arrivent pas

– S’inscrire à un cours peut s’avérer une très bonne façon de déjouer la

propension à toujours remettre à plus tard le projet de se faire passer en

premier.

– Se faire soutenir par une amie qui nous aidera à tenir notre engagement

envers nous-mêmes en nous demandant régulièrement ce que nous

avons fait pour prendre soin de nous au cours de la semaine ou du

mois.

– Avoir recours aux services d’un(e) professionnel(le). «Les gens

viennent rarement me consulter pour que je les aide à prendre soin

d’eux. Ils veulent plutôt améliorer leur performance au travail ou

recruter davantage de clients. Or, je leur démontre que c’est

précisément en s’accordant la priorité qu’ils réussiront à atteindre ces

objectifs», raconte Lyne Talbot, coach de vie.

Y a-t-il des obstacles qui se dresseront sur le chemin des femmes

(culpabilité, résistance de l’entourage habitué à une attitude de servilité, etc.) qui désirent apprendre à prendre soin d’elles, à se reconnecter à leur sagesse intérieure?

Selon Lyne Talbot, oui, il peut y avoir une résistance de l’entourage,

mais la plupart du temps, l’entourage est positif. Il arrive souvent que les maris disent à leurs femmes qu’ils ont remarqué qu’elles étaient plus détendues, moins frustrées. Les femmes disent: «Mon mari ne me reconnaît plus», mais dans le sens positif.»

Extrait inspirant

«Prendre le plus grand soin de soi-même est le premier pas vers une vie riche et satisfaisante.

Cela signifie que vous devez mettre votre bien-être au-dessus de tout: dire non à moins d’avoir

absolument envie de dire oui, choisir de consacrer votre temps et votre énergie aux choses qui

vous apportent de la joie, et prendre des décisions à partir de vos besoins et non de ceux des

autres.»

Tiré de: Prenez le temps de choisir votre vie, de Cheryl Richardson, éd.

AdA, p.29.

Ce livre propose un programme en sept étapes pour créer la vie que vous

voulez. La première étape: Vous placer en tête de liste.

Prendre soin de soi va bien au-delà des soins physiques. Il s’agit plutôt

de l’aptitude d’une personne à s’autoriser à se donner des conditions de vie qui lui permettent de s’épanouir et d’atteindre un équilibre. Tout le monde peut y arriver, il suffit de commencer quelque part.

 

3 mars

 

S’endormir fièrement

 

Avez-vous remarqué qu’il est rare qu’une personne de notre entourage nous félicite, nous donne une tape dans le dos et souligne ce qu’on fait pour elle? À moins d’avoir accompli un exploit ou de nous être dépassées, on ne reçoit jamais de félicitations. Lorsqu’on était enfant (si vous êtes de ma génération et celle d’avant), on n’a pas entendu des cris de fierté chaque fois qu’on mangeait tout le contenu de notre assiette ou qu’on réussissait à attacher nos lacets. Voilà pourquoi il est très important pour notre estime de soi d’écrire dans un petit cahier placé près de notre lit, et ce, avant de nous mettre au lit, les dix raisons pour lesquelles nous sommes fières en puisant dans ce qui s’est passé dans notre journée. Je fais cela depuis des années et je peux affirmer qu’au lieu de me coucher en mettant l’accent sur ce que j’aurais pu faire de mieux, je m’endors le sourire aux lèvres en pensant à mes bons coups. J’ai observé qu’il s’agit souvent de choses qui peuvent sembler très banales, voire même ordinaires qui me procurent le plus de fierté. Vous remarquerez que ce sentiment est rarement lié à une performance, mais davantage à des petits exploits de la vie quotidienne: préparer les lunchs, avoir été patiente dans la voiture au retour à la maison alors que vos enfants se chicanaient ou, encore, ne pas vous être remise en question quand un de vos collègues vous a fait une remarque sarcastique.

J’ai commencé à pratiquer la fierté au quotidien quand je me suis rendu

compte, alors que j’étais une jeune mère de 23 ans (Adèle avait 4 ans), que je me couchais souvent le soir avec une sensation de honte, de «j’aurais pu faire mieux», de «je n’ai pas été à la hauteur». Plus je m’appliquais à mieux faire, moins je me sentais adéquate. La seule façon qui m’a permis de renverser ce désagréable sentiment a été de souligner mes bons coups au quotidien. Aujourd’hui encore, avant de me coucher, je repasse ma journée et je note au fur et à mesure ce que je suis fière d’avoir fait, d’avoir été, d’avoir eu. C’est la CLÉ pour transformer la honte en fierté et se coucher le soir en sachant au plus profond de nous-mêmes que non seulement nous sommes quelqu’un de bien, mais quelqu’un qui mérite toute notre admiration.

 

4 mars

 

C’est la vie

 

J’ai toujours voulu écrire un téléroman mettant en vedette ma famille. J’en ai même écrit le synopsis. Le voici.

C’est l’histoire de ma famille. Ma vraie famille à moi. Rien ne sera

romancé, rien ne sera inventé. Seuls les noms seront changés. Le petit

Jésus est né dans une étable, moi je suis née dans une mine d’or. Une

mine d’amour, de leçons de vie, de situations qui font grandir, réfléchir, pleurer et rire. Je dis souvent: «On verrait ça dans un téléroman et on se dirait que ça ne se peut pas, que c’est arrangé avec le gars ou la fille des vues.» À force de me dire cela, j’en suis venue à la conclusion que MA VIE EST UN TÉLÉROMAN. Une sitcom, une comédie de situations. Je dis comédie parce que chez nous, on a tous reçu à la naissance le gène de la dédramatisation. C’est notre CLÉ familiale, celle qui nous permet de vivre à fond tout ce qui nous arrive. Même dans les situations les plus éprouvantes, nous sommes toujours arrivés à rire, et c’est ce qui m’impressionnera jusqu’à la fin de mes jours.

Nous n’avons jamais perdu un membre de notre clan, nous, les six

Pilote-St-Cyr: Louis-Marie, mon père, Lucie, ma mère, et mes trois soeurs, Jeanne, Brigitte et Estelle. Nous parlons tous les jours du fait que nous pouvons mourir n’importe quand, et de lorsque l’un de nous quittera ce monde. Je crois que c’est pour cette raison que nous nous voyons souvent, très souvent. Parfois en le planifiant, mais la plupart du temps en laissant la vie organiser nos agendas.

Quand quelqu’un de notre clan partira, on n’aura aucun regret, on pourra

se dire qu’on en a profité, qu’on s’est tout dit, qu’on a ri, qu’on a réglé le sort du monde, qu’on a compris des choses ensemble, qu’on a évolué et qu’on s’est aimés d’amour. Un amour que je n’ai connu avec personne d’autre. Un amour qui ne ressemble à aucun autre. Pas de l’amitié, pas de la passion, pas de l’amour charnel, mais des liens tissés serrés et «lousses» en même temps. Comment on appelle ça? L’immensité et la vie avec un grand V.

 

5 mars

 

Vivre un deuil

 

Je pense à la mort tous les jours. Ça commence le matin quand je lis les pages nécrologiques dans le journal. Vous allez peut-être trouver ça curieux, mais mon rituel du matin est très important. Regarder les photos des êtres nouvellement disparus et me trouver chanceuse que la mienne n’y soit pas. Regarder ces photos, lire ces textes et dire adieu à ces inconnus, prendre conscience tous les matins que ces êtres humains avaient probablement le goût de vivre tout autant que moi. Ils avaient des parents, des amis, des enfants, mais pour eux, c’est terminé. Comme ce le sera pour vous et moi un jour.

Vous lisez ces lignes en vous disant: Mon Dieu, elle est donc bien heavy,

elle, aujourd’hui. Je ne veux pas dramatiser, mais je tiens, à tous les instants, à être consciente de la précarité de la vie. Le problème est que dans notre société, on agit comme si la mort n’existait pas et qu’elle est inusitée chaque fois qu’elle se présente le bout du nez. Voyons donc! S’il y a une chose assurée sur cette terre, c’est qu’on va mourir. Tout le monde va y passer, sans exception. On prend des cours prénataux, des cours de préparation au mariage, mais la mort… ça n’existe pas. Personne ne nous y prépare. Pas surprenant qu’on ne sache pas vivre les deuils, quels qu’ils soient.

Je viens de terminer la lecture d’un livre qui m’a fait du bien. Le titre est

Sortir du deuil, surmonter son chagrin et réapprendre à vivre, par Anne Ancelin et Evelyne Bissone, éd. Payot. Quand les auteures parlent du deuil, elles ne parlent pas seulement de la mort, mais de tous les deuils non faits qui se sont accumulés au fil du temps. Ils concernent aussi bien la mort d’un être cher qu’une rupture amoureuse, la perte d’une amie, de son pays, de sa maison, de son emploi, la mise à la retraite, la perte d’une partie de son corps à la suite d’une maladie ou d’un accident, la disparition d’un animal de compagnie.

Voici des passages intéressants que j’ai retenus:

– Nous sommes tous «impréparés» à la mort et au deuil.

– Il est courant d’entendre qu’il n’y a pas de mots pour dire la

souffrance de la perte. La société occidentale ne nous aide pas, elle nous demande de rester dignes dans la douleur, de ne pas nous plaindre, de redevenir comme avant et en forme.

– On nous apprend à gagner, mais on ne nous apprend pas à

perdre. Or, la vie est une succession de changements et de pertes. La plupart des gens imaginent que tout, absolument tout, va durer: le bonheur, l’amour, la jeunesse, la santé, la beauté. Or, l’équilibre, la sérénité, la santé, la vie en couple, l’amitié

nécessitent des soins et des entretiens fréquents: ils sont à reconquérir tous les jours.

Je crois qu’il est urgent que nous cessions d’évacuer l’idée de la mort.

Pour savoir bien vivre, il faudrait savoir bien mourir ou, à tout le moins, savoir bien accueillir l’idée que nous sommes mortelles. C’est la CLÉ qui ouvre la porte du courage de vivre une vie pleine et riche.

 

6 mars

 

Enfin retrouvée

 

Depuis que j’ai entrepris un processus de désencombrement, je n’en reviens pas à quel point la gestion du matériel, la manutention et l’entretien des objets, des cossins et des vêtements prenait une grande place dans ma vie. Tout ce temps passé à chercher, ranger, déplacer, replacer, gérer, traiter, épousseter… Toute cette énergie gaspillée à chialer, bougonner, être irritée par ce qui ne fonctionne plus mais n’est jamais réparé, ce qui déborde de l’armoire, ce qu’on trouve laid mais qu’on endure parce que c’est notre belle-sœur qui nous l’a donné et on ne veut pas lui faire de peine lorsqu’elle viendra et qu’elle s’apercevra que son tableau n’est pas accroché au mur. Tout cet espace occupé sur notre disque dur, dans nos garde-robes et dans les pièces de notre maison. Du beaucoup et du trop, du beaucoup trop tout le temps qui nous mine, nous surcharge, nous éteint et nous fatigue. Tout ce trop qu’on veut traiter quand on aura le temps. Toutes ces boites dans le sous-sol ou le garage qui, après nos déménagements, ne sont pas encore vidées. On le fera quand on aura le temps, mais du temps il n’y en a jamais, car nous sommes trop occupées à gérer le matériel par lequel nous sommes envahies: le cabanon, la salle de lavage, la chambre à coucher, la salle de jeux, les tiroirs de la salle de bain avec leurs milliers d’échantillons de crèmes, d’anti-rides aux agrumes, au lait de coco, pour peaux mixtes, matures et molles, nos penderies avec des milliers de draps contour au cas où on aurait de la visite, sans parler des chambres des enfants et des ados qui nous donnent envie d’aller faire une sieste d’une durée de quelques années juste en ouvrant la porte! Je ne parle pas ici des vêtements et cossins de notre chum qui tient mordicus à garder ses vieux vinyles de Supertramp même s’il n’a plus de table tournante, même si toute sa musique est sur son MP3. Et que dire des souvenirs des enfants, des bricolages en macaroni en passant par les sous-verres en pâte fimo et les milliers de dessins.

Vous lisez ce texte et vous vous reconnaissez? Vous arrivez à en rire

mais au fond, chaque fois que vous y pensez, vous avez envie de vous rouler en boule sur votre lit, mais malheureusement c’est impossible, car avec les trois piles de vêtements d’hiver à trier, le printemps étant arrivé, il n’y a plus de place où les ranger, sachez qu’il y a de l’espoir et que le jour où vous déciderez que votre temps est précieux et que vous avez envie de vous le donner au lieu de le consacrer aux objets, le jour où vous vous accorderez assez de valeur pour dire C’est assez, eh bien, ce jour-là, vous viendrez de trouver la CLÉ qui vous permettra d’ouvrir la porte de la liberté matérielle. Vous choisirez alors de vous désencombrer et vous n’aurez plus de mal à laisser partir tout ce qui vous empêche d’avoir du temps pour vous. Plus vous irez porter de sacs au comptoir communautaire, plus vous vous sentirez légère et plus vous aurez envie de passer du temps avec la magnifique personne que vous êtes. Vous ne l’aviez pas vue depuis longtemps, elle était cachée derrière les boites et les piles de vêtements!

 

7 mars

 

Au féminin

 

J’ai décidé il y a quelques années de tout féminiser. J’en avais marre que le masculin l’emporte sur le féminin. J’étais toujours mal à l’aise quand à l’école, devant un groupe composé de 24 filles et 3 gars, on disait étudiants lorsqu’on s’adressait à nous. Toujours peinée quand, dans un marché de Noël où il y a 34 femmes et 2 hommes qui exposent, on nomme l’événement le Salon des créateurs. Très difficile d’écouter la chanson Quand les hommes vivront d’amour, sans me sentir exclue. Si j’assiste à une assemblée et qu’on dit: «Bienvenue à tous», je ne me sens pas à la bonne place. Si je suis à la télévision et qu’au bas de l’écran, on écrit que je suis auteur sans penser d’y ajouter un e, je le remarque. Si vous trouvez que j’exagère et que je ne devrais pas en faire de cas, faites le test suivant: demandez à un homme comment il se sentirait s’il était placé dans ces mêmes situations qui sont notre réalité depuis des siècles.

– Je te présente Robert, c’est une grande productrice…

– Bienvenue à toutes (devant une assemblée composée majoritairement

d’hommes).

– Le Salon des créatrices d’ici (où 98% des exposants sont des hommes).

– Quand les femmes vivront d’amour… (un homme chanterait-il cette

chanson en pensant qu’il s’agit de lui?).

Chaque fois que je peux souligner ces anormalités, je le fais. Mon

engagement à tout féminiser me permet de faire prendre conscience à quel point on n’entend pas souvent notre langue française sonner de notre bord, on en a presque oublié que c’était inacceptable. Pour que les femmes existent, il faut non seulement les voir, mais aussi les entendre; et je ne parle pas d’elles, de leur voix, mais des mots qui sont choisis pour les inclure. Ma contribution pour faire changer cette mentalité passe par l’engagement à placer un e partout où je le peux et souligner la présence des femmes à chaque mot qui sort de ma bouche. C’est une façon de dire haut et fort que nous existons. L’une des CLÉS de l’inclusion des femmes passe par le vocabulaire. Voici les mots que vous m’entendrez dire:

– La commune des mortelles

– Quelle heure est-elle?

– Je me suis assise dans mon La-Z-Girl

– Donnez à la suivante

– Bonjour à toutes et à tous

– Une camérawoman (quand c’est une femme qui filme)

– Les unes les autres

Sur ce, je suis heureuse de vous savoir là, mes chères, et soyons fières

d’être qui nous sommes. Que nos paroles parlent de nous, donnons-nous le mot (au féminin de préférence).

 

8 mars

 

Marcia comme je l’aime

 

J’aime souhaiter le meilleur aux personnes que j’aime. Je vous aime, vous le savez, je formule donc plusieurs souhaits pour vous toutes, mais le principal serait que vous puissiez expérimenter de votre vivant la concrétisation d’un projet qui vous tient à cœur et qui est rattaché à votre mission de vie. Je sais, ce terme peut avoir l’air pompeux si on le voit sous l’angle de la performance ou du prestige, mais je vous invite plutôt à le regarder sous l’angle de la connexion à votre essence, à vos passions, à votre je suis. Je vous en prie, ne me dites pas que vous n’avez pas de passion, pas de mission de vie, car je ne vous croirai pas. Dites plutôt qu’elle a été étouffée, que vous l’avez perdue de vue, qu’elle n’a pas été encouragée, que vous vous en êtes éloignées, que vous n’avez pas pu la faire grandir, mais pas que ce n’est pas pour vous. Une mission de vie, c’est lorsque vous avez trouvé votre place, que vous savez exactement ce que vous avez à apporter à l’humanité. Ça n’a rien à voir avec la gloire, le prestige ou la richesse, mais bien avec le rayonnement, l’abondance et la sensation de faire une différence. Vous me suivez?

J’ai envie de vous parler de ma mission de vie, car elle vous concerne.

J’ai toujours aimé apprendre pour ensuite vulgariser et partager avec les autres à propos de la vie. Quand j’étais plus jeune, je le faisais avec mes amies, puis ensuite, à la télévision et à la radio via des chroniques, puis par écrit dans des articles et les sept tomes de ma série La vie comme je l’aime. Ensuite, il y a eu les conférences, les journées La vie comme je l’aime et les Louez-moi (oui, oui, vous pouvez me louer pour une conférence privée chez vous avec une douzaine de vos amies!). Mais le projet le plus cher à mon cœur, qui n’est plus un projet mais une réalité depuis le 8 mars 2017, c’est MARCIA COMME JE L’AIME. Qu’est-ce que c’est au juste? C’est une plate-forme sur le Web, une communauté de femmes qui ont envie de voir du contenu inspirant et qui, pour ce faire, s’abonnent à ma chaîne. Ça coûte 50 $ par année, ou 5 $ par mois et tous les jours de la semaine, vous avez accès à une capsule qui fait du bien. Ces capsules sont enregistrées professionnellement dans mon studio maison. Le lundi, ça se passe dans ma voiture, je vous fais un pep talk. Le mardi, je vous propose une petite capsule qui s’appelle prise de conscience, le mercredi, dans le cadre des grandes entrevues, je vous présente une femme inspirante qui vient me raconter son parcours de vie, le jeudi, je vous ouvre mon coffre à outils et je vous livre une conférence de vingt minutes sur un sujet donné: le lâcher-prise, le tableau de vie, les affirmations, bien se traiter, savoir dire non, trouver l’amour, le désencombrement, comment s’affirmer et plus encore. Le vendredi, je lis un courriel que j’ai reçu de vous et je m’entretiens au téléphone avec celle qui me l’a écrit. Sachez que sur cette plate-forme, vous retrouverez plus exhaustivement plusieurs CLÉS en capsules vidéo que je sortirai de mon coffre à outils. Si je vous parle de Marcia comme je l’aime, c’est pour vous dire que si vous aimez ce livre que vous tenez entre vos mains, vous aimerez sûrement venir me rejoindre sur le Web où vous y trouverez des compléments de ces propos en vidéos. De plus, quotidiennement, je vous présente un mot du jour personnalisé, tourné la journée même ou la veille, et je compte utiliser ce livre pour compléter votre texte du jour en images et en paroles avec des exemples tirés de ce que je vis au quotidien.

J’ai placé ce texte le 8 mars pour deux raisons. Aujourd’hui, c’est la

Journée internationale du droit des femmes et c’est aussi un 8 mars que j’ai lancé notre chaîne Marcia comme je l’aime. De nombreuses femmes soutiennent cette communauté et je veux que vous sachiez que plus nous serons de femmes à croire en cette chaîne, plus nous pourrons nous donner les moyens d’aller loin. Pourquoi pas la production d’une émission de télévision qui nous ressemble? Un studio roulant où j’irais à votre rencontre à travers le Québec pour que je puisse recueillir vos histoires de vie? Un lieu concret (ou plusieurs) où l’on pourrait se rencontrer, partager, avoir accès à des conférences, s’échanger nos CLÉS? Si c’est une idée qui vous parle et à laquelle vous avez envie de participer, aller faire un tour sur

www.marciacommejelaime.com.

Ma mission de vie est de créer un lieu ouvert 24 h/24 où chaque femme

pourrait venir s’inspirer, non pas pour y trouver des idées de mode ou de décoration intérieure, mais bien pour alimenter sa vie intérieure.

Je vois grand pour nous. Je souhaite que nous soyons des milliers de

femmes à vibrer à l’unisson. J’entends déjà nos CLÉS tinter. Merci, les femmes, d’être là. Ensemble, tout est possible!

 

9 mars

 

J’ai raté mon dimanche soir

 

En 2008, ma sœur Brigitte et moi avons écrit et réalisé des capsules Web qui avaient pour titre LES GERMAINE. Il s’agissait de conversations téléphoniques entre deux amies (deux comédiennes professionnelles jouaient nos textes, Sylvie Dubé et Chantal Jourdan) qui, chaque fois, faisaient une montée de lait sur un sujet différent. J’ai décidé de prendre les textes des Germaine et de les retravailler pour qu’ils deviennent des monologues. J’ai pensé qu’ils vous feraient du bien et pourraient vous donner des CLÉS humoristiques pour traiter les situations de la vie quotidienne. Lisez ces textes comme des petits monologues rafraîchissants qui, je l’espère, vous feront sourire et prendre une pause de votre vie tourbillonnante!

Martine, une femme de 41 ans, banlieusarde, mariée, mère de deux enfants:

Ça fait deux fois que ça m’arrive en trois mois!

J’ai encore raté mon dimanche soir! J’ai décroché complètement:

j’ai lu jusqu’à minuit! Un super bon livre qui m’aide à devenir plus zen… Mais ma semaine est gâchée. Ma semaine part tout croche à cause de mon écart de conduite! Le dimanche soir, c’est le moment le plus important de la semaine. Si on le rate, on le paye! Une famille,

ça prend de l’organisation: c’est une vraie PME, sauf que c’est les femmes qui sont présidentes pis que leur salaire, c’est rien pantoute.

Les bénéfices marginaux, on n’en parle même pas, sont tellement

marginaux qu’on a de la misère à les trouver. L’horaire: ouvert 24 heures, 7 jours sur 7!

Il faut savoir ce qu’on va manger au prochain repas, si les enfants

ont assez de bas propres, s’il y a des réunions à l’agenda. Est-ce qu’on a un rendez-vous chez un spécialiste: orthodontiste, radiologiste, garagiste? Il faut prévoir les gardiennes, consulter tous les membres de la famille pour sortir l’horaire de la semaine. Est-ce que notre mari joue au hockey avec ses chums et si oui, est-ce qu’y va aller prendre une bière après? Ben voyons, tu parles d’une question! Le hockey, c’est un prétexte. La vraie affaire, c’est la bière après la partie. Ils jouent au hockey pour se donner le droit d’aller prendre une bière toutes les semaines! Ils devraient juste aller prendre la bière tant qu’à ça. Au moins, ils partiraient quand les enfants sont couchés. Quand toute serait faite dans maison.

Là, quand tu rates ton dimanche de même, t’es toute perdue dans

tes menus, t’as pas fait décongeler ce que tu devais faire décongeler. Ça pète de partout. Mais tu sais quoi?

Ce n’est pas si pire que ça. Non seulement c’est pas si pire que ça,

mais j’pense que j’vais commencer à aimer ça, être désorganisée, pis arrêter de courir comme une maudite folle. Quand ils auront pu de linge à se mettre, ils vont peut-être apprendre comment ouvrir un couvercle de laveuse, mettre du linge dedans pis pousser le p’tit bouton. Pis tsé, des draps, qui a dit qu’il fallait laver ça toutes les semaines?

J’ai même un nouveau livre sur ma table de chevet. Un livre pour

les femmes qui n’arrêtent pas de courir du matin au soir: Bouillon de poulet pour l’âme des poules pas de tête.

Bon, j’vous laisse, faut que j’aille me coucher si j’veux être en

forme pour ma semaine intensive de mommy-boot-camp qui recommence demain. Je ne comprends pas pourquoi, mais ça l’air

que je suis inscrite à ce cours-là depuis douze ans… depuis que j’ai accouché! Bonne nuit!

 

10 mars

 

C’est trop me demander

 

Avant, je n’avais pas de limites. On pouvait tout me demander et je disais oui. Je croyais même que des limites, ça n’existait pas. Marcia était capable d’en prendre: amenez-en des tâches à accomplir, du travail, des projets, des activités, des services à rendre, on va faire rentrer ça dans l’horaire. Ce n’était jamais un problème. Jamais. Puis, il y a eu des moments de prise de conscience du temps qui passe, qu’il fallait prendre soin de la vie qui m’était donnée, que j’avais le droit de décider de m’arrêter ici ou de continuer là-bas, le droit de dire «Non merci, cela ne me convient pas», «Non merci, c’est trop me demander de faire cela ou de penser ceci, j’ai mes limites.»

La première fois que je me suis entendue dire que j’avais des limites,

j’en suis restée bouche bée. Il me semblait que ce n’était pas moi qui parlais, mais quelqu’un d’autre à ma place. J’étais, à vrai dire, un peu mal à l’aise car je me jugeais, je croyais qu’une personne qui avait des limites et qui les exprimait était une personne égocentrique et paresseuse. Puis j’ai compris que ce n’était absolument pas le cas. Au contraire. En agissant ainsi, je constatais que je faisais preuve de beaucoup de tendresse à mon égard. Je réalisais que cela produisait l’effet contraire: les gens me traitaient avec encore plus de respect et appréciaient ce que je donnais plutôt que de s’attendre à ce que je sois toujours disponible 24/24. Quand je disais oui, c’était un vrai oui et les autres le recevaient comme un privilège plutôt qu’un droit. Je vous avoue que j’ai même commencé à prendre plaisir à parler de mes préférences, à brainstormer pour trouver une formule gagnante qui pourrait satisfaire tous les gens impliqués. J’ai compris qu’il y avait beaucoup d’amour dans le fait de poser ses limites. De l’amour de soi, de l’amour de la part de ceux et celles qui ont envie de respecter notre demande, qui ont envie de ne pas trop nous en demander, de ne pas abuser de notre générosité. J’ai commencé à me sentir véritablement aimée pour ce que je suis le jour où j’ai su dire mon premier non, suivi de C’est trop pour moi, c’est trop me demander. Depuis, je sais que j’ai droit à cela en tout temps. Je n’ai plus peur de passer pour une personne égoïste, de ne plus être aimée. Au contraire, j’ai compris que c’était la CLÉ pour vivre des relations harmonieuses.

 

11 mars

 

Transmission mère-fille

 

Je suis toujours très mal à l’aise quand ça survient, mais c’est arrivé assez souvent pour que je sente l’obligation d’écrire un petit texte à ce sujet. C’est un sujet probablement très tabou, peut-être que vous l’avez observé vous aussi sans oser le souligner, peut-être même que c’est votre cas. Une chose est certaine, j’ai pu observer ce phénomène de nombreuses fois: il m’est arrivé au moins une vingtaine de fois dans ma vie de me retrouver avec des mères de famille qui étaient clairement «irritées» par une de leurs deux filles et complètement en amour avec l’autre. Une mère a deux filles, et vous passez un moment avec elles. Il peut s’agir d’un party familial, une fin de semaine d’amis en camping, une activité scolaire ou autre. La mère encense l’une de ses filles et dénigre ouvertement l’autre. La première fois que j’ai été confrontée à cela, c’était au parc, il y a presque trente ans. Une ancienne voisine que je connaissais peu vivait cette dynamique avec ses filles. Si elle donnait à l’une une consigne sur un ton empreint d’amour, elle donnait inévitablement la même consigne à l’autre avec un ton cassant et méprisant. Par la suite, ce scénario s’est déroulé sous mes yeux dans d’autres contextes avec d’autres personnes. Chaque fois, j’en étais étonnée mais je me suis tue. C’est très délicat d’intervenir ou de passer une remarque dans ces situations: on se dit que ce n’est pas de nos affaires, mais on se dit aussi que cela pourrait faire la différence si on avait le courage d’en parler. Mon but serait d’éviter la souffrance intérieure d’une enfant qui grandira en portant quelque chose qui ne lui appartient pas et qui l’hypothéquera tout au long de sa vie. Dans la plupart des cas, quand une mère est «irritée» par l’une de ses filles, il s’agit souvent de traits de caractère qu’elle a elle-même et qu’elle n’arrive pas à accepter. On les entendra dire, en parlant de leur fille (en utilisant un humour inapproprié):

– Elle, j’te dis que si j’pouvais la mettre en vente sur Kijiji sans

possibilité de retour…

– Elle, j’te dis, y’a rien qui fait son affaire…

– Elle, j’te dis, je m’demande bien d’où elle sort…

Je n’aime pas qu’on utilise l’humour pour exprimer une insatisfaction et

un malaise qu’on vit face à un trait de caractère de l’un de nos enfants. Je crois que la CLÉ d’une relation harmonieuse et épanouissante à long terme avec nos filles, c’est d’abord et avant tout de régler, en tant que femmes, nos conflits intérieurs, car c’est la seule façon de ne pas les transmettre. Pour y arriver, il nous faut être conscientes de cette dynamique et la traiter avant qu’il ne soit trop tard.

 

12 mars

 

Sincèrement vôtre

 

Je ne suis pas exigeante en amitié ou avec les personnes que je côtoie. Mes amies ont des défauts, tout comme moi. J’aime le dicton Vivre et laisser vivre. J’ai des amies extravagantes, fatigantes à leurs heures, des contrôlantes, des pognées, des gênées, des peureuses, des chialeuses, des bordéliques, des workaholiques, des distraites, des imparfaites, des amies avec des tics et des tocs. Je ne leur demande pas d’être parfaites. En fait, je ne leur demande qu’une seule chose: être sincères. Qu’est-ce que j’entends par là exactement? Je veux toujours qu’elles me donnent l’heure juste. Ça te tente? Tu me le dis. Ça ne te tente plus? Tu me le dis aussi.

Tu trouves ça beau? Tu trouves ça laid? Ça me fait bien? Ça ne

m’avantage pas? Ça te fait de la peine? Tu es déprimée? Tu n’aimes pas mon nouveau chum? Tu ne veux pas l’inviter à souper? Tu as envie d’être seule dans ta piscine même s’il fait 35 degrés? Tu es cassée? Tu as besoin d’argent? Tu n’en peux plus de tes enfants? Tu rêves de te prendre un amant? Ça te tombe sur les nerfs quand je renifle en voiture? Tu aimes mieux conduire quand on part en road trip? Tu trouves que mon pâté chinois n’est pas mangeable?

Je veux le savoir. Et tu sais quoi? Je ne le «prendrai pas personnel», au

contraire, je vais me sentir choyée que tu te sentes tellement en confiance avec moi que tu ne penses même pas à te retenir. Tu as envie d’être toi quand tu es avec moi et c’est tout ce que je te demande. C’est énorme, je le sais parce qu’on n’a pas été habituées. On s’est fait répéter qu’il fallait faire plaisir à l’autre, ne pas lui faire de la peine, mais je t’en prie, fais-le pour moi, c’est la seule chose que je te demande. Je sais que c’est tout un contrat, mais c’est ma condition. La sincérité. En retour, je te promets de l’être aussi. Je te promets de ne jamais te mentir, et tu sais quoi? On ne fera pas ça dans le drame, on va même avoir du fun, on va utiliser notre humour, on va se dire les vraies affaires, tout le temps, et on va en rire. On va rire de nos travers. On ne se fera pas croire qu’on n’en a pas, on va se les montrer et ce sera à travers nos travers que notre amitié prendra tout son sens. Nous nous échangerons les CLÉS de nos cœurs, cette porte sera déverrouillée en tout temps, et savoir cela nous permettra de croire en la vie, de nous savoir là l’une pour l’autre, à notre façon, en toute sincérité. Elle gonflera notre âme de fierté et on ne pourra plus jamais se sentir seules. Sincèrement vôtre.

 

13 mars

 

Tant qu’il y aura du vent

 

Y’a du vent aujourd’hui et je sais que c’est toi

Qui vient me dire merci

D’avoir été ton amie.

Tu viens me dire aussi qu’il faut profiter de la vie

En profiter pleinement et tu sais que je comprends.

Tu fais valser mon cœur, bouger mes cheveux

Et les larmes dans mes yeux.

Y’a du vent aujourd’hui

C’est toi qui es venue me dire

De respirer à fond,

D’ouvrir grands mes poumons.

Même si tu n’es plus là physiquement

Tu es là autrement

Tant qu’il y aura du vent.

J’ai besoin d’écrire ce poème,

C’est toi qui me l’as soufflé.

J’ai besoin que tu saches que je t’aime

Et que je me sers de toutes tes CLÉS.

Tu m’en as donné un trousseau plein

Avant de mourir, mon amie.

Je les ai prises dans mes mains

Et j’ai commencé ma nouvelle vie.

Je ne suis plus la même qu’avant,

Je sais maintenant ce que veut dire

Vivre sa vie à 100%.

Depuis que je t’ai vue mourir,

Il y aura toujours le vent pour me le rappeler

Mais surtout pour me dire

L’importance de l’amitié.

 

14 mars

 

Toujours le début de quelque chose

 

Chaque jour en me réveillant, j’écris mes pages du matin et je me suis rendu compte en les relisant que l’une des CLÉS de ma joie de vivre, et ce, presque tous les jours, est de ressentir que c’est le début de quelque chose. Certaines personnes soulignent les anniversaires de ce dont elles sont fières, par exemple le premier anniversaire de sobriété, le cinquième anniversaire de remise en forme, alors que moi, je souligne à chaque jour le début de quelque chose. J’aime beaucoup nommer spontanément de quoi sera faite cette journée. L’une de mes premières activités en me levant (tout ça se fait naturellement, sans que je m’y attarde), c’est de compléter cette phrase: Aujourd’hui est le jour où…

– je prends telle décision;

– je comprends telle chose importante;

– je cesse telle mauvaise habitude;

– je commence telle pratique qui transformera ma façon de voir les

choses;

– je choisis de m’aimer davantage.

De cette façon, je me couche le soir et je sais que j’ai trouvé la CLÉ pour

ouvrir une nouvelle porte. Quand je ne prends pas le temps d’identifier quel début je célèbre, j’ai l’impression d’être à la merci des autres et de leurs besoins.

Il y a toujours un événement dans notre journée qui nous fait dire: À

partir de maintenant, je vais plutôt faire ceci de telle façon, ou je ne me laisserai plus traiter ainsi, ou je tâcherai de m’y prendre autrement. L’idée d’entrevoir qu’à chaque jour il y a le début de quelque chose permet d’allumer en soi la petite flamme de vie dont on a besoin pour avancer, pour savoir qu’on fait une différence sur cette terre. Et si aujourd’hui était le début d’une nouvelle vie?

Dans sa merveilleuse chanson Pignon sur rue, Kevin Parent chante:

«Parce que demain, je recommence à continuer». J’adore cette phrase. Recommencer à continuer… C’est tellement le début de quelque chose de grand!

 

15 mars

 

Notes de vie

 

Pour l’écriture de ce livre, je suis allée régulièrement à la bibliothèque remplir des sacs de livres. Une à deux fois par semaine. Puisque je ne possède que vingt-cinq livres à la maison, je devais aller chercher les livres que j’ai lus, aimés et dans lesquels j’ai trouvé des CLÉS au fil des années pour les relire avant de vous en parler. Il arrivait que je place dans mon sac des livres qui m’attiraient et que je n’avais jamais lus. J’ai pris sur une tablette le livre de Jillian Michaels, dont j’avais déjà entendu parler, Découvrez votre pouvoir illimité, éd. de l’Homme. En le parcourant, j’y ai trouvé un trésor. Pas imprimé sur les pages du livre mais détaché: des feuilles de cartable pliées sur lesquelles il y avait des notes prises à la main. Une femme anonyme, résidente de ma ville, y avait oublié ses notes et je me suis permis de les lire. S’il y avait eu un nom sur la feuille, je n’en aurais jamais parlé ici par respect, mais puisque ce n’est pas le cas, je me permets de le faire. Je ne vous révélerai pas les informations écrites, car c’est personnel, mais d’après les réponses aux questions posées dans certains exercices, je sais qu’il s’agit d’une femme dans la quarantaine avec deux enfants. J’ai été émue aux larmes en lisant la liste de ses rêves. J’ai aimé avoir accès à l’univers d’une femme qui prend le temps de réfléchir à sa vie.

Elle a recopié un passage qui est une phrase que j’ai longtemps eue

affichée sur mon mur.

«Quand tu veux quelque chose, tout l’Univers conspire à te permettre de

réaliser ton désir.» –Paulo Coelho

J’ai été touchée de lire ces notes, et je me suis même surprise à imaginer

les vôtres, vos notes de vie, celles que vous aurez peut-être envie de prendre pendant la lecture de ce livre.

Si c’est le cas et que vous me rencontrez, je vous en prie, faites-moi le

cadeau de me les montrer. Je pleurerai peut-être un peu de savoir que mes mots ont su se rendre jusqu’à votre cœur pour en faire des notes qui, une fois jouées par vous, produiront la plus belle des mélodies, celle du bonheur.

 

16 mars

 

Il y a des jours comme ça

 

J’ai souvent eu l’impression de ne pas faire la bonne affaire. C’est en relisant mes pages du matin, mes journaux intimes, mes cahiers de gratitude que je me rends compte qu’il y a (et il y aura peut-être toujours) un décalage entre qui je suis, ce qui émane de moi et ce que je ressens parfois. Il y a une partie de moi qui est en congruence, en conformité avec qui je suis, mais il y a une autre partie qui est vraiment différente, comme si c’était quelqu’un d’autre. Plus je réfléchis à ce phénomène, plus je me rends compte que la partie qui ne me ressemble pas, celle avec laquelle j’ai le plus de difficulté, n’est pas moi, c’est le moi individuel, comme il est appelé dans le livre Un cours en miracles. (Je ne sais pas si vous le connaissez, mais ça fait 25 ans que je lis ce livre et je ne l’ai pas encore terminé. C’est un livre de plus de 1500 pages qui comporte 31 chapitres totalisant 700 pages, un livre contenant 365 exercices pour les étudiants et un manuel pour les enseignants.) Un jour où mon moi individuel prenait le dessus, j’avais un rendez-vous au salon de coiffure pour mes mèches et une femme m’a dit: «Tout le monde t’aime, tout le monde voudrait être ton amie.».

J’ai répondu: «Oui, tout le monde m’aime, sauf moi aujourd’hui…»

Il y a des jours comme ça où on se trouve poche.

Il y a des jours comme ça où on se trouve moche.

Il y a des jours comme ça où on se demande comment les autres peuvent

faire pour nous aimer, car on n’est pas si aimable que ça!

Il y a des jours comme ça où, si on sortait avec soi, on aurait envie de se

séparer, de demander le divorce, de prendre une pause.

Il y a des jours comme ça où notre passé, notre enfance, remonte à la

surface comme un reflux émotionnel et il n’y a pas de Tums pour ces maux-là.

Il y a des jours comme ça où notre propre voix nous tombe sur les nerfs,

alors on se tait.

Il y a des jours comme ça où on aimerait rester couchée.

Il y a des jours comme ça où on ne trouve plus nos CLÉS.

Il y a des jours comme ça…

Et vous savez-quoi? C’est parfait comme ça!

17 mars

 

Le Master Mind

 

J’avais 23 ans et je voulais mettre toutes les chances de mon côté afin d’avoir une vie comme je l’aime. Tous les outils efficaces, simples et dynamiques étaient les bienvenus dans ma vie. Je n’avais pas beaucoup d’argent, pourtant j’étais prête à me priver pour me payer une formation ou un cours. Je voyais ça comme un investissement. J’ai eu raison. Un jour, je me suis inscrite à une formation qui portait un nom qui aurait pu me repousser: Master Mind. Le résumé du cours correspondait en tous points à ce que je recherchais. J’ai donc suivi avec un intérêt sans bornes cet atelier provenant des États-Unis, adapté et enseigné par Violette Le Bon de qui j’avais suivi de nombreux ateliers. En quoi consistait cette formation? À apprendre les techniques du Master Mind pour ensuite pouvoir les mettre en pratique de façon autonome. Je n’ai jamais cessé de «faire du Master

Mind». Je dois facilement être rendue à ma 500e séance. Depuis quelques années, je donne même des formations aux femmes, car je veux à tout prix partager cette précieuse technique. J’ai réussi à condenser le cours en une journée, j’ai écrit un petit document d’accompagnement et j’adore former les femmes pour qu’elles maîtrisent cette technique. À ce jour, je l’ai donnée aux quatre coins du Québec et j’espère bien avoir la chance de vous enseigner cette méthode puissante, accessible et qui produit des résultats exceptionnels. Si vous voulez plus d’informations, vous m’écrirez.

De quoi s’agit-il au juste? Je consacre une soirée par mois à ce

formidable concept. Si vous me demandiez pour le reste de mes jours de n’utiliser qu’un seul outil, je le choisirais sans hésitation. Note: il ne s’agit pas du jeu avec les petites pitounes de couleur.

Le principe?

Chaque mois, deux ou trois personnes, des partenaires que vous choisissez (pour ma part, mon groupe est composé de ma sœur Brigitte et de mon amie Anouk) se rencontrent pour écrire sur une feuille leurs objectifs, leurs désirs, leurs demandes à l’univers pour le mois qui vient. Ces personnes peuvent être vos amies, vos sœurs, peu importe, mais il doit s’agir de gens avec qui vous êtes parfaitement à l’aise et qui ont à cœur votre succès.

L’idée de le faire chaque mois est de «découper l’année en 12 au lieu de

faire des objectifs et des demandes annuelles trop générales. Le suivi en est plus facile et surtout les résultats sont vérifiables et facilement atteignables. Supposons vous êtes ma partenaire Master Mind. Chaque mois, nous nous ferons un petit happening qui se déroulera toujours de la même façon. Au début de la rencontre, nous ferons un suivi de nos demandes du mois dernier, question de célébrer ce que nous avons obtenu, d’ajuster ce qui n’a pas fonctionné et découvrir pourquoi. Par la suite, nous ouvrirons notre agenda pour voir quelle est notre réalité pour le mois à venir et nous élaborerons nos demandes à partir de ce qu’on aura à vivre et qui pourra représenter des enjeux, des défis, ou qui suscitera de la peur ou de l’anxiété. Par exemple:

– un ennui de santé (rendez-vous médical)

– une fête à organiser

– un rapport à remettre

– une inquiétude avec notre ado, notre sœur, nos parents, notre animal de

compagnie

– une rencontre avec un nouvel amoureux

– une décision à prendre pendant le mois

– un problème de logistique

– une maison à vendre

– une entrevue pour un emploi

– un problème de voiture

– l’organisation des vacances

– etc.

À partir de notre réalité, nous formulerons ce que nous désirons vraiment

et c’est là que tout se jouera: la formulation des demandes. Il faudra réussir à les écrire de façon à ce qu’elles ne comportent AUCUNE SOLUTION. Autrement dit, pas de comment, de qui, de quoi, de où, de combien.

Une fois que nos dix demandes ou plus seront formulées par écrit et lues

à voix haute, nous remettrons notre feuille à notre partenaire et elle fera de même avec la sienne. La séance, qui aura duré quatre heures sera terminée et nous pourrons retourner à la maison. Chacune de nous consacrera quotidiennement quelques minutes à lire la feuille de sa partenaire.

Ce que je trouve le plus génial dans le Master Mind, c’est lorsque, le

mois suivant, notre partenaire nous relit ce qu’on a demandé! Par un phénomène que personne ne peut expliquer, je vous jure que vous ne vous souviendrez de RIEN. Chaque fois que vous remettrez vos demandes du mois à votre partenaire, vous allez devenir amnésique! Alors quand votre amie vous lira à voix haute vos demandes du mois précédent afin de faire un suivi, ce sera un moment de grande émotion, car vous serez à même de constater à quel point la vie a travaillé pour vous. Je peux affirmer que c’est grâce à cet outil que je peux pratiquer le lâcher-prise, que je peux ajouter mois après mois de nouvelles CLÉS dans mon trousseau, car toujours de nouvelles portes se sont ouvertes.

 

18 mars

 

Le trousseau

– Excuse-moi, est-ce que je peux te poser une question?

– Oui, certainement.

– J’ai remarqué que, accroché après ta ceinture, tu avais un gros

trousseau de CLÉS. Est-ce que tu es concierge d’un immeuble?

Qu’est-ce que c’est?

– Ah! ça c’est ce que j’ai de plus précieux. J’appelle ça mon «trousseau

SÉSAME», il m’ouvre toutes les portes que je désire ouvrir.

– Comment ça se fait que tu as ce trousseau-là, toi?

– Tout le monde l’a, mais ne s’en sert pas.

– Ah oui?

– Certainement. C’est un trousseau qu’on a reçu en cadeau à la

naissance. Je ne sais pas pourquoi, mais personne ne nous a dit qu’on

l’avait, alors, toute notre vie, on est à la recherche de gens qui

pourraient nous tendre les clés qui nous ouvriraient des portes au

travail, en amour, en famille. On perd un temps fou à trouver les

bonnes personnes qui nous donneraient les bons tuyaux pour ouvrir les

bonnes portes. On cherche ça parfois pendant des années…

– C’est trop vrai…

– Jusqu’à ce qu’un jour, on découvre que tout ce temps-là, c’est nous qui

avions le trousseau entre les mains.

– Tout le monde en a un?

– Tout le monde, j’en suis convaincue. Il suffit de faire tout le travail

pour le trouver et ensuite, il faut trouver les bonnes clés pour les

bonnes serrures. Quand on arrive à cette étape et que la porte s’ouvre,

c’est l’euphorie.

– Ça doit…

– Et quand une porte est définitivement ouverte, elle peut se refermer

mais elle ne peut plus se verrouiller. C’est pour la vie.

– Wow! c’est excitant!

– Demain, je t’en dirai plus… Bonne journée.

– Bonne journée, à demain.

19 mars

 

Le trousseau (suite)

 

– J’ai quelque chose à te demander concernant ton trousseau. Pourrais-tu me le prêter?

– Je peux, mais ça ne donnera rien. Il perd tout son pouvoir s’il est dans

les mains de quelqu’un d’autre. Il faut que tu trouves le tien.

– Comment on fait ça?

– C’est assez simple, c’est un peu comme une chasse au trésor. La vie va

te donner des indices tous les jours. Il faut que tu sois à l’écoute et tu

vas trouver.

– On commence par quoi?

– Premièrement, tu dois absolument à tous les jours disposer d’une plage

de silence d’au moins quinze minutes. Seule, à ne rien faire d’autre

que d’écouter les indices. De préférence le matin, car le hamster n’a

pas encore commencé à rouler et la communication est plus facile.

– La communication?

– Entre la vie et toi… La vie a des choses à te dire mais elle ne le peut

pas, car il y a trop de bruit et tu ne t’arrêtes jamais pour écouter. Elle

est parfois obligée de crier!

– C’est vrai. Attends… tu dis que si je suis en silence, elle viendra me

donner des indices pour que je trouve des clés sur mon chemin?

– Oui, madame, c’est en plein ça, et parfois, tu trouveras ça surprenant.

Elle pourra te dire d’appeler telle personne ou de faire telle chose et tu

devras le faire.

– Même si ça n’a pas d’allure?

– Cela a toujours de l’allure, mais parfois tu dois sortir de ta zone de

confort et dépasser tes peurs.

– Ouf!

– Justement, c’est ce ouf qui t’empêche d’avancer.

– Je suis prête à le faire. Je vais essayer ça: quinze minutes le matin à

ouvrir mes antennes pour recevoir cette belle visite.

– Tu vas voir que ce n’est pas sorcier. Il n’y aura pas d’anges qui vont

descendre du ciel pour venir te parler. Tu auras plutôt une sensation de

paix suivie d’une certitude. Ça ne s’explique pas, ça se vit, tous les

jours. C’est toi qui a la CLÉ entre tes mains. Si tu ne prends pas au

moins quinze minutes tous les jours, tu ne pourras pas garnir ton

trousseau.

– Parfait, je commence demain et je t’en donne des nouvelles.

Je te jure qu’à la fin de l’année, on pourra croire que tu es, toi aussi, une

concierge!

 

20 mars

 

En mode avion

 

Saviez-vous que si vous voulez recharger votre téléphone plus rapidement, vous n’avez qu’à le placer en mode avion avant de le brancher au mur? De cette façon, il sera blindé contre les potentielles fuites d’énergie et il se rechargera cinq fois plus rapidement que s’il devait être ralenti par tout ce qui lui «prend inutilement du jus». Lorsque votre téléphone est en mode avion, personne ne peut vous joindre (ni par Facebook, ni par courriel, ni par téléphone) car les ondes sont bloquées. La sainte paix!

Il y a quelques années, alors que j’étais fatiguée et que j’avais besoin de

recharger mes batteries, j’ai dit spontanément aux enfants: «Pour les deux prochaines heures, Mme Pilote est en mode avion.»

Tout le monde est parti à rire et depuis, chaque fois qu’on a besoin d’être

dans notre bulle et de nous reposer, on déclare être en mode avion. C’est la CLÉ pour ne pas se faire déranger et surtout pour que nos batteries ne soient jamais à plat!

 

21 mars

 

Il n’y a pas un jour

 

Il n’y a pas un jour où je me couche sans avoir appris quelque chose. C’est la même chose pour vous. Peut-être aurez-vous le réflexe de me dire que ce n’est pas le cas, que lorsque vous vous couchez le soir: premièrement, vous êtes crevée et, deuxièmement, vous avez vécu votre routine habituelle et votre journée ne comportait rien de nouveau. C’est impossible. Si vous preniez le temps de mettre par écrit, ne serait-ce qu’une seule chose que vous avez apprise sur vous, je vous garantis que vous auriez envie de vous lever le lendemain pour aller à l’école de la vie. Il n’y a rien de plus beau qu’un enfant qui revient de l’école le visage illuminé par sa fierté d’avoir appris une nouvelle chose. Je me souviens de mes filles qui, lorsqu’elles étaient au primaire, arrivaient de l’école en voulant tout de suite me montrer ce qu’elles étaient maintenant capables de faire. Il en va de même pour nous. Chaque jour, la vie place sur notre route des devoirs, des leçons, des examens, et on apprend de nouvelles choses sur soi. Chaque jour, je fais un petit bilan par écrit avant de me coucher, question d’entrer dans le sommeil la tête plus légère. Je repasse le fil de ma journée en la rembobinant depuis le début et je réponds à ces cinq questions:

– Aujourd’hui, qu’est-ce que j’ai aimé?

– Aujourd’hui, qu’est-ce que j’ai appris, réalisé ou confirmé?

– Aujourd’hui, qu’est-ce que j’ai apprécié?

– Aujourd’hui, je me félicite de quoi? Je suis fière de quoi?

– Aujourd’hui, je dis merci à quoi?

Cet inventaire quotidien, qui ne demandera que quinze minutes de votre

temps, pourra changer le cours de vos nuits (on dort mieux quand on a l’esprit dégagé) et de vos journées aussi. Vous n’aurez plus l’impression de subir mais bien d’apprendre, et quand on apprend, on obtient des diplômes, et quand on est une diplômée de la vie, on a en main les CLÉS de notre destinée.

 

22 mars

 

Pas fatiguée

 

Chaque fois qu’une personne me dit: «Bonne fin de semaine, tu en profiteras pour te reposer», je réponds toujours la même chose: «Je ne me reposerai pas, je ne suis pas fatiguée.»

Et c’est vrai, je n’ai jamais connu la fatigue physique. Jamais, et ce n’est

pas parce qu’il n’y a rien qui me fatigue. C’est plutôt parce que je ne laisse rien me fatiguer.

Premièrement: Mon sommeil. Je dors bien. Je me glisse dans le sommeil

la tête vide, j’ai mes techniques pour m’y m’aider. L’inventaire quotidien en est une puissante. S’il arrive qu’une nuit ait été moins optimale parce que j’ai fait des rêves troublants, dès mon réveil, dans mes pages du matin, je traite ce qui m’a perturbée et les émotions qui s’y rattachent. De cette façon, je ne traîne pas cela toute la journée.

Deuxièmement: Au cours de la journée, je règle à mesure tout ce qui

pourrait m’enlever de l’énergie. J’ai développé des astuces pour voir venir les personnes et les situations potentiellement énergivores, et je les traite avant qu’elles ne fassent des ravages.

Troisièmement: J’aime ce que je fais, tant dans mon travail que dans mes

loisirs ou ma vie sociale. Vous remarquerez que je n’ai pas écrit que je fais ce que j’aime. Voyez-vous la différence? Je n’attends pas de faire ce que j’aime pour être heureuse, je m’organise pour aimer ce que je fais, même les tâches les plus ennuyantes. On peut toujours mettre sa touche personnelle pour rendre une expérience très banale en expérience enrichissante. À vous de trouver votre CLÉ pour y arriver.

Comprenez-vous que, même si on m’obligeait à faire une sieste en après-

midi, je ne dormirais pas, tout simplement parce que je ne suis pas fatiguée!

 

23 mars

 

C’est ma vérité

 

Je ne te demande pas d’être d’accord avec moi.

Je ne veux pas que tu essaies de me convaincre que j’ai tort. Je ne te

demande pas ton avis.

Je veux te dire que pour le moment, c’est comme ça que je me sens. Je

ne veux pas avoir à me justifier. Je ne veux pas m’en cacher.

Je ne veux pas te faire croire que c’est autrement, c’est ce que je vis,

c’est ce que je ressens, pour le moment.

J’ai essayé toute ma vie de faire l’unanimité. J’ai essayé toute ma vie de

me conformer.

J’ai essayé toute ma vie de me changer pour que ma vérité, ce qui était

vrai pour moi, ne dérange pas trop.

J’ai même essayé de me faire croire le contraire de ce que je pensais

vraiment parce que je ne voulais pas que ma vérité te heurte, te dérange, te perturbe.

Je ne veux pas me battre, je ne veux pas essayer de te convaincre, je ne

veux pas essayer de prouver quoi que ce soit. La seule chose de vraie que je peux te dire, c’est ma vérité.

***

 

Quand j’ai commencé à prendre des cours de croissance personnelle, il

arrivait que notre prof nous remette des textes tirés de livres qu’elle nous recommandait. Je suis malheureusement incapable de me souvenir d’où provient cette phrase qui m’a été d’un grand secours plus d’une fois.

Coincée? La vérité libère.

 

Vous essaierez cela quand vous vous sentirez coincée dans une situation

et que vous ne saurez plus quoi faire. Dites votre vérité très simplement, sans vous justifier, et rajoutez: pour le moment.

«C’est ma vérité… pour le moment.»

 

Si l’autre personne tente de vous faire croire que vous n’avez pas raison,

que votre vérité n’a pas d’allure, répétez la phrase: «C’est ma vérité…»

Avant d’écrire ce texte, pour être certaine que ça vous intéresserait, j’ai

demandé à ma fille Madeleine (21 ans) si elle avait aimé que je lui parle de cette CLÉ. La semaine dernière, j’ai soupé avec elle et elle m’a raconté un événement qu’elle a vécu, puis je lui ai dit ma phrase magique:

– Madeleine, tu te sens coincée?

– Oui…

– Dis ta vérité, ça va te libérer.

Je viens de lui écrire ceci par texto:

– Madeleine, j’ai une question pour toi.

– Oui?

– Je suis en train d’écrire un texte et je veux savoir si tu as aimé mon

conseil quand je t’ai parlé l’autre jour de ma petite phrase qui m’aidait:

Coincée? La vérité libère…»

– Oui, j’ai adoré! Vraiment, moi ça m’a aidée et ça m’a permis de

renouer avec ma vie intérieure. Je suis fière maintenant de m’être

autorisée à dire ce que je ressentais et je me sentais plus légère après

en avoir parlé.

– Cool! Alors tu me confirmes que ce n’est pas cucul?

– Non, vraiment pas. Moi, ça m’a plu.

– Merci, ma chérie.

– Merci à toi.

Alors si vous aimez cette clé, je vous autorise à faire faire des doubles,

des triples, des centuples et les offrir de ma part à toutes les personnes que vous aimez!

 

24 mars

 

Est-ce que c’est trop demander…

 

Jai des petites questions pour vous mes enfants, mes beaux-enfants, mon chum, mes voisins, mes voisines. Si vous répondez non à chacune des questions qui suivent, vous pourrez m’offrir les CLÉS pour que je sois plus zen et détendue dans la maison.

– Est-ce que c’est trop demander de pouvoir penser, ne serait-ce que

deux minutes, que moi aussi je peux être fatiguée même si je suis

toujours de bonne humeur?

– Est-ce que c’est trop demander de baisser le siège de la toilette pour

que j’arrête de me tremper le c… dans l’eau chaque fois que je

m’assois dessus?

– Est-ce que c’est trop demander d’arrêter de cracher dans le miroir

quand vous vous brossez les dents? Vous ne pourriez pas vous reculer

un peu? Vous ne voyez pas que tous les jours, je passe un p’tit linge

avec du Windex pour effacer les traces de votre brossage de dents? La

prochaine fois, ce sera mes traces de dents que vous aurez d’étampées

sur le bras parce que je vais vous mordre!

– Est-ce que c’est trop demander de m’offrir le premier beigne quand

vous revenez le samedi avec une grosse boite? Chaque fois, il ne reste

que deux ou trois beignes secs alors que vous savez très bien que ce

que j’aime, ce sont les roussettes au miel. Pourquoi me torturer ainsi?

– Est-ce que c’est trop demander d’arrêter de me demander ce qu’on

mange pour souper? Il me semble que vous êtes rendus à un âge où il

serait de mise de me dire: «Qu’est-ce que tu aimerais que je te prépare

pour souper»? Je rêve en couleurs, peut-être, mais ça me fait du bien.

– Est-ce que c’est trop demander d’arrêter d’hurler comme des putois

quand vous êtes en FaceTime avec vos écouteurs sur la tête avec vos

milliers d’amis? Vous ne savez pas que je travaille dans la pièce d’à

côté?

– Est-ce que c’est trop demander d’arrêter de crier comme des malades

chaque fois que le Canadien marque un but ou passe proche d’en

marquer un? Si je suis en train de boire une gorgée de thé, je sursaute

et je m’ébouillante à tout coup!

– Est-ce que c’est trop demander de ramasser vos cheveux pognés dans

le trou du bain? Svp, ne me répondez pas qu’on a une femme de

ménage qui vient la semaine prochaine, parce que je vous fais avaler le

moton de cheveux au complet!

– Est-ce que c’est trop demander de mettre vos gros souliers dans le

garde-robe d’entrée? Premièrement, ils puent, et deuxièmement, je

pourrais ainsi être assurée de ne pas avoir à me servir de béquilles cette

année.

– Est-ce que c’est trop demander d’aller porter les choses à recycler dans

le bac bleu à l’extérieur? Et aussi, est-ce que je pousse ma luck si je

vous demande de l’avancer au chemin tous les jeudis?

 

25 mars

 

Département des miracles

 

Il y a quelques années, j’ai lu une phrase qui m’a frappée en plein coeur. Quatre mots qui résumaient ce que je pensais de la vie, ce que je pensais de ma vie, ce que je croyais que la vie devait être. Depuis, je les prononce plusieurs fois par jour pour dire tout haut ce qui chaque fois me renverse, m’émeut et me séduit. Quatre mots qui expriment ce qui arrive quand on lâche prise, quand on consent à se laisser guider, se laisser aimer, se laisser vivre: la perfection des enchaînements.

Cela vous est sûrement déjà arrivé. Vous savez, quand tout coule de

source, quand tout arrive à point, quand tout s’enchaîne parfaitement, quand nos efforts sont récompensés sans avoir eu à forcer, quand on suit le courant, quand on se sent si powerful, quand on se dit: Wow! Enfin ça débloque, j’ai bien fait d’attendre. Tout s’enchaîne parfaitement, on n’en revient pas, on croit rêver. Même dans les situations les plus compliquées, même quand on pense qu’il n’y a plus rien à faire, une solution survient, on pleure de joie tellement on se sent en connexion directe avec quelque chose de plus grand que soi. Ou est-ce peut-être la partie la plus grande en soi qui s’exprime au moment où l’on s’y attend le moins? Je ne sais pas parce que ces choses-là ne s’expliquent pas et c’est parfait comme ça.

Je voudrais tant que vous possédiez la CLÉ, que vous l’ayez bien en

main, que vous l’utilisiez tous les jours. La clé qui permet de remettre chaque moment sous la supervision de la chaîne de production des miracles. C’est possible. Moi, en tout cas, c’est comme ça que je vis ma vie!

 

26 mars

 

J’me marie

 

Ça faisait longtemps que j’en magasinais une et je l’ai trouvée dernièrement. Ma bague de mariage. Mon mariage. Mon mariage à moi, juste à moi, qui ne concerne que moi, pas d’invités, pas de cérémonie, pas de flaflas. Me marier. Avec qui? Avec moi. Quand une personne se marie, elle dit: «Je me marie», mais elle ment, elle devrait ajouter un nom au bout de la phrase: je me marie avec…

Moi, je me suis vraiment mariée. Dernièrement. Je me suis mariée avec

moi-même. Ce n’était pas la première bague que je m’achetais pour porter dans l’annulaire gauche. Je m’en étais déjà fait faire une sur mesure par une joaillière, mais c’était en attendant de trouver la mienne, ma bague, celle qui allait presque me sauter au doigt. Ça s’est passé il y a trois semaines dans une bijouterie qui annonçait des rabais de 70%. J’y suis entrée en pensant m’acheter pour la première fois de ma vie un diamant. Aucune bague sertie d’un diamant ne m’attirait. C’était plutôt une petite en argent avec un cœur bleu qui a été l’élue de mon cœur. Si vous regardez bien, vous pouvez l’entrevoir sur la photo de la page couverture. Peu importe son prix, je l’aurais prise. Avant de l’acheter, je l’ai essayée et elle me faisait parfaitement. Wow! Savez-vous combien elle m’a couté? 28 $. Je voulais me marier pour mes 50 ans. Me promettre de m’aimer de plus en plus jusqu’à la fin de mes jours. Me promettre aussi fidélité. Être fidèle à mes valeurs, à mes idées, à qui je suis. Me marier représentait la CLÉ qui allait laisser grandes ouvertes à jamais toutes les portes de mon être. Je n’ai pas fait de cérémonie extérieurement, car c’est à l’intérieur de moi-même que ça s’est passé.

Mes amies qui se sont mariées après plusieurs années de vie de couple et

à qui j’ai demandé: «Qu’est-ce que ça change le mariage, vous viviez déjà ensemble depuis longtemps?», m’ont répondu qu’elles avaient du mal à l’expliquer, mais qu’après, c’était plus fort encore. Je ne peux le confirmer, car je ne me suis jamais mariée avec qui que ce soit. Je peux toutefois affirmer que c’est vrai, que quelque chose est différent quand on se fait passer la bague au doigt, surtout quand c’est par la personne la plus extraordinaire de la terre: soi.

 

27 mars

 

Merci d’exister

 

Aujourd’hui c’est mon anniversaire. Je remercie mes parents de m’avoir donné la vie, de m’avoir permis d’exister. Parlant de mon existence, je me fais souvent dire à la fin des courriels ou échanges FB privés avec mes lectrices: MERCI D’EXISTER.

Au début, je vous avoue que je trouvais ça étrange. Je regardais même

autour s’il n’y avait pas des caméras cachées, je me disais que je participais peut-être à mon insu à une émission où on fait vivre des émotions intenses à des gens pour filmer leurs réactions. Mettez-vous à ma place: imaginez qu’à votre travail, vos clients, vos patients, vos bénéficiaires, les personnes pour qui vous travaillez vous disent presque tous les jours Merci d’exister. J’étais très consciente qu’un tel compliment était rare et je me demandais pourquoi c’était ce qu’on avait envie de me dire spontanément, moi qui trouvais qu’exister n’était pas un exploit et qu’on n’avait pas à me remercier pour cela. Puis, avec le temps et plusieurs centaines de courriels plus tard, j’ai compris quelque chose d’important. J’ai compris que lorsqu’une femme me remercie d’exister, ce qu’elle veut me dire précisément c’est ceci: merci de me permettre de m’autoriser à EXISTER moi aussi.

Parce que c’est ça, mon désir le plus cher: que les femmes existent, pas

comme on veut les voir, dans des p’tits moules et répondant aux critères que la société a érigés pour elles, mais exister vraiment, pleinement en rayonnant à 100%. Imaginez un soleil, un bel astre lumineux qui réchauffe mais qui serait dépourvu de rayons. Il ne pourrait pas faire sa job de soleil. C’est la même chose pour les femmes. Nous sommes nées soleil, mais si nous ne nous appliquons pas à faire pousser nos rayons, à les cultiver, à les étendre à leur pleine capacité, nous ne pourrons jamais rayonner et ainsi éclairer, réchauffer, toucher les autres. C’est la CLÉ pour briller. Quand une femme me dit merci d’exister, c’est ce qu’elle me dit tout simplement.

J’ai envie de vous retourner ces mots. À mon tour de vous le dire: merci

d’exister, car sans vous, je n’aurais absolument pas la vie comme je l’aime. C’est vous qui me faites avancer, c’est parce que vous êtes là que ma vie a un sens. Mais vous n’avez pas été toujours là. Il y a à peine dix ans, je ne me croyais pas digne de vous, je ne pensais même pas que je pouvais rêver à ça. Puis j’ai commencé à écrire ma série de livres La vie comme je l’aime et vous êtes apparues. Bravo à nous d’avoir été au rendez-vous. Bravo à nous d’y être encore. Bravo à nous d’exister.

 

28 mars

 

Avancer

 

Parfois, on se dit: Je ne serai jamais capable, j’pourrai juste pas, et quand ça arrive, on peut. C’est comme ça.

Je n’ai pas grand-chose à rajouter. Je sais que vous comprenez parce que

ça vous est déjà arrivé. Comment peut-on expliquer ça? Est-ce parce qu’on n’a pas le choix, est-ce parce que lorsque ça arrive, on reçoit aussi toutes les CLÉS nécessaires à l’ouverture des portes qui nous permettront de sortir de cet état de léthargie et d’aller de l’avant? Aller où? On ne sait pas, mais on avance parce qu’on n’a pas le choix. Ou plutôt on a le choix et c’est justement ce qu’on choisit de faire: avancer. On s’était dit qu’on ne serait jamais capables et là, à notre grande surprise, on est en train d’avancer, et la première chose qu’on constatera sera que nous sommes arrivées. C’est comme ça la vie et c’est parfait ainsi.

 

29 mars

 

Avoir le droit

 

Je vous donne une CLÉ qui m’aide vraiment à me sortir des scénarios répétitifs qui gâchent ma vie, qui placent des obstacles sur ma route. Écoutez les mots que vous dites quand vous êtes déçue ou frustrée. Vous remarquerez qu’il y en a souvent un qui revient et c’est ce mot qui vous permettra de régler la situation et de la transformer.

Je m’entendais souvent dire le mot DROIT lorsque j’étais irritée:

– Comment ça se fait que je n’ai pas droit à ça?

– Pourquoi je n’ai pas le droit d’avoir un chum compatible avec moi?

– Je n’ai pas le droit, moi, de m’asseoir et d’avoir la paix juste deux

minutes?

– Il me semble que j’aurais le droit moi aussi de…

Quand vous aurez identifié ce mot clé, tentez de le décortiquer,

émotionnellement parlant. Pour ma part, j’en suis arrivée à la conclusion suivante: ne pas avoir le droit est relié à une interdiction. L’interdiction vient d’où? Qui m’en empêche? Qu’est-ce qui m’empêche? Pourquoi je ne me donne pas le droit? Qu’est-ce qui arriverait si je me donnais le droit? Suis-je capable de vivre avec les conséquences de mes actions? Suis-je capable de lever l’interdiction? Pour répondre à toutes ces questions, placez des feuilles mobiles dans un cartable et ouvrez une section où vous consignerez par écrit toutes vos réflexions et prises de conscience en lien avec votre mot qui vous maintient emprisonnée dans un pattern. Depuis que j’ai pris le temps de regarder de près ce qui se cachait sous ce mot, je peux affirmer que je me sens plus libre et que je m’autorise à vivre ce dont j’ai vraiment envie. Je m’en donne le droit. J’ai compris que pour ma vie, celle qui donne l’autorisation, celle qui détient le trousseau de clés, c’est nulle autre que moi. Je tiens à ce que vous sachiez que c’est la même chose pour vous.

 

30 mars

 

Belles rides de vie

 

On me demande souvent ce que je pense de la chirurgie esthétique. Je suis tout à fait d’accord en autant que cela ne paraisse pas. J’ai des amies qui ont eu une chirurgie des paupières et si je ne l’avais pas su, j’aurais pensé qu’elles étaient très reposées. Ce qui m’effraie concernant ce sujet, c’est quand justement les visages deviennent «effrayants». Je me suis toujours demandé si les amies d’une femme qui est complètement transformée par la chirurgie (je ne nommerai pas de noms, vous les voyez à la télévision autant que moi) pouvaient aller jusqu’à dire: «O.K., c’est assez! Personne n’ose te le dire, mais on te jure que ça n’a plus de bon sens. Il faut que tu arrêtes. On ne te reconnaît plus.»

Il existe une conspiration du silence à ce sujet. Il est malaisant, quand on

rencontre une femme qui a visiblement eu recours au bistouri ou autres techniques pour transformer son visage, de passer un commentaire ou de poser quelques questions. Il faut faire semblant que tout est normal et que nous ne nous sommes aperçues de rien… J’ai ben d’la misère. Je me sens aussi très inconfortable avec le fait que plane au-dessus de ma tête l’étiquette d’une fille qui se laisse aller parce que ses paupières sont tombantes, elle a un cou de poule et des pattes d’oie. On dira d’une femme de 50 ans qu’elle a pris un coup de vieux si on aperçoit des rides aux coins de ses yeux. Pourquoi sommes-nous si sévères? Tout simplement parce que nous ne sommes pas habituées à voir de vrais visages de vraies femmes. On vit dans une société où tout ce qui plisse, tout ce qui tombe, tout ce qui ramollit est considéré comme anormal puisqu’il existe des options pour redresser, déplisser et raffermir. Toutes celles qui ne se prévalent pas de ces solutions sont jugées sévèrement. J’ai 50 ans et je tiens à paraître mon âge. J’ai travaillé fort pour me rendre jusque-là, je veux afficher fièrement mon visage tel qu’il est. Quand je regarde des photos prises au gros soleil, pas maquillée sur le bord de la mer en Gaspésie avec mon petit-fils dans les bras, savez-vous ce que je vois? Une mère-grand épanouie, belle comme le monde qui a trouvé la CLÉ du bien-être. Accepter pleinement toutes les étapes de la vie et être fière de les incarner avec tout ce que ça comporte. Aussi quand je me trouve plissée, pochée et flasque en me regardant dans le miroir, savez-vous ce que je me dis? Je pense à toutes les femmes que j’ai connues qui ne sont plus de ce monde: Dolo, Marie, Blanche, Madeleine, Monique, Mariette, Nathalie, Danielle, Diane, Anne-Marie et toutes les autres, et je me dis qu’elles aimeraient se regarder dans le miroir et constater qu’une nouvelle ride vient d’apparaître, car cela voudrait dire qu’elles sont encore en vie.

 

31 mars

 

Arrêt/Stop

 

Je crois que toutes les femmes auraient pu écrire ce texte. Je l’ai écrit pour nous toutes.

– J’ai eu besoin de m’arrêter pour me demander comment je voulais

continuer.

– J’ai eu besoin de m’arrêter pour prendre le temps de me déposer.

– J’ai eu besoin de m’arrêter pour savoir où je me trouvais.

– J’ai eu besoin de m’arrêter pour me demander qui j’étais et pour y

répondre.

– J’ai eu besoin de m’arrêter car j’avais peur de tomber.

– J’ai eu besoin de m’arrêter pour reprendre mon souffle.

– J’ai eu besoin de m’arrêter pour faire le point.

– J’ai eu besoin de m’arrêter pour me trouver.

– J’ai eu besoin de m’arrêter pour demander de l’aide.

– J’ai eu besoin de m’arrêter pour me retrouver.

– J’ai eu besoin de m’arrêter pour recommencer autrement.

– J’ai eu besoin de m’arrêter pour reprendre la maîtrise de ma vie.

– J’ai eu besoin de m’arrêter pour me découvrir.

– J’ai eu besoin de m’arrêter pour choisir de quelle façon je voulais

continuer.

– J’ai eu besoin de m’arrêter pour me pardonner.

– J’ai eu besoin de m’arrêter pour me prendre dans mes bras.

– J’ai eu besoin de m’arrêter pour demander mon chemin.

– J’ai eu besoin de m’arrêter pour m’apprivoiser.

– J’ai eu besoin de m’arrêter pour me prier.

– J’ai eu besoin de m’arrêter…

Il est très rare qu’on s’arrête de notre propre chef. C’est souvent la vie

qui, telle une brigadière, s’avance avec son panneau ARRÊT/STOP et se place devant nous. «Arrête-toi», nous impose-t-elle. «Tu ne le regretteras pas». Et si on veut continuer à avancer, elle se placera au beau milieu du chemin et nous forcera à arrêter. Plus capable de marcher (cela a été mon cas), trop fatiguée pour courir, trop étourdie, obligée de garder le lit. Ralentir, prendre du temps pour soi et trouver les CLÉS dont on a besoin pour ouvrir les portes qu’on aura à ouvrir lorsqu’on recommencera à être en mouvement.

Aujourd’hui, je n’attends plus que la vie m’oblige à le faire. Je m’arrête

tous les jours pour mieux avancer.

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