Bulletin du Comité de Madagascar — 3e année, no 1 (juillet 1897)

Start

Bulletin

du

 

Comité

 

de Madagascar

 

3e ANNÉE – N° 1 – Juillet 1897

 

Bibliothèque malgache / 45

LE BULLETIN DU COMITÉ DE MADAGASCAR

 

 

Dans la séance du Conseil du Comité de Madagascar, tenue le 11 novembre 1896, le Président exposait la difficulté que ren-contrait le Bureau à continuer la publication du Bulletin.

Les événements, disait-il, qui se sont passés à Madagascar au cours des derniers mois de l’année 1896 n’ont pu permettre au Comité de poursuivre l’œuvre de propagande et de rensei-gnements qu’il s’était proposée.

Dans ces conditions, le Président proposait au Conseil de rattacher le Comité de Madagascar à l’Union coloniale française. Cette proposition fut adoptée. Un accord fut conclu entre le Bu-reau du Comité et le Bureau de l’Union coloniale. À la place du Bulletin les membres du Comité reçurent désormais régulière-ment la Quinzaine coloniale.

Les membres du comité apprécièrent, comme elle le mé-rite, tout l’intérêt de cette publication. Ils goûtèrent les articles qui y étaient insérés, ils purent constater combien ses informa-tions étaient exactes.

Toutefois, ils ne se résignèrent pas sans peine à la dispari-tion d’un recueil qui était consacré exclusivement à Madagascar. Ils ne pouvaient oublier les importantes études publiées par le Bulletin et signées de MM. Grandidier, Martineau, E. F. Gautier, Prudhomme, Cabaret, R. P. Colin, etc.

Ils témoignèrent au Conseil du Comité leurs regrets de voir cette publication abandonnée. En outre, à Madagascar, la situa-tion politique actuelle (juillet 1897) diffère beaucoup de celle qui régnait en septembre, octobre ou novembre 1896.

Sous l’action énergique du général Gallieni, l’île se pacifie de jour en jour davantage. De proche en proche, le fahavalisme s’éteint. Il est permis de nouveau de penser à l’exploitation agri-cole et industrielle de Madagascar. Le Comité se remet avec une activité nouvelle à l’œuvre en vertu de laquelle il s’était consti-tué.

Les circonstances sont donc favorables pour satisfaire aux

vœux des membres du Comité et reprendre la publication du Bulletin.

Est-il besoin de dire que le Comité de Madagascar reste at-

taché par des liens très serrés à l’Union coloniale française ? Nous agissons avec elle. Nous restreignons seulement notre ac-tion à la grande île française de l’océan Indien.

Parmi les moyens d’action du Comité, le Bulletin constitue

l’un des plus efficaces. Il contribue à répandre la connaissance de Madagascar. Le monde malgache a déjà provoqué beaucoup de travaux, suscité l’apparition de beaucoup de livres, dont quelques-uns sont excellents. Mais des existences laborieuses s’useront encore dans son étude, avant qu’on puisse estimer la matière épuisée. Le Bulletin expose aussi dans leur extrême va-riété, tous les faits dont Madagascar est le théâtre. Il porte par-ticulièrement son attention sur les actes de nos compatriotes, qu’ils soient investis d’une fonction publique, ou qu’ils agissent comme simples particuliers.

Mais le Bulletin ne se borne pas à des constatations. Il n’est

pas seulement un recueil exact de l’histoire contemporaine de Madagascar. Le Comité éclaire l’opinion publique et a l’ambition de la conseiller. Sans doute, il est en droit de regret-ter que, jusqu’à présent, ses opinions n’aient pas davantage pré-valu.

Toutefois il écarte résolument les regrets stériles. Il veut

agir, et non se lamenter. D’une situation qui ne s’est pas établie tout à fait selon ses vœux, il est néanmoins décidé à tirer le meilleur parti possible. À mesure qu’elles se présentent, les questions relatives à Madagascar sont donc exposées et discu-tées dans le Bulletin, par les hommes que leurs voyages et leurs études qualifient pour le faire.

 

– 3 –

Pour réussir, la rédaction du Bulletin fait appel au zèle des membres du Comité. Beaucoup d’entre eux sont bien placés pour lui fournir de précieux renseignements. Ils sont en mesure de contribuer puissamment à l’intérêt de la publication.

C’est pour déférer à leurs vœux que le Bulletin renaît, et c’est confiant en leur fidélité, qu’après quelques mois d’interruption il reparaîtra désormais régulièrement.

 

– 4 –

CONSEIL DU COMITÉ DE MADAGASCAR

 

 

Séance du 13 avril 1897.

 

Présidence de M. Grandidier, président d’honneur. Étaient

présents : MM. Armand, Duportal, Duprat, Dupincé, R. P. Pio-let.

Quelques observations sont échangées relativement à la

souscription au monument de Madagascar.

Trois lignes de vapeur assurent actuellement le service

entre la France et Madagascar. Mais les ports de l’île ne sont régulièrement desservis par aucune ligne. Le Conseil examine successivement les divers projets qui ont été mis en avant pour remédier à cet inconvénient. Plusieurs lettres ont été adressées à ce sujet à M. le ministre des Colonies. Le Conseil prie son Bu-reau de continuer à s’occuper de cette question1.

Le Conseil examine ensuite la question de l’exportation du

bétail de Madagascar, le droit actuel de 15 francs par tête d’animal exporté apporte une grave atteinte à ce genre de com-merce. Il est à désirer que ce droit soit aboli 2.

 

1 Le Bureau s’est mis en rapport avec le Ministère des Colonies. Il a

été répondu que la question était à l’étude et qu’on préparait, avant de mettre l’entreprise en adjudication, un cahier des charges, qui serait soumis aux divers intéressés pour susciter leurs observations.

2 Le Bureau du Conseil a fait une démarche à ce sujet auprès de

M. le Ministre des Colonies.

– 5 –

Séance du 28 juin 1897.

 

Présidence de M. Charles Roux, président. Étaient pré-sents : MM. Delhorbe, d’Estournelles, Armand, Périer, Mercet, Depincé, Delacre, Grandidier, Milne Edwards, Duportal.

Le Conseil examine la situation financière et l’état de la souscription au monument de Madagascar.

Il est donné lecture d’une liste de vingt-deux membres nouveaux.

Le Conseil constate qu’un grand nombre de membres du Comité ont témoigné leur regret de la disparition du Bulletin. Après une discussion, à laquelle prennent part MM. Mercet, Milne Edwards, Depincé, Delhorbe, la reprise du Bulletin est votée à l’unanimité. M. Delhorbe expose comment les frais de la publication pourraient être couverts. M. Milne Edwards pro-pose de confier les fonctions de secrétaire de la rédaction à M. Henri Dehérain.

Une discussion s’engage sur la circumnavigation de Mada-gascar. M. Périer annonce qu’à partir du 1er juillet, un service côtier sera fait à Madagascar par la compagnie Havraise pénin-sulaire. Le Tafna est déjà parti. M. Delacre présente des obser-vations relatives aux tarifs de douane qui vont être appliqués à Madagascar.

M. d’Estournelles appelle l’attention du Conseil sur le décès de M. Ranchot, ancien résident général adjoint à Madagascar. Le Conseil décide d’adresser à M. le ministre des Affaires étran-gères une lettre lui faisant part des sentiments de condoléances du Comité, et le priant de les transmettre à la famille de M. Ranchot (voir ci-dessous l’article : Nécrologie).

 

– 6 –