Épées de Lankhmar
Chapitre 1
Fritz Leiber
Épées de Lankhmar
Le Cycle des Épées – livre cinq
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean Claude Mallé
Bragelonne
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1
— Je vois que nous sommes attendus, souffla le petit homme en continuant d’avancer vers la grande porte qui se découpait dans l’antique mur d’enceinte.
Comme par hasard, sa main vint caresser la garde de sa longue épée à la lame très fine.
— De si loin – plus d’une portée de flèche ! – comment peux-tu voir… ? commença son géant de compagnon. Oui, tu as raison ! Je reconnais Bashabeck ! Avec son turban orange, il est plus visible qu’une fille de joie dans un temple ! Et quand il est là, ses gros bras ne sont jamais loin. Tu aurais dû payer régulièrement ton tribut à la guilde des Voleurs…
— Le tribut n’est pas le plus gros problème… Après mon dernier travail, le vol de huit diamants dans le temple du dieu Araignée, j’ai omis de partager le butin avec la Guilde.
Le géant eut un claquement de langue désapprobateur.
— Je me demande souvent pourquoi je me suis associé avec un ruffian comme toi !
Le petit homme haussa les épaules.
— Le dieu Araignée me collait aux basques et j’avais d’autres choses à penser…
— Si je me souviens bien, le dieu a aspiré le sang de ton guetteur… Tu as toujours les diamants, j’espère ? Si tu t’acquittes de ta dette, nous n’aurons pas d’ennuis…
— Ma bourse est aussi pleine que la tienne, déclara le petit homme. Autant dire qu’elle ressemble à l’outre de vin d’un ivrogne au matin d’une nuit de beuverie. À moins que tu me caches des choses, ce que je soupçonne depuis longtemps… Dis-moi, l’énorme poussah, entre les deux colosses, ce ne serait pas le tenancier de L’Anguille d’Argent ?
Le géant plissa les yeux, hocha la tête et soupira, l’air dégoûté :
— Quelle honte ! Faire autant d’histoires pour une misérable ardoise…
— Surtout quand elle est à peine plus grande que la façade de son établissement, approuva le petit homme. Tu te souviens des deux tonneaux d’eau-de-vie que tu as écrabouillés puis fait brûler, la dernière nuit où tu as joué des poings à L’Anguille d’Argent ?
— Quand on se bat à un contre dix, tous les moyens sont bons pour l’emporter, se justifia le géant. Cela dit, je te concède que mes méthodes sont parfois un peu bizarres…
Il plissa de nouveau les yeux pour étudier la petite foule massée sur la place, au-delà des portes ouvertes.
— Il me semble aussi reconnaître Rivis Rightby, l’armurier… et pratiquement tous les créanciers que deux braves aventuriers peuvent avoir à Lankhmar. Apparemment, ils sont tous venus avec deux ou trois gorilles…
Le grand barbare s’assura que son épée large coulissait bien dans le fourreau qu’il portait à la hanche.
— Avant notre départ de Lankhmar, as-tu réglé au moins une de nos dettes ? Moi, j’étais fauché comme les blés, mais il devait bien te rester de l’argent après toutes les missions que tu as accomplies pour la Guilde ?
— J’ai intégralement payé Nattick Doigts-Agiles, le couturier qui m’a vendu une nouvelle tunique en soie grise. Si ma mémoire est bonne, il a aussi reprisé mon manteau… Quant aux autres créanciers… Eh bien, j’ai dû en régler quelques-uns, mais je ne sais plus lesquels… Au fait, cette grande femme, juste derrière le petit type en noir, n’aurait pas une dent contre toi ? Avec ses cheveux roux, on la croirait tout droit sortie de l’enfer. Et ces trois autres filles, qui regardent par-dessus l’épaule de leurs maquereaux armés jusqu’aux dents, exactement comme la première ? N’étais-tu pas en délicatesse avec elles, juste avant notre départ ?
— Je ne vois pas de quoi tu parles, grogna le géant. Je les ai arrachées aux griffes de leurs « protecteurs », qui les exploitaient honteusement. Mon vieux, tu aurais dû voir ces filles sourire quand j’ai rossé leurs maudits maquereaux. Ensuite, j’ai traité ces pauvres putains comme si elles étaient des princesses…
— Ça, tu peux le dire ! Et après avoir claqué tout ton argent pour elles, tu t’es retrouvé les poches vides. Mais tu as omis de leur rendre un service essentiel : devenir leur protecteur. Du coup, elles ont dû retourner vers leurs anciens maîtres, et on peut comprendre qu’elles ne te portent plus dans leur cœur.
— Aurais-je dû me reconvertir dans le proxénétisme ? s’indigna le géant. Ah, les femmes ! Mais ne vois-je pas certaines de tes « conquêtes » au sein de notre comité d’accueil ? Aurais-tu aussi oublié de payer ces services-là ?
— Non, j’ai emprunté à ces dames de l’argent que j’ai omis de leur rendre… Eh bien, on dirait que nous allons être accueillis très… chaudement…
— N’avais-je pas souligné que nous aurions dû entrer par la porte principale, où nous aurions été noyés dans le nombre ? Mais il a fallu que je t’écoute, et que nous passions par cette entrée que personne n’emprunte jamais !
— Tu raisonnes mal, mon ami, comme d’habitude… Si je n’avais pas eu cette idée de génie, comment aurions-nous distingué nos ennemis des simples passants ? Ici, nous savons que tout le monde est contre nous, à part les gardes du suzerain – et encore, je suis sûr qu’on les a payés pour qu’ils ferment les yeux pendant qu’on nous étripera.
— Et pourquoi nous étriperait-on, selon toi ? Nos créanciers peuvent croire que nous revenons du bout du monde couverts de gloire et plus riches que le suzerain en personne. Trois ou quatre de ces types ont des raisons personnelles de vouloir notre peau, je te le concède, mais…
— Ces gens ne sont pas idiots ! Où sont les esclaves et les mules qui porteraient nos trésors, si nous en avions ? En nous tuant, nos créanciers savent qu’ils pourront se rembourser avec le contenu de nos bourses et partager les éventuels bénéfices. C’est le protocole rationnel qu’adopterait tout homme civilisé.
— La civilisation ! s’écria le géant. Je me demande souvent pourquoi…
— … Tu as traversé les Pas du Troll pour aller vers le sud, faire tailler ta barbe et découvrir qu’il existait des femmes qui n’ont pas la poitrine velue ? acheva le petit homme, informé de la chanson. (Il sursauta soudain.) Bon sang, on dirait que nos ennemis ont fait les choses en grand ! Il n’y aura pas que des épées et des gourdins…
— Tu veux parler de sorcellerie ?
Le petit homme sortit de sa bourse une petite bobine de fil jaune.
— Tu vois ces deux types à barbe grise, derrière les fenêtres de ce bâtiment ? Là, au deuxième étage ! Si ce n’étaient pas des sorciers, pourquoi nous foudroieraient-ils ainsi du regard ? D’ailleurs, je distingue des runes astrologiques sur la tunique de l’un, et je vois briller la baguette magique de l’autre…
Les deux hommes étaient désormais assez près de la porte pour qu’un œil exercé puisse repérer de tels détails.
Appuyés à leur hallebarde, les gardes en cotte de mailles faisaient montre d’une parfaite impassibilité. Sur la place, le comité d’accueil ne bronchait pas non plus, mais tous les visages affichaient une expression sinistre – à part ceux des femmes, fendus par des sourires venimeux de fort mauvais augure.
— Donc, grogna le géant, ils ont décidé de nous réduire en bouillie à grands coups de sortilèges. Et si ça ne suffit pas, ils finiront le travail avec leurs gourdins et leurs lames. (Il secoua tristement la tête.) Pourquoi tant de haine à cause de si peu d’argent ? Les Lankhmariens sont des ingrats. Que font-ils du piment que nous ajoutons à leur misérable existence ?
Le petit homme haussa les épaules.
— Sans doute pour nous remercier, ils ont décidé de pimenter la nôtre. Leur manière d’être des hôtes attentionnés… (Il ralentit le pas et fit adroitement un nœud coulant à l’extrémité de sa longueur de fil.) Cela dit, rien ne nous oblige à retourner en ville.
— Que racontes-tu là ? explosa le géant. Tourner les talons maintenant serait de la lâcheté ! De plus, nous sommes allés partout où un homme peut se rendre…
— Il reste sûrement quelques aventures à vivre ailleurs qu’à Lankhmar… Des petites, parfaites pour un duo de poltrons…
— Sans doute, mais grandes ou petites, les aventures ont toutes la fâcheuse tendance de commencer à Lankhmar. Que veux-tu donc faire avec ce fil jaune ?
Le petit homme avait serré le nœud coulant autour du pommeau de son épée, et le fil, souple comme la lanière d’un fouet, traînait derrière lui.
— J’ai relié mon arme à la terre, dit-il. Si on me jette un sort mortel, et qu’il frappe ma lame brandie, toute la puissance maléfique se déchargera dans le sol.
— Tu veux flanquer une bonne secousse à notre Mère la Terre ? Fais attention à ne pas t’emmêler les pinceaux dans ton fil…
Le conseil semblait judicieux, car la « traîne » du petit aventurier mesurait une bonne trentaine de pieds.
— Ne marche pas dessus non plus. C’est une astuce que m’a montrée Sheelba…
— Toi et ton foutu sorcier, ce rat des marécages ! railla le géant. Pourquoi n’est-il pas à tes côtés pour te défendre ?
— Et Ningauble, pour quelle raison ne vole-t-il pas à ton secours ?
— Il est bien trop gros pour voler ! répondit le géant alors que les deux aventuriers passaient devant les gardes.
Sur la place, la foule se fit de plus en plus menaçante – un ciel s’assombrissant juste avant un orage.
Le géant sourit à son camarade.
— Ne les amochons pas trop ! lança-t-il d’une voix de stentor. Une surabondance de cadavres gâcherait notre retour à Lankhmar.
Dès qu’ils furent sur la place, la tempête se déchaîna. Le sorcier à la tunique ornée de runes hurla à la mort comme un loup, leva les bras au-dessus de sa tête, puis les baissa en direction du petit homme – si vivement qu’on aurait pu croire que ses mains se détachaient pour voler vers leur cible.
Les choses n’allèrent pas jusque-là, mais une lance de feu bleu spectral jaillit des doigts tendus du sorcier.
Le petit homme dégaina son épée et la pointa vers son agresseur. L’éclair percuta la pointe de l’arme, courut tout au long de la lame… et alla se perdre dans le sol, comme prévu. Le petit aventurier sentit un fourmillement désagréable dans sa paume, rien de plus.
Avec un lamentable manque d’imagination, le sorcier doubla son attaque. Le résultat étant tout aussi décevant, il s’entêta et s’apprêta à lancer un troisième éclair.
Le petit homme saisit son fil, le lança comme un lasso et sourit quand il s’enroula autour de la poitrine et du visage des deux colosses engagés par Bashabeck. L’éclair jaillit, suivit l’itinéraire habituel, puis crépita autour des deux crétins, qui s’écroulèrent avec un bel ensemble et se tordirent de douleur sur le sol.
L’autre sorcier lança sa baguette sur le géant. Les faisant apparaître de nulle part, il en propulsa deux autres sur la même cible.
Son arme dégainée à une vitesse surprenante, le grand aventurier se prépara à dévier le premier projectile. À sa grande surprise, la baguette se transforma en un faucon aux plumes d’argent et aux serres, également argentées, pointées vers son visage. En plein vol, le faucon devint un long couteau en argent – une arme des plus normales, si on oubliait les ailes dont elle était pourvue.
Assez blasé pour se ficher comme d’une guigne de ce miracle, le géant fit fendre l’air à son épée – sans effort, comme si elle ne pesait pas plus lourd qu’une plume – et dévia le premier couteau volant, qui s’enfonça dans l’épaule d’un des gorilles du patron de L’Anguille d’Argent. La deuxième et la troisième lame subirent le même sort, neutralisant deux gros bras de plus sans leur ôter la vie.
Les trois gorilles s’écroulèrent en hurlant – moins de douleur que de peur, car ces armes surnaturelles les terrorisaient. Avant même que ses victimes aient touché le sol, le géant tira un couteau de sa ceinture. De la main gauche, il le lança sur le sorcier, qui disparut aussitôt de sa vue. Parce qu’il avait été touché, ou parce qu’il avait jugé plus prudent de filer ? Le grand aventurier n’en savait rien, et à vrai dire, il s’en moquait.
Toujours aussi peu imaginatif, mais admirablement obstiné, l’autre sorcier venait de lancer un quatrième éclair. Cette fois, le petit homme s’arrangea pour que le fil jaune vienne claquer contre la fenêtre où se tenait son agresseur.
Ignorant lui aussi s’il avait éliminé ou intimidé son adversaire, l’aventurier court sur pattes constata avec joie que celui-ci s’était également volatilisé.
Avec un courage peu commun, les gorilles et les tueurs obéirent à leurs employeurs et se lancèrent à l’attaque. Encouragés par les filles de joie, les maquereaux les imitèrent. Piétinant sans vergogne les blessés, tous ces héros chargèrent en brandissant leurs armes.
Un esprit chagrin pourrait souligner qu’ils luttaient à cinquante contre deux. Certes, mais même dans ces conditions, cela témoignait d’un certain courage.
Les deux aventuriers se placèrent dos à dos. Rapides comme l’éclair, ils repoussèrent la première vague d’assaillants en prenant garde d’écorcher les chairs plutôt que de les transpercer. Une hache de guerre dans la main gauche, le géant, du plat du tranchant, cabossa très légèrement une bonne dizaine de crânes. Avec la même délicatesse, son compagnon, armé d’une épée et d’un couteau, aiguillonnait presque tendrement ses adversaires.
Au début, le déséquilibre numérique joua en faveur des deux aventuriers, car leurs agresseurs se marchaient dans les pattes. Pendant un long moment, le seul danger que coururent les défenseurs fut d’être submergés par la masse de leurs ennemis blessés, que leurs camarades encore indemnes poussaient joyeusement en avant. Puis le combat devint plus « égal », et il sembla un moment que les aventuriers allaient devoir se résoudre à frapper pour tuer – et sans aucune garantie de s’en sortir vivants.
Le bruit du fer heurtant le fer, le martèlement des bottes et les cris excités des catins produisirent bientôt un vacarme qui inquiéta jusqu’aux gardes du suzerain.
Mais tout bascula très vite. Quand le digne Bashabeck, qui avait enfin daigné mettre la main à la pâte, eut une oreille coupée par la hache du géant – un coup qui lui entama aussi l’épaule –, les quatre filles de joie, cédant à un romantisme échevelé, prirent soudain le parti des deux aventuriers. Indignés par cette trahison, les maquereaux et les gros bras perdirent leur enthousiasme.
Quand une sonnerie de trompettes retentit, venant de la plus large rue qui débouchait sur la place, les agresseurs, déjà éprouvés nerveusement, cédèrent à la panique. Alors qu’ils battaient en retraite dans toutes les directions, prestement suivis par leurs donneurs d’ouvrage, les proxénètes rameutèrent leurs inconstantes putains et filèrent sans demander leur reste. En rampant, les idiots blessés par les éclairs et les dagues s’éloignèrent aussi du champ de bataille.
En un clin d’œil, il ne resta personne sur la place, à part les deux vainqueurs, les premiers joueurs de trompette, qui venaient d’y arriver, et les soldats du suzerain, très occupés à regarder ailleurs comme s’il ne s’était rien passé.
Des centaines d’yeux rouges brillaient derrière les grilles des égouts, dans les trous qui constellaient la muraille et même sur les toits. Mais dans une cité comme Lankhmar, notoirement infestée par la vermine, personne n’accordait la moindre attention aux rats.
Les deux aventuriers regardèrent autour d’eux un moment de plus, comme s’ils redoutaient une nouvelle attaque. Quand ils eurent repris leur souffle, ils éclatèrent de rire, rengainèrent leurs armes et firent face aux joueurs de trompette avec une sereine curiosité qui n’excluait pas une bonne dose de vigilance.
Les musiciens s’écartèrent. Les hallebardiers placés derrière eux firent de même pour laisser avancer un vieil homme rasé de près à l’expression austère.
Vêtu d’une toge noire à l’ourlet brodé de fils d’argent, le vénérable fonctionnaire leva une main pour saluer les deux escrimeurs.
— Je suis le chambellan de Glipkerio Kistomerces, le suzerain de Lankhmar. (Il brandit un petit sceptre d’autorité à la pointe ornée d’une étoile de mer en bronze.) Et voici le symbole de ma charge.
Les deux aventuriers hochèrent la tête, comme pour dire : « Si tu l’affirmes, nous voulons bien te croire… »
Le chambellan vint se placer devant le géant. Après avoir tiré de sous sa toge un rouleau de parchemin, il le déroula, lui jeta un rapide coup d’œil, puis releva les yeux.
— Es-tu Fafhrd, le barbare nordique amateur de bagarres ?
Le géant réfléchit un instant et lâcha :
— Et si je l’étais, ça changerait quoi ?
Le vieil homme se tourna vers le petit aventurier et consulta de nouveau son parchemin.
— Et toi, es-tu… Hum, tu m’excuseras, mais je me contente de lire : le bâtard soupçonné de vol, d’escroquerie et d’assassinat qu’on appelle le Souricier Gris ?
Le petit homme fit artistiquement voleter sa cape grise autour de ses épaules et déclara froidement :
— En supposant que ça te regarde, j’avoue que cet individu ne m’est pas entièrement étranger…
Comme si ces réponses ambiguës lui suffisaient, le chambellan enroula son parchemin et le glissa sous sa toge.
— Dans ce cas, mon maître désire vous voir. Vous pouvez lui rendre un grand service, et il saura se montrer généreux…
— Si le tout-puissant Glipkerio Kistomerces a besoin de nous, dit le Souricier Gris, pourquoi a-t-il permis qu’une bande de tristes sires nous agresse au risque de nous laisser raides morts sur le pavé ?
La question ne prit pas le vieil homme au dépourvu.
— Si vous étiez assez mauvais pour succomber face à de pareils crétins, qui songerait à vous confier une mission de la plus haute importance ? Mais assez bavardé… Suivez-moi, car le temps presse.
Fafhrd et le Souricier se consultèrent du regard. Puis ils haussèrent les épaules et hochèrent la tête. D’une démarche un peu vacillante, ils emboîtèrent le pas au chambellan. Les musiciens et les hallebardiers suivirent le mouvement.
Cette fois, la place était vraiment déserte.
À l’exception des rats…
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