Histoires de Noël

Bernard Clavel · Chapitre 7 sur 10

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Histoires de Noël

Les soldats de plomb

 

 

Jadis vivait, dans les forêts d’Auvergne, un bûcheron qu’on appelait le Père Lormeau. Soixante années de misère pesaient lourd sur ses épaules. Son dos se voûtait un peu plus chaque jour. Sa poitrine se creusait. Une mauvaise toux l’obligeait parfois à poser sa hache et même à s’asseoir tant il avait peine à reprendre son souffle si la quinte se prolongeait. Parce qu’il ne pouvait plus travailler assez vite, le père Lormeau devait mener ses journées jusqu’au fin bout du crépuscule. Ainsi chaque jour, hiver comme été, dimanches et fêtes carillonnées, il ne rentrait chez lui qu’à la nuit tombée.

Car le seigneur de l’Aigle, son maître, veillait, prêt à faire usage du fouet ou de la corde.

Un soir de 24 décembre, la nuit toute fouaillée de bise faisait gronder la forêt comme une bête mauvaise, notre homme venait à peine de quitter la coupe lorsqu’il entendit crier entre les arbres.

— Hé ! là-bas, le bûcheron, attends-moi un peu.

Il s’arrêta, fouilla l’ombre du regard, la main crispée sur le manche de sa cognée. La voix était bizarre, un peu aigre avec des intonations rauques. Les buissons s’écartèrent, un peu de neige vola dans le vent et une forme noire, toute rabougrie, s’avança en titubant sur le chemin glissant.

— Où vas-tu, la vieille ? demanda Lormeau. Tu n’es point du pays.

— Que si, ma foi, ricana l’autre, je suis du pays puisque je suis de tous les pays.

— De tous les pays ! Personne n’est de tous les pays.

— Laisse… D’ailleurs tu n’as pas à te soucier de moi. C’est de toi qu’il s’agit.

— De moi ?

— Parfaitement, de toi et de ton sort.

Cette fois, ce fut le bûcheron qui se mit à rire :

— Misère de sort ! Comme s’il ne suffisait pas de me regarder pour savoir qu’il n’y a pas pire que le mien. Les gens de mon espèce sont tous condamnés à crever au travail, le ventre creux et le dos labouré par le fouet !

La vieille haussa le ton et sa voix se mit à siffler comme la bise dans les ajoncs.

— Tais-toi donc, imbécile ! Tu parles de la mort sans même savoir ce que c’est…

— Plus tôt elle viendra, mieux ça vaudra…

— Chut ! cria-t-elle, et donne-moi ta main.

Le bûcheron tenta de résister. Tout cela sentait un peu la sorcellerie et il savait comment l’on punissait ceux qui se livraient à sa pratique. Mais la vieille avait une poigne de fer.

Elle lui saisit le bras et le contraignit à ouvrir la main.

— Tu n’y verras rien, dit encore le bûcheron.

— Pas besoin, j’ai des yeux au bout des doigts.

Elle se mit à palper la paume calleuse du Père Lormeau.

— Que veux-tu trouver là-dedans ? dit-il. De la misère. De la corne… Des crevasses. Va plutôt lire dans la main blanche du seigneur. Tu y verras un destin plus souriant que le mien. Et puis, si tu sais le flatter, tu y gagneras au moins quelques pièces d’or.

— J’ai déjà lu dans la sale patte de cette crapule, expliqua la vieille. Et ça ne m’a rapporté qu’une bonne raclée de bois vert.

Elle se tut soudain. Son doigt glacé devint brûlant et se mit à trembler en appuyant de plus en plus fort dans la main du bûcheron. La voix cassée, presque caverneuse elle souffla :

— Mais si j’avais pu y lire ce que je lis dans ta main…

La voix de la vieille baissa encore… Les mots avaient du mal à passer. Le bûcheron crut comprendre : « Enfants… Merveilleux… Éternité… Bonheur. » Puis, une rafale s’engouffra dans le chemin, soulevant un tourbillon de neige. Le visage cinglé par mille et mille épingles, le vieux ferma les yeux et baissa la tête. Quand la forêt s’apaisa, il était seul sur le chemin. Il hésita un instant, scruta l’ombre autour de lui et reprit sa marche, portant sa cognée et tirant son traîneau où était ficelée une énorme bûche de foyard.

Lorsqu’il entra dans sa chaumière, sa femme, Mathilde, et son petit garçon l’attendaient, assis l’un à côté de l’autre sous le manteau de la cheminée.

— Tu reviens bien tard, dit Mathilde. Je commençais à redouter un malheur.

Le bûcheron hésita. Il lui semblait encore entendre la voix grinçante de la vieille. Il se reprit cependant, expliquant que le chemin était mauvais et que la bûche de veillée pour le seigneur était bien lourde à traîner.

— C’est vrai, remarqua sa femme, il faut encore que tu mènes cette bûche jusqu’au château.

— Sacrée bûche de Noël ! admira l’enfant. La nôtre est toute petite à côté. Et le réveillon ? Au château, ce soir, le festin durera toute la nuit. C’est le fils d’un soldat qui me l’a dit.

Le bûcheron et sa femme se regardèrent.

— Nous ferons griller des châtaignes, promit la mère.

— Les enfants du château ils ont…

La mère l’interrompit.

— Tais-toi ! Je connais des garçons qui n’ont même pas de châtaignes.

Puis, baissant la voix elle ajouta en regardant vers la porte :

— Et surtout, ne parle pas des enfants du château.

Le père avait réchauffé un peu à la flamme ses mains violacées. Il ferma sa houppelande dont il rabattit le capuchon sur son front et sortit. Mathilde le suivit pour l’aider à passer les bretelles de sa hotte.

— Te faire porter une pleine hotte de gui et de houx ! Pourquoi faire, Grand Dieu !? Pour mettre sur leur table. Dire que nous avons à peine du pain noir à mettre sur la nôtre !

La bise pinçait de plus en plus fort. Le bûcheron empoigna la corde raidie de sa luge et murmura :

— Rentre vers notre petiot. Si par hasard j’arrivais à attendrir un marmiton, j’essaierais d’avoir un morceau de pain blanc, peut-être un œuf. Tu pourrais faire des rissolées.

— Va mon homme, et surtout ne tarde pas trop.

Le Père Lormeau avait à peine grimpé le quart de la côte qui conduit au château de l’Aigle, qu’il sentit soudain une main se poser sur son épaule. Il sursauta. C’était la vieille. On la voyait à peine, noire sur le bois noir, mais ses yeux luisaient comme ceux d’un chat sauvage. Elle ricanait.

— Alors, bûcheron, tu vas servir ton maître pour la dernière fois !

Lormeau était trop essoufflé pour répondre. La vieille se pencha davantage vers lui et continua :

— Tu te dépêches, hein ? Tu les fais marcher tes vieilles jambes ! Tu as peur d’être rossé par les gardes ! De toute façon, tu le seras. Mais pour la dernière fois, c’est moi qui te le promets.

— Je me moque pas mal de tes sornettes… Si seulement mon pauvre petiot pouvait avoir un semblant de Noël.

— Il l’aura, ricana la vieille, il l’aura…

Et encore une fois le bûcheron crut la voir fondre dans la nuit tandis que résonnaient des mots qui se confondaient avec les gémissements du vent « Merveilleux… Noël… Dernière fois… Tu verras…»

Il demeura quelques instants immobile. Malgré la morsure du froid, il sentait la sueur couler le long de son échine. À plusieurs reprises il appela la vieille pour en savoir davantage, mais rien ne répondit que la colère du vent qui luttait avec les arbres affolés. Le bûcheron reprit sa corde et se remit à tirer. Par endroits, le chemin était glissant et la pente si raide qu’il devait s’accrocher d’une main aux branches basses pour ne pas être entraîné par le poids de sa luge.

Lorsqu’il parvint à la lisière du bois, où le chemin traverse le replat d’une lande toute semée de genêts, il s’arrêta un instant. Là encore, alors qu’il venait de s’asseoir sur sa bûche, la vieille se planta devant lui et gronda :

— Ce sera long… Des milliers d’années peut-être… Mais c’est aujourd’hui que tout commence… N’oublie pas, aujourd’hui.

— Mais quoi, qu’est-ce qui commence ? s’impatienta le vieux.

Il essaya de la retenir en s’agrippant à sa cape, mais il ne sentit dans sa main que la neige soulevée par la bise. Cependant, encore perceptible, la voix lança :

— Le temps viendra du règne des gens de ta race…

Puis, perdus dans le vent, des mots sans suite… « Travail… Bonheur…»

De l’autre côté de la lande, le château se dressait plus épais que la nuit, avec ses petits yeux de lumière clignotant comme des braises.

Le pont-levis était baissé sur le fossé gelé, mais la garde veillait. Les casques et les armures étincelaient sous les torches. Un soldat pointa sa lance et le bûcheron dut s’arrêter.

— C’est moi Lormeau, dit-il, humble serviteur de notre seigneur et maître.

— Qu’est-ce que tu tires derrière toi ? demanda le soldat.

— La bûche…

Un sergent s’avança, le fouet à la main.

— Ah ! c’est toi, cria-t-il. Vas-tu filer plus vite ? Ça fait plus de vingt fois qu’on réclame ta bûche.

Comme il faisait claquer sa lanière, un ricanement monta des profondeurs du fossé. Les hommes d’armes empoignèrent des torches et se penchèrent sur la balustrade. Le bûcheron s’avança aussi et vit la vieille debout sur la glace, le visage levé vers eux, qui les regardait en grimaçant.

— Alors, cria-t-elle, c’est comme ça qu’on fête la Noël ! Il est vrai qu’on ne peut pas demander d’être humain à des chiens qui ont pour métier de faire la guerre !

— Te revoilà, sorcière, hurla le sergent. La raclée que tu as reçue tantôt ne te suffit donc pas !

La bouche de la vieille se tordit et son ricanement se fit métallique lorsqu’elle reprit :

— J’ai été rossée pour avoir prédit à ton maître qu’il mourrait cette nuit et que sa mort marquerait l’heure d’un grand bonheur pour les enfants pauvres. Toi aussi tu mourras… Et tes hommes avec toi… Laisse-moi te dire encore que viendra bientôt la fin du règne des armes… Le travail des pauvres…

Une flèche partie d’un créneau siffla dans la lumière des torches. Il y eut sur la glace un claquement sec, de la poussière blanche scintilla comme un petit nuage d’argent et la flèche glissa en tournant sur elle-même de plus en plus lentement jusqu’à se perdre dans l’ombre.

La vieille avait disparu. Il ne restait plus à sa place qu’une grande étoile striant la glace.

— Cette vieille fripouille a fondu comme un flocon, dit le sergent.

— Je n’aime pas ça, remarqua un soldat en regagnant la voûte de la poterne.

— Bah ! lança un gros joufflu avec un rire qui secoua son ventre, si nous crevons cette nuit, ce sera la panse bien pleine. Je viens de faire un tour aux cuisines…

Le bûcheron ne put en entendre davantage. Tournant contre lui sa colère, le sergent le frappait du manche de sa lance. Il reprit la corde de sa luge et se dirigea vers les communs.

Dans la cuisine où il pénétra pour vider sa hotte, le Père Lormeau crut rêver. Il essuya d’un revers de main ses yeux que la chaleur faisait pleurer, et il regarda les longues tables de travail où s’alignaient les victuailles. Des dindons, des cailles, des perdrix et des gélinottes. D’énormes poissons et des fromages. Des entremets, de grandes corbeilles de pommes. Sa hotte était vide depuis longtemps que le bûcheron demeurait figé, incapable de quitter des yeux ces merveilles. Comme le chef s’éloignait vers les grandes cheminées pour arroser de graisse les gigots embrochés, un cuisinier s’approcha de lui. C’était Guigneton, dont le fils s’était un jour égaré dans la forêt et que seul le bûcheron avait pu retrouver.

— Approche ta hotte, souffla-t-il.

Lormeau obéit. Tout en surveillant le chef du coin de l’œil, Guigneton fit tomber dans la hotte une miche de pain blanc, quelques bas morceaux de volailles et des raclures de biscuits. Puis à haute voix il ordonna :

— Allons viens, bûcheron. Tu as assez traîné par là, ta place n’est pas ici.

Il poussa vers la porte le vieillard dont les larmes coulaient jusque sur sa barbe blanche. Avant d’atteindre la cour, ils s’arrêtèrent dans un petit réduit. S’étant assuré que personne ne les avait suivis, Guigneton ouvrit une grande caisse.

— Regarde ce qu’il a fait faire pour ses enfants.

Le bûcheron se pencha.

— Qu’est-ce que c’est ?

— Des petits soldats. Ils sont en plomb. Du plomb fondu et moulé… Tu vois, un archer, un cavalier, un sergent des gardes.

— Ils sont encore plus vilains que les vrais.

— Regarde aussi ceux-là.

Sur une petite planche, un groupe de soldats était fixé. Au milieu, un bûcheron à genoux, le dos ployé devant un énorme sergent qui levait un fouet.

— C’est pour apprendre à ses enfants comment un homme d’armes doit se conduire avec les manants, dit Guigneton.

Puis, après avoir hésité un instant, il prit le plus hideux des archers de plomb et le jeta dans la hotte du vieux en murmurant :

— Tiens. Pour ton petiot. Comme ça, lui aussi pourra rosser quelqu’un.

Le bûcheron eut un pauvre sourire et sortit très vite reprendre sa luge.

Dans la cour, il hésita. Ce que le cuisinier avait mis dans sa hotte ne pesait guère, et pourtant, elle lui semblait plus lourde que lorsqu’il l’avait apportée pleine de feuillage. Ici, la bise ne soufflait pas. Elle passait très haut, bondissant par-dessus les murailles du château, mais sa voix arrivait jusqu’au fond de la cour. Un instant, le bûcheron crut entendre crier la vieille : « Ton petiot… Un Noël pour ton petiot…» Alors, remontant ses bretelles d’un coup d’épaule, il marcha vers la poterne.

Le sergent et ses hommes d’armes étaient toujours là, riant et plaisantant à la lueur des torches.

— Tiens, voilà Trompe-la-Mort, ricana le gros joufflu. Encore quelques années et on verra clair à travers ce sac d’os.

Le vieux arrivait à leur hauteur.

— Bonsoir messeigneurs, fit-il, je vous souhaite une bonne nuit.

— Oh ! tu m’as l’air bien poli pour n’avoir rien à te reprocher, vieille bête, dit le sergent.

Il s’approcha du bûcheron. Comme il était beaucoup plus grand que lui, il n’eut qu’à baisser les yeux pour regarder dans sa hotte. Il y plongea aussitôt la main pour en retirer la miche de pain encore tiède.

— Il a volé ! cria-t-il. Il a volé du pain.

Les soldats se précipitèrent et se mirent à frapper le père Lormeau qui tomba sur les pavés. La hotte se renversa, son contenu se répandit aux pieds des soldats qui continuaient de jurer et de cogner. Attiré par le tumulte, le seigneur de l’Aigle accourut. Ses hommes se calmèrent et formèrent un cercle autour du bûcheron. En quelques mots, le sergent expliqua ce qui s’était passé. Il montra la miche, les miettes de gâteau et les carcasses de volailles éparpillés sur le sol. Le seigneur se pencha, mit un genou à terre puis se releva plus blanc que neige. Il y eut une longue minute où la bise même se tut, puis sa colère éclata :

— Rien que pour le vol du pain tu avais mérité la corde ! Mais cela… Tu as osé toucher à cela !

Il tenait entre ses doigts le petit archer de plomb.

— Qu’un porc ose salir de ses doigts un noble guerrier, voilà qui est proprement inconcevable.

Il s’avança du bûcheron dont tout le corps tremblait. L’empoignant par la barbe pour l’obliger à lever la tête, il demanda :

— Tu as peut-être volé le pain et la viande aux cuisines, mais ces soldats de plomb, il faut savoir où ils sont pour les prendre… Qui t’a montré leur cachette ?

Le vieux ne broncha pas. Sous sa barbe, son visage s’était durci. Il tremblait de moins en moins.

— Le fouet te fera retrouver ta langue, grogna le seigneur.

Déjà trois hommes se précipitaient. Ils arrachèrent la houppelande du bûcheron, le couchèrent à plat ventre sur sa luge où il fut bientôt ficelé à la manière d’une bûche.

— Que les coups soient bien alignés, du bas des reins aux épaules, ordonna le seigneur.

Le fouet siffla. Les trois premiers coups arrachèrent un gémissement au vieillard. Sa tête se souleva puis retomba et il se tut. Le soldat allait continuer de frapper lorsque le rire de la vieille s’engouffra sous la poterne comme une tornade. Le seigneur se retourna, dégaina son épée et, dans un grand geste magnifique, la pointa vers le pont-levis en hurlant :

— Archers, tuez-moi cet oiseau de proie.

Aussitôt trois hommes bandèrent leurs arbalètes et visèrent cette forme noire qui battait des ailes dans la neige.

— Allons, cria le seigneur, tirez !

Mais les hommes semblaient figés. Leur maître lui-même qui voulait se diriger vers eux pour les obliger à exécuter son ordre ne put faire un mouvement.

Il demeurait l’épée haute, la jambe droite en avant. De sa bouche grande ouverte ne sortait plus aucun son. Les autres soldats non plus ne parvenaient pas à remuer tandis que le bourreau tenait toujours son fouet dont la lanière restait en l’air comme un serpent gelé.

Peu à peu, la lueur des torches accrochées sous la voûte baissa, le groupe immobile devint de plus en plus petit. De loin en loin résonnait encore le rire de la vieille qui s’éloignait dans la forêt.

Quand les cloches de la chapelle se mirent en branle, sans que personne n’eût desserré ses liens, le bûcheron s’assit sur sa luge. Il se frotta les yeux, passa sa houppelande et releva sa hotte. Il allait s’éloigner lorsqu’il vit quelque chose de minuscule, dans la neige, à ses pieds. Il se baissa.

Il y avait là tout un groupe de petits hommes de plomb. L’un d’eux, le plus amusant, semblait crier comme un damné en brandissant une longue épée. Un autre, dont le visage grimaçait comme celui d’un fou, brandissait un fouet dont il menaçait une bûche de foyard ficelée sur une luge.

Le vieux hésita. Puis, jetant les petits soldats dans sa hotte, il murmura :

— Bah ! ils sont tellement ridicules qu’on ne peut pas les prendre au sérieux.

Il passa le pont-levis. Comme il allait s’engager sur la lande, un grand souffle d’hiver arriva tout chargé du son des cloches. La houppelande du vieillard se gonfla et il se laissa emporter. En passant au-dessus de sa chaumière, il laissa tomber dans la cheminée les petits soldats et les friandises. Puis comme sa hotte se remplissait à mesure qu’il y puisait, il fut obligé de faire ainsi le tour de la Terre en s’arrêtant à chaque toit… À chaque chaumière… Et depuis ce temps-là, chaque nuit de 24 décembre…

 

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