Le murmure de mon ennemie (French Edition)

Eva Douffiagues · Chapitre 22 sur 24

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Le murmure de mon ennemie (French Edition)

Chapitre 21

Témoignage, Cauchemar et Arrestation

TOC, TOC, TOC.

On réitère les coups encore plus fort, Adam passe son pouce le long de sa gorge pour me menacer et me chuchote :

— Tu as intérêt à bien fermer ta gueule. Puis il crie à l’adresse de la porte :

— Une seconde, j’arrive !

Quand il ouvre la porte, tout se passe très vite, je vois d’abord la

casquette d’un policier puis devant lui je reconnais Kira, et je me mets à hurler :

— Kira, je suis là ! Aidez-moi, je vous en supplie.

Il y a le policier qui plaque Adam au sol, rejoint très vite par un

collègue à lui qui le menotte. Kira passe par-dessus lui et me rejoint en courant.

— Lâche ça, tu n’en as plus besoin.

Elle détache difficilement mes doigts du couteau, je le tiens tellement

fort que mes jointures sont blanches. Je reste raide de stupeur, quand elle me prend dans ses bras, je m’écroule par terre et je pleure. Je relâche toute la terreur, la peur et l’angoisse accumulées depuis qu’il m’a attaqué. Elle se met au sol avec moi, et elle me serre fort dans ses bras. Un policier s’approche de moi.

— Êtes-vous blessée, madame ?

— Non, ça va, je n’ai rien.

— Une ambulance arrive, on va quand même vous faire un check up.

— Où est-il ?

— Nous l’emmenons au commissariat dans un premier temps, puis il ira en détention provisoire, vous êtes en sécurité.

— Il est complètement fou, faite attention, il parle à ses parents alors qu’ils ne sont pas là.

Après un certain moment, des pompiers s’approchent de moi, Kira

ne m’a toujours pas lâchée. Ils me prennent la tension, la température, ils me placent une pince au bout du doigt pour capter mon taux d’oxygène d’après ce qu’ils m’expliquent. Ils se tournent vers Kira.

— Madame, êtes-vous de la famille ? Sinon, vous ne pouvez pas l’accompagner.

Mes yeux se remplissent de nouveau de larme, je ne veux pas qu’on nous sépare.

— Je suis sa sœur. Je viens avec vous. Et où allons-nous ?

— L’état de votre sœur est stable, il faut qu’elle aille au commissariat apporter son témoignage.

Quand nous arrivons, il y a déjà mes parents et Matthew. Kira m’explique qu’elle s’est permis de les prévenir. Matthew est à bout de nerfs, ma mère est en pleure et mon père est blanc comme un linge. Ma mère affolée vient à ma rencontre.

— Mon Dieu, ma chérie, mais que s’est-il passé ?

— Adam m’a drogué et séquestré dans sa cave. Mais ça va, il ne m’a pas fait de mal.

— Pourquoi ce malade t’a-t-il habillée en amish ? demande Matthew d’une petite voix.

— Pour que je sois à son goût pour me présenter à ses parents imaginaires. C’était vraiment flippant.

Ma mère a des soubresauts, visiblement choquée par ce que je lui raconte. — Combien de temps es-tu restée sa prisonnière ? On aurait pu te perdre, c’est affreux !

— Je ne sais pas trop. Je dirais 24h pas plus, grâce à Kira d’ailleurs, à quelques minutes près il m’aurait sûrement tuée. Ma mère pousse un petit cri en étendant mes derniers mots. — Grâce à Kira ? Je ne comprends pas. Comment as-tu su qu’elle avait été enlevée ? Et comment as-tu réussi à la retrouver ? Explique-nous. — Adam lui a laissé des lettres de menace hier, j’ai donc proposé à Meryl de dormir à la maison pour qu’elle soit en sécurité. Quand je suis venue la chercher chez elle, il n’y

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avait personne, elle ne répondait plus à son téléphone, j’ai donc compris

qu’il s’était passé quelque chose. En règle générale, la police n’intervient pas aussi rapidement pour la disparition d’un adulte, mais j’ai deux amis policiers qui me devaient un petit service, on a trouvé l’adresse d’Adam et voilà.

Un policier accompagné certainement d’une psychiatre vient me

chercher pour que je lui fasse mon témoignage, j’ai envie que Kira m’accompagne, mais ce n’est pas autorisé. Alors je l’embrasse et je les suis me rendant compte que je la laisse avec mes parents qui viennent tout juste d’apprendre ma bisexualité. Mais à cet instant précis, cela me semble bien dérisoire.

Dans la salle, je suis face au policier et à la psychiatre, lui me pose

les questions et elle essaie de me réconforter. Il me demande de tout leur raconter depuis ma rencontre avec Adam. Je leur raconte alors précisément nos rendez-vous pendant lesquels il semblait sain d’esprit, puis la rupture au baptême à Maggie et toutes ses approches depuis, jusqu’à ce qu’il m’injecte ce produit. À ses mots le policier prend son talkie-walkie et une seconde plus tard, quelqu’un vient me faire une prise de sang. Quand j’ai terminé de tout raconter dans les moindres détails, la psychiatre prend le relais. — Adam va être incarcéré, quand nous avons relevé ses empreintes, nous nous sommes rendu compte qu’il est le coupable d’une autre affaire. Il va être enfermé dans un hôpital psychiatrique et n’en sortira plus jamais, soyez tranquille.

— Quelle autre affaire ? Il a fait la même chose à une autre fille ?

La psychiatre me regarde d’un air interdit.

— Je ne peux pas vous divulguer cette information

avait personne, elle ne répondait plus à son télé- phone, j'ai donc

compris qu'il s'était passé quelque chose. En règle générale, la police n'intervient pas aussi rapidement pour la disparition d'un adulte, mais j'ai deux amis policiers qui me devaient un pe- tit service, on a trouvé l'adresse d'Adam et voilà.

Un policier accompagné certainement d'une psy- chiatre vient me

chercher pour que je lui fasse mon té- moignage, j'ai envie que Kira m'accompagne, mais ce n'est pas autorisé. Alors je l'embrasse et je les suis me rendant compte que je la laisse avec mes parents qui viennent tout juste d'apprendre ma bisexualité. Mais à cet instant précis, cela me semble bien dérisoire.

Dans la salle, je suis face au policier et à la psy- chiatre, lui me pose les questions et elle essaie de me réconforter. Il me demande de tout leur raconter depuis ma rencontre avec Adam. Je leur décris précisément nos rendez-vous pendant lesquels il semblait sain d'esprit, puis la rupture au baptême à Maggie et toutes ses tech- niques de rapprochement, jusqu'à ce qu'il m'injecte ce produit. À ses mots le policier prend son talkie-walkie et une seconde plus tard, quelqu'un vient me faire une prise de sang. Quand j'ai terminé de tout raconter dans les moindres détails, la psychiatre prend le relais.

— Adam va être incarcéré, quand nous avons relevé ses empreintes, nous nous sommes rendu compte qu'il est le coupable d'une autre affaire. Il va être enfermé dans un hôpital psychiatrique et n'en sortira plus jamais, soyez tranquille.

— Quelle autre affaire ? Il a fait la même chose à une autre fille ?

La psychiatre me regarde d'un air interdit.

— Je ne préfère pas vous divulguer cette information, il vaut mieux pour vous que vous n'en sachiez pas plus.

— Non, ce n'est pas ça. Il n'a pas séquestré une autre femme. C'est en lien avec ses parents invisibles, ai-je rai- son ? Il les a tués, j'en suis certaine.

Ces mots sortent de ma bouche sans même y avoir ré- fléchi, seul mon

instinct s'est exprimé.

— De toute manière, vous allez l'apprendre tôt ou tard par la presse autant que je vous le dise. Nous avons trou- vé, il y a trois ans de ça maintenant, deux corps dans un congélateur, ses parents. Il s'est avéré qu'ils ont été tués par leur fils, mais il avait disparu sans laisser de traces. Et aujourd'hui, nous l'avons retrouvé, car même si l'on peut changer d'identité, on ne peut pas changer ses empreintes digitales.

Je nage en pleine torpeur, ce malade mental a tué ses parents, il les a

gardés au frais et il s'imagine conti- nuer à les voir et tailler la bavette avec eux. Je savais bien qu'il y avait une explication glauque derrière ce repas. À ce moment-là, je n'ai qu'une seule envie, c'est de rentrer à la maison et d'oublier toute cette histoire. Mais le policier me pose encore des tas de questions inutiles et je me sens épuisée.

Quand il me libère enfin, je ressors retrouver Kira et ma famille. Ils

sont tous là avec les traits tirés et le regard sombre comme s'ils avaient vécu cette affreuse ex- périence avec moi.

— Tu veux dormir à la maison ce soir 'tite sœur ? Tu es la bienvenue.

— Non merci, j'ai envie de rentrer chez moi, en plus je dois m'occuper de Capitaine, mon chaton.

— Je te ramène si tu veux, me propose Kira.

Je dis au revoir à mes parents et à mon frère, en les ras- surant encore

une fois sur mon état. Dans la voiture, je remercie Kira :

— Merci de t'être inquiétée pour moi, si tu n'avais pas été là, je serais sûrement morte à l'heure qu'il est. Et une chance que ces deux flics te devaient un service.

—Figure-toiqu'ilsm'endoiventencoreun.Ilsontétérécom-

pensésd'avoireuautantdeflaireetd'avoirpuarrêterunfugitif accusé d'un double meurtre. Ils vont sûrement être promus.

— Je suis contente pour eux, mais n'empêche que tout ça, c'est grâce à toi et je ne te remercierais jamais assez !

— Contente-toi de ne plus jamais me faire une telle fayeur, je me suis imaginé le pire.

À plusieurs reprises, elle prend sa respiration pour me dire quelques

chose, mais elle se rétracte chaque fois. Je vois bien qu'elle meurt d'envie de me poser des ques- tions, mais elle ne veut pas me refaire vivre cette abomi-nable aventure, et c'est mieux comme ça, pour le moment je préfère me détendre. Pendant le trajet, j'en profite pour me reposer, je ferme les yeux pendant que Kira me ca- resse la cuisse. Cela me fait penser que j'ai hâte de retirer cette tenue, elle me dégoûte.

Kira gare la voiture et m'accompagne jusqu'à l'entrée de mon immeuble, quand j'ouvre l aporte d'entrée, je vois Adam en face de moi avec son sou- rire malsain. Je recule de plusieurs pas rapidement et tombe à la renverse. Quand je relève la tête, je m'aper- çoit que c'est moi qui ai eu une allucination, il n'est pas là, il n'y a que Kira qui me regarde avec pitié.

— C'est ici qu'il t'a attaqué ?

Je hoche la tête de haut en bas. Je me remet de mes émotions.

— Oui, il était dans l'immeuble quand j'ai essayé de pas- ser, il m'a planté une aiguille dans l'épaule et une fois dro- guée, il m'a embarqué dans sa voiture comme une poupée de chiffon.

— Ok, tu dors à la maison ce soir !

— Je ne peux pas encore laisser Capitaine tout seul.

— Tu brûle cette affreuse tenue, tu te prends des affaires et nous allons chez moi avec Capitaine.

Au moment où nous rentrons dans l'appartement, nous sommes assaillis par Capitaine qui n'est pas content d'avoir été seul aussi longtemps. Kira s'occupe de réunir ses affaires pendant que moi je vais me changer. En dix minutes, tout est bouclé et nous sommes déjà en route pour le loft à Kira.

Chez elle, je me sens bien, et visiblement Capi- taine aussi. Il fait un tour pour se familiariser avec les lieux. Et il vient ensuite s'installer sur le canapé. Kira me

propose de me faire à manger et je panique. Je trouve ça tellement bête

de crainde que l'on cuisine pour moi. Pour le coup, les troubles alimentaires sont loins, ce qu'il me vient en tête c'est un cafard flottant ou encore des fruits pourris que l'on me force à manger.

— Qu'est-ce qu'il y a Meryl, ça ne va pas ?

Je lui raconte ce qu'Adam m'a forcé à manger ac- compagné de

menaces et de gifle.

— Et si on se commander des pizzas ?

— Oui, les pizzas ça peut être pas mal.

Est-ce que chaque gestes de mon quotidien va être accompagnés de

crise d'angoisse ? Tout mon corps jusqu'au tréfond de mes entrailles est traumatisé, j'ai une peur encrée en moi, mais étrangement cela me semble pas si grave dans ma tête. Je me répète que je ne suis resté que 24h avec un ex dérangé.

Il m'a mis une gifle, mais c'est tout. Il faut que je me ressaisisse, il

faut que je réussisse à mettre ces souve- nirs de côté et que je passe à autre chose.

Je passe une excellente soirée avec Kira, nous mangeons les pizzas,

j'arrive même à manger deux parts sans culpabiliser, ce qui est extraordinaire. Nous mettons à la télévision une compilation de gags, de chutes et de bêtises de chats. La légèreté de la soirée et le confort de sa maison me vide un peu la tête. Même un peu trop car le sommeil arrive sans même que je m'en rende compte.

— Meryl, chaton, tu t'endors. Viens, on va se coucher

dans le lit. Tu seras beaucoup mieux.

Je me lève péniblement et je me dirige tel un zom- bi vers la douche.

Après une douche chaude, je reste nue et me glisse dans le lit tout contre Kira, être en contact avec sa peau me donne l'impression de déborder de vie, comme pour me rappeler que j'ai bien faillit ne plus connaître cette sensation. Elle est belle et son corps m'ap- pelle irrésistiblement. Je brûle d'excitation, je l'embrasse d'abord sur la bouche puis j'embrasse sa poitrine rebon- die, son ventre et je continue à descendre pour lui donner du plaisir.

Nous faisont l'amour avec tendresse et sensualité et cela dure une bonne partie de la nuit. Et quand nos corps épuisés s'endorment, nous sommes l'une contre l'autre.

En me réveillant, j'entend du bruit dans le salon, c'est sûrement Capitaine qui fait des bêtises. Kira dort toujours profondément, je me lève silencieusement pour ne pas la réveiller et je vais voir ce que fabrique ce matou. Mais le bruit dans le salon en vient pas de Capitaine, pas du tou. Un spectacle macabre s'offre à mes yeux choqués, il y a deux corps sanguinolants qui gissent sur le sol. La femme à la gorge tranchée, tandis que l'homme est viola- cé, sûrement de strangulation.

Un instinct tout au fond de mes entrailles, me chu- chotte de ne pas faire de bruit, car celui qui a fait ça me veut du mal. J'avance prudemment jusqu'à la cuisine là où le bruit se fait entendre et se répète inlassablement. Et puis, je le vois enfin, Adam est debout dans la cuisine cou- pant une viande verdâtre et malodorante. Je m'approche de lui à pas de loup, chaques cellules de mon corps me crient de fuire, mais j'ai de savoir pourquoi il est ici.

C'est pus fort que moi, j'arrive devant lui d'un pas flottant. Il lève les yeux vers moi et lâche à mon égard un regard de pitié et de déception. Je sais que j'ai fais une erreur mais je ne me souviens plus laquelle, alors je me dirige vers Adam la tête baissée et les yeux implorant sa pitié.

— Meryl, chérie, tu m'as cruellement déçu. Je vais être obligé de te faire du mal, et c'est de ta faute. Tu le sais très bien.

En disant ces mots, il place ses mains autour de mon cou et il commence à les serrer très fort. Si fort, que l'air vient à me manquer. Je suffoque, j'essaie de desser- rer son étreinte, mais il est trop fort. La tête me tourne, je veux crier mais rien ne sort. Je vais mourir, je le sais, je vois dans ses yeux cette rage meurtrière. Je me résous à ma fin imminente. Adam se met à me secouer par les épaules, à moins que ce ne soit pas lui. Je ne comprend plus rien, ma vue est trop trouble pour que je puisse com-prendre ce qu'il m'arrive.

— Meryl ! Meryl ! C'est moi Kira !

Suis-je morte ? Je réunis tout ce qu'il me reste de force pour ouvrir

les yeux. Le visage terrifiant d'Adam laisse doucement place à celui de Kira. Kira et son visage si doux, Kira et sa voix apaisante.

— Tu vas mieux ? Je n'arrivais pas à te réveiller, tu m'as fait peur.

— Pardon, c'était juste un mauvais rêve un peu trop réaliste. — Un mauvais rêve ? Mais tu rêvais de qui ? Freddy Krueger ? Tu ne respirais plus, j'ai cru que tu allais mou- rir.

— Presque ...

Elle me prend dans ses bras, mais mon esprit est resté bloqué dans

cette effroyable cauchemar. Tout au fond de moi, j'aimerais le savoir mort. Je pense que c'est la seule solution pour que je puisse retrouver un esprit tranquille.

— Je vais m'occuper de toi, tu verras ça va aller meiux, je te le promet. Je vais t'inscuster tellement de beaux sou- venirs dans la tête qu'il n'y aura plus de place pour les souvenirs de ce fumier.

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