Le Roman Comique du Chat Noir
Mulder
«Ancien officier de subsistances au Maroc, fut, en sa qualité de fils adoptif du prince de Bulgarie, nommé sous-préfet honoraire à Thure (Vienne).—Est né à Paris, de 1860 à 1863; dès l’âge de six mois, il imitait tous les instruments à vent en usage dans son pays natal, ce qui l’amenait, vers 1881, à construire un piano avec de vieilles boîtes à sardines.—Massenet, en entendant le jeune virtuose, fut tellement saisi d’admiration qu’il demanda pour lui, à M. Jules Grévy, un premier prix de trombone avec le titre de professeur de l’Elysée.—Un caprice d’artiste l’amène à Levallois-Perret, où il se révèle pisciculteur acharné en élevant des soles dans son modeste appartement pour l’aquarium de Passy. Son succès fut grand. Nommé officier d’Académie, à la suite de plusieurs aventures qu’on peut lire dans le 345e volume des œuvres de P. Delcourt, il entre au Chat Noir comme professeur de suisse de R. Salis, et est depuis peu le chef d’orchestre du célèbre théâtre.—Termine un grand opéra symphonique sur le tir concentrique des pièces de marine, qui révolutionnera la musique.»
Jules GONDOIN
«Une mention toute particulière pour Jules Gondoin, l’un des hommes les plus curieux que ce siècle a produits. Manifesta, dès son enfance, un goût immodéré pour les biscuits de Reims et les vers de Lucain. Ecrivit à six ans, sur le vers du poète latin, Stat sonipes ac frena ferox spumantia mandit, une étude qui le fit immédiatement nommer professeur de bicyclette au glacier des Bossons (3513 mètres), Mont-Blanc. Passa de là comme inspecteur des canalisations littéraires chez M. Victorien Sardou, qui voulut, au bout de quelque temps, le faire recevoir à l’Académie française (de la Guadeloupe), où le fauteuil anthume d’Alphonse Allais se trouvait vacant. Gondoin refusa et vécut quelques années pauvre mais honnête en piquant des bottines. Gagna en découvrant, le 16 octobre 1889, la muselière qui porte son nom et grâce à laquelle les punaises sont devenues d’inoffensifs polypèdes, une juste célébrité et la fortune. Entre temps passa son bachot, sa licence ès-lettres et son agrégation. Erudit et modeste. Chansonne avec un esprit tout de finesse et d’ironique acuité. Achève une thèse sur l’Epandage des Truismes et des Lieux-communs pour la fertilisation des terrains vagues. Colonel de la Garde républicaine de 1890 à 1892 et titulaire du grade de Maréchal de camp dans l’armée régulière de la République d’Andorre. Chevalier du Bain depuis 1894. Fait comte par le Dey de Chandomayor à l’occasion de l’Exposition de 1889.»