Le roman de la rose / Par Guillaume de Lorris et Jean de Meung; Édition accompagnée d'une traduction en vers; Précédée d'une Introduction, Notices historiques et critiques; Tome I

Guillaume de Lorris

 

et

JEAN DE MEUNG

ÉDITION ACCOMPAGNÉE D'UNE TRADUCTION EN VERS

PRÉCÉDÉE D'UNE INTRODUCTION, NOTICES HISTORIQUES ET CRITIQUES;

SUIVIE DE NOTES ET D'UN GLOSSAIRE

PAR

 

PIERRE MARTEAU

 

TOME I

PARIS

1878

 

[p. I]

«Encore vaudroit-il mieux, comme un bon bourgeois ou citoyen, rechercher et faire un lexicon des vieils mots d'Artus, Lancelot et Gauvain, ou commenter le Romant de la Rose, que s'amuser à je ne sçay quelle grammaire latine qui a passé son temps.»

(RONSARD.)

 

[p. III]

LE XIXE SIÈCLE ET L'AMOUR.

LE XIXe SIÈCLE.

Qui donc t'a donné, bel enfant,

Cette fleur toute fraîche éclose?

Je suis déjà vieux, et pourtant

Jamais ne vis si belle Rose.

Quel éclat, quelle douce odeur!

De la Nuit, sur sa tige verte,

Scintille encore un tendre pleur,

Et là, sur sa lèvre entr'ouverte.

Parmi ce jardin radieux

Que chaque jour fleurit l'Aurore,

Que n'ai-je l'arbre merveilleux

Qui fit si belle fleur éclore!

Dessus ses rameaux vigoureux

Greffant mes délicates entes,

Je verrais son suc généreux

Régénérer mes frêles plantes.

 

[p. IV]

L'AMOUR.

C'est que vous ne connaissez pas,

O vieillard, toutes vos richesses.

Aux jeunes plantes pourquoi, las!

Prodiguer toutes vos caresses?

Voyez là-bas ce vieux buisson,