L'Enlèvement (French Edition)
Dernière partie
Plusieurs mois plus tard, je n’ai toujours pas eu de nouvelles de mes parents. Je dois dire que je m’en attriste un peu et je me demande si je ne devrais pas au moins leur téléphoner. Mais peut-être que c’est mieux comme ça. Je n'aimerais pas les rencontrer et toujours me chamailler avec eux, comme le faisaient Louis et sa famille.
J’étudie les plantes locales dans les albums de Louis et les livres de Pierre, ainsi que dans celui que j’ai reçu en cadeau de mon maître à Noël. J’ai préparé les semis avec mon maître au printemps et les ai plantés avec lui quand il a commencé à faire assez chaud pour que les petits plants de sa serre ne meurent pas.
J’ai cueilli mes toutes premières morilles. Excellent! Vraiment, j’adore! Comment ai-je pu vivre à proximité de tels champignons sans y avoir goûté? J’ai vu un bébé amanite vireuse : l’ange de la mort, comme on l’appelle. C'est vrai que lorsqu'il vient à peine de jaillir du sol, il a l'air d'un petit œuf, comme le disait mon maître.
Les hirondelles et les premiers colibris sont arrivés. Je ne me lasse pas de les observer en vol ou en train de faire leur nid. Parfois, Pierre et moi regardons par la fenêtre les colibris qui se chamaillent pour les mangeoires dehors et nous nous sourions. La simplicité de ce bonheur!
Un jour, mon maître arrive avec une toute nouvelle canne. Elle est plus mince que celle qu’il avait déjà. Pour je ne sais quelle raison, il me semble qu’elle doit être encore plus cruelle que l’autre. Alors, lorsqu’il me demande de me dévêtir pour l’essayer, je me recule et lui demande ce que j’ai fait pour me mériter cette punition. Pierre me regarde étrangement. Je vois tellement de tristesse et de déception dans ses yeux que j’en ai mal. Je regrette aussitôt ma réaction. Peut-être qu’il m’a fait la vie trop facile ces derniers temps. Je ne me voyais plus comme son esclave, comme son bien dont il pouvait user comme et quand bon lui semblait. Il était si content de pouvoir essayer son nouveau jouet et, moi au lieu d’accepter de lui offrir ce plaisir, ce petit bonheur, comme un homme libre, je réclame justice!
Je veux me faire pardonner, alors je tends la main vers lui en lui demandant pardon. Mais il recule à son tour. Il ne veut pas que je le touche et il ne dit rien. Il s’éloigne et sort. Plusieurs heures plus tard, il n’est toujours pas rentré. Quand il rentre enfin, je suis déjà couché. Je n’ai pas voulu présumer de ses intentions, alors je me suis couché sur mon petit matelas à côté du grand lit.
— Maître?
— Non. Dors. Je suis fatigué et je n’ai pas envie de parler. Je fais ce qu’il me dit, même si j’ai envie de pleurer.
Pendant les jours qui suivent, il ne me parle pas, ne me permet pas de le toucher et il ne me touche pas. C’est ce qui me fait prendre conscience à quel point il lui arrivait fréquemment de me toucher. Parfois, c’était presque rien, juste un petit effleurement du bout des doigts pour attirer mon attention. Ce geste m’est devenu si familier et si cher! Pourtant, je suis presque certain qu’il ne se rendait même pas compte qu’il me touchait de cette manière quand il me parlait. Parfois, il me donnait une tape amicale sur une fesse ou l’épaule. Parfois, il posait la main sur mon épaule gauche, la pressait en me regardant intensément ou en me souriant. C’était sa manière de me manifester sa satisfaction envers moi et ce que j’avais fait. Parfois, quand nous sortions ensemble, il mettait la main au milieu de mon dos et me guidait là où il voulait me voir aller. Tous ces petits gestes si naturels et bien d’autres encore, il ne les pose plus. Ce n’est pas juste une privation de relations sexuelles, c’est bien plus général que cela. Je suis privé de tout contact physique et j’en ai envie de hurler tellement cela me manque.
Qu’ai-je fait pour me mériter cette privation? J’ai juste posé une question. J’ai demandé ce qui me valait d’être frappé avec sa toute nouvelle canne. Est-ce si grave que ça?
Je ne sais pas. Peut-être lui ai-je prouvé que je n’avais rien compris à la soumission et que je ne lui faisais pas encore totalement confiance. Mais ensuite, il s’est refermé comme une huître et je ne connais pas l’instrument qui me permettrait de le rouvrir. Je lui demande pardon de ma bêtise. Je lui dis que ce n’était que ma réaction de peur habituelle de la canne. Il me regarde et ne réagit pas. Je m’agenouille devant lui, mais il agit comme si je n’étais pas là. C'est peut-être sa façon de me punir, de me faire comprendre que je ne peux pas qu'avoir ce qui est bon pour moi, que si je suis son esclave, je dois l'accepter en entier, sadisme compris, et lui offrir ce qui est bon pour lui.
Un soir, il part sans me dire où il va. Je lui fais des recommandations de prudence. J’ai peur qu’il rentre ivre et qu’il ait un accident. J’ai encore envie de pleurer, mais il part sans rien dire. Il est vrai qu’il m’a très peu parlé ces derniers jours.
Ce soir-là, quand j’entends la porte s’ouvrir et des voix s'élever dans le corridor, je me lève et je vais voir ce qui se passe. Mon maître rentre avec un jeune rouquin. Il ne doit même pas avoir vingt ans. Mon maître demande au jeune homme de se dévêtir dans l’entrée. Le rouquin obéit, sans discuter, mais laisse ses vêtements traîner en pile au bord de la porte. Je me dis que ça ne plaira pas à mon maître, qui n’aime pas le désordre. Ils ne m’ont pas vu, ni l’un ni l’autre, alors je retourne me coucher. Que pourrais-je faire qui ne serait pas perçu comme une intrusion dans leur intimité? Je me demande seulement si ce jeune homme s’appelle Nick.
J'essaie de m'endormir sans y arriver. J’entends un peu plus tard des bruits dans la chambre. Ils sont sur le lit tous les deux, juste à côté de moi, et, de toute évidence, ils s’amusent pas mal. Je garde espoir qu'on m'invitera à participer à leurs jeux. Quand mon maître prend un condom dans le tiroir du haut de son meuble de chevet, il m'aperçoit, mais m'ignore. C'est comme si je n'existais pas. Pourquoi est-ce que je n’arrive même pas à pleurer?
Le lendemain matin, je me lève avant qu’ils ne se réveillent et leur prépare le petit-déjeuner. Le rouquin, qui ne se nomme pas Nick, mais Martin, est surpris de voir un jeune homme tout nu dans la cuisine de Pierre. Il l’aurait été bien davantage s’il m’avait vu surgir à côté du lit pendant qu’il baisait avec mon maître. Je les sers en silence, le cœur gros. Pierre mange, le nez dans son assiette, sans dire un mot ni regarder personne. Il n'a pas l'air plus heureux que moi.
J'ai peur qu'il en ait eu assez de moi, du temps que je mets à comprendre que je suis un esclave et que je dois accepter sa volonté qu'elle me plaise ou non, qu'elle m'effraie ou pas, si cela peut le rendre heureux.
A-t-il décidé de me remplacer? Après le petit-déjeuner, il demande à Martin de remettre la cuisine en ordre et de tout nettoyer, puis il m'ordonne de l'accompagner au salon. Il s'y installe dans son fauteuil préféré et met le coussin entre ses jambes. Je m'y agenouille, n'osant pas poser les fesses sur mes pieds tant qu'il ne me le permettra pas. Je me tiens à genoux, jambes écartées et bras joints au dos. Je sais que dans cette posture, je devrais attendre sa permission pour parler, mais je n'arrive pas à rester silencieux.
— Maître, je regr...
— Silence, m'ordonne-t-il d'un ton de voix las, comme s'il en avait assez de me répéter sans cesse les instructions les plus élémentaires. — Cette nouvelle canne, Sam, je me la suis achetée le jour de mon anniversaire. Louis me donnait toujours quelque chose de ce genre en cadeau à mon anniversaire. Puis, il se dévêtait en souriant et m'offrait de l'essayer sur lui. Ensuite, nous traînions au lit le reste de la journée, discutant de tout et de rien, mangeant des bouchées qu'il avait préparées les jours précédents et baisant encore et encore!
Il me regarde avec les larmes aux yeux. Moi aussi, je pleure maintenant.
— J’avais l’intention de faire la même chose avec toi, Sam, mais ta réaction m’a arraché à mon beau souvenir et à mon rêve de vivre quelque chose d’aussi passionné avec toi. Ensuite, je ne te parlais pas parce que j'étais blessé, mais aussi parce que je ne savais plus où j'en étais avec toi; je ne savais même pas quoi te dire. Je… J’ai cru que si tu ne m’aimais pas assez pour me laisser essayer la canne sans autre raison que de me faire plaisir, que si tu n'étais pas assez soumis pour accepter ma volonté sans discussion, je m'étais peut-être trompé sur toi et sur ta soumission.
Je secoue la tête et les larmes surgissent de plus belle. Je voudrais lui dire qu'il a tort, que je l'aime comme un fou, que je n'ai jamais aimé personne comme je l'aime, lui, que ce n'est que ma peur idiote qui a ressurgi sans crier gare. Je suis si triste de nous avoir privés de plusieurs heures de grand bonheur. C'était son anniversaire et je n'ai même pas su lui offrir son cadeau! Aurait-ce été si terrible que ça de recevoir quelques coups de canne? Sûrement pas! Rien n'est trop demandé pour lui.
— Dois-je toujours tout t'expliquer, Sam, te donner les raisons de chacun de mes actes, de mes moindres décisions et de toutes mes demandes pour que tu les acceptes? Si tu ne peux pas encore me faire assez confiance pour accepter ma volonté sans vouloir savoir le comment du pourquoi, peut-être me suis-je trompé sur toi.
Je sanglote maintenant. J'ai tellement peur qu'il ne veuille plus de moi, qu'il me remplace par Martin. Mais, moi, je ne sais pas ce que je ferais sans mon maître. Maintenant, c'est ici chez moi. Ma vie est ici, c'est celle qu'il m'a offerte. Je n'en veux plus d'autre. J'ouvre la bouche pour lui dire tout mon amour, mais il se penche, pose sa bouche sur la mienne et m'embrasse avec tant de fougue que je ne peux plus croire qu'il ne m'aime plus. On n'embrasse pas comme ça quelqu'un que l'on n'aime pas. Je l'ai blessé, mais je peux réparer mon erreur. Je veux la réparer!
— Puis-je compter sur toi pour former Martin, lui apprendre tout ce que tu sais et l'aider à devenir un bon esclave?
Je pense qu'il est peut-être en train de me demander de former mon remplaçant. Mais je me dis que je ne dois pas commettre la même erreur, je ne dois pas reculer, ni demander des explications. Obéir parce que l'on connaît la valeur d'une action n'est pas de la soumission, c'est de la conviction. Moi, je veux obéir sans savoir. Je veux croire que sa décision sera bonne pour moi. Je veux croire en lui.
— Oui, Maître. Je ferai de mon mieux, je vous le promets, dis-je d'une voix si vibrante qu'on pourrait croire que je viens d'entonner une étrange mélopée.
Non seulement je montre à Martin tout ce que j'ai appris depuis que je vis chez Pierre, mais parfois le soir, nous regardons ensemble de nouveaux ouvrages ou les albums de plantes séchées de Louis et il s'instruit en même temps que moi. Nous discutons aussi tous les trois ensemble de tout et de rien, de domination et de soumission, de la beauté de la vie et de ses difficultés. Martin est un gentil garçon, mais je ne crois pas qu'il soit de ceux qui passent leur vie en esclavage. Et il n'est pas masochiste ni très courageux. Je doute qu'un soumis comme lui soit très satisfaisant pour un sadique comme mon maître.
C'est pendant l'une de ces discussions que j'apprends que si mon maître l'a trouvé si vite, c'est qu'il avait passé il y a quelque temps une annonce sur Internet et dans les bars de la ville voisine. Martin cherchait un emploi d'été, mais aurait aussi aimé expérimenter la Domination/soumission 24/7. Mon maître lui a offert de faire d'une pierre deux coups.
— Je te voyais travailler sans relâche, Sam, et je me disais : « Ce n'est pas normal qu'un jeune homme, comme toi, ne fasse que travailler et ne s'amuse jamais. » Je ne voyais pas le jour où nous pourrions aller faire de la moto ensemble. Alors, j'ai passé cette annonce. Je ne cherchais même pas un soumis, je voulais juste trouver un ouvrier de ferme. Mais quand Martin a répondu à l'annonce, je me suis dit que c'était vraiment la personne idéale pour toi et moi. Nous ne nous retrouverions pas avec quelqu'un qui se scandaliserait de te voir te balader tout nu dans la maison avec des marques sur les fesses et un collier d'esclave au cou, me révèle mon maître.
Il amasse pour Martin un petit pécule qu'il n'aura le droit de toucher que lorsqu'il partira préparer son retour à l'université en août. D'ici là, Martin apprend à mieux servir et se soumettre, en plus de tout ce qui concerne l'entretien d'une petite ferme.
Martin et moi partageons toutes les tâches. Nous jasons en travaillant et rions beaucoup, surtout lorsque nous nous taquinons. Martin aime bien me jouer des tours. Comme je suis assez naïf, je me fais presque toujours avoir. Nous nous chamaillons aussi un peu parfois. Mais, quand notre maître nous gronde, comme on réprimande les enfants malcommodes, Martin et moi nous regardons et essayons, tant bien que mal, d’étouffer notre fou rire. J’apprends à l’aimer.
Nous baisons ensemble lorsque notre maître nous le permet.
Mais Pierre aime bien les jeux à trois. Un dimanche après-midi, il met de la musique dans son lecteur, puis nous entraîne à sa chambre. Il ordonne à Martin de s'étendre au milieu du lit sur le dos et se place à sa gauche, m'ordonnant de me mettre à sa droite.
— Fais tout ce que je fais, m'ordonne-t-il.
Il se met à caresser Martin en se limitant à la moitié gauche du corps du jeune homme. Je le caresse de même du côté droit. À force de caresses, de suçons et de mordillements, nous l'amenons vite au bord de l'éjaculation. Mon maître sort alors deux sacs du tiroir du bas de son meuble de chevet. Il m'en tend un avec un sourire taquin. Mon sac contient une pince à sein, au moins une dizaine de pinces à linge, une longue ficelle de nylon au bout de laquelle est déjà attachée une pince à linge, un bracelet de menottes et un mousqueton. J'imagine que son sac contient la même chose.
Il demande à Martin quels sont ses mots de sécurité. Martin répond « orange » et « citron ». Lorsque mon maître demande ce qu'ils signifient, il répond :
— « Citron » arrête tout pour de bon et « orange » arrête la séance temporairement. Mais qu'allez-vous me faire, Maître?
— Tut tut tut! Tu dois nous faire confiance, lui rappelle mon maître. Puis il lui met un bandeau qu'il a extrait de son sac. Quand il sort un bracelet de menottes en cuir de son sac, je fais de même. À l'aide d'un mousqueton, il attache son bracelet à un anneau sous le matelas à la tête du lit. Je l'imite encore.
Nous mettons ensuite les pinces à sein sur les mamelons de Martin. Martin se tend et halète déjà. Mon maître m'explique ensuite que je dois faire passer la ficelle entre les mâchoires des pinces à linge avant de les installer. Nous travaillons en parallèle accompagnés par les geignements et gémissements de Martin. Je le trouve remarquablement sensible. Bien que mon maître ne m'ait jamais fait ça, je suis certain que ce ne doit pas être bien terrible. Mais force m'est de constater que les vocalisations de douleur de mon frère de servitude ont un effet excitant sur mon maître, dont la queue s'élève lentement.
De temps en temps, Pierre caresse notre jeune souffre-douleur et le félicite de son courage, ce qui semble le ragaillardir. Je comprends maintenant que ce n'est pas tant l'intensité démontrée de la douleur infligée qui compte pour mon maître, mais l'importance de l'offrande pour celui qui se donne. Si pour Martin, le peu qu'on lui inflige est suffisant pour le faire gémir et se tortiller sur ce lit, pour mon maître, ces réactions provoquent autant d'excitation que le feraient celles d'un autre soumis plus expérimenté et plus masochiste devant une « torture » plus cruelle.
Plus je vois le sexe de mon maître s'enfler et s'élever, plus je suis jaloux de l'effet que la souffrance de Martin a sur lui. J'aimerais être à la place du jeune soumis, être celui qui provoque son plaisir. Je ne peux m'empêcher de me rappeler que j'aurais pu lui offrir des heures de plaisir le jour de son anniversaire si je n'avais pas laissé ma peur me dominer. Et je m'en veux plus que jamais. Mais lorsque je lève les yeux vers mon maître, en le voyant sourire, je me dis qu'il est heureux. Et c'est tout ce qui compte. S'il m'avait remplacé par Martin, je serais malheureux d'être loin de lui, incapable de participer à son plaisir et à son bonheur, comme je le fais en ce moment.
Nous finissons l'installation en mettant des pinces sur le pourtour du scrotum de Martin et même deux de chaque côté de son pénis non circoncis, sur son prépuce. La verge de Martin a considérablement décru. Mais nous recommençons à le caresser entre les pinces et partout où il n'y en a pas. Notre maître passe un doigt sur le gland directement sur le frein de Martin, qui bande de plus en plus pendant que je l'embrasse, tout en m'amusant à tourner un peu les pinces sur ses mamelons. Ses gémissements prennent une tout autre intonation. Ils sont entremêlés de jouissance maintenant.
Quand la verge de Martin commence à dégouliner, mon maître prend l'extrémité de sa ficelle. Je fais de même.
— Martin, nous allons retirer tes pinces maintenant. Es-tu prêt?
Martin se tend, mais répond qu'il est prêt. Nous tirons lentement sur nos ficelles de manière à donner à Martin le temps de constater l'effet du retrait de chaque pince. Martin siffle entre ses dents serrées. Au milieu du parcours, il halète : « Orange. Orange. Orange! » Mon maître et moi arrêtons simultanément. Mon maître me sourit. Que Martin ait ressenti le besoin de l'arrêter l'amuse. Orgueilleux comme je suis, je n'ai jamais osé prononcer « jaune ». Je me serais senti lâche et j'aurais eu l'impression de laisser tomber mon maître à mi-parcours. Pourtant, il semble seulement heureux de la réaction de Martin.
— Dis-nous quand tu es prêt à continuer, lui ordonne-t-il.
Martin prend deux grandes inspirations, expire lentement, puis nous fais signe que « oui » de la tête.
— Non, je veux t'entendre nous dire de continuer, Martin.
Martin aspire et expire encore une fois.
— Allez-y, Maître.
Nous continuons donc de tirer lentement sur les ficelles. Je vois glisser une larme sous le bandeau de Martin. Mon Dieu! Se peut-il qu'il trouve ça si dur? Mon maître lui prodigue encore ses encouragements avec un ton de voix rempli d'affection. J'encourage à mon tour mon frère de servitude.
— Tu vas y arriver Martin. Dis-toi qu'il y en a moins à ôter qu'il y en avait. Fais-le pour notre maître. C'était son anniversaire il y a quelques jours et personne ne lui a offert de cadeau. C'est son cadeau que tu lui offres. D'accord?
Il fait frénétiquement « oui » de la tête, pendant que mes yeux se mouillent de larmes. Je sens alors la main de mon maître sur ma joue. Il se lève du lit et vient m'embrasser avec tendresse. Son visage à quelques centimètres du mien, mon maître me regarde droit dans les yeux en me caressant la joue avant de retourner à sa place. Je me sens soulagé et aimé.
J'essuie mes joues avant de me mettre à tirer pour arracher les dernières pinces reliées ensemble. Nous passons maintenant les mains sur la peau de Martin le long du parcours des pinces, massant un peu plus où l'on voit des marques. Martin chuinte.
— Nous allons retirer celles sur ton scrotum maintenant, d'accord?
— Est-ce qu'on ne peut pas attendre un peu, Maître? demande Martin sur un ton plaintif.
— Plus nous attendons, plus ta peau entre les pinces s'engourdira, plus tu auras mal quand on les retirera. Mais si tu veux qu'on arrête, tu sais ce que tu dois faire. Que décides-tu?
Je vois la pomme d'Adam de Martin monter et descendre plusieurs fois.
— Allez-y, Maître.
Nous continuons le retrait des pinces pendant que les gémissements de Martin prennent un registre plus aigu. Des larmes coulent encore sous son bandeau. Comment pourra-t-il supporter le retrait des pinces à mamelons? Mon maître ne m'a jamais mis de pinces à linge, mais j'ai déjà eu droit plusieurs fois aux pinces à sein. J'ai été surpris la première fois pas l'intensité de la douleur. J'avais l'impression que des aiguilles voyageaient du bout de mes mamelons dans tous mes pectoraux.
Mon maître est bandé dur maintenant. Il dégouline de son délicieux lait. Comme j'aimerais le lécher! Je le laisse masser délicatement les couilles de Martin quand nous avons terminé d'enlever ses pinces scrotales. Je sens alors la main de mon maître effleurer mes cheveux. Il me sourit affectueusement.
— Je vous aime, Maître! dis-je, la gorge nouée.
— Je sais, petit!
Il ne me répond pas qu'il m'aime et ça m'attriste démesurément. J'essaie pour n'y pas penser de me concentrer sur ce que nous faisons. — Martin, il ne reste que les pinces sur ton prépuce et celles sur tes seins. Nous allons les retirer maintenant.
Nous mettons ensemble la main sur l'une des deux pinces sur son prépuce. Cela ne semble pas déclencher de douleur trop intense. Mais mon maître m'indique quand même de caresser un peu le pénis de Martin en faisant monter et descendre son prépuce plusieurs fois. Ce gamin, qui n'a que dix-huit ans, n'a pas besoin de plus pour se mettre à bander.
Quand mon maître se place près des mamelons de Martin, j'y vais aussi. Nous retirons en même temps les pinces à seins. Martin hurle.
— Suce! m'ordonne mon maître en commençant à le faire lui-même.
Nous suçons les mamelons de Martin jusqu'à ce qu'il se mette à se tortiller de plaisir et que sa bite dégoutte de sperme. Puis nous lui détachons les mains et mon maître retire son bandeau. Martin cligne un peu ses magnifiques yeux bleu ciel.
— À quatre pattes, le cul par là, lui ordonne mon maître.
Il va encore à la pêche dans son sac à malice et en sort un condom et un sachet de lubrifiant. Je regarde s'il y en a dans le mien, mais je n'en vois pas.
— C'est moi qui m'amuse aujourd'hui, affirme mon maître en voyant ma déception.
Il recouvre son sexe du condom et s'enduit de gel lubrifiant. Il met aussi un peu de gel dans l'anus de Martin, qui se met aussitôt à geindre de plaisir. Mon maître continue de tourner et retourner les doigts dans le petit trou de mon frère, de plus en plus gémissant, puis il s'aligne pour y enfoncer sa queue.
— Toi, tu suces sa bite, m'ordonne mon maître.
Je m'étends donc sous Martin et me mets à le sucer en imaginant que c'est la queue de mon maître que j'ai dans la bouche. Pierre torture encore Martin, mais d'une autre manière. Il n'entre pas plus de quelques centimètres à chaque pénétration, juste assez pour aller frotter la prostate de notre rouquin préféré, qui gémit de plus en plus.
— Tu ne jouis pas tant que je n'aurais pas joui moi-même, compris? ordonne notre maître à Martin.
— Je ne sais pas si je vais y arriver, Maître.
— Pas question de dire « orange », cette fois-ci. Tu dis « citron » et tu pars te trouver un nouvel emploi ou tu attends que j'aie joui pour éjaculer. Et si tu n'y arrives pas, tu verras que ce que tu viens d'endurer était un pur délice en comparaison de la punition que tu recevras, compris?
Martin se contente de gémir de plus belle.
— C'est ton choix, Martin. Si tu veux t'éviter la punition, tu n'as qu'une alternative : tu dis « citron » ou tu évites d'éjaculer avant moi. Compris?
— Oui, Maître, geint Martin.
Mon maître continue sa torture prostatique pendant que je continue de la pipe. Mais j'ai pitié de Martin, qui essaie maintenant de nous échapper. Je garde son gland dans ma bouche, mais sans bouger la langue et j'empoigne son scrotum, juste au-dessus des couilles pour retarder son éjaculation. Au bout de quelques minutes de ce manège, mon maître commence à s'enfoncer tout entier dans le ventre de Martin.
— Sam, si tu ne veux pas que ce soit toi qui reçoives cette punition, lâche ses couilles et suce! m'ordonne mon maître.
D'accord. Je retire ma main et me remets à sucer, mais sans y mettre trop de talent ni d'ardeur. Ce qui n'empêche pas Martin de presque pleurer tant sa jouissance devient intense. Je jette un coup d'œil à son scrotum et je vois ses couilles qui y bougent. Il va jouir très bientôt. Mais j'entends aussi les grognements de plaisir de plus en plus intense de mon maître. Lui aussi est au bord de l'orgasme. Qui jouira en premier?
Je tends une main vers un mamelon de Martin et je le pince cruellement, espérant que cela aura l'effet escompté et qu'il jouira moins vite. Je dois avoir réussi, car quelques secondes plus tard, j'entends mon maître qui grogne sa jouissance, et Martin n'a pas encore joui. Je lâche son mamelon et enfonce sa queue bien au fond de ma gorge. Je mets tout ce que je sais de l'art de la pipe et des préférences de Martin dans cette finale érotique.
Martin jouit à son tour peu après. J'avale alors une telle quantité de sperme que je n'arrive pas à avaler assez vite et du sperme me sort par les narines et les échauffe. Ah, la jeunesse!
Après nous être étendus tous les trois, côte à côte, sur le lit, et repris notre souffle, mon maître lève un peu la tête et me demande si je n'aurais pas mérité quelques coups de cannes par hasard.
— Pas par hasard, Maître, dis-je en souriant de bonheur. Il grogne, comme il le fait souvent quand je me montre un peu trop finaud.
— Va chercher la canne, m'ordonne-t-il.
Je me lève si vite que je m'envole presque. Je cherche la nouvelle canne derrière le fauteuil au salon. Elle ne s'y trouve pas. Je la découvre dans l'armoire de l'entrée. Je l'apporte, m'agenouille au côté du lit près de mon maître et je lui tends la canne à deux mains, tête et yeux baissés.
— Pourquoi est-ce que je devrais m'en servir? me questionne-t-il.
— Parce que j'ai triché en pinçant les seins de Martin. Parce que je suis un imbécile fini qui ne sait pas toujours toute la chance qu'il a de vous avoir pour Maître. Pour votre seul plaisir. Et parce que je vous aime de toute mon âme, Maître, et que tout ce qui compte à mes yeux, c'est votre bonheur.
Pas un mouvement, pas un son pendant de longues secondes... Presque une minute plus tard, j'ose lever les yeux vers le visage de mon maître. J'y vois briller des larmes.
— Je t'aime énormément, moi aussi, petit. Ne l'oublie jamais!
Puis il se lève, m'ordonne de m'installer au bord du lit et m'administre six coups de canne. "Six of the best", comme disent les Britanniques. Mon maître m'a pardonné et il m'aime. J'en suis heureux.
~.~.~
Quand Martin nous quitte à la mi-août, je pleure. Je l’aime maintenant presque autant que j’aime mon maître.
— J'espère que tu reviendras nous voir, espèce de grand diable moqueur! lui dis-je, la gorge serrée.
— Penses-tu que je pourrais vous oublier? Jamais! répond-il, des larmes plein les yeux, lui aussi.
Je l'embrasse, pas très fraternellement, je dois dire, et j'ai du mal à le laisser s'éloigner alors que mon maître l'attend pour aller le conduire en ville avec un sac plein de billets de banque amassés pour lui pendant tout l'été. Mon frère va vraiment me manquer.
FIN
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