L'Enlèvement (French Edition)

Danny Tyran · Chapitre 6 sur 10

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L'Enlèvement (French Edition)

Cinquième partie

Le soleil vient de se lever. Après avoir lavé et rangé le plug, je dois encore faire des exercices physiques, même si Pierre m’interdit tous les redressements, le soulèvement de poids et tout ce qui pourrait empirer l’état de mon dos. Il m’oblige juste à courir davantage sur son tapis et à faire plus de vélo sans m’appuyer aux poignées, pour garder le dos bien droit.

Il me conduit ensuite à la salle de toilettes où il me permet de pisser. Mais encore une fois, c’est lui qui tient ma bite. J’y arrive plus facilement que la veille. Quand il m’ordonne d’arrêter, je le fais aussi vite que je le peux. Il attend une bonne minute avant de m’ordonner de continuer. J’ai plus de mal à y arriver cette fois-ci.

— Grouille-toi, si tu ne veux pas attendre encore, comme hier, m’ordonne-t-il en me poussant un peu.

Chaque fois que je suis sur le point d’y arriver, il me donne encore une petite poussée. Alors, je n’y parviens pas.

— Tant pis pour toi. À la douche.

Il ouvre encore le jet d’eau froide, mais me questionne. — Crois-tu avoir mérité de l’eau chaude? me demande-t-il.

Je suis encore frigorifié par ma nuit dans la chambre froide. J’ai très mal dormi à cause du froid et de ses visites nocturnes. Il me semble qu’au moins de l’eau tiède serait bienvenue.

— Aujourd’hui, tu pourras répondre oralement, mais succinctement à toutes mes questions. Pas de blabla, compris?

— Oui, Maître.

— Tu pourras toujours demander la parole de la même manière et pour la même raison. Alors, quelle est la réponse à ma question?

— Un peu d’eau tiède serait bien.

— Ce n’est pas la bonne réponse, Sam. Je ne te demande pas ce que tu espères, mais ce que tu mérites. Tu dois prêter plus d'attention à mes questions et à mes attentes. Ce sera donc de l’eau froide.

J’entre dans la douche et ouvre moi-même le jet d’eau froide. Je m’y lave rapidement, mais en me retournant en tout sens, comme il me l’a demandé hier. Quand j’arrête le jet, il enlève la pomme pour la remplacer par la canule. J’ai encore une fois envie de pleurer. Je ne me sens pas bien du tout. J’ai eu froid toute la journée hier et toute la nuit, et encore ce matin, c’est pareil. Il enfonce la canule en moi et me laisse ouvrir le robinet. Il retire ma main du robinet d’eau froide et la canule de mon anus. Il ouvre ensuite les deux robinets et les ajuste à une température qu’il juge acceptable. Puis il m’ordonne de me pencher et il replace la canule dans mon anus. L’eau est à la température du corps. Je ne la sens pas en moi tant que je n’en ai pas des litres qui me gonflent le ventre et me donnent des crampes. Il joue avec la canule, l’entre et la sort, m’encule avec elle. Chaque fois qu’il la retire presque complètement, je crois que je vais tout évacuer. Puis, il la retire vraiment. Je sais que je dois tout garder en moi. Il ferme l’eau et m’aide à me rendre à la cuvette et à m’asseoir. J’attends son signal pour me vider. Il s’éloigne. J’ai envie de le supplier de rester. Je ne sais pas ce qu’il est allé faire, mais il revient au bout de quelques secondes.

— Go!

Je me vide. Je dois encore subir ces crampes répétées suivies d’une inondation pestilentielle.

— Retourne à la douche et lave-toi l’anus.

Encore une fois, je n’ouvre que l’eau froide. Ai-je mérité l’eau chaude? À moins que quelque chose de très anormal se passe aujourd’hui, je répondrai certainement « oui » à cette question demain matin.

— Couche-toi par terre et ouvre bien grand la bouche, m’ordonne-t-il lorsque je sors de la douche.

Je fais ce qu’il exige. Il baisse son pantalon, puis s’accroupit en mettant son anus au-dessus de ma bouche.

— Aide-moi à bien aligner mon anus au-dessus de ta bouche, me demande-t-il.

J’ajuste sa position en ayant presque envie de vomir à l’idée de ce qui m’attend certainement.

— Ouvre bien grand, répète-t-il avant de se mettre à pousser.

Je reçois une boule brune dans la bouche. Qu’est-ce que c’est que ça? Sa « merde » goûte… le chocolat! C’est une boulette de chocolat aux noix.

— Avale, ordonne-t-il.

Il pousse encore et j’en reçois une autre, plus fondante que la dernière. Il se relève et m’aide à me relever. Il a un sourire malicieux. Je lui souris aussi en secouant un peu la tête.

— Lave-moi l’anus de ta langue et lave-toi ensuite la bouche.

Pendant que je lui lèche méticuleusement l’anus, il me répète qu’un esclave ne doit pas avoir mal au cœur de ce qui fait partie de son maître, que ce soit liquide ou solide.

— La prochaine fois, je ne te garantis pas que ce sera encore du chocolat, mais je veux que tu te comportes comme si c’en était, comprends-tu?

Il tourne la tête pour voir ma réponse. Je hoche positivement la tête pour lui dire que je comprends. Mais j’espère que ça n’arrivera jamais. Quand j’ai fini de le laver, il se redresse et me donne le temps de me laver la bouche avec un linge humide.

Il me tend une serviette de bain et me dit que je peux m’essuyer aujourd’hui. Petite amélioration sur la veille. Je ne commencerai pas la journée tout mouillé. Tout le reste de la journée est similaire à la veille à part quelques adoucissements de ses exigences ou de ma condition de vie, mais je reçois fort peu d’encouragements. Après le petit-déjeuner composé de pain doré pour lui et d'un bol de croquettes pour chien pour moi, il me permet de boire un verre d’eau. La nourriture sèche pour chien goûte ce qu’elle sent. Ce n’est pas si mauvais qu’on pourrait le croire, mais pas très bon non plus. Même si c'est écrit sur le sac que c'est du bœuf, je trouve que ça a un arrière-goût de poisson.

Il me fait ensuite vider ses armoires de cuisine pour tout laver : les armoires elles-mêmes et leur contenu. Quand j’ai tout lavé et replacé, sans rien casser cette fois-ci, il serait normalement temps de déjeuner, mais il me permet de m’habiller, me donne une chemise en flanelle à revêtir, mes bottes trop glissantes, puis il m’ordonne de sortir m’occuper des animaux de sa ferme. Je commence par traire les animaux sous sa surveillance. Étonnamment, j’y arrive sans qu’il doive tout m’expliquer une nouvelle fois. Puis je dois faire l’entretien de l’étable. Il ne me demande pas de couper du bois afin de ménager mon dos, mais il me fait transporter quelques bûches pour alimenter le foyer.

Il doit être rendu quatre heures trente et j’ai une faim de loup. Je crois que s’il ne m’avait pas surveillé tout le jour, la canne à la main, j’aurais bu du lait cru aux pies de ses vaches ou de ses chèvres pour me sustenter un peu. Mais je n’ai pas pu. Il m’ordonne ensuite de vider sa bibliothèque et de tout dépoussiérer, d’appliquer trois couches d’huile sur ses tablettes, de les laisser sécher un peu, puis d’y remettre les livres. Je dois également huiler sa table de travail et son classeur, qu’il ne me demande pas de vider cependant. Quand j’ai terminé, il est sept heures.

— Va préparer le dîner.

Je ne vois pas grand-chose d’utile au frigo, sauf des œufs. Je sais qu’il y a des pâtes dans son garde-manger, que j’ai nettoyé en même temps que ses autres armoires de cuisine. J’ai vu qu’il y avait de la ratatouille dans des pots de sa chambre froide. Je vais en chercher un pot. Il a du féta de chèvre au frigo. Je vais lui faire des pâtes à la ratatouille et au fromage.

Pendant que j’y suis, je regarde au congélo si je ne pourrais pas faire dégeler de la viande pour demain. Tout est en portions pour deux personnes. Je sors un paquet de je ne sais quelle viande. Qu’importe. Je verrai demain ce que j’en ferai. J’ai presque hâte de trouver quelque chose à en faire. Je me dis que ce serait bien de prendre un cours de cuisine, pour faire mieux que des pâtes garnies de ratatouille.

J’espère que la viande que j’ai mise à dégeler n’est pas un gros morceau de foie. Je ne suis pas fou du foie. Mais j’en mangerai sûrement avec appétit si je n’ai pas mangé depuis le matin et que Pierre veut bien m’en offrir.

Il a mis de la musique. “Be not so fearful” de Bill Fay joue. J’aime. Pour la première fois depuis hier matin, je me sens heureux dans mon rôle d’esclave. Peut-être que dans cinq minutes, Pierre me reprochera quelque chose et je me sentirai blessé et malheureux, mais pour l’instant, tout va. Je goûte un peu ce que j’ai préparé, juste pour m’assurer que c’est bon, mais je ne veux pas me permettre de m’en nourrir sans la permission de mon maître. Mon maître… Quel étrange concept!

— Je mets son plat et tout ce dont il risque d’avoir besoin sur la table et je vais le chercher.

— Maître…

— Oui, esclave?

Je lui fais signe de me suivre et lui demande s’il prendra un thé ou un café. Il me dit qu’il prendra une tisane à la fin de son repas, mais qu’il me laisse choisir laquelle.

Je m’assoie par terre sans m’adosser nulle part. Quand son assiette est presque vide, je la remplis du peu qui reste. Il n’y touche pas, mais me la met par terre. Cette fois-ci, il laisse sa fourchette dans l’assiette. Je lui sers sa tisane au cassis, qu’il va prendre au salon pendant que je dessers la table et que je nettoie.

Je vais jeter un coup d’œil pour voir s’il a besoin de quelque chose avant d’aller manger ce qu’il m’a laissé. J’entends Bob Dylan qui chante avec sa voix à nulle autre pareille “Don’t think twice, it’s all right”. On dirait que c’est à moi qu’il s’adresse.

J’étais en train de terminer de laver ma vaisselle quand il est venu me chercher. Il m’ordonne de me dévêtir et de me coucher à plat ventre sur le tabouret. Il va ensuite à la salle de bain. Je m’interroge sur ce que j’ai pu faire qui ne lui aurait pas plu. Peut-être qu’il a additionné toutes les minuscules erreurs de la journée pour lesquelles je n’ai pas été puni et il a décidé de me les faire payer toutes ensemble. Mais quand il revient, il s’agenouille derrière moi et me lèche voluptueusement l’anus. Je suis en érection pour la Xe fois de la journée et j’aimerais tant pouvoir jouir enfin.

— Je te donne le choix, Sam. Je te pénètre et je jouis en toi, mais tu n’éjacules pas ou je te caresse et je te donne le droit d’éjaculer, mais je ne te pénètre pas et je ne jouis pas. Que choisis-tu?

J’aimerais que nous puissions jouir tous les deux.

— Pénétrez-moi, je vous en prie, Maître, dis-je.

— Je t’avertis, Sam, si tu éjacules, je te le ferai regretter. Une journée de presque chasteté n’est rien du tout, je peux te l’assurer. Es-tu sûr de ta décision?

Oh, non! Si je ne réussis pas à me retenir, pendant combien de temps me privera-t-il d’orgasme?

— Oui, Maître.

Il se dévêt, puis verse une bonne quantité de lubrifiant dans sa main. Il me lubrifie abondamment et, comme pendant la nuit, il me prépare en élargissant graduellement et méthodiquement mon anus. Quand il me croit prêt, il ramasse un étui à condom sur la table près du lubrifiant. Il en recouvre son sexe, le lubrifie et me lubrifie encore un peu plus. Puis, il me pénètre lentement. Je grimace quand même un peu au début. Bien qu’il ait entré jusqu’à quatre doigts en moi et que le godemichet m’ait préparé à cette pénétration, je ne suis pas habitué à une telle largeur ni à une telle longueur. Une fois le gland passé, il glisse progressivement sa verge dans les profondeurs de mon ventre. Quand il l’a entièrement entrée, que ses poils pubiens me chatouillent les fesses, il la sort presque complètement et la rentre, mais avec encore beaucoup de lenteur. Il recommence la même manœuvre plusieurs fois, jusqu’à ce qu’il reconnaisse la différence entre mes gémissements de douleur du début de sa pénétration et ceux de plaisir que je pousse maintenant. Alors, il ajuste son rythme à la musique et m’encule sans plus prendre de précautions. Sa queue va appuyer tout au fond, presque contre mon diaphragme, me semble-t-il, et ressort rapidement, pour rentrer aussitôt. À chaque allée et venue, elle appuie contre ma prostate et mon érection devient insoutenable. Je voudrais le supplier d’arrêter, mais loin de là, son excitation croissante le pousse à accélérer le rythme. Je grogne et lève la tête et les épaules, presque jusqu’à me redresser complètement sur les genoux, mais il me repousse sur le tabouret et appuie la main sur mon dos, pour mieux me pénétrer. Mes gémissements se sont transformés en geignements. J’ai peur de ne pas réussir à tenir. Le rythme de l’enculage est si rapide et désordonné maintenant que je me dis qu’il doit être sur le point d’éjaculer. Mais moi aussi, je le suis. Il met la main sur mes testicules et les effleure. Il caresse mon périnée. Non! Par pitié, pas ça. Il ne faut pas qu’il me touche ou je suis fait.

— T’ai-je permis d’éjaculer? m’interroge-t-il.

— Non, Maître, pleuré-je presque.

Il caresse maintenant la hampe de ma verge, mais sans toucher le gland. Je sens mes testicules qui remontent dans leur bourse. Je gronde pendant qu’il continue de me pénétrer. Mais il a cessé de me caresser. Je me mets à penser aux capitales des pays du monde. France : Paris, États-Unis : Washington, Canada : Ottawa, Belgique : Bruxelles, Espagne : Madrid, Italie : Rome…, tout en contractant les muscles de mon bas-ventre. J’espère arriver ainsi à me retenir pendant qu’il arrive à l’orgasme. Il halète et grogne maintenant. Il ralentit, je sens qu’il va bientôt éjaculer. J’ai un sentiment de victoire quand je sens les pulsations de son sexe en moi, alors que son sperme remplit son condom sans que j’aie éjaculé. Il dépose son torse contre mon dos pendant que son sexe commence à décroître en moi. Puis, il se retire et jette le condom.

— Comment t’y es-tu pris?

— J’essayais de me rappeler les capitales des pays du monde. — Si je t’encule souvent, tu vas devenir excellent en géographie, dit-il en riant.

Je grogne un peu.

— Quoi?! As-tu quelque chose à redire à la perspective de mon plaisir en toi?

— Non, Maître. Rien à redire.

— Quoi? Quoi d’autre? Dis ce que tu penses.

— J’aimerais juste pouvoir jouir moi aussi de temps en temps, Maître, si vous le permettez.

— Heureusement que tu as ajouté les quatre derniers mots ou tu aurais risqué d’attendre très longtemps ton plaisir.

Nous allons tous deux à la douche. Il ouvre les deux robinets et les ajuste à une température agréable.

— Lave-moi, m’ordonne-t-il.

Je le fais délicatement d’abord.

— Frotte, frotte! Je ne suis pas fait de sucre.

Je souris en pensant à son gros suçon.

— Quoi? Qu’est-ce qui te fait sourire?

— Votre gros suçon, Maître.

Il me sourit à son tour et m’embrasse sur le front. Je suis heureux. Je n’ai pas joui et peut-être que je ne jouirai pas avant longtemps encore, mais je suis heureux de lui avoir plu. Quand j’ai fini de le laver, il me place dos à lui, prend mon sexe dans sa main et m’ordonne de pisser. Je le fais sans aucune difficulté. Quand il m’ordonne d’arrêter, j’y arrive aussitôt. Et quand il me permet de vider complètement ma vessie, j’arrive encore rapidement à me remettre à pisser.

— Bien. Les choses s’améliorent, on dirait. Tu commences à savoir à qui tout ça appartient, dit-il en me prenant par les épaules et en me secouant un peu pour me signifier que « tout ça », c’est moi en entier.

Quand il me retourne, il me demande à qui j’appartiens. — À vous, Maître, de plus en plus.

— Oh! Alors, ça veut dire que tu ne m’appartiens pas encore totalement. Que dois-je faire pour que tu m’appartiennes davantage?

— M’aimer follement? fais-je en lui souriant plus largement que je ne l’ai jamais fait.

— Oh, toi. Tu vas payer tes railleries, dit-il avec un sourire pas tellement rassurant.

Nous sortons de douche, je l’essuie. Il me permet de m’essuyer aussi. Il va ensuite mettre un nouvel album. C’est une musique qui s’entremêle de bruits naturels comme un orage qui gronde, la pluie qui coule à verse, le vent qui souffle fort dans les branches des feuillus, un torrent qui se déverse.

Debout, jambes écartées, mains jointes au dos, j’attends ses ordres au salon. Il s’approche de mois, met une main au milieu de mon dos et m’entraîne dans ce qui est censé être ma chambre ou celle des visiteurs. Il y a des crochets au plafond et sur certains murs. Il m’ordonne de me placer juste entre deux d’entre eux dans l’espace entre le mur et le pied du lit. Il prend dans l’armoire un escabeau, des chaînes, des mousquetons, une barre avec des anneaux aux extrémités et ses menottes de cuir.

— Mets les menottes, ordonne-t-il.

J’aimerais lui demander si j’ai fait quelque chose de mal. J’ai juste blagué amicalement. Il me disait aimer le sens de l’humour de Louis. Pourquoi pas le mien?

Il attache des chaînes aux crochets du plafond et les relie à mes bracelets. Puis il rattache mes bracelets de chevilles aux crochets aux deux extrémités de la barre. Il croise ensuite les bras sur sa large poitrine et contemple son œuvre en souriant.

— Alors, tu n’as plus envie de blaguer? Pourtant, tu devrais être heureux à l’idée du plaisir que tu vas me procurer bientôt, tu ne crois pas?

En théorie, il a tous les droits sur moi, sauf peut-être de me rendre infirme ou de me tuer. Mais, me torturer pour s’amuser? Peut-être qu’il s’amusera, mais je ne suis pas certain d’y trouver le moindre plaisir. — Oui, Maître.

— Me permets-tu de faire ce que je veux de toi, Sam?

— Vous… (je ravale ma salive) avez tous les droits sur moi. Je vous appartiens… totalement.

— Ah. Les choses changent plus vite que je ne l’aurais imaginé. Il y a quelques minutes, il fallait que je t’aime follement pour que tu en viennes à m’appartenir tout à fait. Mais merci de me permettre d’abuser de ton joli petit corps. Je compte bien en profiter. En fait, j’ai l’intention de faire durer ceci le plus longtemps possible. Est-ce que je t’avais dit que je suis un sadique?

— Non, Maître.

« Mais je l’avais deviné », pensé-je.

— Dis-moi ce que tu viens juste de penser, m’ordonne-t-il avec un air pas mal moins souriant.

— Je… l’avais deviné, Maître, dis-je en ravalant ma trop abondante salive.

Il se met à rire à s’en époumoner. Malgré moi, je souris un peu. — J’aime bien ton sens de l’humour, Sam. Tu n’es pas ici à cause de tes blagues, mais parce que j’ai envie de m’amuser un peu avec mon esclave et de faire en sorte qu’il croit à ce qu’il dit lorsqu’il prétend m’appartenir totalement.

J’avoue que, malgré sa bonne humeur, j’ai peur maintenant. Personne ne viendra me secourir si les choses tournent mal pour moi. Un homme qui trouve acceptable d’enlever un jeune homme comme moi pourrait trouver un tas d’autres choses terribles très acceptables également.

— Quels sont tes mots de sécurité, Sam?

Dois-je me sentir rassuré qu’il me pose cette question maintenant ou plus inquiet? S’il est possible que j’aie besoin de mes mots de sécurité, ce doit être parce que ce qui m’attend ne sera pas facile à vivre. Mais d’un autre côté, s’il avait l’intention de dépasser les limites de mon endurance, il ne m’en aurait pas parlé.

— Jaune et rouge, Maître.

— Que signifient-ils?

— Jaune arrête temporairement ce que nous faisons et rouge arrête tout pour de bon.

— Exact.

Il va ensuite chercher un martinet. Je serre les dents. Jamais personne ne s’est servi d’un tel instrument sur moi. Je n’ai aucune idée de ce qu’on peut ressentir si on nous frappe avec ce qui me fait penser à ce dont on se servait à bord des bateaux autrefois pour punir les matelots indisciplinés ou rebelles. Si son usage pouvait décourager la rébellion chez un homme rude habitué à de durs travaux, quel effet aura-t-il sur moi?

Pierre s’est approché. Il glisse les lanières lentement sur ma poitrine, mon dos et mes fesses. Je frissonne. Il passe le manche du martinet dans la ganse de sa ceinture. Puis il se met à m’effleurer des deux mains à la fois, à me caresser tout doucement au rythme de sa musique. Il passe les doigts si délicatement sur les parties les plus sensibles de mon corps, que je suis couvert de chair de poule. Même s’il n’a pas encore touché à mon sexe ni à mes mamelons, ceux-ci n’en réagissent pas moins. Ils sont en érection. Ma verge s’est dressée et pointe maintenant en avant pendant que Pierre continue son œuvre. Il s’accroupit même pour effleurer mes jambes, d’abord l’extérieur, puis l’intérieur, sans négliger la plante des pieds.

— Abandonne-toi à ce que tu ressens, Sam, me dit-il lorsque je cherche à lui retirer mon pied droit parce que ses effleurements me chatouillent.

M’abandonner? J’essaie. Je ferme les yeux et je laisse les sensations glisser sur ma chair, comme les doigts de Pierre, m’envahir, me traverser de part en part. Quand j’entrouvre les yeux, mon sexe pointe vers le plafond, et Pierre ne l’a même pas effleuré.

Pierre glisse les doigts entre mes jambes. Il remonte vers l’arrière entre mes fesses, puis revient jusque sous mon scrotum en pressant un peu sur mon périnée. Il fait le même parcours d’avant en arrière et d’arrière en avant plusieurs fois de suite. J’aimerais qu’il n’ignore plus mon sexe, qui s’est mis à dégouliner. Je halète de plaisir quand il se décide à utiliser son fouet.

Je ne sais pas en quoi ce martinet est fait, mais il est doux. On dirait du daim. Pierre me frappe fort. Je sens ma peau qui se réchauffe agréablement. Mais juste le bruit des coups suffit à m’effrayer et mon sexe ramollit. Alors, Pierre range son fouet dans sa ganse encore une fois et se remet à me caresser. Il ne le fait plus du bout des doigts, mais avec la paume de ses mains cette fois-ci. Il n’évite plus mes mamelons dont il roule les pointes entre ses doigts. Quand ma verge a retrouvé toute sa rigidité, il s’arrête et reprend son martinet. Il recommence à me frapper.

— Ne résiste pas, Sam. Tu m’as dit que tu m’appartenais, alors offre-toi à moi totalement.

La sensation des lanières contre ma chair n’est pas douloureuse. Elles ne font que me réchauffer un peu plus. Après m’avoir frappé des épaules aux genoux en évitant les reins, il repart en sens inverse. Ma queue est toujours aussi raide, mais Pierre s’arrête quand même un peu pour sentir la chaleur de ma chair.

— Si tu te voyais, Sam. Ce beau petit cul tout rosi est si chaud. Mmmm! On aurait envie d’y entrer.

D’ailleurs, je constate que, lui aussi, il est en érection. Il aime ce qu’il fait, ce qu’il voit et ce qu’il ressent, on dirait. J’en suis heureux et étrangement fier. Je ne l’ai même pas touché, mais c’est quand même grâce à moi qu’il éprouve ce plaisir.

Il me contourne et vient me frapper en avant. Les lanières, qui frappent mes mamelons, les excitent un peu plus. Pierre continue vers le bas en contournant mon sexe, puis il remonte. Il s’arrête encore, range son fouet et me frôle doucement de ses deux mains. Il empoigne mes mamelons entre ses doigts, en fait encore rouler les pointes, mais cette fois-ci, il les étire et les mord un peu. Même si ce qu’il leur fait subir est douloureux, je gémis autant de plaisir que de douleur. Je ne voudrais pas qu’il s’arrête, pas encore. Il se met alors à frapper mon sexe. Avec un peu moins de vigueur qu’il ne l’a fait ailleurs, mais assez fermement quand même. Ma queue rebondit sous les coups, mais ne se flétrit pas. Je me dis que ses lanières vont être couvertes de mon sperme. J’ai un peu peur quand je vois Pierre se préparer à frapper mon scrotum, mais la douleur n’est pas plus intense que celle qu’il m’a infligée en m’étirant les mamelons.

Je suis si excité que j’aimerais pouvoir lui demander la permission d’éjaculer. Mais il se met à me caresser la verge, en évitant le frein et le gland. Il caresse aussi mes couilles, les faisant rouler doucement entre ses doigts. Lorsqu’il les serre un peu, il glisse en même temps les doigts de son autre main sur mon gland et en effleure le frein. Et encore une fois, douleur et plaisir s’entremêlent et se confondent. La douleur me semble même être devenue un catalyseur de mon plaisir, l’accentuant, le rendant plus ample, plus ardent.

Pierre recommence à me frapper le dos, les fesses, l’arrière des cuisses en effectuant plusieurs allers-retours entre mes épaules et le bas de mes cuisses. Puis il s’arrête encore pour me caresser. — Tu es magnifique, Sam! Si tu te voyais!

Sa voix est rauque et hachurée. Elle a pris les intonations du plaisir. D’ailleurs, lorsqu’il revient pour frapper ma poitrine, je vois que de son sexe, tout comme du mien, coule un long filet de sperme. Je salive. Est-ce possible que ma bouche se prépare à le savourer sans même que j’y aie songé?

Il effleure mes mamelons hérissés si doucement que c’est un vrai supplice. Quand va-t-il me permettre d’éjaculer? Pas tout de suite, en tout cas, car il me frappe encore la poitrine. Il abaisse ma queue d’une main pour me frapper le ventre. Il frappe la chair tendre à l’intérieur de mes cuisses. La chaleur provoquée par les coups est devenue intense. C’est même un peu douloureux, mais mon sexe ne décroît pas ou si peu, trop peu.

Pierre s’est éloigné. Il a enduit les doigts de sa main droite de lubrifiant. Il va en caresser mon anus, puis il les enfonce lentement, doucement en moi jusqu’à toucher ma prostate, qu’il caresse interminablement. Il la stimule de l’extérieur en caressant en même temps mon périnée. Je secoue violemment la tête. C’est trop!

Puis je sens l’extrémité de sa verge pointer vers ma fente. Il l’enfonce doucement en moi tout en caressant mes mamelons. Quand sa verge commence ses allers-retours pendant qu'il me caresse à la fois les mamelons et le sexe, je crois que je vais devenir fou de plaisir.

— Tu peux éjaculer quand tu veux, Sam, râle-t-il dans mon oreille.

Même son souffle chaud dans mon cou m’est une excitation supplémentaire, tout comme l’accélération de sa pénétration. Ses gémissements et grognements de plaisir m’annoncent l’approche de son orgasme. J’aimerais pouvoir le voir, voir son visage marqué par le plaisir. J’éjacule en jappant presque de jouissance juste avant qu’il ne le fasse à son tour. Mon sperme a fait un grand arc de cercle et a arrosé une bonne partie du plancher, presque jusqu’au mur devant moi. Pierre reste blotti contre mon dos et mes fesses jusqu’à ce qu’il retrouve son souffle, puis il retire son sexe, retire le condom, que je ne l’avais même pas vu mettre, et va chercher son escabeau pour me libérer. Il range ensuite son escabeau, ses chaînes, sa barre d’écartement et son martinet. Quand il revient, il me trouve à genoux, tête au sol. Il s’approche. Je lui embrasse presque religieusement les pieds. Il se penche et me caresse doucement les cheveux, puis il m’ordonne de me relever. Il me prend alors dans ses bras et m’embrasse avec fougue. Il me relâche à contrecœur, on dirait.

— Nettoie le dégât que tu as fait, ordonne-t-il en pointant le sol, la voix encore un peu rauque.

Je ne lui demande même pas si je dois aller chercher un linge. Je me mets à quatre pattes et je ramasse de ma langue toute cette quantité incroyable de sperme dont j’ai arrosé le parquet. Tout en léchant le sol, je me dis que j’aurais mieux aimé lécher son sperme. Je m’en étonne moi-même.

— Viens ici, m’ordonne-t-il quand j’ai terminé de tout nettoyer.

Il se trouve près d’un miroir sur pied devant lequel il veut que je me tienne. Je peux me voir en entier. Je suis couvert des épaules aux genoux de stries rouges. Il m’ordonne de me retourner et de regarder mon dos. Je suis encore plus rouge là qu’en avant. Je suis étonné de ne pas avoir ressenti plus de douleur.

— As-tu pensé à dire « jaune »?

— Pas un seul instant, Maître.

— Bien. J’en suis heureux. Merci de ce cadeau, Sam.

Un cadeau? Il a l’air vraiment satisfait. S’il veut que je lui fasse d’autres cadeaux de ce genre, il n’a qu’à demander. Je me ferai une joie de les lui offrir. Je lui souris, satisfait, moi aussi.

Nous nous rendons au salon où il met encore de la musique sur son lecteur. C’est Leonard Cohen qui chante ses plus grands succès. Il m’ordonne de m’étendre sur le dos sur la peau d’ours. Je lui obéis. Il s’agenouille près de moi, à côté de ma tête, il se penche, puis m’ordonne d’ouvrir la bouche. Il éclaircit sa gorge enrouée, puis se penche et me crache une grosse boule glaireuse et verdâtre dans la bouche. Je ferme les yeux et laisse glisser le crachat dans ma gorge, puis je l’avale en me rappelant que je regrettais tantôt de n’avoir pas pu boire son sperme. Pourquoi serais-je écœuré maintenant de ce qu’il m’a offert? Ne me faudrait-il pas avaler cette part de lui comme j’avalerais l’hostie consacrée? Ne devrait-il pas devenir mon dieu incarné? Je ne connais pas les réponses à mes propres questions, mais je suis fier d’avoir réussi à avaler sans aucun haut-le-cœur.

— À quoi penses-tu? me demande-t-il.

Je le lui dis. Il s’étend près de moi sur la peau d’ours et m’embrasse tendrement.

— Tu m’as donné beaucoup de bonheur aujourd’hui, Sam. Je ne te promets pas que les prochains jours seront plus faciles pour toi que ne l’ont été les deux derniers, mais si tu continues comme ça, les choses iront de mieux en mieux, dit-il en me caressant le visage. Maintenant, va me préparer un thé à la menthe. Tu peux te préparer un thé ou une tisane de ton choix.

Lorsque je reviens avec sa tasse, il pointe du doigt le coussin entre ses pieds et me tend son livre. Je continue la lecture où je l’avais laissée hier en prenant une gorgée de temps en temps, en même temps que lui. Je craignais de ne pas aimer ce livre, pourtant primé plusieurs fois, mais je me laisse gagner par cette histoire d’un auteur qui se dépeint à travers les personnages de toutes ses œuvres et qui raconte l’histoire du roman qu’il n’arrive pas à écrire comme il l’aimerait. Étrange récit, car l’auteur parle de lui-même et de sa vie sans en parler vraiment. Mais il a un sens de l’humour remarquable et son désir de changer sa vie me paraît si semblable au mien que je m’y reconnais.

Après avoir lu quelques chapitres, Pierre tend la main pour que je lui donne son livre.

— Étrange histoire, hein, Sam?

— Oui. Je trouve la structure du roman… singulière, mais c’est bien écrit et amusant.

— Oui, l’histoire est en gigogne inversée. On va du plus petit personnage au plus grand, qui est l’auteur lui-même. C’est un peu déroutant, en effet.

— Maître…

— Oui, esclave.

— Voulez-vous encore du thé?

— Non. Je crois que je vais aller me coucher. Va me chercher ton matelas. Je crois qu’il est resté dans la chambre froide.

Quand je reviens avec le matelas, nous retournons à la chambre d’amis. En entrant, il éclaire la pièce. Il va ensuite chercher sa barre d’écartement, puis attache des chaînes aux deux extrémités. Il joint les chaînes ensemble en attachant les derniers maillons à un mousqueton de sécurité dont il entre l'anneau dans un crochet au plafond au-dessus du lit. Il m’ordonne ensuite d’approcher et de lui donner le matelas, qu’il enroule autour de la barre. Son installation m’intrigue.

— Monte sur le lit.

Il enroule une corde au milieu de chacune de mes cuisses. — Couche-toi sur le dos.

Il me soulève ensuite par la taille, mais en me tenant la tête en bas et dos à la barre.

— Glisse tes jambes dans le V entre les chaînes en les passant juste au-dessus de la barre et de ton matelas.

Il me regarde tenter de faire ce qu’il me demande. Mais son installation se balance et j’ai du mal à y arriver. Je réussis enfin à entrer une jambe et à retenir avec elle la barre pour pouvoir insérer l’autre jambe. Est-ce l’heure des acrobaties?

— Bien. Je vais te lâcher maintenant.

Il attache ensuite mes cuisses à mes jambes de sorte que je reste suspendu par les jambes, la barre et le matelas au creux de mes genoux. Il descend ensuite du lit, se penche et m’embrasse sur le front.

— Bonne nuit, petite chauve-souris, me souhaite-t-il avant d’éteindre. Il quitte la chambre en refermant la porte derrière lui. Quoi? Quoi! Il n’est pas sérieux. Il ne peut pas être sérieux. Je ne peux pas dormir la tête en bas, installé de cette manière. Impossible!

J’imagine qu’un visiteur arrive et lui demande à voir son nouvel esclave. Pierre lui répond que son esclave dort dans la petite chambre. Pierre s’y rend avec son visiteur. Il lui ouvre la porte et le visiteur entre. Imaginez sa surprise en me voyant dormir suspendu au plafond, la tête en bas.

Je ne pourrais pas dire que ma posture est confortable, mais elle n'est pas aussi inconfortable que je l’aurais cru. Au moins, ici, je suis au chaud. Étonnamment, peu de temps après, je sens le sommeil m’envahir.

 

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