Les Démons d’Isa - Tome 1 (French Edition)
Chapitre 17
Isabelle
J’ai chaud, très chaud. Des mains touchent mon corps. Elles palpent mes seins, mes cuisses, mes fesses. Mes paupières ne m’obéissent pas et ne veulent pas s’ouvrir.
Mais qu’est-ce qui se passe ? Où est-ce que je suis ?
Les sensations sont différentes de mes cauchemars habituels, très différentes. Mon corps aime ça. Il adore ça !
Lorsque les caresses atteignent mon sexe, je sursaute et me redresse immédiatement. Le réveil est brutal. Les événements de la veille me reviennent en tête quand je croise les yeux malicieux de Léo.
— Reste tranquille ma belle, je m’occupe de toi ! Cette fois-ci, tu ne t’échapperas pas.
D’une main, il me repousse sur le matelas et reprend son activité. Je n’aime pas me sentir à la merci d’un homme. J’ai besoin d’avoir tout le temps le contrôle lors de l’acte sexuel, mais Léo arrive à bousculer mes instincts. Il est à la fois doux dans ses mouvements et autoritaire dans son approche.
Je contrains mon cerveau à apprécier ces nouvelles sensations. Je ferme les yeux et me concentre sur ses gestes. La légère repousse de sa barbe frotte l’intérieur de mes cuisses. Son souffle attise mes terminaisons nerveuses. Je ne retiens plus mes gémissements lorsque ses lèvres et sa langue se joignent à la fête. Ses mouvements sont lents, emplis de tendresse.
Il agrippe mes fesses pour déjouer toute tentative d’évasion, mais je n’ai pas envie de fuir. Je suis bien là où je suis. Une chaleur se répand doucement de mon sexe à mon ventre. Bien vite, elle irradie dans tout mon corps qui se dissocie de mon esprit. Mes jambes s’écartent, offrant un plus grand accès à mon amant. Mes mains placées sur ses cheveux l’invitent à accentuer la pression sur mon clitoris. Mon dos se cambre, ma tête part en arrière, mes lèvres s’ouvrent, je ne peux plus retenir le plaisir qui a envahi tout mon être. Je crie.
Mon corps tremble à chaque baiser que Léo me donne. J’ai besoin de quelques secondes supplémentaires pour reprendre mon souffle et mes esprits. Lentement, mes jambes se déplient et mes muscles se détendent.
Mon amant remonte jusqu’à mon visage, laissant peser le poids de son bassin sur moi. Ses avant-bras encadrent ma tête et maintiennent son torse à quelques millimètres de ma poitrine. Il dépose de petits baisers dans mon cou, le long de ma mâchoire et sur mes joues. Il insiste un peu plus sur ma cicatrice.
Pourquoi embrasse-t-il toujours ma cicatrice ?
La balafre répugne la plupart des gens que je croise. Il m’a fallu des années pour m’habituer à sa présence. Face au reflet du miroir, il m’arrive encore d’avoir un mouvement de recul, mais Léo n’a jamais eu cette attitude. Ma cicatrice ne le dégoûte pas. J’ai l’impression qu’il essaye de soigner ma blessure. Sans que je ne sache comment, il y parvient un peu plus à chaque fois. Ces attentions agissent comme un baume sur la marque visible de mes traumatismes.
— Merci.
Je lui suis reconnaissante pour cet orgasme dévastateur, mais surtout pour ses gestes tendres.
— Tout le plaisir était pour moi ! Par contre, tes voisins risquent de nous maudire. S’ils n’avaient rien entendu hier, maintenant ils sont au courant que tu as pris ton pied. Voyons voir si tu peux encore monter dans les décibels.
Nous échangeons un baiser fougueux plein de promesses. Ses hanches commencent à bouger contre les miennes. Il joue, attisant un peu plus mon désir. Je ne me contiens pas et l’encourage à continuer. Nos sexes se frottent l’un contre l’autre. Je râle et tente de fusionner avec mon amant d’un mouvement de rein, mais il ne me laisse pas faire, pire, ma tentative lui déclenche un rire.
OK. Si tu la joues comme ça, tu vas voir ce qu’il va t’arriver !
D’un coup de bassin, je le fais rouler sur le lit. En position de domination, je plaque ses mains sur le matelas et reprends le contrôle. Mon cerveau se déconnecte. Mon corps impatient prend le pouvoir et l’accueille au plus profond de lui. Je soupire d’aise.
Mes mains l’empêchent toujours de se relever. Il tente de m’imposer son rythme, mais je bloque ses jambes avec mes pieds. Je veux être seule aux commandes. Un rythme sauvage et intense s’engage. Mes yeux cherchent les signes annonciateurs de son lâcher-prise. Sa respiration s’accélère. Son regard suppliant s’accroche au mien. Juste avant qu’il soit emporté par le plaisir, je m’arrête, le sourire aux lèvres.
— Tu vas me le payer, gronde-t-il.
Léo tente de se dégager, mais je le retiens en remuant mon bassin à nouveau. Il retombe contre le matelas. Cette fois-ci, mes mouvements sont amples et calmes. Je veux nous emmener jusqu’au seuil de l’extase.
Je libère ses mains et les dépose sur mes hanches. Il en profite pour se relever un peu. Son regard se perd un instant dans l’union de nos deux sexes. Nous sommes à bout de souffle. L’orgasme est proche.
Léo prend possession de mes seins, les malaxe et pince fortement mes tétons. Ses lèvres tentent de rejoindre ses doigts, mais je le contrains d’une main sur son torse. La torture est suffisamment intense et je reste seule maîtresse à bord. Je suis toute proche de la jouissance. Ses grondements me confirment qu’il va attendre le point de non-retour. J’intensifie le rythme dans un ultime effort vers la libération. Une dernière contraction de mon corps et je crie son nom.
Il ne m’a pas suivie. Toute énergie m’ayant quittée, je lui rends la direction de nos ébats. Ses coups de reins se font plus rapides et profonds. Ses mains maintiennent mon corps en place pour lui permettre d’accentuer ses mouvements. Je gémis. Les muscles de mon sexe puisent dans mes dernières forces et compriment le sien. Je l’admire se perdre dans le plaisir, alors que son cri rauque emplit ma chambre.
Nous nous effondrons, repus, et il m’enlace. Profitant de ce calme, nous restons un instant silencieux. Nos respirations reprennent doucement un rythme normal. Je dépose des baisers dans son cou. Le bout de ses doigts parcourt mon dos.
— Il faut qu’on parle.
Je relève la tête, surprise par son ton grave et sévère. Mes yeux s’ancrent aux siens.
— Euh… Maintenant ? À propos de quoi ?
— Pourquoi je suis placardé sur ta porte ?
Sa question me prend au dépourvu. J’étouffe mon éclat de rire contre son épaule.
— Tu étais là avant que j’arrive dans l’appart. Fanny, Éric et Vinia avaient installé ce poster de toi pour le jour où j’emménagerais. Ils savent que tu es mon fantasme depuis des années.
— Sérieusement, ton fantasme ?
— Je sais… Je suis pathétique. Je ne vaux pas mieux que la moitié des femmes du bureau et du pays. J’ai toujours espéré partager une nuit de débauche avec toi.
Il ne répond pas, mais ne me repousse pas non plus. Je m’inquiète de son absence de réaction. En ai-je trop dit ? Alertée, je me redresse. Son sourire et ses yeux me rassurent.
— Tu es adorable et n’as rien de comparable avec ces autres femmes. Tu es unique, Isa. Et sache que depuis notre première nuit, tu es aussi devenue mon fantasme.
Perdus dans nos pensées, nous laissons le silence revenir. Seules nos caresses prouvent que nous sommes toujours éveillés. D’un coup, je le sens bouger sous moi et relève la tête.
— Ma belle, on a oublié le préservatif et je crois qu’hier soir nous n’y avons pas pensé à chaque fois.
Je ne veux pas avoir cette discussion et m’écarte subitement de Léo. Il me retient par le bras.
— Je suis clean, Isa.
— Moi aussi.
Je ne suis pas prête à aborder la suite et sors de la chambre pour rejoindre la douche. Malheureusement, ma réponse ne lui suffit pas. Il m’emboîte le pas.
— Isabelle, rassure-moi. Tu prends la pilule ?
Je me stoppe et pose mon front sur la porte de la salle de bain. Ses mains sur mes épaules, il m’oblige à me retourner. Ses beaux yeux marron essayent de sonder mon esprit. J’hésite à partager mes souffrances, mais je lui dois la vérité, ou du moins une partie.
— Non, mais ne t’inquiète pas, je ne peux pas te faire un enfant dans le dos.
Des souvenirs douloureux remontent de ma mémoire. Mes yeux se remplissent de larmes. C’est difficile d’en parler. Je détourne le regard et me sauve dans la cabine de douche. Le jet d’eau froide couvre mes pleurs. Je tente de repousser mes pensées dans une boîte fermée à double tour. Je veux oublier. Oublier la peur dans les yeux de Charles. Oublier la douleur des coups qui m’ont rendue stérile. Oublier les visages des hommes qui m’ont fait ça.
Malgré mes efforts, je n’arrive pas à me débarrasser de ce sentiment d’impuissance. Ils m’ont rendue faible. Mes sanglots redoublent d’intensité. Ils étaient quatre, quatre hommes face à moi. Je ne pouvais rien faire contre eux.
Mes jambes tremblent. Mes mains, appuyées sur le mur, me retiennent de justesse. Je lutte pour éviter de m’écraser sur le sol de la douche. Si je tombe, je ne suis pas sûre de me relever. Mes amis ne sont pas là pour me sauver de mes tourments.
Je sursaute quand je sens un corps robuste dans mon dos. Les bras de Léo m’enlacent et il dépose un baiser sur le haut de mon crâne.
— Je suis désolé. Je ne voulais pas te faire de peine.
Je ne lui réponds pas, mais accepte son aide. Je me retourne et enfouis ma tête contre son torse. Léo resserre son étreinte lorsque je passe mes bras autour de sa taille. Nous restons ainsi quelques minutes, seule l’eau de la douche trouble le silence.
Ma crise de larmes passée, nous nous écartons et nous lavons sans échanger de paroles. Je n’arrive pas à soutenir le regard de Léo. Je préfère me concentrer sur ma tâche. Nettoyer ma peau me permet d’assainir mon esprit. Les dernières pensées négatives partent avec le savon qui s’écoule à mes pieds.
Aussitôt rincée, je laisse ma place sous le pommeau de douche et sors de la cabine. Le corps enroulé dans une serviette, j’avance d’un pas lent vers le lavabo pour faire face à la glace. La tristesse s’efface au profit de la détermination. Un sourire factice décore mon visage.
J’ai survécu. Je me suis relevée. Je suis forte. Aujourd’hui, je me fais la promesse de vivre pleinement et d’apprécier cette belle journée qui s’offre à moi.
Je répète ces mots aussi souvent que nécessaire. Ils me permettent d’avancer. Mes démons ne doivent pas guider ma vie. Au fil des mots, mon sourire s’élargit et devient plus sincère.
Je croise le regard triste de Léo dans le miroir.
— Je suis vraiment désolé pour tout à l’heure. Tu veux bien me pardonner mon indélicatesse ?
— C’est oublié ! Je vais préparer un bon petit déjeuner. J’espère que tu as faim.
Mon changement d’humeur le laisse perplexe. Je l’abandonne et pars en direction de la cuisine. Une bonne journée commence toujours par un petit déjeuner copieux. Marie nous le répétait tous les matins avant de nous conduire à l’école.
Quelques minutes plus tard, Léo me rejoint au salon où j’ai disposé une brioche et de nombreuses confitures. Il a pris le temps de se rhabiller, contrairement à moi. Ses yeux détaillent ma tenue de haut en bas. Un sourire coquin naît sur son visage qui s’illumine. Il s’approche d’un pas, puis s’arrête en entendant la sonnerie de son téléphone.
— Salut mon pote. Un problème ?
Il marque une pause pour écouter son interlocuteur, consulte sa montre, puis moi. Je dénoue ma serviette, qui tombe à mes pieds, et lui lance un regard aguicheur.
— Tout va bien, ici. Sauf contretemps, nous devrions arriver dans une heure.
J’entends rigoler à l’autre bout du fil. Léo raccroche et se penche pour déposer un léger baiser sur mes lèvres.
— Tu es une tentatrice, Isa, mais ton joli petit cul devra attendre et aller s’habiller. Tu passes le reste du week-end à la villa.
OceanofPDF.com