Les Démons d’Isa - Tome 1 (French Edition)

Evy Danse · Chapitre 41 sur 43

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Les Démons d’Isa - Tome 1 (French Edition)

Chapitre 37

Léo

 

Cette femme me fascine. Elle a un physique à se damner, une intelligence hors norme et surtout, une force de caractère à toute épreuve. Sinon, comment expliquer sa présence ici.

— Tu es vraiment sûre ?

— Oui. Montre-moi jusqu’où tu voudrais aller avec moi.

Mon bras autour de sa taille, je l’entraîne dans le premier couloir à gauche, le quartier soft. Je mets rarement les pieds au sous-sol. J’ai dû y venir une ou deux fois par curiosité, sans dépasser le stade du voyeur. Nous croisons quelques personnes, seules ou accompagnées. Aucune d’entre elles ne parle. Ils sont tous absorbés par les scènes qui se déroulent dans les salles.

Nous avançons lentement dans l’allée. Du coin de l’œil, je veille sur Isa. Au moindre signe d’angoisse, nous ferons demi-tour. Je la laisse prendre la décision de s’arrêter devant la pièce qui lui plaira.

Elle marque une pause pour se tourner sur sa gauche. Les vitres de la salle ne sont ni complètement transparentes ni entièrement opaques. Je distingue une femme derrière un grand bureau. Son chemisier ne laisse aucune place à l’imagination. Son soutien-gorge rouge est bien visible. Lorsqu’elle fait pivoter son siège, j’aperçois sa mini-jupe et le haut de ses bas retenus par un porte-jarretelles. Plus vulgaire que sensuelle, la femme ne dégage aucun érotisme.

Cette scène ne m’intéresse pas. Je préfère reporter mon attention sur ma belle.

Est-ce qu’elle est adepte des jeux de rôle ? Même si ça ne m’attire pas particulièrement, pour elle, je pourrais faire un effort.

Elle fronce les sourcils et penche sa tête sur le côté. Je suis son regard pour comprendre sa réaction. Devant une bibliothèque, un homme en tenue de soubrette enlève la poussière sur les étagères à l’aide d’un plumeau rose.

C’est d’un cliché !

Isabelle n’a pas l’air de vouloir changer de salle. Toujours perplexe, elle observe en silence la femme s’avancer vers l’homme et passer son doigt sur le meuble pour contrôler l’état de propreté. Elle semble mécontente et claque les fesses de son partenaire. D’où nous sommes, aucun son ne nous parvient, mais la chair rougie me confirme que la femme s’en est donné à cœur joie.

Je secoue la tête, dépité, et croise le regard de ma belle qui semble joueur. 

— Rassure-moi, tu n’as pas envie d’essayer ce genre de truc ? lui chuchoté-je à l’oreille.

Les yeux rieurs, elle se colle à moi. Ses doigts se faufilent entre deux boutons de ma chemise pour avoir accès à ma peau.

— Je n’ose pas t’imaginer dans ce déguisement de femme de ménage coquine. Par contre, j’adorerais te voir te promener tout nu une journée entière, mais ne compte pas sur moi pour te donner la fessée ou m’habiller comme ça !

— Cette tenue ne t’irait pas, je te préfère sans vêtements, mon amour, murmuré-je avant d’effleurer le coin de ses lèvres avec les miennes. Quant au défi, je l’accepte volontiers.

Elle étouffe son rire en m’embrassant. Ayant défait un bouton, sa main repose sur mon torse sans qu’aucun tissu nous sépare. De l’autre, elle m’encourage à accentuer notre baiser. Je ne la contredis pas et la serre un peu plus fort. Je veux qu’elle sente l’effet qu’elle me procure.

Trop rapidement à mon goût, nous nous séparons. Nous ne pouvons nous laisser aller dans les allées. Les rapports sexuels sont autorisés uniquement dans les salles.

— Tu veux continuer la visite ?

— Oui, je suis sûre qu’il y a des trucs plus intéressants. Je ne suis pas venue ici pour regarder des gens faire le ménage, mais j’espère que personne ne subira de coups de fouet.

Ces derniers mots la font frissonner. Je passe ma main dans son dos, dépose un baiser sur le front, puis la conduis vers la prochaine salle visible.

L’ambiance est bien différente dans la deuxième pièce. Je sens le corps de ma belle se crisper instantanément. Je l’observe. Elle tremble. Un instant, elle lutte face à sa peur, puis cachant son visage dans ses mains, elle se réfugie dans mes bras.

Mais quel con ! J’aurais dû l’écouter et ne pas l’emmener dans ce sous-sol. Qu’est-ce qui m’est passé par la tête ?

J’essaye de me faire pardonner en l’enlaçant un peu plus fort contre moi. Mes doigts caressent ses cheveux dans une tentative d’apaisement. 

Je lève la tête. J’ai besoin de comprendre ce qui a déclenché ses sanglots. Deux hommes sont en train de prendre durement une femme. Allongée sur le dos, elle est entravée. Des menottes en cuir maintiennent ses poignets et ses chevilles en place. 

Quelle partie de cette scène n’a pas plu à Isa ? Le nombre de partenaires ? La brutalité du rapport ? Les liens de la jeune femme ? Ou les trois en même temps ?

Au fond de moi, j’espère que ce ne sont pas les liens qui l’ont choquée. J’ai très envie d’attacher ma belle à mon lit. J’aimerais pouvoir faire monter le plaisir en elle sans jamais lui donner l’occasion de l’atteindre. Je voudrais jouer avec l’ensemble de ses zones érogènes puis entendre résonner son orgasme dans toutes les pièces de la villa.

C’est un fantasme que j’ai depuis notre rencontre. Je lui en parlerai avant de tenter quoi que ce soit et je respecterai sa décision, comme toujours.

Dans la salle, la femme claque des doigts deux ou trois fois. Certainement le signal d’alerte puisque les deux hommes se retirent. Leurs mains parcourent le corps de la femme. Chacun à leur tour, ils l’embrassent, lui offrent un orgasme, puis se laissent aller sur sa poitrine. Quelques secondes plus tard, ils la libèrent de ses entraves.

Isabelle est toujours blottie contre moi. Son corps ne tremble plus et ses mains agrippent ma chemise dans le bas de mon dos. Je me penche à son oreille.

— Tu veux qu’on s’en aille ?

Elle relève la tête. Je l’embrasse sur chacune de ses joues. Mes lèvres s’attardent sur son masque, traçant le chemin de sa cicatrice. Isa ferme les yeux et se laisse aller à mes baisers. Lorsque je m’écarte, elle inspire profondément, puis se tourne vers la suite du couloir. Sa détermination reprend le dessus.

— Une dernière et après on s’en va. Il y a beaucoup de monde là-bas, allons voir.

Elle entrelace nos doigts et m’entraîne à sa suite.

Une dizaine de voyeurs semblent émerveillés devant cette troisième salle. Isabelle pose ses mains sur la vitre transparente. Elle a l’air aussi subjuguée que les autres. M’arrachant à ma contemplation, je plaque mon torse contre son dos et observe. 

Couvert de sueur, un couple se fait face. Leur étreinte est déjà bien entamée. Ne faisant cas des spectateurs, ils se dévorent du regard et continuent leur danse tantôt lente, tantôt endiablée. Ils sont beaux.

— J’ai l’impression que ce tabouret rembourré a une particularité, non ? 

Trop concentré sur l’amour dégagé par le couple, je n’avais pas porté attention à ce détail. La femme est liée au fauteuil.

— Il y a un godemichet au centre, lui expliqué-je dans un murmure.

Isa se tortille sur place.

— Comme une double pénétration, mais avec un seul homme ?

— Oui, c’est ça. Tu aimes ?

Pour toute réponse, elle saisit ma main droite reposant sur sa hanche, la place sur sa cuisse et la remonte sous sa robe. Sans un bruit, elle m’intime l’ordre de me glisser sous sa culotte.

Le spectacle a l’air de lui plaire et je ne vais pas m’en plaindre.

Lorsque j’effleure son clitoris, elle se colle contre la paroi, emprisonnant ma main. Seuls mes doigts peuvent bouger. Les lubrifiant, j’alterne entre caresses internes et externes. Je ne résiste pas à l’envie de me rapprocher de ma belle coquine. Je veux qu’elle sente mon érection appuyer sur ses fesses.

Je me synchronise au rythme du couple. C’est lent, trop lent pour Isa qui remue. Son geste ravive un peu plus la tension de ma queue. Mon corps la bloque, l’empêchant de frotter son cul de déesse.

L’homme accélère ses coups de reins, et mes doigts suivent le mouvement. À l’image de la femme, Isa commence à défaillir. Son souffle est rapide et chaotique. 

L’homme ralentit, moi aussi. Ma belle grogne de frustration. Ses ongles s’enfoncent dans mon avant-bras. Je souris malicieusement dans son cou et le mordille tout en continuant ma douce torture. Du coin de l’œil, je perçois la cadence plus rapide du couple. Suivant toujours la même rythmique, mes doigts s’emballent et, sans retenue, j’embrasse Isa pour étouffer son cri.

Un raclement de gorge, à proximité, nous empêche de nous remettre de nos émotions plus longtemps. Nous nous séparons pour connaître l’identité de la personne qui a osé nous déranger. 

— Monsieur, Madame, je vais vous demander de sortir, proclame un agent de sécurité.

— Vous n’auriez pas plutôt une pièce libre, ce soir ? tenté-je.

— Non monsieur, toutes les salles sont occupées. La prochaine fois — si, bien sûr, le patron accepte de vous laisser remettre les pieds dans l’établissement —, il vous faudra réserver.

Je suis surpris par sa réponse. Malgré le masque, je pensais être un minimum reconnaissable, à moins que ce soit un nouveau qui ne connaisse pas toutes les personnes qui l’emploient. Quoi qu’il en soit, il veille au respect des règles et saisit l’occasion de faire de nous un exemple pour éviter aux autres voyeurs d’avoir la même idée.

Main dans la sienne, j’entraîne Isabelle vers la sortie. Le vigile prend son rôle très au sérieux, nous suivant de près. Nous repassons derrière le rideau. Intriguée, l’hôtesse nous salue, et je lui rends le masque.

L’agent ne nous laisse pas le temps de discuter. Il nous oblige à sortir au plus vite du sous-sol nous adressant une rapide formule de politesse.

— Bonne soirée monsieur Pazio, s’empressent d’ajouter les deux vigiles de l’entrée.

Le premier semble perdu. Même le masque ôté, il n’avait pas dû se rendre compte de la personne qu’il mettait à la porte.

— Bonne soirée messieurs. Ne vous inquiétez pas, je dirai à Adam que vous faites tous du bon travail.

Je n’attends pas qu’il s’excuse, j’ai d’autres choses plus urgentes à régler avec ma belle.

— Allez mon amour, suis-moi, je t’emmène dans un lieu pour régler notre problème, mais je te préviens, ce n’est pas l’endroit le plus glamour du club.

— Et pourquoi ? Je me sens très bien, moi.

— Tu n’es qu’une allumeuse ! m’exclamé-je avant de la faire entrer dans le local réservé aux produits d’entretien.

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