Les douze nouvelles nouvelles

Arsène Houssaye · Chapitre 25 sur 69

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Les douze nouvelles nouvelles

Chapitre IV

—On ne meurt pas à vingt ans.

—Vous ne comprenez pas, dit Vallia, je suis sauvée, parce que je meurs, parce que Dieu me pardonne mes péchés et que je ne pécherai plus.

 

IV

Il y avait là une femme qui pleurait et qui éclata en sanglots: c'était la soeur de Vallia, celle-là qui vivait du péché et qui ne voulait pas vivre du repentir.

On sonna.

—N'ouvrez pas! dit Vallia.

Parlait-elle par pressentiment, ou bien ne songeait-elle qu'à respirer plus longtemps dans la même atmosphère de prières et d'encens?

Sa soeur, qui était allée ouvrir, fit quelque bruit à la porte pour empêcher une nouvelle venue de dépasser l'antichambre. Elle reparut en disant à Vallia:

—C'est Héloïse.

—Jamais! jamais! dit Vallia.

Une lueur étrange passa sur son visage; la lumière du mal, brûlant la lumière du bien, faillit rejeter l'orage en cette jeune fille transfigurée.

Alors seulement elle m'aperçut. Elle me fit signe, et j'allai lui prendre la main.

—Ah! vous aviez raison, me dit-elle, de vouloir m'arracher à cette fille, car elle m'a tuée.

Vallia laissa tomber sa main et ferma les yeux. On eût dit qu'elle venait de mourir. Sa soeur lui mit un flacon sur les lèvres.

Mme de la Châtre me ramena à la fenêtre.