Les douze nouvelles nouvelles

Arsène Houssaye · Chapitre 3 sur 69

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Les douze nouvelles nouvelles

Chapitre III

—Pourquoi n'êtes-vous pas comte, comme M. de Lagrange? To be or not to be!

—Qu'à cela ne tienne, murmura le triomphateur des courses, je vais demander cela au pape; c'est une petite affaire de cent mille; mes chevaux payeront mon titre.

Arthur ne s'était pas trompé de chiffre. Il fut, de par la cour de Rome, comte romain, ce qui est tout aussi bon que d'être comte français, quand on n'a rien fait pour cela.

Ce jour-là, Arthur demanda solennellement la main de très haute et très puissante damoiselle Laure de Montaignac.

Il se croyait déjà à la tête de la plus jolie femme de Paris. Ah bien oui! la veille, il y avait eu des courses; un autre sportsman triomphait; celui-là était marquis, celui-là descendait de l'Oeil-de-Boeuf....

Si bien que, le dimanche suivant, le curé de Sainte-Clotilde annonça au prône qu'il y avait promesse de mariage entre M. le marquis de N'importe-quoi et Mlle Laure de Montaignac.

 

III

Un coup d'éventail avait ruiné Arthur.

Dans l'enivrement de son coeur, il avait tout sacrifié à cette belle impertinente. Il ne put se consoler dans cette écurie qui devait être leur chaumière et leur palais.

Le jeudi, il y eut encore des courses; Arthur fut battu.