Ne rougis pas Saison 2 Tome 5
7. Destin Cruel
Destin cruel
« Aimer, c’était sans doute se montrer nu à l’autre. Nu dans sa force, et nu dans sa fragilité. Vrai. Qu’est-ce qui me faisait peur dans l’amour ? Cette nudité ? Sa vérité ? La vérité ? »
Jean-Claude Izzo
ROSE
Chez Rose, mardi 8 août, 2 h 14.
Les yeux grands ouverts, je tourne dans mon lit. Tout ce sang… Des flash-back horribles défilent en boucle dans ma tête dès que je ferme les paupières. Quelqu’un est mort, là, juste devant mes yeux… Bien qu’Alexis soit la pire pourriture que j’aie connue, le choc est brutal et je suis tiraillée entre le soulagement et la culpabilité. Je n’arrête pas de penser à sa famille. Apprendre que leur fils a été tué et découvrir sa vraie nature… Je m’enroule dans la couette. Je suis gelée.
Il m’a fallu trois jours pour réussir à me rendre au commissariat. Déballer ma vie devant des inconnus était terriblement difficile, leurs questions, des plus indiscrètes, me mettant horriblement mal à l’aise. La première heure, j’en avais des sueurs froides et une fois lancée, j’ai tout raconté : le flot ne s’arrêtait plus. La vérité a explosé et, finalement, je me suis sentie libérée. Le poids sur ma cage thoracique s’est comme envolé. D’ailleurs, je ne sais pas comment Gabriel s’est arrangé pour que je ne sois pas interrogée dans l’heure, c’est quand même étrange… J’ai eu le loisir de me rendre au commissariat quand je me suis sentie prête.
Tout ce que je sais vient de Douglas, qui, après m’avoir déposée cette nuit-là et m’avoir rassurée, a été placé en garde à vue. Roxanne aurait appelé elle-même la police quand elle m’a laissée seule avec ce monstre et se serait rendue immédiatement. Grâce à son témoignage et aux vidéos de surveillances, aucun d’entre nous ne risque plus rien… Enfin, dans l’absolu. J’ai refusé de porter plainte contre Roxanne et j’ai insisté pour qu’elle ne soit pas inquiétée. Et j’espère que ce pauvre Douglas sera libéré rapidement…
Je me redresse et farfouille dans le lit à la recherche de mon téléphone. Toujours pas de réponse… Soupir. J’ai dû envoyer au moins une trentaine de messages, plus débiles les uns que les autres, à Gabriel, ces derniers jours. Douglas m’a révélé la vérité à propos de son boulot : ce n’est plus Gabriel qu’il protégeait, mais moi… Encore une chose que mon Compliqué a omis de me signaler. Mais tout ce que je retiens là-dedans, c’est qu’il est toujours là, qu’il me protège. Alors qu’il ne se foute pas de moi ! Pourquoi embaucher quelqu’un pour veiller sur ma vie si je ne compte plus pour lui ? Je m’accroche désespérément à cette idée…
J’envoie encore un message… Un de plus ou de moins… Une douleur s’insinue au plus profond de mon âme, tandis que mes doigts tremblants s’activent sur mon portable.
[Je t’aime… tellement.]
Ma tête s’abat lourdement sur l’oreiller, le poids de son silence est insupportable… J’ai l’impression d’étouffer… Et, comme chaque nuit, je fixe le plafond, m’imagine pouvoir le traverser. Un bip m’arrache un sursaut. Mon rythme cardiaque s’emballe et, paniquée, je cherche une nouvelle fois mon téléphone. Les yeux écarquillés, j’exulte devant le prénom affiché sur l’écran.
Gabriel
[Demain 20 h chez moi.
PS : Dors, maintenant.]
Demain… Chez lui… Il me laisse enfin une chance de m’expliquer… Comme une idiote, je serre l’appareil contre moi. J’ai encore moins envie de dormir.
***
Je suis nerveuse, très nerveuse. Dans quelques heures, je rejoindrai Gabriel chez lui. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre. Mais si c’est chez lui, c’est plutôt bon signe, non ? En attendant, c’est la troisième fois que je change de robe. Je finis par me décider pour la première qu’il m’a offerte, la copie de celle de notre premier rendez-vous.
Je tourne en rond dans la maison. Pour passer le temps, je range, mais n’importe comment.
– Rose, assieds-toi ! Tu deviens flippante.
Valentin me fixe avec insistance pour appuyer ses paroles. Je fonce me coller contre lui dans le canapé. Haley travaille, et tant mieux. Mon meilleur ami glisse son bras autour de moi et zappe avec acharnement.
– Tu t’angoisses pour rien, ma beauté. C’est pas possible, il n’y a jamais rien de potable l’après-midi sur ces foutues chaînes !
Je me redresse pour le dévisager.
– Pour rien ?
– Oui, je suis certain que ça se passera bien.
J’espère qu’il a raison.
– Tu sais, Val, je n’arrive toujours pas à croire qu’il… Enfin, que tout soit définitivement terminé.
– Il te faudra du temps, mais tu es libre et, franchement, le voisin du dessus, je le vénère de t’en avoir débarrassée. Je sais que la morale voudrait que je ferme mon clapet, mais non, ce connard t’avait fait trop de mal.
– J’ai autre chose à te raconter, mais jure-moi de ne pas en parler à Aude.
Il semble étonné et essaie de deviner ce qui se cache derrière mon visage grave, avant de lever la main droite.
– Je le jure ! Vas-y, raconte.
Je m’éclaircis la voix et essaie de remettre mes idées dans le bon ordre. Je me lance alors dans l’histoire la plus tordue que j’ai eue à lui raconter : celle de la cave du Saphir. Il écarquille de plus en plus les yeux, à tel point que j’ai l’impression qu’à la fin il me regarde avec deux projecteurs, la bouche à demi ouverte.
– Le truc de psychopathe ! Nom d’une cacahuète grillée ! Et tu as osé me cacher ça ?
– Je n’avais pas trop le choix. Est-ce que tu me prends pour une folle, maintenant ?
Il se lève d’un bond.
– Tu rigoles, poupée ? Tu as été gentille, je trouve ! Ça aurait été moi, cette pourriture, je lui aurais cassé l’autre bras et les deux jambes avec !
Il exagère ses gestes, en rajoute des tonnes et finit par me faire rire. Pourquoi ai-je eu peur qu’il me trouve tarée ? C’est mon meilleur ami et pas pour rien.
– Tu gardes ça pour toi, surtout !
– Oui, oui.
Valentin se précipite subitement vers la cuisine. Mais qu’est-ce qu’il fabrique ? Il sort une bouteille et deux verres.
– On fête ça, poupée !
– Tu crois qu’on peut réellement fêter le décès de quelqu’un ?
Il grimace l’espace d’un instant.
– C’est ta liberté qu’on fête, poupée !
Je jette un coup d’œil à la pendule. Il me reste une heure avant mon petit rendez-vous avec mon Compliqué, alors un verre ou deux ne me feront pas de mal pour m’aider à affronter mon angoisse persistante.
Avec la compagnie de Valentin, l’heure est passée beaucoup plus vite que je ne l’imaginais. Et maintenant, plantée devant la porte de l’étage du dessus, je suis comme paralysée. Je l’observe depuis au moins cinq bonnes minutes. J’appréhende et me mordille nerveusement la lèvre. J’ai peur de perdre mes mots face à Gabriel. Et quand il ouvrira, qu’est-ce que je suis censée faire ? Lui balancer un vulgaire « salut » ou lui sauter au cou ? Si j’avais pu, j’aurais traîné mon meilleur ami derrière moi pour me donner du courage.
Oh, Rose, reprends-toi !
Il faut absolument que ça se passe bien, je vais lui avouer que je désire plus que tout venir vivre avec lui. Ce soir même, s’il le souhaite ! Me coucher à ses côtés, me réveiller avec lui… L’angoisse en moi est tenace.
20 h 05. L’heure du rendez-vous est passée et je n’arrive pas à me décider à frapper à cette satanée porte.
20 h 10. Ma conscience se tient sur la poignée avec un petit sourire d’encouragement.
Courage !
20 h 12. Je frappe et torture ma lèvre encore une fois.
Le cliquetis qui m’annonce le déverrouillage me pousse à me redresser. Mon cœur s’affole au fur à mesure que la porte s’ouvre. Et puis, subitement, c’est la chute, le froid, l’ère glaciaire dans le petit couloir. Gabriel, devant moi, ne m’octroie même pas un regard. Il est hermétiquement fermé, pas un mot ne franchit ses lèvres pendant qu’il recule, libère le passage pour que j’entre dans l’appartement.
Je déglutis, avance en tentant de maintenir un semblant de dignité, alors que j’ai déjà envie de m’effondrer. Je pénètre à peine dans le salon qu’une vague de souvenir me balaye, ajoute une pesanteur supplémentaire sur mes épaules qui s’affaissent.
Des cartons… Ma valise… Un immense malaise m’envahit et les larmes butent déjà contre mes cils qui papillonnent pour les retenir. Mes ongles s’enfoncent dans mes paumes.
– J’ai préparé tes affaires.
Mon monde s’écroule devant cette voix monocorde, sans la moindre émotion. Je tente, dans un dernier effort, d’accrocher son regard… En vain. Encore un coup d’œil vers mes affaires et mon corps s’insurge.
– Non !
Mon cri se répercute dans toute la pièce. Je reste stupéfaite, Gabriel n’a pas émis la moindre réaction. J’avance vers lui, tente de le toucher. Il me chasse.
Regarde-moi !
– Gabriel. Tu ne peux pas. Tu n’as pas le droit ! Je n’y suis pour rien pour Lucas !
Je n’arrive même pas à formuler une phrase correcte devant tous mes espoirs qui semblent s’anéantir les uns derrière les autres.
– Je sais.
Coup de grâce.
– Explique-moi… Je t’en prie.
Désespérée, je me jette sur lui, m’accroche à son tee-shirt. J’ai envie de le toucher, de le sentir, qu’il me prenne dans ses bras, qu’il me serre de toutes ses forces jusqu’à ce que ça me fasse mal. Mais il détourne son visage, repousse mes mains.
– Il n’y a rien à ajouter.
Mon cœur se fragmente douloureusement. Les larmes jaillissent, ma colère avec.
– Tu mens ! Je t’interdis de dire ça !
Je m’agite, commence à faire les cent pas devant lui.
– Rose, je veux que tu partes. Maintenant.
Gabriel avance d’un pas. Surprise par sa réaction, je recule. Le contact de sa paume sur ma joue m’électrise. Le regard qu’il pose enfin sur moi me bouleverse. J’y discerne de la colère, de la souffrance et autre chose… mais quoi ? Mes pupilles s’agitent nerveusement, cherchent frénétiquement dans les siennes quelque chose à laquelle se raccrocher.
Il rompt le contact, ses lèvres se posent sur mon front. Je devrais le repousser, continuer à hurler, mais non, je ferme brièvement les paupières alors que mes larmes continuent de couler sur mes joues.
– Je ne suis pas capable de t’offrir ce que tu désires.
J’ouvre les yeux d’un coup. Mais il se fout de moi ! Je le dévisage. Il ment, ce n’est pas possible autrement ! Sans que je m’y attende, il se dirige vers la porte, l’ouvre.
– Va-t’en Rose, je descendrai tes affaires moi-même.
Cette fois, je hurle.
– Tu n’es qu’un enfoiré, Alcott ! Tes belles paroles, ce n’était que du vent ! Je ne partirai pas ! Je veux savoir ! Vas-y, crache le morceau ! Pourquoi tu ne veux plus de moi ?
La colère, me submerge et je fonce sur lui. Mes poings s’abattent sur son torse. Je frappe encore et encore, m’acharne désespérément alors qu’il ne cherche même pas à éviter mes coups. Je ne supporterai jamais qu’il m’abandonne… Mes coups deviennent de plus en plus ridicules… Je n’ai plus de force, mais je continue.
– Tu n’as pas le droit… Dis-moi juste pourquoi… Je t’en supplie…
Ses mains s’emparent de mes poignets, les rabattent délicatement le long de mon corps.
– Parce que je vais mourir, Rose.
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Quelques extraits
Get High
Avril Sinner
Raphaëlle, surfeuse bretonne exilée à Paris, contrôle sa vie avec rigueur. Mais lorsqu'elle rencontre Edern et Jean, deux amis sombres et mystérieux, notre héroïne perd tous ses moyens et se laisse embarquer dans une relation sulfureuse.
Raphaëlle arrivera-t-elle à survivre à ce triangle amoureux sans oublier qui elle est ?
Par Avril Sinner.
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Extrait
Presque 19 heures… Bouger de ce canapé dans lequel je me vautre depuis au moins cinq heures, voilà ce qu’il faudrait que je fasse ! Mais nous sommes lundi. Je ne travaille pas aujourd’hui et alterne alors entre mon lit et mon canapé. Fumer, lire, refumer, regarder une série et éventuellement manger. C’est à ça que ressemblent mes week-ends depuis au moins six mois. Mes semaines ne sont pas très différentes non plus. Sauf qu’il me faut sortir pour aller au centre médical dans lequel j’ai mon cabinet de psychologue depuis un an.
Je m’extirpe enfin de mon refuge et quitte le salon en direction de ma chambre. Le regard perdu à travers la fenêtre, je scrute les gens marcher, la tête rentrée, les mains enfoncées dans les poches. Il doit faire froid. Nous sommes en novembre, j’ai la flemme de quitter la chaleur de mon appartement.
Installée dans ce deux-pièces parisien depuis ma rupture avec Marc, je pense souvent à lui… Trop à mon goût. Nous sommes restés amis, mais cela fait six mois que je ne l’ai pas vu. Depuis qu’il a décidé de vivre son rêve : surfer dans les plus beaux spots du monde. Lui, au moins, il a su faire quelque chose de cette rupture. Moi, je me demande parfois si c’était la bonne décision et commence à croire qu’il restera mon seul grand amour… Je l’ai connu à dix-huit ans et mis fin à notre relation à vingt-six. Huit ans à vivre une histoire au début passionnelle, compliquée, devenue progressivement confortable… Nos caractères forts et indépendants conjugués à notre passion pour le surf nous ont rapprochés, mais cela nous a aussi amenés à souvent nous affronter. Je ne sais plus combien de fois nous nous sommes séparés pour toujours revenir l’un vers l’autre. Cette fois, c’est différent.
Quand nous avons aménagé ensemble, nos affrontements sont devenus des compromis. Disons plutôt qu’incapables de nous quitter nous avons opté pour le « on ne s’impose rien, on n’exige rien ». Tout est alors devenu calme entre nous. Trop calme. Comme une mer sans vagues. J’ai fini par ne plus le voir, ne plus rien ressentir, juste savoir qu’il était là. Nous avons vite basculé dans l’ennui, le rien. À rêver d’avant… Deux surfeurs, natifs des côtes escarpées de Bretagne, échoués sur une plage de la Côte d’Azur.
Je suis partie un samedi sans chercher le conflit, en silence. Un sursaut de vie m’a fait prendre cette décision dans l’espoir de réveiller mes émotions éteintes. Provoquer une tempête sur cet océan sans vie. C’est ce qu’il s’est passé. Du moins la première année.
Il y a d’abord eu la souffrance, le manque. Une profonde tristesse mêlée à l’angoisse d’être loin de lui. Mais, au moins, je ressentais quelque chose. Puis, avec l’aide de mes trois amies célibataires, je me suis réinsérée dans la vie sociale, le monde des vivants. Le réveil fut brutal. J’ai mal négocié la vague. Le désir de sortir, parler, manger, baiser m’a explosée en pleine figure tombant alors dans l’excès inverse : j’ai rencontré trop de gens, trop bu, trop fumé, trop couché à droite et à gauche avec des mecs que je ne supportais pas plus de quarante-huit heures. Même si cette période a été intense et riche d’enseignements, j’en ressors aujourd’hui fatiguée, blasée. Cela n’a fait qu’accentuer l’idée de n’être plus capable d’aimer comme j’ai aimé Marc autrefois. Suis-je condamnée à l’ennui sur le plan sentimental ?
Aujourd’hui, me voilà revenue au point de départ. Depuis quelques mois, je suis de nouveau électro-encéphalogramme plat, comme anesthésiée. Plus aucun ressenti, ni envie, ni douleurs, ni excitation. Mais pour l’instant, ça me plaît. J’en arrive à croire que je m’auto-suffis et souhaite que personne ne vienne troubler ma quiétude. Je ne le permettrai pas. Vivre seule, totalement indépendante me ravit même si je flirte parfois avec l’isolement.
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Après l’obscurité
Eve Borelli
La vie de la pétillante Olivia aurait pu être parfaite si une tache de naissance n'était pas venue tout gâcher. Pleine de complexes, c'est à peine si la jeune femme ose affronter son reflet. Fond de teint, compliments de son meilleur ami : rien n'y fait. Co-animatrice d'une émission radio, elle est bien plus à l'aise terrée derrière son micro.
Un ascenseur.
Une panne de courant.
Un ouvrier du bâtiment terriblement troublant.
La lumière après l'obscurité.
Qui est donc ce mystérieux Noan qui est parvenu à la rassurer ? Une nouvelle obsession... ou un fantôme du passé ?
Par Eve Borelli.
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Extrait
− Quand se décideront-ils à réparer ce maudit ascenseur ? grommela-t-elle, à nouveau contrariée.
Deux semaines que l’appareil donnait des signes de fin de vie. Malgré cela, Olivia s’entêtait à le prendre. Même si elle mourait de terreur à chaque fois qu’elle s’y enfermait, elle ne se résignait pas à emprunter les escaliers, qu’elle trouvait flippants au possible : la lumière fonctionnait une fois sur deux et il y avait des courants d’air, des recoins sombres. La planque idéale pour un criminel en manque de chair fraîche.
Dans un hoquet, l’ascenseur s’immobilisa puis ouvrit ses portes avec difficulté.
Un homme entra. Instinctivement, Olivia recula et plaça sa paume sur sa joue. Ce n’était pas nécessaire : il ne lui accorda aucune attention, se contentant de marmonner un vague bonjour avant d’appuyer sur le bouton « rez-de-chaussée » et de se plonger dans la lecture d’un énorme plan déplié entre ses mains.
L’appareil mit un temps fou à se refermer.
À la dérobée, Olivia observa l’arrivant au bleu de travail maculé de taches et se focalisa sur ses bras vigoureux, légèrement égratignés par endroits…
Waouh !
Alerte !
Un mâle sexy dans son immeuble !
Une révolution ! Un événement à graver dans le marbre ou tout autre matériau existant sur Terre ! Il fallait bien avouer qu’entre Stanislas Gontran, le vénérable collectionneur de timbres à l’haleine douteuse du troisième, et Vincent Mares, le maigrichon du cinquième, son environnement manquait particulièrement de glamour. Il n’y avait pas là de quoi s’offrir une petite aventure sympathique, ou mieux, une love story renversante… Et puis, s’il y avait eu un voisin charmant, elle n’aurait de toute manière pas eu le courage de l’aborder. Depuis sa séparation d’avec son taré d’ex, sa vie amoureuse ressemblait donc à une assiette de nana au régime : désespérément vide. Elle n’approchait personne. Personne ne la draguait.
Mais cet homme… Elle en aurait bien fait son quatre heures…
Si elle n’avait pas vécu ce terrible incident des années auparavant, lui aurait-elle lancé un sourire aguicheur ? Se serait-elle montrée sûre d’elle, entreprenante ?
À nouveau, elle coula un regard vers lui et s’arrêta sur ses mains, puissantes, carrées. Elle commençait sérieusement à imaginer sa poitrine prisonnière de celles-ci lorsque la cabine tressauta de manière plus violente, la projetant contre le torse de son voisin, qui la retint fermement. Avant qu’elle ne puisse le remercier, l’ascenseur s’immobilisa brusquement et les ampoules déjà faiblardes s’éteignirent.
− Qu’est-ce qui se passe ? demanda l’homme d’une voix légèrement agacée en la repoussant doucement.
− Je l’ignore, rétorqua Olivia, hésitante. Cet ascenseur est une relique…
Son cœur battait la chamade. Trente secondes top-chrono, et son début de fantasme s’était mué en une profonde inquiétude.
Oui, elle sentait la vilaine patte de l’angoisse s’abattre froidement sur sa nuque.
Elle tenta d’imaginer la multitude de choses cochonnes qu’elle pourrait entreprendre avec cet homme dans l’obscurité, histoire de se détendre… Peine perdue : le stress dévorait chaque vision érotique lui venant à l’esprit.
Sans être claustrophobe, elle avait beaucoup de mal à supporter d’être enfermée. Toute petite déjà, elle suppliait ses parents de laisser la porte de sa chambre ouverte. Elle se souvenait encore avec effroi de sa grand-mère la bouclant à double tour dans le bureau de son papi adoré pour la punir d’avoir boulotté en cachette l’intégralité du pot de confiture d’abricots maison. Elle avait balisé comme jamais, avec, pour seule distraction, le crucifix pendu au mur et la photo de l’arrière-grand-oncle à l’air sinistre…
Et elle craignait le noir…
Et elle redoutait que l’ascenseur ne se décide à les envoyer dans l’au-delà…
De tels accidents existaient.
Ils demeurèrent silencieux. Cinq secondes défilèrent… Puis dix… Puis vingt. Pétrifiée, Olivia ne bougeait pas d’un centimètre.
Son compagnon la frôla et la nervosité la gagna. Sans crier gare, le souvenir d’un film ultra-terrifiant l’envahit : des gens coincés dans un ascenseur se faisaient zigouiller un à un par le diable ayant squatté le corps de l’un d’entre d’eux.
Et si ce séduisant garçon était Satan qui se pointait pour lui piquer son
âme ?
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Collection « Nisha’s Secret »
Obsessions insoumises, Mael – Angel Arekin
Obsessions insoumises, Rory & Max – Angel Arekin
Obsessions insoumises, Yano – Angel Arekin
À pleines mains, Elsa – Eva de Kerlan
Dévorer du regard, Milia – Eva de Kerlan
Irrésistible, Natalia – Eva de Kerlan
Se mettre au parfum, Josh – Eva de Kerlan
Zeus Dating – Eva de Kerlan
Frissons de nuit – Cindy Lucas
Joue avec le feu – Cindy Lucas
Pacte sensuel – Cindy Lucas
Un goût d’interdit – Cindy Lucas
Déclencheur de plaisir – Twiny B.
L’artiste – Twiny B.
Orgasmes nocturnes – Twiny B.
Plaisirs masqués – Twiny B.
Pari à trois – Oly TL
Soumise Aïko – Oly TL
Soumission aquatique – Oly TL
Yoga & supplices – Oly TL
Songe d’une nuit torride – Joy Maguène
Collection « Diamant Noir »
Love Business – Angel Arekin
Get High – Avril Sinner
Après l’obscurité – Eve Borelli
La chute, saisons 1 et 2 – Twiny B.
Ne rougis pas, saison 1 et 2 – Lanabellia
Ne ferme pas ta porte – Lanabellia
Play & Burn – Fanny Cooper
Alia, les voleurs de l’ombre – Sophie Auger
Betrayed – Sophie Auger
Collection « Crush Story »
@Sirène – Olivia Billington
Shine & Disgrace — Zoé Lenoir
Love on Process – Rachel
Hollywood en Irlande – Elisia Blade
Séduire & Conquérir – Elisia Blade
Journal d’un gentleman saisons 1 et 2 – Eva de Kerlan
Le goût du thé, celui du vent saisons 1 et 2 – Eve Borelli
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Auteure : Lanabellia
Suivi éditorial : Valentin Moulin
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Vous avez terminé Ne rougis pas Saison 2 Tome 5
Lanabellia
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