Nous. Envers et contre tout
Chapitre 8
8
Je sautai le dîner, me contentant de vérifier mon téléphone, guettant l’arrivée d’un message de David. Mais, hormis des photos de Summer faisant la fête avec Charlotte, je ne reçus rien. Je me repassai en boucle la conversation sur la plage. La colère de David, mon silence et notre histoire qui semblait se désagréger au rythme des vagues. J’aurais dû en être soulagée.
J’aurais dû être contente de lui avoir confié mes peurs. J’aurais dû savourer notre amitié retrouvée. Mais je me sentais vide et seule. Mon corps me faisait mal, et mon cœur n’était qu’un amas de cendres.
— Tu devrais essayer, marmonnai-je devant mon téléphone.
Je ne savais pas vraiment ce que j’attendais. Un message, un signe, un appel. Un truc qui me ferait croire pendant quelques secondes que je n’avais pas tout foiré, ou que j’avais raison de rester dans ma chambre, au lieu de foncer dans celle de David pour tenter de sauver notre histoire.
Allongée sur le lit, je fixais le plafond. Je devenais un cliché : la pauvre fille incertaine de ce qu’elle devait faire. Une part de moi m’enjoignait de le rejoindre, l’autre part, beaucoup plus rationnelle, me rappelait que son métier était comme une épée de Damoclès au-dessus de notre relation.
— Tu devrais essayer, répétai-je.
Des coups à la porte me tirèrent de mes sombres pensées. Je vérifiai que mon T-shirt couvrait mes cuisses et ouvris avec précaution. La silhouette de David se dessina dans l’entrebâillement, et mon cœur eut un délicieux raté. Instantanément, je retrouvai le sourire, et une onde de soulagement me parcourut.
— Je n’ai pas d’eau chaude. Ça t’ennuie si je prends une douche dans ta chambre ?
— Euh… Non.
— Je ne tiens pas à la douche commune au bout du couloir, continua-t-il.
Je m’écartai, un peu hébétée, et le laissai entrer. Mon T-shirt me paraissait maintenant beaucoup trop court. Je reculai et me plaçai à l’autre extrémité de la pièce.
David me fixait avec curiosité, comme s’il attendait une réaction de ma part.
— En un peu plus de dix ans, je ne me suis brûlé que deux fois, dit-il d’une voix calme.
Il retira son T-shirt, laissant apparaître son torse musclé, fruit de dix années de service. Je fis tout mon possible pour ne pas le détailler. En vain. C’était comme replonger dans un livre agréable : je le connaissais par cœur, mais je ne me lassais pas de le relire. Le souffle court, je cherchai les traces de ses brûlures.
— Épaule et cuisse droites, m’indiqua-t-il. Tu les avais remarquées ?
— Non, avouai-je.
— Deux fois. Je sais survivre, Gem’. C’est ce que j’ai toujours fait et que je fais de mieux. Je survis.
Il avança dans ma direction, les yeux rivés aux miens. L’air me manquait, et toutes les bonnes raisons que j’avais eues de le repousser s’étaient envolées. Notre attirance était trop puissante pour être contrôlée. J’avais tellement lutté que j’étais à bout de forces.
— Et j’ai une excellente raison de rester en vie, continua-t-il.
Il n’était plus qu’à quelques centimètres de moi. D’instinct, pour me protéger, je plaquai la main sur son torse, prête à le repousser.
— Il faut que tu nous laisses une chance, Gem’.
— David, ce n’est pas…
— Il ne m’arrivera rien, tant que tu seras avec moi. Je te promets qu’il ne m’arrivera rien.
— Tu ne peux pas promettre ça !
— C’est vrai. Mais je peux promettre de te rendre heureuse. Ou de te faire sourire comme quand j’ai frappé à ta porte. Ou de te fournir des litres de crème glacée à la vanille. Peut-être même de revisser cette porte de placard qui grince dans ta cuisine.
Un rire m’échappa et il en profita pour réduire encore l’espace entre nous. Je laissai ma main retomber, abdiquant silencieusement. Pour être honnête, j’avais abandonné dès qu’il avait frappé à la porte. Le voir m’avait fait comprendre que je n’arriverais pas à faire ma vie sans lui.
— J’ai été élevée par une mère angoissée et un père hypocondriaque, dis-je, sans camoufler mon sourire ironique. La prudence est dans mes gènes. Je réfléchis dix jours avant de prendre une décision, je vérifie trois fois si les fenêtres sont fermées, je ne marche pas dans la neige de peur de glisser.
— Si je ne te connaissais pas mieux, je dirais que tu es terriblement ennuyeuse, s’esclaffa-t-il.
— C’est ce que je suis.
— Bien sûr que non ! As-tu réfléchi quand tu m’as embrassé sur la plage ? Réfléchis-tu quand les filles t’appellent pour un petit déjeuner urgent à 6 heures ? Tu es drôle. Et bienveillante. Et prévenante. Lumineuse, franche, sincère. Tu es la femme que je veux, Gemma.
Je restai silencieuse, secouée par sa déclaration. Je fixai ses iris bleus, perdue dans mes sentiments. Je n’avais jamais ressenti une telle peur, ni un tel désir pour un homme.
— Est-ce que tu te souviens du seizième baiser ? demanda-t-il avec patience.
Je secouai la tête. J’étais incapable de penser convenablement. Il brouillait mes repères, le désir m’étouffait, et la tension entre nous était intenable. Je savais qu’il finirait par gagner, qu’il parviendrait à me séduire.
Je le savais, parce que je sentais mon cœur tambouriner avec une force inédite, et que tout mon corps se tendait vers lui. Je le savais, parce que envisager de ne plus sentir sa main dans la mienne était trop douloureux. Je le savais depuis longtemps, j’avais simplement refusé de me l’avouer.
— Tu somnolais. C’était le lendemain de notre première nuit ensemble. Je t’ai embrassée et tu as grogné. Juste après, tu as souri et tu m’as attiré contre toi. Tu me voulais, Gem’.
— Je fais des choses étranges dans mon sommeil, plaisantai-je.
— Ça ne m’a pas empêché de tomber amoureux de toi !
Le silence s’installa. Je levai prudemment les yeux vers lui, constatant qu’il n’y avait aucune lueur de plaisanterie dans les siens. Il se pencha et ses lèvres frôlèrent la ligne de ma mâchoire. Un gémissement de frustration m’échappa et ma respiration déjà lourde s’accéléra.
— Je t’aime, Gemma, murmura-t-il doucement à mon oreille.
Un frisson me parcourut des pieds à la tête, puis je sentis David me soulever par la taille pour me déposer sur la table coincée contre un mur. Il prit soin de ne pas prolonger ce contact et appuya les mains sur le plateau. Sa bouche caressa mon cou, glissa jusqu’à la naissance de mes épaules, avant de se poser de l’autre côté pour un baiser furtif. Je refoulai l’idée de le supplier de m’embrasser. Tout mon corps s’était enflammé lorsqu’il était entré dans ma chambre. Maintenant qu’il était si près de moi, l’incendie redoublait d’intensité.
— Je devrais essayer, marmonnai-je.
David se redressa et me caressa la joue du dos de la main. J’étais à bout de souffle, dans un équilibre précaire et prête à me liquéfier.
— Prendre des risques, continuai-je. Charlotte me l’a conseillé.
— Charlotte est une fille bien.
— J’ignore si j’y parviendrai…, avouai-je. Je ne sais pas si je suis une fille pour toi et si tu…
Il me fit taire en posant son index sur mes lèvres. Cette conversation ne menait nulle part. En tout cas, pas où il souhaitait aller. Il poussa un soupir de lassitude, puis repoussa une mèche de cheveux de mon visage.
— Écoute, Gemma, je t’ai prévenue que je n’étais pas un mec patient. Ni vraiment créatif. Je suis du genre… cash. Je t’aime. Je n’ai pas eu un nombre délirant de copines, je ne dévoile pas mes sentiments facilement, alors, je vais te poser une seule question, et ça mettra un terme à ce malaise entre nous. D’accord ?
— D’accord, soufflai-je.
— Ta réponse déterminera si… si on reste amis ou si… si je passe avec toi cette nuit, et toutes les autres.
Je hochai la tête, lui confirmant ainsi que j’avais compris ses conditions. Il soupira à nouveau, comme s’il allait prendre son élan avant de sauter dans le vide. Mon cœur cognait toujours à un rythme fou dans ma poitrine. Dans la pénombre, je ne captais que le bleu de ses yeux.
— Je t’écoute, l’encourageai-je d’une voix tremblante.
— Tu es pressée de répondre, on dirait ?
— Simplement pour ne pas contrecarrer tes projets de la soirée. Tu voulais prendre une douche, lui rappelai-je.
— C’est vrai.
Il joua avec le bas de mon T-shirt, sans prendre le risque de toucher ma peau. Je me tendis, entre frustration et désir coupable. Son silence était insoutenable. Je savais pourtant qu’il avait raison : on devait trouver une issue à cette situation. Il planta son regard dans le mien, s’assurant d’avoir toute mon attention. J’osai à peine battre des paupières.
— Tu veux de l’aide ? dit-il finalement.
— Quoi ? Mais…
— C’est ma question : est-ce que tu veux de l’aide ?
Je retins un rire nerveux et ne pus m’empêcher de sourire largement. Il garda les yeux ancrés aux miens, brillants de malice. Je m’autorisai un geste : je posai les mains sur son torse avant de les remonter lentement sur ses épaules. J’approchai de lui et je nouai les doigts autour de sa nuque.
— Oui, murmurai-je.
— Bien. Laisse-moi faire alors.
Sans attendre, il passa mon T-shirt par-dessus ma tête, et ses lèvres trouvèrent enfin les miennes. Le désir explosa dans mes veines, brûlant, impétueux. J’écrasai ma poitrine nue contre son torse, l’attirant au plus près de moi. Sa bouche ne quittait plus la mienne, ses mains couraient le long de mon corps, puis trouvèrent ma culotte. Excitée et frustrée par ces deux dernières journées de privation, j’attaquai la ceinture de son jean avec frénésie.
Il abandonna mes lèvres, laissant une traînée de baisers sur mon cou. Je me cambrai de plaisir, rejetant la tête en arrière. Je bataillai avec les boutons de son pantalon et finis même par m’agacer.
— Tu veux de l’aide ? murmura-t-il à mon oreille.
— Enlève-moi ce truc, je veux te sentir.
— Préservatif dans la poche arrière.
Je fouillai la poche, pendant qu’il se débarrassait de son jean et de son caleçon. Je caressai doucement son sexe tendu, troublée par son regard sur mes mains. Il gémit lourdement quand je le serrai un peu plus fort. Il glissa les doigts sous mes cuisses et m’attira contre lui. Je déroulai la protection sur son sexe, puis déposai un baiser sur son torse, devinant les palpitations de son cœur sous sa peau.
Soudain, ses mains encadrèrent mon visage. Le temps s’arrêta et je retins mon souffle.
— Je ne te laisserai pas fuir demain matin, chuchota-t-il.
Sa promesse sonna comme une revendication. Je me contentai de lui offrir un sourire complice. Je n’allais pas fuir… J’en étais incapable. Je l’avais compris en le voyant à ma porte. Malgré moi, malgré mes inquiétudes et son métier dangereux, j’étais liée à lui.
Il posa les lèvres sur les miennes et agrippa ma culotte pour me la retirer. Je me soulevai, l’aidant maladroitement. L’instant suivant, mon sexe se trouvait à hauteur du sien, mes cuisses ceignaient ses hanches. Je m’accrochai à ses épaules mais, à ma grande surprise, il me souleva et me porta comme si je ne pesais rien. Il m’allongea sur le lit, puis me couvrit de son corps.
— La table ne te plaisait pas ? demandai-je, en sentant son sexe flirter avec le mien.
— Si. Mais là je te vois mieux.
Son regard coula de mes lèvres à ma poitrine, et une bouffée de chaleur me fit rougir. J’avais toujours eu des problèmes relationnels avec mon corps. Je ne m’aimais pas. Je n’aimais pas mes formes trop généreuses, mes hanches trop larges, mon ventre pas assez plat. David, lui, me regardait comme si j’étais belle et rare.
Lentement, son sexe s’enfonça dans le mien. Je n’opposai aucune résistance et me laissai emporter par mon désir. Il noua ses mains aux miennes et les cloua contre le lit, au-dessus de mes épaules. Il allait et venait, au-dessus de moi, ses yeux dans les miens, le souffle court. Mes hanches suivaient le mouvement, à sa rencontre, ondulant sous lui. Les yeux clos, je gémissais de plaisir, me perdais peu à peu, le corps brûlant du frottement de nos peaux.
David accéléra et nicha le visage dans mon cou. Il mordilla ma peau, et je l’entendis grogner de plaisir. Je parvins à libérer mes mains et lui caressai le dos. Sous mes paumes, je suivais le mouvement de ses muscles et la tension qui se propageait dans tout son corps. Ma respiration devint haletante et je soulevai les hanches pour accentuer le contact. Il commençait à connaître mes réactions ; il comprit immédiatement que j’étais sur le point de jouir.
— Tu m’as manqué, avouai-je dans un chuchotement saturé de désir.
Notre étreinte était naturelle, instinctive. David menait la danse et je me laissais aller, en confiance, prête à oublier toutes mes réticences. Il s’enfonça encore en moi, les mains sur mes côtes. La douceur de ses gestes contrastait avec notre désir échevelé. Mes gémissements s’intensifièrent, emplissant la chambre. L’instant suivant, une vague de chaleur déferla le long de ma colonne vertébrale et me secoua tout entière. L’orgasme me tira un cri de joie et, au-dessus de moi, David jouit à son tour en murmurant mon prénom.
À bout de souffle, il se laissa glisser près de moi et m’attira contre son torse. Les yeux fermés, j’écoutai les battements de son cœur. Il se débarrassa du préservatif et parvint à nous enrouler dans la couette.
— Combien de filles, au juste ? demandai-je, d’une voix pâteuse.
— C’est tout ce que tu as retenu ?
— Ça m’intéresse, me défendis-je. Alors, combien ?
— Quatre.
— Seulement quatre ? Comment est-ce possible ?
— Je ne drague pas. Ça me prend du temps de me lier avec des gens. Et mon passé est un truc que je trimballe avec moi. Tu ne parles jamais de ta famille, me fit-il remarquer.
— Mes parents ont une ferme, ils y vivent depuis toujours. J’ai eu une enfance agréable : jolie chambre, bons goûters et une mère qui me faisait réciter mes leçons. Mais je vivais dans une ville où tout le monde se connaissait et… j’avais envie d’être anonyme. Alors, je suis venue à New York. De toute façon, c’était New York ou Los Angeles.
— Ça s’est joué à pile ou face ?
— Non, au tarif du billet d’avion. Los Angeles était hors de prix.
David me fit relever la tête et un sourire éclaira son visage. Je me demandai brièvement si j’avais vraiment cru être capable de m’éloigner de lui. Il avait un pouvoir apaisant sur moi, il calmait mes tourments et mes angoisses. Je me redressai légèrement et posai un baiser sur ses lèvres. C’est alors que ma dernière conversation avec ma mère me revint. J’étouffai un rire. David me lança un regard curieux.
— Une vieille histoire avec ma mère. Tu es vraiment tombé amoureux de moi après cette histoire de grognement ?
— Oui, vraiment. Gemma, tu n’es obligée à rien, continua-t-il en voyant mon visage se rembrunir.
Il caressa ma joue du bout des doigts, me rassurant. Mais, contrairement à ce qu’il imaginait, je ne me sentais ni redevable ni coupable. Je voulais juste lui dire ce que j’avais mis des mois à m’avouer. Il méritait qu’on l’aime. Il avait vécu trop de choses horribles, avait surmonté des épreuves et lutté contre mes réticences.
— Quand j’ai ouvert la porte, soufflai-je.
— Quoi ? De quoi tu parles ?
— Quand j’ai ouvert la porte ce soir, et que je t’ai vu dans l’embrasure, j’ai compris que j’étais amoureuse de toi.
Je songeai à l’histoire de mes parents, à cette histoire de voisin venu frapper et tombé sous le charme de ma mère. De la même façon, mon voisin temporaire était venu me trouver pour me convaincre de le laisser gagner.
— Je l’étais sûrement depuis quelque temps, mais ce soir…
Je n’eus pas le temps de finir que David me couvrait de son corps pour m’embrasser avec passion. Je ris contre sa bouche, délivrée d’un poids que j’ignorais presque porter.
— On va devoir refaire l’amour, dit-il, la mine faussement contrariée.
— Difficulté inhérente à la vie de couple !
— Je laisse la lumière ou tu préfères qu’on fasse ça dans le noir ? Pour le mystère, tout ça…
Je le fis taire en lui frappant l’épaule du plat de la main. Quelques minutes plus tard, je me retrouvai sur lui, bougeant avec rythme, tandis que ses mains jouaient tendrement avec mes seins.
Le lendemain, David et moi petit-déjeunions face à face, passablement fatigués par notre nuit agitée. Il n’avait pas regagné sa chambre, et je culpabilisais un peu de lui faire payer la note. Mais il avait balayé ma remarque d’un geste de la main :
— Ça en valait chaque centime ! Tu ne m’as pas dit ce que tu faisais de tes vacances ?
— Eh bien, je comptais aller voir mes parents, et peut-être m’offrir un truc inutile et extravagant sur une île des Caraïbes. Tu veux venir ?
— J’ai d’autres plans et je ne peux pas annuler.
Je ne masquai pas ma déception. J’avais envie de passer du temps avec lui et, maintenant que nous nous étions enfin parlé, il s’échappait. Je chipotai sur mes œufs, ruminant ma contrariété. David termina sa tasse de café d’un trait, pendant que, l’estomac noué, je repoussais mon assiette.
— On y va ? proposai-je.
— Je te suis.
Nos valises à la main, nous sortîmes de l’hôtel. Notre voiture nous attendait, rutilant sous le soleil, prête à nous conduire à l’ultime étape de notre voyage. Nous avions plusieurs heures de route devant nous, ce qui me ferait probablement oublier mon amertume.
— Cela étant, je me dis que je pourrais emmener ma petite amie à Los Angeles, lança David, comme nous nous dirigions vers notre véhicule. Theo me laisse la voiture.
— Je croyais qu’il devait la vendre ?
— Il va attendre.
— Est-ce que tu la convoyais vraiment ou est-ce que… est-ce que c’était un stratagème honteux pour me séduire ?
— J’étais désespéré, Gem’. Alors, intéressée ? Toi, moi et un voyage improbable ?
Nous atteignîmes la décapotable. Je me repassai en accéléré le film des derniers mois : de notre premier baiser dans le bar à la nuit dernière ; de son insistance à me faire faire ce voyage à son rôle de voisin improbable frappant à ma porte.
Il ouvrit le coffre et y glissa sa valise. Puis il se tourna vers moi et je me surpris à rire, avant même de comprendre où il voulait en venir.
— Gem’, tu veux de l’aide ?
J’étais prête à le suivre n’importe où.
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Vous avez terminé Nous. Envers et contre tout
Emily Blaine