Nouveaux contes cruels et propos d'au delà

Auguste, comte de Villiers de L'Isle-Adam · Chapitre 10 sur 11

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Nouveaux contes cruels et propos d'au delà

Tarentelle

Une flûte dit: C’est l’été! Viens, la joie émeut nos poitrines; Mets ton poing blanc sur le côté Comme font les Transtévérines

Epis et bleuets à demain! Donne ta main. Tout souci n’est que bagatelle! Moissonneurs, dansons en chemin La Tarentelle

Sur les gerbes penchée encor? —Fleur des sillons, faneuse brune, Les champs fument dans le ciel d’or. Jette ta faucille importune!

Sur ton coude, d’un coup charmant Que le tambourin roule et sonne! Laisse tes nattes follement Jouer autour de ta personne…

 

JE M’ENVOLERAI

 

Je m’envolerai dans les profondeurs! Je fuirai la vie et ses lois moroses! Et je cueillerai d’immortelles roses Loin de vos hideurs.

Je m’élancerai vers vous, ô silences! L’oubli loin d’ici m’attend, vaste mer, —Pour mon coeur percé de vieux coups de lances, Plus rien n’est amer.

Je m’envolerai, moi l’oiseau sauvage, Vers tant de pays ignorés de tous, Car l’indifférence est le seul hommage Dont je suis jaloux.