OceanofPDF.com halo lamour interdit final French Edition
Rebelle ..................................... - 152 -
Rebelle
Résister à l’invitation de Xavier a été plus facile que je ne le croyais : il ne s’est pas présenté au collège de la semaine. J’avais mené ma petite enquête et appris qu’il était en stage d’aviron. Sachant que je ne pouvais pas tomber sur lui par hasard, j’étais plus détendue.
Je passais l’heure de déjeuner avec Molly et ses copines, à les écouter se plaindre du collège, des garçons, de leurs parents. J’avais l’impression de connaître leurs répliques par cœur. Sans surprise, le sujet du jour était le bal de fin d’année.
— Il y a tellement de trucs auxquels penser ! a soupiré Molly.
— C’est clair, a approuvé Megan en sortant son agenda. Hier soir, j’ai
- 152 - commencé à faire une liste. Ecoutez un peu : prendre rendez-vous chez la manucure, trouver des chaussures sexy, acheter une pochette, choisir les bijoux, trouver une coiffure de star à imiter, choisir entre l’autobronzant Hawaï et l’autobronzant Champagne, réserver la limousine, et ça continue sur l’autre page…
— Tu as oublié le plus important : trouver une robe, a ajouté Taylah.
Les filles se sont mises à rire.
Je n’en revenais pas qu’elles puissent être obnubilées par tous ces détails des semaines à l’avance, mais j’ai gardé pour moi mes commentaires.
— Sinon, vous avez déjà un cavalier ? a demandé quelqu’un.
Certaines ont dit oui, celles qui étaient en couple n’avaient pas ce problème, et toutes les autres attendaient désespérément de se faire inviter.
- 153 -
— Hum, je me demande si Gabriel viendra, a dit Molly en se tournant vers moi. Tous les professeurs sont invités.
— Je ne sais pas. Il est du genre à éviter ce genre d’événements.
— Tu devrais proposer à Ryan avant qu’il soit pris, lui a conseillé Hayley.
— Ouais, les plus beaux sont toujours les premiers pris, a approuvé Taylah.
— Hors de question, s’est offusquée Molly. C’est au garçon de faire sa demande.
— Alors bonne chance, s’est moquée Taylah.
— Molly, t’es vraiment butée parfois, a dit Hayley. Ryan est grand, musclé, blond, il joue au hockey. Il a peut-être pas inventé l’eau tiède, mais bon, ça passe, non ?
— Je veux que ce soit lui qui m’invite, a insisté Molly. Pour le principe.
- 154 -
— Peut-être qu’il est timide, a suggéré Megan.
— Timide, lui ? Pas trop le genre ! a dit Taylah.
Un début sur la bonne longueur de robe a suivi. Mollet ou cheville ? Il fallait que je me sorte de là. J’ai marmonné que j’allais à la bibliothèque.
— Mais Bethie, y a que les intellos qui vont à la bibli ! s’est exclamée Taylah. Quelqu’un pourrait te voir.
— Déjà qu’on doit y aller tout à l’heure pour finir se fichu devoir, a ajouté Megan.
— Ah oui, c’est quoi déjà, ce devoir ? a demandé Hayley. Un truc en rapport avec la politique au Moyen-Orient ?
— C’est où, le Moyen-Orient ? a voulu savoir Zœ.
— C’est une grande région autour du golfe Persique, ai-je répondu. Ça couvre l’Asie du Sud-Ouest.
- 155 -
— Euh, Bethie, pas vraiment, non, a rigolé Taylah. Tout le monde sait que le Moyen-Orient, c’est en Afrique !
J’aurais bien aimé retrouver Ivy, mais elle était occupée. Elle avait rejoint le groupe paroissial et recrutait déjà des membres. Elle avait fabriqué des badges en faveur du commerce équitable et imprimé des brochures sur l’injustice des conditions de travail dans le tiers-monde. Grâce à son charisme – et à sa beauté – le nombre de membres augmentait de jour en jour.
Les jours suivants ont défilé à toute vitesse, et le vendredi est arrivé. L’équipe d’aviron était revenue après le déjeuner, mais, ne voyant aucun de ses membres, je me suis dit qu’ils avaient dû rentrer directement chez eux. Je me demandais si Xavier attendait toujours mon appel.
En arrivant à mon casier, je me suis rendu compte que quelqu’un avait
- 156 - glissé un bout de papier dans l’interstice. Il est tombé quand j’ai ouvert la porte. Il disait :
« Au cas où tu changerais d’avis, je serai au cinéma Le Mercury samedi soir à 9 heures, X »
Il n’était pas du genre à baisser les bras, et ça me plaisait. J’avais envie de sauter de joie, mais j’ai réussi à me contrôler. Cependant, je souriais toujours béatement en rentrant à la maison, car Ivy a dit en me voyant :
— En voilà une qui a l’air bien contente.
Je me suis sentie obligée de mentir.
— J’ai eu une bonne note en français.
— Et tu t’attendais à autre chose ?
— Non, mais ça fait toujours plaisir.
J’avais menti avec facilité. Je m’améliorais donc de ce côté-là, et ce n’était pas bon signe.
- 157 -
Ma bonne humeur a duré toute la soirée, mais le lendemain le petit mot de Xavier me posait à nouveau un cas de conscience. Je mourais d’envie de le voir, tout en sachant que c’était imprudent et égoïste. Gabriel et Ivy étaient ma famille, ils me faisaient confiance.
J’ai emmené Fantôme courir sur la plage dans l’après-midi. Malgré cela, au retour, je me sentais toujours à cran. J’ai réussi à cacher tant bien que mal ma nervosité pendant le dîner, après quoi Ivy a chanté pour nous, tandis que Gabriel l’accompagnait à la guitare.
A huit heures et demie, j’étais dans ma chambre, face à une pile de vêtements ; j’avais tout sorti de mon armoire pour faire du tri. Plus j’essayais de chasser Xavier de mes pensées, plus il revenait au galop.
A neuf heures moins cinq, obsédée par les minutes qui s’égrenaient lentement, je l’ai imaginé en train de
- 158 - m’attendre. Puis j’ai vu le moment où il comprendrait que je ne viendrais pas. Il haussait les épaules, sortait du cinéma, continuait sa vie sans moi. Ça m’a fait tellement mal qu’avant de comprendre ce que je faisais j’ai attrapé mon sac, ouvert la porte de mon petit balcon je me suis laissée glisser le long de la treille pour atterrir dans le jardin. Je brûlais d’envie de le voir, même sans lui parler.
Il m’a fallu une dizaine de minutes pour arriver au Mercury. Je suis passée devant un café grouillant d’étudiants en train de siroter des milk-shakes ou de danser au son d’un juke-box, puis devant un restaurant chic avec balcons et chandeliers. J’allais tellement vite que j’ai dépassé le cinéma en courant et que j’ai dû faire demi-tour.
Le hall était désert quand je suis entrée, tout comme le coin café. Les affiches annonçaient une nuit Hitchcock qui venait de commencer.
- 159 - Soit Xavier était dans la salle, soit il était rentré chez lui.
J’ai entendu quelqu’un se racler la gorge derrière moi, manifestement pour attirer mon attention. Je me suis retournée.
— Je veux bien que les filles trouvent ça chic d’arriver en retard, mais de là à rater le film.
— Je sais, ai-je dit, à bout de souffle. Je suis venue te dire que je ne pouvais pas venir.
— Euh… d’accord. Ce n’était pas la peine de courir jusqu’ici. Tu aurais pu m’appeler.
Je ne savais pas quoi répondre. J’ai failli lui dire que j’avais perdu son numéro, mais je ne voulais pas lui mentir.
— Bon, puisque tu es là, que dirais-tu de boire quelque chose ? a-t-il enchaîné.
— Et le film, alors ?
- 160 -
— Je le verrai une autre fois.
— D’accord, mais je ne peux pas rester trop longtemps. Personne ne sait que je suis sortie, ai-je avoué.
— Il y a un café sympa un peu plus loin, si ça te dit.
L’endroit en question s’appelait Le Café des anges. Xavier a posé une main dans mon dos pour me faire entrer, et la chaleur de sa paume contre ma peau m’a électrisée. Une étrange douceur m’a envahie, jusqu’à ce que je réalise qu’il avait posé sa main en plein sur mes ailes soigneusement repliées. Je me suis écartée avec un petit rire nerveux.
— Ce que tu peux être bizarre, il a dit, l’air étonné.
J’ai reconnu plusieurs visages du lycée, et j’ai vu Xavier faire des signes de tête à différentes personnes avant qu’on s’installe à une table isolée. Je me demandais si le couple qu’on
- 161 - formait ce soir alimenterait la rumeur lundi à l’école.
La serveuse est venue prendre notre commande : un chocolat chaud pour moi, et un café pour Xavier.
— J’espère que ça te plaît, comme endroit. Je viens souvent ici, après l’entraînement.
— J’aime bien, oui. Tu t’entraînes beaucoup ?
— Deux après-midi par semaine et la plupart des week-ends. Et toi ? Tu t’es inscrite à un sport ?
— Non, je n’ai pas encore choisi.
— Je comprends, le sport ça prend du temps.
Il a croisé les bras en s’appuyant contre le dossier de son siège.
— Alors, parle-moi un peu de toi.
Aie, la question tant redoutée.
— Qu’est-ce que tu veux savoir ?
- 162 -
— D’abord, pourquoi Venus Cove ? Ce n’est pas une ville très « branchée ».
— Justement, c’est ce qui nous a décidés à venir ici. On voulait changer de mode de vie, s’installer dans un endroit tranquille. A ton tour de me parler de toi.
Il a compris que j’essayais d’éviter les questions, mais ça n’a pas eu l’air de le déranger. Contrairement à moi, il était d’humeur bavarde.
— Pour commencer, j’ai cinq frères et sœurs, je suis en deuxième position. Ma mère est médecin généraliste et mon père anesthésiste. Claire, l’aînée, suit le même chemin, elle est en deuxième année de médecine. Elle est à l’université, mais elle rentre à la maison tous les week-ends. Elle vient de se fiancer à Luke, ça fait quatre ans qu’ils sont ensemble. Après il y a mes trois petites sœurs : Nicole, quinze ans, Jasmine, huit ans, et Madeline, bientôt six ans. Et enfin, mon petit frère,
- 163 - Michael, qui a quatre ans. Ça y est, tu t’ennuies, là ?
— Non, pas du tout, ça me fascine, au contraire ! Continue.
Tous ces détails de vie de famille ordinaire m’intriguaient, je voulais en savoir plus.
— Que dire ? Mes parents sont ensemble depuis l’âge de quinze ans. C’est dingue, non ? Ils ont grandi ensemble, en fait.
— Leurs liens doivent être très forts.
— Oh, il y a eu des hauts et des bas, mais rien qu’ils n’aient pu surmonter.
— Ta famille me semble très unie.
— Oui, c’est vrai. Mais ça a ses inconvénients : je trouve que ma mère nous couve trop.
— Toi aussi, tu comptes faire médecine ?
— J’imagine, a-t-il dit avec un haussement d’épaules.
- 164 -
— Ça n’a pas l’air de t’emballer.
— Eh bien… Je m’intéressais davantage au design, mais disons qu’on ne m’a pas encouragé dans cette voie-là.
— Pourquoi ?
— Parce que ce n’est pas ce qu’on appelle une « carrière sérieuse ». L’idée d’avoir investi tout cet argent pour que je finisse peut-être au chômage ne ravit pas mes parents.
— Mais, et tes envies, alors ? Et tes talents ?
— Parfois, il faut se fier à l’avis de ses parents.
Il semblait accepter leurs décisions de bonne grâce, content d’être guidé par leurs conseils. Son chemin semblait tracé devant lui, et je ne l’imaginais pas en dévier. Je me trouvais dans la même situation que lui : mon expérience sur Terre était censée se dérouler dans le cadre de règles strictes qu’il valait
- 165 - mieux respecter. Sauf que, heureusement pour lui, ses erreurs ne l’exposaient pas au même châtiment que moi.
Ce n’est qu’une fois dehors que je me suis rendu compte de l’heure qu’il était.
— Je sais, il est tard, a commencé Xavier. Mais que dirais-tu d’une petite promenade ? Je ne suis pas encore prêt à te ramener chez toi.
— Je crois que je suis déjà dans de sales draps.
— Alors, dix minutes de plus, ça ne peut pas faire de mal.
J’aurais dû couper court à notre soirée, Ivy et Gabriel étaient déjà sûrement morts d’inquiétude. Je ne me moquais pas de ce qu’ils éprouvaient, loin de là, mais l’idée de me séparer de Xavier m’était insupportable. Avec lui, le monde n’existait plus. C’était comme si on était dans une bulle que rien n’aurait pu faire éclater.
- 166 -
J’avais envie que la nuit dure une éternité.
En allant vers le bord de mer, nous avons aperçu au loin une fête foraine, avec sa grande roue, ses autos tamponneuses et un château gonflable.
— Viens, on va faire un tour !
— Ce doit être fermé. Si ça se trouve, on ne pourra même pas entrer. Et puis, ça ne me dit rien.
— Oh, allez, viens au moins voir ! On pourra toujours sauter par-dessus la barrière.
— D’accord, on va y jeter un œil mais je te préviens : je ne franchis aucune barrière.
En fait, il n’y en avait pas. Pas grand-chose à voir non plus. Quelques hommes tiraient sur des cordes, montaient des machines. Une femme fumait une cigarette sur les marches d’une caravane. Elle portait une robe
- 167 - bariolée et avait des bracelets dorés jusqu’au coude.
Elle s’est adressée à nous :
— Ah, mes chéris, vous arrivez trop tard. Désolée, nous sommes fermés.
— C’est pas grave, a dit Xavier poliment. On ne faisait que passer.
— Je peux vous lire l’avenir, si vous voulez ! a-t-elle proposé. Puisque vous êtes là. Angela, pour vous servir.
Son nom, si proche du mot ange, m’a déstabilisée. J’étais mi-sceptique, mi-intriguée.
— Allez, pour vous, ce sera gratuit. Qui sait, ça égayera peut-être votre soirée.
L’intérieur de sa caravane était éclairé par quelques bougies, et des tentures à franges étaient accrochées aux murs. Angela nous a fait signe de nous asseoir.
- 168 -
— Toi d’abord, a-t-elle dit en prenant la main de Xavier pour l’examiner de près. D’après les courbes de ta ligne de cœur, tu es un romantique. Ta ligne de tête est courte, ce qui signifie que tu es direct, que tu n’y vas pas par quatre chemins. Tu dégages une énergie à dominante bleue, ce qui dénote de l’héroïsme, mais tu vas aussi éprouver une grande souffrance, dont je ne connais pas la nature. Prépare-toi, car c’est pour bientôt.
Je voyais bien que Xavier ne croyait pas une seule seconde à son discours.
Il s’est pourtant montré poli.
— Merci, a-t-il dit, c’était très éclairant. À ton tour, Beth.
— Non, je ne préfère pas.
— Il ne faut pas craindre l’avenir mais l’affronter, a insister Angela, presque sur un ton de défi.
J’ai fini par lui tendre ma main à contrecœur.
- 169 -
— Je vois du blanc, a-t-elle dit, les yeux fermés, i munie en transe. Je vois un bonheur indescriptible. Elle a ouvert les yeux.
— Tu as une aura extraordinaire. Attends que je regarde tes lignes. Une ligne de cœur franche et interrompue, ce qui veut dire que tu n’aimeras qu’une fois dans ta vie. Ensuite, voyons voir… Seigneur !
— Qu’est-ce qu’il y a ? ai-je demandé, inquiète.
— C’est… ta ligne de vie, a-t-elle bredouillé. Je n’ai jamais rien vu de pareil.
— Quoi, qu’est-ce qu’elle a, ma ligne de vie ?
— Ma petite… Tu n’en as pas !
Nous sommes retournés à la voiture de Xavier en sillence.
— C’était bizarre, hein ? a dit Xavier en m’ouvrant la portière.
- 170 -
— C’est clair ! ai-je approuvé, en essayant de prendre un ton léger. Mais qui peut croire toutes ces bêtises ?
On s’est mis en route. Après les quelques fois où j’étais montée dans notre Jeep au moteur hybride, je ne m’attendais pas à ce que le moteur fasse un tel boucan, et je me suis plaquée contre mon siège.
— Ça va ? m’a demandé Xavier.
— Elle est en bon état, cette voiture ?
— Tu trouves que je conduis mal, c’est ça ?
— Non, non, je te fais confiance. Plus qu’à ta voiture, en tout cas.
— Si tu crains pour ta sécurité, tu ferais mieux de faire comme moi : mets ta ceinture.
— Ma quoi ?
Xavier a secoué la tête, incrédule.
— Beth, tu m’inquiètes.
- 171 -
— Tu crois que tu vas avoir des ennuis ? m’a demandé Xavier en se garant devant chez moi.
La lumière extérieure était allumée, on avait dû remarquer mon absence.
— Peut-être, mais ça m’est égal. Je me suis bien amusée.
— Moi aussi.
Une question me brûlait les lèvres.
— Xavier… je voudrais savoir… Je peux te demander quelque chose ?
— Bien sûr.
— En fait, je me demandais… Pourquoi tu m’as invitée à sortir ce soir ? En fait, c’est que Molly m’a parlé de… euh, de…
— D’Emily, je parie ? a soupiré Xavier. Et on peut savoir ce qu’elle a dit ?
Il était sur la défensive.
- 172 -
— Les gens ne peuvent pas s’empêcher de parler, c’est dingue. C’est ça, les petites villes.
Je n’osais pas le regarder dans les yeux. J’avais l’impression d’avoir franchi une limite, mais je ne pouvait pas reculer.
— Elle a dit que, depuis Emily, tu ne voulais plus laisser une fille t’approcher. Alors, voilà, je suis juste curieuse… Pourquoi moi ?
— Emily n’était pas que ma petite amie. C’était ma meilleure amie. On se comprenait à demi-mot, jamais je ne pourrais la remplacer. Mais quand je t’ai rencontrée…
— Je lui ressemble ?
Il s’est mis à rire.
— Non, non, pas du tout. Pourtant, avec toi, j’éprouve les mêmes sensations qu’en sa présence.
— Quel genre de sensations ?
- 173 -
— Des fois, on rencontre une personne, et on a comme un déclic. On se sent à l’aise, comme si on se connaissait depuis toujours, on est soi-même, pas besoin de jouer un rôle.
— Et tu crois qu’Emily t’en voudrait de ressentir ça moi ?
Il a souri.
— Où qu’elle soit, je sais qu’elle désire que je sois heureux.
Moi, je savais exactement où elle était, mais il valait mieux garder cette information pour moi. Entre mon absence de ligne de vie et mon ignorance de la ceinture de sécurité, ça faisait assez de bizarreries pour une soirée.
— Tu crois en Dieu ? lui ai-je demandé après un silence.
— Tu es la première personne à me poser cette question. Je veux dire… en y mettant un vrai sens.
— Alors ?
- 174 -
— Je crois en un pouvoir supérieur, une énergie spirituelle. Je crois que la vie est bien trop complexe pour que tout ça ne soit dû qu’au hasard. Pas toi ?
— Si, je suis entièrement d’accord !
En sortant de la voiture de Xavier, ce soir-là, je savais que le monde tel que je le connaissais avait changé du tout au tout. J’ai gravi les marches du perron en pensant non pas au sermon qui m’attendait mais au nombre d’heures qu’il me restait à patienter avant de le revoir.
- 175 -